Quel avenir pour les femmes scientifiques évoluant en STIM en Haïti ? Qui assurera la relève?

par Bellita Bayard

Mercredi 8 août 2018 ((rezonodwes.com))–

I.- Introduction

La lutte des femmes pour se tailler une place dans leur société ne date pas d’hier. Outre les combats pour leur respect en tant que personne, elles ont mené dans le monde  un  mouvement de libération des femmes dans les années 1960 et également au cours des années 1990 pour la reconnaissance de l’égalité entre les sexes. Leur démarche s’articule autour de plusieurs axes d’engagements majeurs: meilleure éducation académique, inclusion des femmes dans le champ scientifique, accès aux postes supérieurs soit dans les administrations, les  affaires ou dans la politique, obtention de meilleurs salaires, meilleur traitement au niveau conjugal, droit à l’autogestion et bannissement de toute forme de discrimination envers les femmes, notamment les handicapées.




En Haïti, les recherches sur la place des femmes dans le monde scientifique et académique s’accentuaient après le 7 février 1986, date à laquelle le pays s’était libéré sous l’emprise de la dictature duvalierienne. C’était une époque où tous les Haïtiens et une infirme partie des Haïtiennes parlaient d’un certain droit: liberté politique et verbale. Bon nombres d’articles dans les revues et journaux d’Haïti, qui se consacraient à la problématique de la place des femmes haïtiennes dans la société, le monde de la recherche scientifique et académique, se sont sensiblement développés pendant les vingt dernières années. Le mouvement féministe en Haïti avait trouvé le support des féministes des autres pays tels que la Chine (Beijing, 1995), le Canada etc. Cependant ce mouvement n’a pas évolué, ou du moins, il  s’est noyé dans la politicaillerie, suivant le caprice de la conjoncture, des hommes et des femmes politiques. Toutes les recherches sur les femmes d’avant 1986 montrent qu’elles fonctionnaient dans l’ombre en tant qu’institutrice, ingénieure, architecte, topographe,  chimiste,  infirmière, auxiliaire etc. et surtout femmes « à tout faire »  dont les œuvres et exploits familiaux sont applaudis de manière très hypocrite par les membres de notre société.   Au fur et à mesure que les femmes s’efforcent d’aller à l’école afin de parfaire leurs connaissances, elles s’opposent et protestent contre certains traitements et abus.   Leur lutte repose sur des efforts de motivation afin de prendre leur destin économique et scientifique en main.

A partir des recherches et enquêtes effectuées sur la situation des femmes haïtiennes sur le plan scientifique et académique, nous avons fait deux constats sur le plan quantitatif et qualitatif: la minimisation des femmes à mesure qu’elles souhaitent atteindre la hiérarchie des enseignements et des statuts. C’est l’appartenance sexuée des disciplines scientifiques, c’est-à-dire que des croyances conduisent à une concentration des hommes  dans certains métiers (mathématiciens, physiciens, ingénieur, architecte, etc.), alors que les expériences psychopédagogiques montrent que : «la matière grise n’a pas de sexe.[1]» Cependant, nous pensons, a l’instar de certains auteurs que  les mentalités, les stéréotypes[2],  les préjugés de notre société et la soumission aveugle des femmes haïtiennes sont les principales barrières s’opposant à leur accession dans la recherche scientifique et académique. Les femmes haïtiennes sont très  limitées dans leur environnement de travail  académique et scientifique, tant au niveau de l’équité de genre  que de la recherche scientifique. Elles subissent des préjugés, du harcèlement de toutes sortes empêchant leur évolution en tant que personne et leur progression dans leurs carrières académiques au sein de la société haïtienne.

En somme, la question que nous nous posons dans ce texte est la suivante : les femmes haïtiennes ont-elles un véritable accès aux  domaines scientifiques et académiques en Haïti?

1.1.- Objectifs

L’objectif de notre article (recherche) est de regarder les différents obstacles rencontrés par les femmes scientifiques, particulièrement celles qui choisissent les professions qui font partie du STIM en Haïti,  par rapport à leur avancement  professionnel et hiérarchique.

