»Ils ont viré le premier ministre »
L’agence de notation Moody’s a annoncé, dans la nuit du 13 au 14 décembre 2024, la dégradation de la note souveraine de la France, passant de Aa2 à Aa3 avec perspective stable. Cette décision intervient peu après la nomination de François Bayrou comme Premier ministre, succédant à Michel Barnier, censuré par le Parlement le 4 décembre.
Moody’s justifie cet abaissement par l’affaiblissement des finances publiques et la fragmentation politique actuelle, rendant improbable une consolidation budgétaire significative à court terme. L’agence anticipe un déficit public de 6,3 % du PIB en 2025, qui ne baisserait qu’à 5,2 % en 2027, et une dette publique grimpant à 120 % du PIB d’ici trois ans.
Le ministre sortant de l’Économie, Antoine Armand, a réagi en soulignant que cette dégradation reflète des tensions politiques récentes. François Bayrou, dans son discours de passation de pouvoir, a réaffirmé son engagement à réduire le déficit et la dette, qualifiant ces enjeux de défis « financiers et moraux ».
Moody’s avait placé la note de la France sous perspective négative dès octobre et avait averti que la censure du gouvernement Barnier serait un signal défavorable pour les marchés. La capacité du nouveau gouvernement à instaurer des réformes crédibles et à restaurer la stabilité politique sera cruciale dans les mois à venir.

