Les illusions d’une victoire facile se sont une fois de plus dissipées face à la réalité brutale. Ces derniers jours, le gouvernement et ses relais officiels ont tenté de vendre à l’opinion publique une nouvelle « task-force » censée éradiquer la criminalité qui gangrène la région métropolitaine. À grand renfort de communication tapageuse, des annonces triomphantes ont circulé sur les comptes officiels de la Primature, de la PNH et des proches du pouvoir. Le peuple, las de l’insécurité, s’est accroché à ces promesses comme à une bouée de sauvetage. Mais l’espoir s’est vite fracassé contre le mur de l’incompétence.
Le bilan de ces opérations est non seulement décevant, il est tout simplement inexistant. Aucun chef de gang d’envergure n’a été neutralisé, aucun coup significatif n’a été porté contre les organisations criminelles qui terrorisent les citoyens. On nous a promis des résultats, mais la montagne n’a même pas accouché d’une souris. Cette mascarade illustre encore une fois l’échec systémique du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), instance censée piloter la politique sécuritaire du pays.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Directeur général a.i. de la PNH Normil Rameau, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique Patrick Pélissier, le secrétaire d’État à la Sécurité publique Mario Andrésol et le ministre de l’Intérieur Paul Antoine Bien-Aimé composent cet organe stratégique. Tous occupent des postes-clés, tous ont des responsabilités envers la nation, et pourtant, aucun d’eux ne s’est expliqué sur cet échec retentissant. Aucune prise de parole officielle, aucune justification, aucun mea culpa.
Le silence assourdissant de ces dirigeants témoigne non seulement de leur manque de courage, mais aussi de leur mépris envers la population. Dans un pays où l’insécurité gangrène chaque aspect du quotidien, où les enlèvements, les extorsions et les assassinats sont monnaie courante, l’échec de telles opérations devrait entraîner des conséquences. Dans un État fonctionnel, des responsables auraient présenté leur démission, conscients de leur incapacité à remplir leur mission. Mais ici, l’échec est devenu la norme, et la médiocrité, une fatalité.
Le temps des faux-semblants et des discours creux est révolu. Haïti ne peut plus se permettre de confier son destin à des hommes qui, soit par incompétence, soit par complaisance, laissent proliférer le chaos. Si le CSPN est incapable d’assurer la sécurité des citoyens, ses membres doivent en tirer les conclusions qui s’imposent et céder la place à une nouvelle équipe, prête à affronter cette crise avec détermination et efficacité.
Elensky Fragelus