L’objectif de la recherche est de comprendre l’influence relative de la politique organisationnelle des institution étatiques telles que l’Université d’État d’Haïti, à travers la Faculté des Sciences et le Ministère des travaux publics transports et communication,  par rapport aux différences culturelles, sociales et  intellectuelles en ce qui a trait à  l’avancement de carrière de ces femmes haïtiennes qui travaillent dans les entreprises susmentionnées.  L’accent est mis sur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer pour accéder à des postes et exercer leur métier sans problèmes.




1.2.- Méthodologie

Notre démarche méthodologique est systémique, c’est-à-dire, elle fait une photographie (monographie) générale de la situation des femmes scientifiques haïtiennes au niveau des systèmes ( interaction, rétroaction, régulation, organisation, finalité, vision globale, évolution, etc.) tout en combinant la connaissance, le savoir (savoir-faire et savoir-être)  et l’action des femmes scientifiques haïtiennes en tenant compte de la situation de certaines femmes professionnelles travaillant en tant qu’enseignantes et cadres à l’Université d’État d’Haïti, particulièrement à la Faculté des Sciences d’Haïti. Un regard sera jeté également sur les femmes scientifiques évoluant au Ministère des travaux publics et au laboratoire national.

Notre collecte des données sur environ une cinquantaine de femmes scientifiques se repose sur l’entrevue structurée sur un échantillon d’environ une centaine de   femmes scientifiques évoluant dans les institutions mentionnées ci-dessus.

Par une approche structuro-sociologique, C’est-à-dire, tout en embrassant la question des femmes, tenant compte des éléments constituant la base de l’ensemble de la structure, nous allons analyser les différentes composantes de cette partie de la société afin d’expliquer à partir des fonctions qu’elles remplissent et par tout ce  qu’elles apportent pour la bonne marche de la structure à laquelle est appartiennent. Nous allons essayer de mettre au clair certains obstacles entravant le développement des femmes scientifiques haïtiennes. En guise de théorie générale,  nous faisons appel à certains courants de pensée féministes dans le cadre de notre analyse.

1.3.- Les discours et  théories sur la problématique des femmes

Dans une réflexion intellectuelle mondiale sur la problématique des femmes, de leur évolution dans les sociétés, beaucoup de questionnements sont présentés sur les facteurs empêchant leur émancipation économique, politique, particulièrement sur la position subordonnée qu’elles  occupent toujours  dans la société.  Pour nous aider à comprendre le problème, nous faisons appel à trois courants de pensée  nés de ce paradigme :

1) Le féminisme libéral ou égalitariste, d’une tendance  « réformiste.» Cette théorie recommande vivement l’égalité complète entre les hommes et les femmes. Une égalité par laquelle on vise à empêcher par tous les moyens  les différences à tous les niveaux. «Le sexe masculin[3] ou féminin n’est donc plus considéré comme un trait naturel qui détermine les capacités de chacun. »  C’est la liberté individuelle et l’égalité qui sont les deux fers de lance de cette théorie.

2) Le féminisme radical  qui voit dans les femmes une classe  politique à part entière dominée par la classe des hommes ayant pour rapport de force le sexe. Le point de mire de ce courant est  le système patriarcal. C’est le problème des relations homme-femme, puisqu’il est la source première et principale de l’oppression des femmes. Selon cette théorie, l’objectif premier du patriarcat est le contrôle du corps des femmes, notamment la maternité et la sexualité des femmes. Le système patriarcal, particulièrement dans les pays en voie de développement dont Haïti, s’étend d’abord dans la famille[4],  dans la reproduction et se répand ensuite sur toute la société tant sur les plans politique qu’économique et juridique. Il constitue la base des représentations sociales et culturelles dans laquelle la femme reçoit une éducation qui lui confère d’accepter l’oppression et de faire comprendre à l’homme qu’il doit par tous les moyens dominer. C’est ce que les féministes appellent : la culture masculine dominante, et la culture féminine dominée. C’est la raison pour laquelle le courant ou la théorie radicale s’oppose catégoriquement au système patriarcal et  le critique violemment dans tous ses aspects.

