La lente destruction d’Haïti par l’élimination de ses plus compétents
Je le dis avec toute la clarté possible : à mes yeux, Fritz Jean est la plus récente victime de la façon dont l’administration américaine actuelle traite Haïti. L’accusation selon laquelle il serait lié aux gangs ne repose, à ma connaissance, sur aucune preuve. C’est une affirmation gratuite, politiquement commode, mais vide de substance.
Le silence de ses collègues du CPT me semble d’une lâcheté difficile à justifier, tout comme celui de nombreux journalistes haïtiens qui refusent de dire que cela suffit. J’ai toujours soutenu que des personnalités comme le docteur Réginald Boulos, Dimitri Vorbe et maintenant l’économiste Fritz Jean ont été injustement ciblées par une politique étrangère américaine trop brutale, trop arbitraire.
Et j’ajoute ceci : si cette administration se souciait réellement d’Haïti et du peuple haïtien, pourquoi ne met-elle pas fin au flux d’armes et de munitions qui partent des États-Unis pour atterrir entre les mains des gangs ? Pourquoi n’envoie-t-elle pas des unités de combat sur le terrain pour démanteler ces groupes armés et reprendre les territoires qu’ils occupent ? Ce n’est qu’en agissant de manière concrète, décisive et courageuse qu’elle pourrait prétendre aider un ami et un partenaire.
Ceux qui, en Haïti, applaudissent cette situation manquent tout simplement de courage.
Je suis Wilner Nau, et j’assume chaque mot.

