Dans un communiqué publié ce lundi, le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) a salué la récente décision des États-Unis de classer les coalitions criminelles Viv Ansanm et Gran Grif parmi les organisations terroristes. Pour le RHAJAC, cette désignation représente une étape importante vers la reconnaissance internationale de la gravité de la crise sécuritaire qui secoue Haïti, où des groupes armés lourdement équipés imposent un climat de terreur.
Toutefois, le Réseau appelle la communauté internationale, notamment les autorités américaines, à porter également attention à un autre acteur qu’il juge central dans la détérioration du climat sécuritaire : le Conseil présidentiel de transition (CPT). Dans un message sans ambiguïté, l’organisation dénonce ce qu’elle qualifie d’« inaction coupable », voire de complicité présumée de certains membres du CPT dans les violences en cours.
Le RHAJAC évoque de graves accusations : des liens supposés entre certains conseillers et des réseaux criminels impliqués dans des assassinats ciblés, des détournements de fonds publics et des négociations informelles avec des groupes armés dans l’objectif d’éviter des soulèvements populaires. Ces révélations, selon le Réseau, compromettent lourdement tout espoir de restauration de l’ordre républicain.
Alors que les actes de barbarie — meurtres, viols, incendies criminels, trafic d’organes et de stupéfiants — se multiplient, le silence ou l’inaction des autorités de transition renforcerait, selon le RHAJAC, le sentiment d’impunité et accentuerait l’exode massif des Haïtiens vers la République dominicaine, les États-Unis, le Canada ou encore la France, mettant à rude épreuve les politiques migratoires de ces pays.
Face à cette situation, le Réseau réclame l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur les agissements du CPT, estimant que l’absence d’un système judiciaire national autonome rend impossible toute démarche de reddition de comptes. Il plaide également pour l’instauration d’un leadership légitime et intègre, soutenu par des partenaires internationaux résolus à restaurer l’État de droit en Haïti.
Selon le RHAJAC, seule une gouvernance crédible permettra d’apaiser durablement la situation, de freiner l’émigration forcée et d’encourager, à terme, le retour des millions d’Haïtiens établis à l’étranger.
Guyno DUVERNE
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