3) Le féminisme marxiste qui croit que l’exploitation des deux sexes découle de  l’organisation économique des sociétés. Cette théorie critique vertement  le capitalisme qui, selon elle, est  le système économique responsable de la division sexuelle du travail[5]. Haïti est depuis des décennies dans le collimateur du système capitaliste qui soutient l’hégémonie masculine. Donc, le féminisme marxiste  est à  l’opposé du courant libéral/égalitariste et radical. Cette théorie prône l’observation et l’analyse des faits sociaux en vue d’expliquer  la domination des hommes sur les femmes. Cette théorie tient compte de la question de couleur dans les sociétés ; par exemple, le féminisme noir et le féminisme postcolonial tiennent compte des revendications des femmes non-blanches et de leur représentation au sein des groupes féministes. Ce courant soutient les notions et mouvements de lutte contre le racisme et de lutte contre le colonialisme et leur inclusion dans l’analyse féministe.

De ces trois théories  du féminisme découlent d’autres manières ou façons de penser sur les femmes telles que : le féminisme écologiste ou l’éco-féminisme[6]  qui s’intéresse aux conditions de vie des femmes et à la préservation des ressources naturelles et de la faune. Le courant féministe anarchiste ou l’anarcaféminisme[7] souhaite éliminer la hiérarchie et les rapports de pouvoir et de domination qui existent entre tous les êtres humains. Le féminisme dit « postmoderne » est multiple.  Il est porteur d’un discours qui remet en question et déconstruit les pratiques, les modèles et les normes sociales établies, particulièrement les identités de genre. Pour les féministes postmodernistes, la façon dont la société perçoit le sexe (femelle/mâle), le genre (féminin/masculin) et la sexualité (hétérosexualité/homosexualité) n’est autre que le fruit de nos constructions sociales et il est désormais nécessaire de les déconstruire pour faire place à la création d’identités variées. Alors, dans quel paradigme féministe la société et les femmes haïtiennes nagent-elles ? Quel est donc le courant féministe qui convient mieux à notre réflexion?

1.3.1.-Les discours relatifs à la recherche sur les femmes scientifiques




Haïti est un pays qui a une histoire riche en rebondissements socio-économiques et politiques. Cependant, même à travers cette belle histoire, les femmes sont restées dans un univers feutré sur le plan organisationnel et social. Les critiques sur le passé historique de ce pays insistent toujours sur la participation des femmes dans les épopées haïtiennes. Cette partie de l’histoire haïtienne est très bafouée. Est-ce parce qu’Haïti est une société culturellement et politiquement patriarcale ? A tort ou à raison, nous allons considérer dans notre analyse les deux théories féministes  relatives à l’égalitarisme, ou le libéralisme et le radicalisme.  La première  prime la liberté individuelle et  l’égalité entre les sexes. Et la seconde  s’oppose au système patriarcal comme paradigme ou mode de  pensée dans l’analyse des relations homme-femme et accorde la priorité à la domination masculine. Notre propos trouve sa force dans un article écrit par le Sociologue Pierre Bourdieu  disant que : «La domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question. Plus que jamais, il est indispensable de dissoudre les évidences et d’explorer les structures symboliques de l’inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et chez les femmes[8]. » Dans ce cas, que pensent d’abord les écrivains(es) en ce domaine ? Arrivent-ils à proposer des analyses raisonnables, c’est-à-dire sans pencher la balance d’un côté ou de l’autre ? C’est à ces interrogations que nous allons tenter de répondre à travers certains ouvrages des chercheures[9]  (es) telles que : Sophie Boutillier et Blandine Laperche.

