17 janvier 2026
Près de neuf mois au pouvoir, aucune action sur les collectivités territoriales
Actualités Société

Près de neuf mois au pouvoir, aucune action sur les collectivités territoriales

Après plus de 30 mois d’immobilisme du gouvernement d’Ariel Henry, le pays avait placé de grands espoirs dans le Conseil Présidentiel de Transition (CPT). L’attente était que ce nouveau pouvoir agirait rapidement pour combattre l’insécurité, alléger les souffrances de la population, remettre sur pied les institutions et organiser des élections crédibles. Cependant, neuf mois après sa prise de pouvoir, force est de constater que le CPT a échoué à répondre à cette attente.

L’une des décisions les plus urgentes et essentielles – la réforme et la mise à niveau des collectivités territoriales – reste totalement ignorée. La question des collectivités, en particulier des administrations communales et des sections communales, aurait dû être l’une des priorités du CPT. Pourtant, aucun des neuf membres de ce collège n’a daigné aborder ce sujet. Au lieu de cela, le CPT semble davantage préoccupé par ses luttes intestines et des magouilles de bas étage.

Les collectivités territoriales jouent un rôle fondamental dans la gestion de l’État et dans la vie quotidienne des citoyens. En principe, les autorités locales devraient être en première ligne pour assurer la sécurité dans toutes les régions du pays, réduire les trafics illicites et fournir des informations stratégiques au pouvoir central pour la prise de décisions. Mais ces institutions locales, au lieu de remplir leur rôle, sont devenues des coquilles vides, laissées sans direction et sans pouvoir.

Depuis plusieurs années, des cartels de maires et de CASEC (Conseils d’Administration de la Section Communale) se retrouvent paralysés et le bon fonctionnement des collectivités est inscrit aux abonnés absents, créant ainsi un terrain propice à l’anarchie. En l’absence de leaders locaux forts et responsables, les régions du pays se sont progressivement laissées envahir par les gangs, les violences, le trafic et l’instabilité.

Le CPT, au lieu de renforcer la gouvernance locale, se transforme en une tête énorme sans aucun membre ni tronc, incapable de remplir les missions qui lui sont attribuées. Les secteurs vitaux, tels que l’agriculture et les infrastructures routières, sont laissés en déshérence, exacerbant la souffrance de la population. La faim, la violence, les viols et les massacres perpétrés par les gangs sont désormais des réalités quotidiennes auxquelles les Haïtiens sont contraints de faire face. Les citoyens, pris au piège, ne savent plus vers quel responsable se tourner.

L’inaction du CPT sur la question des collectivités territoriales est un symptôme de son incapacité à gouverner efficacement. La situation devient de plus en plus critique, et le peuple haïtien, désemparé, attend toujours que ce gouvernement de transition agisse avec la fermeté et l’urgence nécessaires.

Elensky Fragelus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.