17 janvier 2026
Parti AKAO : Appel patriotique aux forces vives de la nation
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Parti AKAO : Appel patriotique aux forces vives de la nation

Le parti AKAO exprime sa sympathie à l’endroit des victimes des actes des groupes armés partout à travers le pays. Nous leur souhaitons force, courage et résilience face à la terreur générée par des individus armés dans plusieurs quartiers et communes du pays. Bien que toutes les classes et catégories sociales soient touchées, la situation est particulièrement grave pour les classes moyennes défavorisées et les travailleurs. La misère gagne du terrain dans les départements de l’Ouest, du Sud, des Nippes, de la Grande Anse et de l’Artibonite. L’on assiste à une précarité socio-économique accrue et une dramatique détérioration des conditions de vie des centaines de milliers de personnes de divers secteurs :

  • Des paysans ne peuvent plus cultiver, leurs jardins et leurs élevages disparaissent.
  • Des “Madan Sara », actrices économiques principales du commerce interrégional, ne peuvent plus se déplacer pour s’adonner à leurs activités.
  • Des petits commerces informels s’effondrent complètement.
  • Toutes les activités commerciales honnêtes perdent de leur valeur.
  • Des ouvriers et de nombreux autres salariés perdent leur emploi.
  • Des enfants et des jeunes n’ont plus accès à l’école et à l’université ; sinon, ils y vont la peur au ventre.
  • Des femmes subissent encore plus de violences.
  • Les soins de santé deviennent encore plus rares, d’autant plus que le principal hôpital « général » (universitaire) du pays est fermé depuis un certain temps.

La jeunesse, déjà confrontée à un avenir incertain et souffrant des graves conséquences du chômage de masse, sombre dans un désespoir total. Pour beaucoup, la seule solution envisageable est de quitter le pays.

Le parti AKAO estime nécessaire d’aller au-delà de la simple dénonciation et invite tout un chacun à réfléchir collectivement pour trouver une solution à cette situation intenable. Pour le parti, il faut avoir à l’esprit plusieurs éléments contextuels pour éclairer cette réalité, sans oublier les grandes catastrophes naturelles qui ont frappé le pays depuis le début du siècle (de nombreux ouragans et surtout le séisme de 2010) :

  • Le modèle économique érigé autour et pour la République de Port-au-Prince, a atteint ses limites. Il ne génère que misère pour la majorité de la population.
  • La classe dominante, rachitique et rentière, a investi le champ de l’économie criminelle (notamment le trafic de drogue) depuis les années 1980. Elle est incapable d’offrir au pays une quelconque perspective de développement. Sa seule contribution est de transformer les enfants du peuple en bras armés de cette économie criminelle.
  • De nombreux dirigeants politiques, en connivence avec cette classe dominante criminelle, ont participé à la création de ces groupes armés.

Les actions de ces individus lourdement armés, ne relèvent nullement de ce que l’on appelle communément le « crime organisé ». Ils poursuivent des objectifs politiques, économiques et financiers, avec un agenda précis.

Dans la presse internationale et nationale, il est souvent suggéré ou admis leur collusion avec certains grands potentats et politiciens qui les financent. D’ailleurs, des rapports de l’ONU ont identifié et indexé un certain nombre d’individus. Quoi qu’il en soit, il est clair que ces acteurs ont pour objectif de déstabiliser le pays. Les violences des groupes armés ne menacent pas les intérêts de la classe dominante traditionnelle. Historiquement, cette classe est constituée de prédateurs qui n’ont jamais rien donné au pays. Ainsi, ils ne sont pas non plus intéressés à avoir un État capable de fournir même des services minima à la population. Pas plus qu’ils ne s’intéressent au sort des masses populaires qui se font massacrer. Cette classe oligarchique et ces groupes armés sont des alliés objectifs. Le travail de ces hommes armés capte toute l’attention des victimes, les détournant de leurs revendications pour une vie meilleure, c’est-à-dire des revendications pour une meilleure répartition des richesses et pour un pays autonome. Ces hommes armés jouent un rôle de diversion dans l’intérêt de l’oligarchie dominante.

