2 janvier 2026
Un service militaire : l’ultime chance de préserver les territoires libres
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Un service militaire : l’ultime chance de préserver les territoires libres

Haïti en sursis : l’heure du sursaut patriotique a sonné

par Elensky Fragelus

Par les temps qui courent, alors que Port-au-Prince, l’Artibonite et le Centre ploient sous la terreur des gangs armés, une vérité s’impose : Haïti est au bord de la dislocation territoriale. Pourtant, sept départements tiennent encore. Sept bastions non conquis où la République peut — et doit — se redéployer. C’est dans cette urgence historique que Fritz Jean, dirigeant de facto d’Haïti, a une responsabilité : instaurer un service militaire territorial, structuré, moderne, intelligent, au sein des Forces Armées d’Haïti (FAd’H).

Il ne s’agit pas ici d’un retour nostalgique à un passé militarisé ou d’un appel à la guerre. Il s’agit de mobiliser la jeunesse éduquée et volontaire, notamment les étudiants universitaires des départements encore épargnés — Grand’Anse, Sud, Nippes, Sud-Est, Nord, Nord-Est, Nord-Ouest — pour défendre leur territoire, leur avenir, leur dignité.

Le principe est simple : former et encadrer des jeunes citoyens pour protéger ports, aéroports, frontières, routes, infrastructures stratégiques et bâtiments publics, pendant que la Police Nationale et les forces spéciales concentrent leurs maigres moyens sur les foyers de violence extrême. Cette ligne de défense périphérique, érigée à partir de la jeunesse même du pays, pourrait constituer un rempart vital contre l’expansion des bandes armées.

L’encadrement pourrait s’appuyer sur une ressource précieuse et trop souvent ignorée : les vétérans haïtiens des armées américaines, canadiennes et françaises, nombreux, compétents, prêts à servir. À cela s’ajouterait un appel légitime à la coopération internationale — ONU, OEA, Caricom, Union africaine — pour les infrastructures, les équipements, la logistique.

En formant de jeunes universitaires à l’art militaire et au sens civique, Haïti ne militarise pas ses campus : elle prépare une génération consciente, disciplinée, capable d’assurer la souveraineté de son territoire. Face aux kalachnikovs des gangs, elle oppose la détermination de ses fils et filles. C’est un message fort, qui pourrait freiner l’importation d’armes et de munitions illégales, entraîner des séditions dans les rangs adverses, fissurer leur assurance, et galvaniser une population jusqu’ici abandonnée à la peur.

Ce service civico-militaire, encadré par la loi, limité dans le temps, et conçu pour des missions défensives, permettrait aussi de restaurer une fierté nationale perdue, face à un voisin dominicain qui se plaît à dire que « Haïti est un État failli ». Il ne tient qu’à nous de leur prouver le contraire.

Oui, il est temps de refonder le pacte national autour de la défense du territoire. Les canons seuls ne feront pas renaître Haïti. Mais sans sécurité, ni éducation, ni développement, ni démocratie ne survivront. Il appartient à Fritz Jean, et à ceux qui l’entourent, de poser ce geste fort, d’ouvrir cette brèche de courage. Il y a dans les sept départements encore libres un cœur qui bat. Il ne demande qu’à être organisé, formé, et mis au service du pays.

L’histoire retiendra qui aura eu le courage de dire : basta. Le temps des bandits-rois doit finir. Celui des jeunes défenseurs d’Haïti doit commencer.

Elensky Fragelus

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