Frantz Elbé : «Plus d’un millier de policiers ont abandonné la PNH»

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Le directeur général a.i de la Police nationale d’Haïti (PNH) Frantz Elbé avoue être dans l’impossibilité de retenir des cadres de l’institution policière contraints de l’abandonner en raison de la situation sociopolitique du pays.

Mercredi 11 mai 2022 ((rezonodwes.com))–

Aux préoccupations sur des fonds de la PNH contraints de retourner au trésor public en raison d’abandon de poste de policiers, le directeur général Frantz Elbé a répondu par l’affirmative.

«5622 Chèques totalisant un montant de 108 millions 978 mille 183 Gourdes sont retournés au Ministère de l’économie et des finances (MEF). Des cartes de débits avoisinant plusieurs millions de Gourdes sont également remises à la Banque nationale de crédit (BNC). Dans ce cas, il est question de 1313 cartes de débit allouées par la BNC qui n’ont pas eu preneurs»_ révèle-t-il.

De ces fonds, expose-t-il, la PNH a pu mobiliser des ressources pour améliorer les primes de risques alloués aux policiers dans le cadre des opérations dans des zones difficiles.  
À ce stade, l’institution policière se voit priver de ses meilleurs éléments. Des investissements consentis par l’État haïtien, dans la formation de policiers à l’étranger, sont considérés comme des initiatives perdues, selon le patron de la Police.

En raison du banditisme instauré à Port-au-Prince, il est à déplorer que des éléments de la PNH peinent à regagner leur poste de travail. Au Bicentenaire, ils sont nombreux, des policiers qui fuient la terreur des gangs de Martissant, à opter pour le trafic maritime entre Port-au-Prince et Carrefour. L’Autorité portuaire nationale (APN) accueille au quotidien un groupe important de policiers qui font le va-et-vient par la mer. 
Une réalité déprimante, indigne d’une force l’ordre destinée à rétablir la paix, mais contrainte de battre en retraite par la suprématie des gangs.

«Je ne peux s’opposer à des policiers qui aspirent à un mieux être. Le mobile de ces défections dans les rangs de la PNH peut s’expliquer par la crise en Haïti»,_ se défend Frantz Elbé.

En outre, il déclare avoir hérité d’une Police pratiquement désorganisée, démoralisée. L’administration de Léon Charles a accéléré la crise au sein de la PNH. Et comme récompense, Claude Joseph et Ariel Henry, sur recommandation de leurs tuteurs, ont reconduit Léon Charles comme ambassadeur de facto d’Haiti à l’OEA. Deux structures syndicales se rivalisaient, le mouvement de rébellion des «Fantom509» prenait de l’ascendance, un haut-commandement à la peine ont fragilisé sa hiérarchie et sa base, concède-t-il.

Pour l’heure, il se félicite d’avoir pu engager des réformes institutionnelles. Les perspectives définies à travers un plan de professionnalisation envisagent de créer une coopérative à l’intention des policiers, soumettre un programme d’indemnisation des policiers victimes sur le champ de bataille.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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