Le parti AKAO croit fermement que le déploiement de ces groupes armés n’aurait pas été possible, et n’aurait pas pu durer aussi longtemps, sans la connivence avec de grands réseaux bien ancrés dans le commerce, l’industrie et dans toutes sortes de trafics transnationaux. Le dysfonctionnement de l’appareil étatique, en raison de la corruption qui gangrène les institutions publiques, est la principale cause de l’incapacité des forces de l’ordre à venir à bout de ces groupes. De nombreuses personnes/acteurs cités comme complices de ces groupes armés ne sont nullement inquiétés.

AKAO exige des autorités en place, du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et du Premier ministre ainsi que de tous les ministres des dispositions sans équivoque prouvant qu’ils ne sont pas intéressés que par les privilèges que procurent leurs fonctions :

  • Concernant l’insécurité, nous exigeons une lutte sans relâche contre les groupes armés ainsi que les patrons de l’économie criminelle. À cet égard, il est nécessaire de décapiter cette grande coalition criminelle.  Cela signifie que le CPT et le gouvernement doivent être clairs sur la stratégie qu’ils comptent adopter. Parce qu’il est évident que courir après les hommes armés dans les quartiers n’a pas jusqu’à présent produit de résultats satisfaisants.
  • Concernant l’aspect politique, nous exigeons que la transition politique soit remise sur les rails, telle que définie dans l’accord du 3 avril, afin de restaurer l’ordre constitutionnel à son terme et de donner au pays un gouvernement légitime. 

Par ailleurs, AKAO lance un appel à la mobilisation de toutes les forces vives de la nation : les citoyens et citoyennes honnêtes des forces publiques, ceux présents dans toutes les institutions de l’État, les hommes/femmes d’affaires qui perdent leurs investissements, les ouvriers, les paysans, les travailleurs, les éléments des différentes classes moyennes, les femmes, les jeunes. Il est nécessaire d’agir ensemble pour que cette transition jette les bases pour sortir de cette crise cyclique. Aussi devons-nous embrasser la question constitutionnelle, celle de la forme et des modalités de dévolution et d’exercice du pouvoir politique. C’est aussi le moment pour réfléchir et poser des questions relatives à l’intégration socio-économique des masses dans un projet national. Cela implique de définir les bases légales nécessaires au développement équilibré de l’économie du pays, susceptibles d’encourager les investissements productifs en mobilisant le capital national, en attirant des investissements étrangers, de faciliter le développement technologique et l’acquisition de compétences. Il est nécessaire de jeter les bases d’un projet économique en mesure de répondre aux besoins de consommation locale et d’améliorer l’insertion du pays dans le commerce international. Ce projet doit permettre la constitution d’une nouvelle classe d’entrepreneurs à partir des petites et moyennes entreprises.

Sur ces questions économiques, nous devons démystifier tout discours faussement nationaliste de l’oligarchie monopoliste, il est nécessaire de transformer la société pour qu’elle devienne plus riche et plus juste afin que nous puissions stabiliser le pays et obtenir une paix qui profite à tous.

Le parti AKAO est disposé à apporter sa contribution à un grand rassemblement de toutes les forces vives de la nation pour une action de relèvement national dans une logique de libération nationale, pour réparer le tissu social.

Nous sommes également très intéressés par l’idée d’une conférence nationale pour la reconstruction de la nation.

Nous sommes conscients que la solution durable à cette crise sécuritaire ne saurait se limiter à une réponse répressive.

Pour éviter de répéter les erreurs du passé, il est nécessaire de proposer au peuple haïtien, en particulier les classes populaires et moyennes qui subissent principalement les graves conséquences socio-économiques des actions des groupes armés, un projet politique capable d’apporter des changements structurels permettant de tracer un chemin vers un pays où « tout moun se moun », où chacun puisse vivre en égale dignité !

Vive Haïti ! Vive un pays souverain, une société juste.

Port-au-Prince, le 3 décembre 2024

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