Dans leur article intitule : « La place des femmes dans la recherche : apprentissage, production et valorisation des connaissances » Boutillier et Laperche cherchent à répondre à l’interrogation suivante : quelle est la place des femmes dans les universités en ce début de XXIe siècle ? Elles constatent qu’il existe une discrimination positive et l’égalité des chances dans tous les pays et en fonction de leur capacité à gérer l’aspect social de celle-ci. Selon elles, si les femmes ont de bons résultats et parcours universitaires, elles sont très minimes par rapport aux  hommes dans les études doctorales en Sciences,  Technologie de l’Ingénierie et Mathématiques (STIM) et dans leur carrière universitaire, voire dans la hiérarchie, elles deviennent encore  plus rares. Selon Boutillier et Laperche, le problème de l’accession des femmes dans les activités de recherche à l’université est dû à  trois phénomènes bien connus des sociologues : « l’effet ciseau », le « tuyau percé » et le « plafond de verre[10] ».  Des concepts utilisés pour décrire une situation complexe, tout en mettant à nu les destins féminins au niveau de la recherche scientifique. En se posant la question suivante : « Faut-il vraiment s’habiller comme un homme pour suivre des cours à la Sorbonne ou à Oxford pour manipuler des éprouvettes ? » Elles avancent que depuis la fin du XIXe siècle, les femmes « ont conquis le droit de suivre des cours à l’université,  puis d’occuper une part majeure dans l’enseignement universitaire et la recherche. » Elles font état de la situation d’aujourd’hui,  et constatent que les droits acquis par les femmes ne font pas tomber pour autant les barrières institutionnelles, en raison de leur faible  participation à la production scientifique. Les informations suivantes leur ont donné raison. Par exemple, l’attribution du Prix Nobel[11] l’illustre clairement : 784 prix Nobel ont été attribués depuis 1901 (jusqu’en 2006 inclus) dont 34 à des femmes : 2 en physique, 3 en chimie, 7 en médecine, 10 en littérature et 12 pour la paix.  Aucune femme n’a, à ce jour, obtenu le prix Nobel d’Économie. Les auteurs ont fait tout un rappel historique sur l’évolution et l’émancipation des femmes scientifiques qui souffrent en tant que professionnelles. Elles ont cité  Michèle Perrot,  qui a écrit un ouvrage en 2001 sur : Les femmes ou les silences de l’histoire,  dans lequel elle parle des métiers de femmes avant la conquête,… qui s’inscrivaient dans le prolongement des fonctions dites naturelles et des tâches ménagères des femmes telles que : institutrice, infirmière, assistante sociale, secrétaire de direction, etc. C’est ce qui explique la faible production scientifique des femmes à nos jours. Les auteurs ont même pris l’exemple de Marie-Sophie Germain, cette  femme de science contrainte de rester dans la clandestinité du savoir en dépit de sa grande capacité intellectuelle. Et les contraintes  parentales et familiales qu’ont certaines femmes qui sont attirées par les sciences et qui étaient obligées de former des couples scientifiques à l’instar des Curie et Joliot-Curie, des Lavoisier et des Roland avec  Jeanne-Marie Philipon, plus connue sous le nom de Madame Roland.  Ce sont des exemples à partir desquels «la femme peut exceptionnellement travailler et conquérir une reconnaissance de la communauté scientifique[12] » Au regard de ces auteures, quelle est la place de la femme scientifique dans tous ce carcan?

1.4.- Quelle place occupent les femmes scientifiques  au XXIe siècle?

 Les auteures continuent leur voyage à travers  le temps, en utilisant les statistiques comme technique  et l’Europe comme un cas particulier pour constater les faits suivants :

  • les femmes sont minoritaires dans les effectifs de la recherche en Europe ;
  • la proportion de chercheuses varie selon la discipline scientifique et le pays ;
  • le « plafond de verre », que l’on peut constater dans l’emploi féminin, est particulièrement présent dans l’enseignement supérieur et la recherche ;
  • «alors que la proportion de femmes et d’hommes est la même en première année, environ 50 %, au cours des années, le phénomène du « tuyau percé » entre en œuvre, le nombre de femmes diminue progressivement, d’où un « effet en ciseaux » : à partir de la première année, la proportion d’hommes dans les études universitaires augmente progressivement, alors que celle des femmes suit le chemin inverse. »

