Port-au-Prince
Le 05 mai 2025
Il est là. Toujours là. Collé au tronc pourri de la République. Il ne tombe pas. Il ne sert à rien. Il pue le renfermé, la roublardise politique, l’opportunisme en costard. Joseph Lambert, fossoyeur en chef d’une démocratie déjà sous respirateur, revient toujours avec ses vieux airs de stratège. Mais c’est fini. On a vu le manège, on connaît la parade.
L’ex sélectionné du Sud-Est, c’est l’ADN même du système pourri. Il parle transition ? Mais il est la transition ! Celle qui dure depuis trente ans, celle qui passe de deals en trahisons, de sénatoriales en nominations bidon. Il est le caoutchouc usé des tractations politiques, toujours dans le jeu, jamais pour le peuple.
Il a tout eu : pouvoir, poste, projecteurs. Il a tout raté : vision, courage, intégrité. Il a toujours choisi la stabilité des ses poches au détriment de celle du pays. Un acrobate de couloir, un dompteur de silence, un vendeur de rêves périmés à une population affamée.
Et quand le pays sombre dans les flammes, quand Carrefour-Feuilles pleure ses morts, quand la Croix-des-Bouquets devient zone de guerre, Joseph Lambert fait quoi ? Il tweete. Il appelle à la paix, lui qui a mangé à toutes les tables, même celles où les gangs étaient les convives d’honneur.
L’ex membre de la chambre des députés s’est cru indispensable. Il s’est rêvé président et a joué toutes les cartes du désordre pour y parvenir. Enfin de mandat comme sénateur, ll s’est autoproclamé chef d’un Sénat à moitié enterré, comme un zombie institutionnel en quête de dernière gloire. Mais l’histoire a parlé : Lambert est dépassé, cramé, carbonisé. Il est le kalanbè politique par excellence, sec, creux, mais toujours suspendu, refusant de tomber, accroché à une illusion de pouvoir.
Il eut à relater, pendant un appel amical, à Roberde Celiné, Bob C. de substantif qu’il a de très bon pourparlers avec les américains, qu’il est à deux doigts de prendre le palais. C’était du n’importe quoi. Un Sénateur qui est censé représenter la République à la plus prestigieuse institution, celle des lois, des comptes, des interrogatoires, celle des sages… avec une telle ambition. Dégueulasse !
Pendant cette intervention, papa tounen fut fier d’informer son pote journaliste qu’il a travaillé 25 ans aux côtés des américains et qu’ils sont ses amis. Quel serait ce travail ? La déconfiture du pays. Bravo Joseph Lambert, c’est vraiment un cas, le cas…
Après cette envolée de presse surprise bénéfique à la nation, en novembre 2022, les États-Unis (ses collaborateurs-amis) annoncent la mise en place de sanctions le visant directement, l’accusant d’avoir « contribué activement » au trafic de drogue transitant par Haïti.
Notre souveraineté est vendue, nos politiciens n’ont gêne aucun, ils acceptent délibérément, les diktats d’une ambassade pour décider du sort des 8 millions haïtiens vivant sur la terre de Dessalines.
Ce pays a soif de rupture. De feu. De décapage. Pas d’un Lambert recyclé en messie. On n’a pas besoin d’un politicien aux dix vies, on veut des institutions solides, une jeunesse qui gouverne, un État qui pense au peuple, pas aux deals de couloir.
Joseph Lambert, ou l’ultime insulte à l’intelligence collective.
Jamais plus de ces cas. Et cette fois, sans retour.
Reynoldson Mompoint

