Mettons la population au centre des intérêts et faisons de bonne foi la négociation politique | N ap mache pou lavi
Mercredi 25 mai 2022 ((rezonodwes.com))–
N ap # Mache Pou Lavi (Marchons pour la vie) constate une fois de plus que les protagonistes de la crise veulent apparemment bouger les lignes. Gardant toujours sa logique de départ, savoir groupe de la société civile qui encourage les acteurs à trouver un consensus, N ap # Mache Pou Lavi (Marchons pour la vie) part du principe qu’ils sont de bonne foi et leur propose de faire un accord sur la sécurité, besoin urgent de la population, et d’entamer la négociation politique assorti d’un calendrier, le contenu de la transition ayant été défini dans les propositions et/ou prises de positions : sécurité ; socio-économie ; constitution ; élections.
Deux rencontres ont eu lieu entre le premier Ministre, Ariel Henry, et Magalie C. Denis de l’accord de Montana, les 11 et 15 mai 2022, pour préparer les termes d’un dialogue politique selon une note du Bureau de suivi dudit accord (BSA). D’autres démarches ont été initiées notamment par : le groupe de médiateurs formés de Mgr Ogé Beauvoir, M. Laurent St Cyr et M. Jean Robert Charles ; l’Organisation du peuple en lutte (signataire de l’accord de Montana) et Pitit Dessalines ; des signataires de l’accord du 11 septembre. Il faut souligner que certains partis politiques, n’adhérant à aucun accord, s’expriment en faveur d’une solution politique. En outre, il faut rappeler que le tiers du Sénat avait initié en mars dernier une démarche dans laquelle plusieurs entités avaient participé.
Tout en encourageant ces acteurs, N ap # Mache Pou Lavi (Marchons pour la vie) craint fortement le retour à la rhétorique dialogue sans issue alors que les conditions socio-économiques de la population se dégradent considérablement.
I. Axes essentiels de la négociation
A. Sécurité
Proposition
Aujourd’hui, la sécurité est le véritable besoin de la population, notamment les plus vulnérables qui paient le fort prix du kidnapping et de la violence des gangs. C’est aussi la condition première pour qu’il y ait des élections afin que chaque citoyen, sans conditions aucunes, puisse choisir ses représentants, conformément à l’article 58 et suivants de la Constitution, stipulant que « la souveraineté réside dans l’universalité des citoyens » qui en exercent les prérogatives par l’élection du Président de la République, des membres du Pouvoir législatif et de ceux de tous autres corps ou de toutes assemblées prévues par la Constitution et par la loi, et aux prescrits de l’article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Toutes les entités politiques, économiques, sociales et autres doivent, sans conditions aucunes, se mettre d’accord sur l’urgente nécessité de rétablir la sécurité.
Le gouvernement et la communauté internationale doivent donner les moyens nécessaires à la police pour rétablir la sécurité. Comme l’a souligné E. Macron lors du deuxième tour de la présidentielle française, on fait la sécurité avec des « moyens » et non avec des « mots » ou des « postures »1. La liste des personnes impliquées dans la contrebande, la corruption, le trafic d’armes illégal et de la drogue devrait être publiée et le gouvernement devrait agir.
B. Institutions
Des trois Pouvoirs de l’État, seul l’Exécutif est fonctionnel. C’est un accroc à l’État de droit, à la démocratie et aux droits humains. Sur demande des associations de magistrats le 23 septembre 20212, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a été rendu exceptionnellement effectif par le premier Ministre et le mandat de cinq (5) juges renouvelés en février 2022 et 58 autres en mars derniers. Dans cette logique, la Cour de cassation doit être comblée afin de garder un minimum de stabilité institutionnelle. Toutefois, les critères d’éligibilité, la transparence et les principes d’éthique doivent être respectés.
C. Redistribution du pouvoir
Aujourd’hui, il serait plus logique de parler de négociation au lieu de dialogue. En effet, la position de chaque acteur de la crise est connue soit dans les accords/propositions de sortie de crise ou dans les positions publiques. Il faudrait de préférence faire la négociation politique afin de partager les « responsabilités » (pouvoir), le vrai objectif poursuivi.
Ainsi, N ap # Mache Pou Lavi (Marchons pour la vie) croit que la négociation politique pourrait se porter sur les points suivants.
Politique. A partir d’une feuille de route clairement définie, il faudrait réviser la composition du gouvernement avec des technocrates ayant des sensibilités politiques différentes afin d’équilibrer la tenue des élections et la gestion des collectivités locales confiée aux forces sociales et politiques régionales.
Social. Avec le support de l’internationale, il faudrait créer un fonds d’appui socioéconomique pour les zones vulnérables, en proie à la faim et à la misère extrême, et mettant en place un mécanisme multisectoriel de gestion du fonds (État-Société civile-Partenaires Techniques et Financiers). Il faudrait concrétiser les promesses de la Conférence des bailleurs du 16 février 2022 pour la reconstruction des écoles des Nippes, du Sud et de la Grand ’Anse dévastées par le tremblement de Terre du 14 aout 2021 et définir une stratégie pour une prise en charge des professeurs, parents et élèves des zones de conflit : Martissant, Centre-Ville, Cité Soleil, Plaine du Cul de Sac…
Finances publiques. Il faudrait réorganiser les instances économiques et financières en accord avec les institutions financières internationales et le secteur privé et mettre en place les Conseils d’Administration ou les organes de gestion des organismes de contrôle financier avec une participation de technocrates.
II. Formule proposée pour la négociation politique
N ap # Mache Pou Lavi (Marchons pour la vie) propose la formation d’un Comité d’un ou de deux représentants du pouvoir et de chaque groupe identifié, incluant les non-alignés, dans une logique d’inclusion, pour faire la négociation politique. Cette négociation pourrait se faire à l’aide d’un organe de médiation, ou en élargissant celui déjà formé avec d’autres personnalités.
1. Georges Wilbert Franck
Union des Normaliens et Éducateurs d’Haïti (UNOEH)
Page | 3 2. Robinson Pierre-Louis, Av.
Avocat et personnalité de la société civile
3. Gédéon Jean, Av.
Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH)
4. Arnold Antonin
Cinéaste et personnalité de la société civile
5. Dr Emmanuel Bélimaire
Secteur Santé haïtien
6. Stephanie Albert
Initiative des femmes pour le développement des enfants d’Haïti (IFEDH)
7. M. Gerald François
Nou Vle Viv
8. M. Emmanuel Brignole
Se Trop Atò
9. Mme Magdala Michel
Action des Jeunes pour l’avancement d’Haïti (AFASOH)
10. Evenson Jean, Av.
Réseau des organisations de la société civile (ROC)
11. M. Jean Marck Nicolas
Secteur de la jeunesse haïtienne (SEJAH)
12. M. Luck Williamson François
Syndicat des Marins Professionnels haïtiens (SMPH)
13. Kedma Dérival, Av.
Avocat et personnalité de la société civile
14. Samedi Simson, Av.
Initiative Oganizasyon Baz ak Militan Yo (INIBAZ)
Pour authentification
15. Mme Rachel Jean Michel
Groupe de réflexion et de recherche universitaires pour le développement intégré (GRREUDI)
16. M. Joël Monvil
Page | 4 Centre Socio-éducatif et d’Animation culturelle (CESAC)
17. Herby Altidor
Organisme chrétien pour la promotion des droits de l’homme (OCPDH)
Contacts : (509) : 37 95 65 97 /48 93 45 92
34 46 28 24 / 37 49 44 51