D’après les chiffres avancés par les auteures Boutillier et Laperche,  en 2002, les femmes en France représentent en moyenne environ 34 % de la recherche académique, autour de 17 % de femmes chercheures. En 2004, les femmes représentent en France 28 % des chercheurs (public et privé confondus). Leur situation est meilleure dans la recherche publique (33 % des chercheurs) que dans les entreprises (21 %). De 1992 à 1999, les effectifs féminins dans la recherche (publique et privée) ont progressé de plus de 30 %, soit une croissance supérieure à l’ensemble des emplois de chercheurs : 21 % de croissance dans la recherche publique et 11 % dans la recherche privée. 17 % des professeures et près de 40 % des maîtres de conférences sont des femmes. Ce qui a augmenté par rapport aux taux  respectivement de 9 % et 30,4 % au début des années 1980. Par contre,  le nombre de femmes est inversement proportionnel au niveau hiérarchique. Elle sont  40 % des MCF toutes disciplines et tous âges confondus, mais ne représentent plus que 20 % des professeures d’université de seconde classe, contre environ 15 % pour les première classe, environ 2 % pour les professeurs d’université de classe exceptionnelle. On ne compte que 9 femmes parmi les 89 présidents d’université. Sur les 71 sections du Conseil national des Universités (CNU), on ne recense que 10 présidentes. Quant aux  étudiantes françaises, elles sont  globalement 56,5 % des étudiants à l’université. Mais leur proportion diminue au fil des diplômes : 57 % des étudiants en licences, 56 % au niveau Master et 45 % au niveau du doctorat. C’est l’effet ciseaux.

Les auteurs parlent du concept « plafond de verre »[13] pour souligner  la difficulté des femmes à  atteindre des postes de pouvoir, soit  dans l’enseignement ou  la recherche scientifique ainsi que dans les autres activités professionnelles. Elles avancent à partir des travaux de Osborn que : «La promotion des femmes est toujours plus difficile que celle des hommes.[14] »  Ce constat s’explique par les travaux des sociologues comme M. Cacouault, qui dit que les problèmes résident, d’une part, dans leur lent accès à ce « monde d’hommes[15] » et, d’autre part, dans la division du travail qui s’opère à l’université, «les femmes[16] se retrouvent surtout dans les activités d’administration, des formations et de l’enseignement »

Plus loin, les auteurs parlent de la nouvelle mission de  l’université qui est  la valorisation de la recherche. Elles citent J.-B Say qui dit que l’université doit devenir un intermédiaire entre le savant, producteur de la connaissance : Chimie, Physique, Ingénierie, etc. et l’ouvrier qui met en application ces connaissances dans l’industrie[17].  Ex. Louis Pasteur, Thomas Edison et leur cortège. Donc, le scientifique est considéré comme étant un entrepreneur. Si selon la loi sur l’innovation et la recherche de 1999, l’université doit être garante de la production, de la transmission et du renouvellement des connaissances scientifiques,  les femmes scientifiques doivent être valorisées au même titre que les hommes. Or,  en France, la proportion de femmes créatrices d’entreprises issues de la recherche est donc inférieure au pourcentage de femmes créatrices d’entreprises tous secteurs confondus[18], soit 30 %. A partir de cette prémisse, les auteures s’interrogent sur la place particulière des femmes dans la valorisation de la recherche, vu qu’elles «sont plus présentes dans les disciplines des sciences humaines et sociales où les opportunités de valorisation des travaux sont moins nombreuses ou moins systématiques. Elles sont aussi souvent en charge des tâches d’administration de la recherche et s’insèrent moins facilement dans les réseaux[19].  Boutillier et Laperche avancent que la contrainte des femmes à  faire partie intégrante dans la recherche universitaire,   risque  de  rendre  plus fragile encore leur position, vu qu’elles sont pénalisées, même si elles sont aptes à subir la concurrence accrue.

Enfin, les auteurs ont parlé d’un long et difficile combat des femmes en vue de se tailler une place dans le monde de la connaissance. Selon Boutillier et Laperche, le blocage des femmes scientifiques dans le monde universitaire ne date pas d’hier, mais depuis la fondation des premières  universités en Europe au XIIIe siècle. Si la révolution industrielle ouvre l’université sur le monde économique, les femmes sont encore reléguées en arrière-plan.  De nos jours, si les obstacles institutionnels ne sont plus de mise, la position des femmes dans la production des connaissances reste marginalisée, que ce soit dans le secteur privé ou public. (Universités, centres de recherche). La présence des femmes dans les postes stratégiques à l’université est très réduite au profit des hommes sans aucun critère de compétence. N’y aurait-il pas également une certaine forme de discrimination qui agisse sournoisement?

