17 juin 2024
Le drame haïtien perdure, l’impunité récompensée!
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Le drame haïtien perdure, l’impunité récompensée!

L’Edito du Rezo

« Dans les affaires humaines, l’ironie n’est jamais loin, et c’est une vieille leçon que le pouvoir ne peut pas être utilisé impunément, le prix du pouvoir est d’être tenu responsable. » – Roger Scruton

Le drame haïtien perdure, une tragédie sans fin qui a propulsé ce pays des Caraïbes, autrefois la perle des Antilles, dans un abîme politique et social profondément troublant. Plus de deux ans se sont écoulés depuis qu’Haïti a perdu son gouvernement légitime, et pourtant, le pouvoir demeure aux mains d’une équipe accusée de corruption, de connivence avec des bandits et de mépris total envers sa population, livrée à elle-même face aux menaces insidieuses et répétées des gangs lourdement armés. Dans cette minute de réflexion, nous nous pencherons sur les motifs et les objectifs des Tèt Kale qui persistent, malgré les échecs patents et l’agonie nationale qui perdure.

Pourquoi, alors, cette obstination du dr. Ariel Henry à rester au pouvoir? Pour apporter une tentative de réponse, il convient de rappeler la célèbre maxime de Sun Tzu : « L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat. » En maintenant une emprise sur le gouvernail du pays, le plus pauvre avec un gouvernement le plus corrompu, selon certains et criminel, confirment d’autres, cette équipe au pouvoir soutenue par l’international peut continuer à influencer les rouages du pouvoir et à contrôler les leviers économiques et politiques, même dans l’absence d’une légitimité incontestée. La consolidation du pouvoir et la préservation de ses intérêts personnels et financiers semblent prévaloir sur toute autre considération, même au détriment du bien-être du peuple haïtien devenu plus pauvre qu’il ne l’était avant aout 2021.

Cependant, quelle mission reste-t-il à accomplir pour cette équipe dirigeante qui ne dirige presque rien ? Au-delà de la simple rétention du pouvoir, le maintien d’un gouvernement de coalition copains-coquins avec des éléments controversés permet de poursuivre une forme de « néo-clientélisme ». Ce système consiste à distribuer des faveurs et des privilèges à des groupes spécifiques pour consolider un soutien politique, renforçant ainsi la base de pouvoir. Dans le contexte haïtien, cette approche sert non seulement à maintenir une influence politique, mais aussi à s’assurer une certaine immunité contre les poursuites judiciaires liées à la corruption alléguée et des dénonciations de connivence avec les gangs G9 fédérés.

Cette persistance de garder Ariel Henry au pouvoir s’accompagne du mépris total envers une population désespérée, laissée à elle-même face aux menaces omniprésentes des gangs armés. Pourtant, comme l’a observé Sigmund Freud, “La pensée équivaut à une tentative pour rendre la réalité, la nature du monde extérieur, compatible avec les buts et les exigences du moi.” Dans ce cas, la réalité est négligée au profit des objectifs personnels et politiques de l’équipe au pouvoir en mission bien spécifique.

Les enjeux d’une coalition avec les Tèt Kale?

La corruption, un fléau persistant, qui est devenue une marque indélébile de la politique haïtienne, parviendra-t-elle à casser les liens tissés entre les signataires d’un protocole d’accord de la Jamaïque sous prétexte de déblocage de la situation ?

Comme l’a souligné l’économiste Peter Eigen, “La corruption est le cancer de la démocratie, un cancer qui détruit les tissus de la société.” En formant une coalition avec une équipe au pouvoir accusée de corruption, Haïti risque de perpétuer cette culture toxique et d’aliéner davantage sa population déjà épuisée.

Le mépris manifesté envers la population haïtienne par les dirigeants actuels est un autre facteur critique. Comme l’a écrit Victor Hugo, “Il n’y a pas de pire tyrannie que celle qui se cache sous le masque de la liberté.” Les dirigeants corrompus ont ignoré les besoins fondamentaux de leur population, laissant les citoyens en détresse et livrés à eux-mêmes. Une coalition avec ces mêmes acteurs pourrait être perçue comme une trahison du peuple haïtien, alimentant ainsi la colère et l’instabilité.

Le danger le plus immédiat est la menace des gangs armés. L’absence d’un gouvernement fort a créé un vide de pouvoir que les gangs ont exploité à leur avantage. Les citoyens sont confrontés quotidiennement à la violence et à l’insécurité. La formation d’un gouvernement de coalition doit donc être réalisée avec une extrême prudence pour éviter de renforcer involontairement les éléments criminels qui sévissent dans le pays.

La nécessité impérative du départ d’Ariel Henry : Un appel au rétablissement de la justice

Dans un monde où la justice et la transparence sont les piliers fondamentaux de toute société démocratique, Haïti se trouve dans une situation qui interpelle la conscience universelle. Quel autre pays au monde, en dehors d’Haïti, accepterait de verser une prime à l’impunité ? Cette question brûlante s’inscrit dans un contexte où Ariel Henry, à la tête d’un gouvernement ébranlé par des accusations de corruption, de soutien aux gangs criminels armés et de mépris envers une population en souffrance, n’a pas su répondre aux attentes de son peuple.

Comme l’a si justement exprimé l’homme politique haïtien Ted St Dic, « Ariel Henry a échoué, il doit partir. » Cette déclaration résonne comme un cri de vérité au milieu de l’obscurité de la crise politique haïtienne. Elle reflète l’impérieuse nécessité de restaurer l’intégrité et la dignité du pays, en mettant fin à une période de gouvernance marquée par des doutes sur la légitimité et des controverses sur l’engagement envers la justice.

L’heure est venue pour Haïti de réaffirmer son engagement envers les principes fondamentaux de la démocratie et de la gouvernance responsable. Dans un monde où les nations progressent vers plus de transparence et de responsabilité, Haïti doit se hisser à la hauteur de ces normes régionales et internationales. Le départ d’Ariel Henry devient ainsi une étape cruciale vers la restauration de la confiance du peuple haïtien et de la crédibilité de l’État souillé, avili et bafoué.

En conclusion, Haïti ne peut continuer à tolérer l’impunité et l’inaction face à une crise qui perdure depuis trop longtemps. Les mots de Ted St Dic, appelant au départ d’Ariel Henry, résonnent comme un appel à l’action, un appel à la restauration de la justice et de la dignité dans cette nation caribéenne. Le monde observe, et il est temps pour Haïti de se tourner vers un avenir où la justice prévaudra, et où la primauté du droit sera inébranlable avec la cessation immédiate de prime à l’impunité.

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