La remise en liberté provisoire de Me Pierre-Louis, exigée par le Conseil de l’Ordre

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Ironie du sort! La réalité surprenante de l’enquête sur la saisie d’une importante cargaison d’armes et de munitions dans le port de Port-de-Paix réside dans le fait que Jonas Georges, et Fritz Jean-Rélus, respectivement propriétaire du navire «Miss Lili» et commissionnaire, deux suspects clés dans l’affaire, sont libres dans leur mouvement, alors que l’ex commissaire du gouvernement Me Michelet Virgile et Me Robinson Pierre-Louis, qui ont contribué à la libération de ces ex-détenus, sont gardés en prison pour corruption et trafic d’influence.

Samedi 30 juillet 2022 ((rezonodwes.com))–

Pour le Conseil de l’Ordre des avocats du Barreau de Port-au-Prince, la remise en liberté de Me Robinson Pierre-Louis constituera un atout important à l’instruction du dossier de saisie d’armes et de munitions. Me Max Stanley Lafortune, évoque ce traitement exceptionnel qui, selon ses considérations, entend faciliter l’aboutissement de l’enquête.

Cette décision de renvoyer hors des liens de détention Me Robinson Pierre-Louis n’affectera pas le cours de l’enquête, formule-t-il.

En conférence de presse, vendredi au local du Barreau, à Bourdon, les membres du Barreau ont défendu l’illégalité dans l’arrestation du secrétaire du Conseil, Me Robinson Pierre-Louis.

Me Max Stanley Lafortune évoque le décret du 29 mars 1979, violé dans les articles 53 et 66 réglementant l’exercice de la profession d’avocat. Le Conseil exige une manifestation de la vérité dans ce dossier tout en rappelant que les avocats ne jouissent d’aucune immunité.

La bâtonnière Me Marie Suzy Legros, de son coté, blâme la Direction centrale de la Police judiciaire qui, selon elle, a outrepassé ses missions. Elle rappelle qu’aucun citoyen ne peut être arrêté sans mandat sauf en cas de flagrant délit. Avec la violation des dispositions 53 et 66 du Décret du 29 mars 1979, une brèche pour perpétuer l’illégalité vient d’être ouverte. Suivant la Constitution, la Police nationale d’Haïti (PNH) travaille pour le compte de la justice, elle en est son auxiliaire, rappelle-t-elle.

À propos du recours en habeas corpus exercé auprès du doyen, le juge Bernard Saint-Vil, la bâtonnière déclare être tombée des nues après avoir pris connaissance, par voie de presse, de l’ordonnance exprimant l’incompétence du tribunal à statuer sur l’affaire. De surcroit, le dossier a été confié au cabinet d’instruction pour les fins utiles.

Au cours de la conférence aucune considération pour l’ancien chef de la poursuite de la juridiction de Port-de-Paix, Me Michelet Virgile, n’a été émise. Les avocats du Barreau de Port-au-Prince ne faisaient que défendre leur chapelle. 

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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