Après une telle élaboration scientifique sur les femmes savantes faite par les auteures Boutillier et Laperche, il est important pour nous en tant que chercheur de montrer comment se présente la situation des femmes savantes haïtiennes. Le moyen le plus scientifique pour le faire, est d’effectuer un voyage à travers les œuvres des auteurs haïtiens et étrangers en ce domaine. Cependant, les revues scientifiques et les écrits en général étant relativement rares, nous allons considérer un article du journal le Nouvelliste écrit par Frantz Docteur, intitulé : Haïti, être femme dans une société patriarcale. Instrument de promotion sociale ou citoyenne à part entière ? Publié le 9 octobre 2010.

II.- La place ou l’évolution des femmes scientifiques haïtiennes dans la recherche en Haïti.

  1. Docteur a fait une considération sociétale des femmes haïtiennes. Selon lui, le sexisme entrave l’évolution de la condition féminine en Haïti. Les préoccupations sont axées sur la violence physique faite aux femmes sans pour autant considérer  la question de la violence morale, psychologique, psychique, voire conjugale subie par ces femmes.  En fait, les femmes ne prennent pas le risque de proposer, ni de faire voter une loi pour émasculer les violeurs en cas de condamnation définitive. Nous comprenons pourquoi, parce que ce sont les hommes qui font les lois en Haïti. Et, il y a une tendance qui fait croire, que la femme qui est violée n’était toujours pas à sa  place, même si elle a subi le viol chez elle, dans sa chambre. Car,  elles sont toujours considérées comme des parias depuis la fondation de cet État.

L’auteur a fait un constat : c’est  l’échec de notre pays en matière d’égalité de droit tout au long du XIXe et XXe siècle[20]. De ce fait, il veut aborder cette question en tenant compte  des limites d’une émancipation de la femme haïtienne, voire libération d’une infirme minorité qui, à elle seule, ne suffit pas pour affirmer aujourd’hui l’évolution de la condition féminine comme étant un acquis solide. L’auteur analyse les conditions des femmes haïtiennes en tenant compte des  défaillances et les faiblesses des systèmes politiques et juridiques depuis la naissance de l’État et de la place accordée aux femmes dans la construction de cet État. Il fait la décantation du problème sur deux siècles, au cours desquels le  pays fait face à deux mondes :

1) celui des hommes qui détiennent tous les moyens d’enrichissement, pouvoirs, appareil d’État, moyens de coercition et de répression ;

2) celui des femmes, pauvres, démunies, spoliées et réprimées et n’ayant aucun accès à la vie civile, à la vie politique, nous ajouterions a la vie intellectuelle et scientifique.

La réflexion sur le droit à l’égalité des sexes incite les chercheurs à s’interroger sur le statut juridique des femmes haïtiennes depuis l’indépendance à nos jours. L’auteur a remis en question  des femmes dès la naissance de la République, à partir des  triangles suivants : législatif,  exécutif et judiciaire, qui selon lui ne respecte pas «les règles de la démocratie moderne, c’est-à-dire le fonctionnement du système sous forme de triades. «voir-juger-agir, information-débat-décision.»   A l’instar de M. Docteur, nous pouvons dire que les femmes haïtiennes, qu’elles soient intellectuelles, scientifiques ou autres,  se sont vues imposer ce système par le patriarcat absolu.  De ce fait, l’auteur décrit une certaine  passivité, «l’irresponsabilité », même au prix de larmes du rôle des femmes qui était juridiquement limité.  Sur le plan historique, l’auteur a présenté un  tableau sombre du traitement des femmes qui étaient considérées comme un instrument de promotion sociale, un objet de distraction et de continuer ses descendances. Il avance qu’en Haïti, «le droit de liberté, d’égalité et de fraternité a été remplacé par le triptyque  soumission, hiérarchie et paternité[21]. » Ce stéréotype qui fait croire que l’homme est génétiquement  supérieur à la femme. De ce paradigme, l’homme a été éduqué comme étant chef et bourreau de la famille, chef d’entreprise, chef de chantier, chef de projet, chef de l’église etc. Alors que la femme haïtienne a été éduquée pour être la mère, l’épouse, la concubine accomplir les tâches ménagères et  rester cantonnée dans son foyer.

