2 janvier 2026
Quel sort pour Michel Martelly (PHTK), vivant aux États-Unis, après la désignation de « Viv Ansanm » comme groupe terroriste transnational ?
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Quel sort pour Michel Martelly (PHTK), vivant aux États-Unis, après la désignation de « Viv Ansanm » comme groupe terroriste transnational ?

Le Département d’État américain a officiellement désigné vendredi le regroupement criminel Viv Ansanm comme « groupe terroriste transnational », marquant une inflexion majeure dans la posture de Washington face à la crise haïtienne. Cette décision devrait ouvrir la voie à des sanctions accrues, à des poursuites internationales, voire à des arrestations transfrontalières. Elle soulève néanmoins question brûlante : qu’adviendra-t-il de Michel Martelly, ancien président d’Haïti et résident actuel aux États-Unis, dont le nom figure dans plusieurs rapports onusiens en lien avec les activités de ces mêmes groupes armés ?

Un rapport accablant de l’ONU publié en 2023 évoque explicitement l’implication de Michel Martelly dans la consolidation du pouvoir des gangs durant son mandat présidentiel (2011-2016). Le document fait ressortir la création, sous son gouvernement, de fondations sociales enregistrées officiellement, utilisées comme écrans pour légitimer les activités criminelles de certains chefs de gang. On y note également des rencontres entre Martelly et plusieurs de ces chefs, aujourd’hui à la tête du collectif Viv Ansanm.

Si les États-Unis entendent véritablement lutter contre l’architecture politico-criminelle qui a nourri l’insécurité en Haïti, peuvent-ils ignorer la présence sur leur territoire d’un ancien chef d’État pointé pour ses accointances présumées avec les milices urbaines ? La question dérange, d’autant que les liens entre Martelly et ses successeurs, Jovenel Moïse puis Ariel Henry, ont contribué à la continuité de cette stratégie d’instrumentalisation des gangs comme bras armé du pouvoir.

Le silence actuel de Washington sur le sort de Martelly contraste avec la fermeté affichée à l’égard des chefs de gang. Or, il est légitime de se demander si cette désignation de Viv Ansanm ne devrait pas entraîner des enquêtes approfondies sur les figures politiques ayant permis leur montée en puissance. Le précédent vénézuélien ou même les sanctions canadiennes contre d’autres responsables haïtiens montrent que les démocraties occidentales peuvent agir lorsqu’il s’agit de corruption ou de soutien au crime organisé.Michel Martelly vivra-t-il en paix en Floride pendant que les États-Unis poursuivent les exécutants de la violence sans jamais toucher aux architectes politiques de ce chaos ? L’histoire dira si l’administration américaine aura le courage de tourner ses projecteurs vers ceux qui, depuis des années, ont nourri l’impunité haïtienne à l’abri des frontières. Une justice sélective enverrait un signal dangereux : celui que les parrains, eux, peuvent toujours danser sans jamais payer la note.

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