Au niveau de l’accès des femmes dans la hiérarchie politique et administrative haïtienne, l’auteur parle de la lutte de la génération des femmes à la jonction des deux siècles  pour le droit de vote et l’accès à l’instruction, à l’éligibilité. Malgré tout, la  femme haïtienne et sa présence au pouvoir sont toujours inaperçues.  Il a parlé d’une femme qui est devenue maire de Port-au-Prince à la fin des années cinquante, deux femmes ministres sous le régime dictatorial des Duvalier. Pendant la transition,  une femme a su assurer l’intérim de la présidence de la République, en vue d’organiser les élections libres et démocratiques sans contestation dans les années 1990. Il dit que les femmes sont victimes de l’exploitation sexuelle, de l’injustice des lois, de l’oppression économique, domestique, sociale et politique.  Alors que les femmes pourraient bien mener une vie professionnelle et une vie familiale. Malheureusement, dans le domaine scientifique l’auteur déclare  qu’il est difficile de chiffrer la contribution des femmes en raison de la nature invisible de leur travail, pourtant elle occupe une place importante dans l’évolution sociale de ce pays. L’auteur décrit  les caractéristiques de la condition féminine comme suit : « une sous-estimation et une sous-valorisation du travail des femmes, une structure du travail segmentée et différenciée, un taux de rémunération inégal, un accès inéquitable aux biens et aux ressources, une responsabilité inéquitable aux charges sociales, et un pouvoir économique inéquitable.[22] » Il remet en question le rôle du Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes en Haïti.   Il se questionne également sur l’invention d’un nouveau concept en vue d’éviter la pratique discriminatoire entre les hommes et les femmes en Haïti. Il a remis en question l’éducation donnée aux femmes haïtiennes par rapport  aux hommes.

L’intervention de Frantz Docteur dans ce texte est majoritairement historique sur la situation des femmes haïtiennes. Il a tout au moins effleuré  les conditions des femmes sur le plan éducatif. Et il conclut que la paix sociale, le développement économique, la stabilité politique, la tranquillité publique sont indissociables de l’égalité des droits. Cependant, quant à la lutte des femmes scientifiques, M. Docteur a quasiment passé outre. Avec raison, puisque sa mission était de reporter dans le cadre d’un colloque sur les femmes.

Nous voulons faire un prolongement analytique  de la situation des femmes scientifiques en Haïti. Évoluent-elles sans ambages et contraintes en ce domaine et dans le monde académique haïtien? Voilà ce qui va faire l’objet fondamental de notre analyse et réflexion suivantes.

 

III.- L’accès des femmes aux domaines scientifiques et académiques en Haïti

En Haïti, au fur et à mesure que les femmes avancent sur le plan éducatif, les  obstacles et défis à relever sont énormes sur le plan scientifique. Le premier hic des femmes haïtiennes en ce domaine, ce sont  la perception et la conception de la société des femmes sur le plan culturel, éducatif et la mentalité de la société haïtienne en général. Les femmes haïtiennes sont faites pour s’occuper de leurs enfants et de leur foyer. Donc, le domaine scientifique demande beaucoup de temps et d’énergies, il y a là des difficultés pour elles de jongler entre leur domaine et famille.  De plus, la loi  haïtienne n’est pas trop favorable à l’émancipation féminine, surtout en ce qui a trait à leur liberté de sortir et d’évoluer sans l’approbation de leurs parents et/ou maris. Sur le plan institutionnel, même si les femmes travaillent et possèdent toutes les capacités intellectuelles, scientifiques et morales pour un poste,  l’environnement sexiste dans lequel elles évoluent donne la priorité hiérarchique et rémunératrice aux hommes, non pas parce qu’ils sont les plus qualifiés, mais parce que ce sont les «hommes ». Le professeur à l’Université d’État d’Haïti,  Jean Laforest Visene, dans son texte intitule : «Émancipation sociale et relèvement économique de la femme en Haïti fait une : « proposition d’une approche théorique et stratégique » est également d’avis qu’ « il y a en Haïti une perception  typique et durable de la femme : celle de la voir comme ayant les capacités d’épouse et de mère seulement. Les conséquences de cette perception sont les suivantes : «Il y a une représentation limitée de la femme dans le système politique formel ; En grande partie ce sont-elles qui occupent le secteur économique informel et les emplois moins rémunérés ; Elles ont, presqu’exclusivement, la responsabilité de la famille et des enfants. Cette assignation sociale ne fait qu’augmenter la fragile situation de la femme haïtienne,  en particulier celles des zones difficiles[23]. »   Les obstacles rencontrés par  les femmes au niveau de leur évolution scientifique sont aussi politiques. Selon l’Institut haïtien des statistiques et d’informatique (IHSI),  elles représentent 52%  de la population haïtienne et elles sont quasiment absentes dans les zones stratégiques de la politique étatique. Sauf pour servir dans certaines professions auxquelles les hommes ne s’intéressent pas, ou on peut les voir comme animatrice dans les réunions politiques. Les raisons sont familiales (les maris s’y opposent par jalousie) et économiques en raison de la convoitise des hommes politiques pour les postes les mieux rémunérés. De plus, en Haïti,  les textes de lois sont majoritairement rédigés par les hommes. Ce qui faisant dire par Marie Paul Isabelle Théosmy, dans un article écrit le 24 juin 2015, dans le National titre : «Le MCFDF : quelle politique d’intégration des femmes dans toutes les sphères de la société ? »

«Malgré la dynamique des organisations féminines pour la promotion des femmes, Leurs  présences aux postes nominatifs est minoritaire. Selon ces organisations, «Il existe une discrimination persistante à l’égard des femmes au sein de la fonction publique qui est l’apanage des hommes, car la plupart des membres, des dirigeants dans l’espace politique, étant des hommes.[24] »   Nous pouvons  compter dans les trois pouvoirs de  l’État (législatif, exécutif et judiciaire) le pourcentage de femmes dans les postes à pourvoir.

IV.- Les femmes scientifiques et l’enseignement universitaire

Selon les données de l’Université d’État d’Haïti, de manière globale, les femmes sont présentes dans le domaine de l’enseignement universitaire. Les ressources humaines en enseignement se composent ainsi : 1861 (hommes et femmes), soit 1354 hommes et 507 femmes. Donc, les hommes représentent 72,76% et les femmes 27,24% et la moyenne d’âge est de 49 ans pour les deux sexes. Sur 27 membres faisant partie du conseil universitaire, il y a 3 femmes, soit respectivement environ 89% d’hommes et 11% de femmes. Sur onze décanats, 4 sont dirigés par les femmes, 36,36%. Les femmes représentent 50% des hommes sur 10 directions. Là, nous faisons une digression pour dire que nous comprenons pourquoi l’accès des femmes à la recherche est limité, surtout dans un pays comme Haïti où l’argent, la réputation, l’honneur et la gloire sont considérés comme étant les affaires des hommes. Or, la mission de l’Université est non seulement d’enseigner, mais aussi de faire de la recherche. Celle-ci devrait être faite de commun accord entre la recherche publique, les entreprises privées et la mobilité des chercheurs (es).

En ce qui concerne les femmes enseignantes en STIM à l’UEH, le tableau suivant nous donne les édifications que voici :

 

Les  enseignants en STIM à l’Université d’État d’Haïti
FACULTES /UEH Hommes Femmes Pourcentage Hommes Pourcentage Femmes
Faculté d’Odontologie (FO) 42 19 69% 31.14%
Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) 74 16 78,37% 21,62%
Faculté des Sciences (FDS) 70 15 78,57% 21,42%
Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) 131 25 84% 16,02
Total 317 75
 

Figure 1 : Sources : Secrétariat général de l’Université d’État d’Haïti. Information datée du 12 décembre 2017.

 

 

Figure 1.1 : Secrétariat général de l’Université d’État d’Haïti. Information datée du 12 décembre 2017.

 

Nous comprenons également  pourquoi notre société fonctionne si mal, ce sont les hommes qui décident de l’avenir de la majorité des personnes vivant dans notre société en marginalisant l’apport des femmes en ce sens.  Tel qu’il est écrit par Mme. Marie Paul Isabelle Théosmy  Dans son texte susmentionné : « Sous-estimation, sous-valorisation, discrimination, tels ne sont pas les seuls problèmes auxquels sont confrontées les haïtiennes. Elles sont aussi victimes de violences domestiques qui continuent à passer sous silence et, elles ne sont pas toujours en mesure de négocier leur sexualité…….Au niveau du membership des partis politiques, les femmes sont sous-représentées. Leurs  présences aux postes nominatifs est minoritaire. Il existe une discrimination persistante à l’égard des femmes au sein de la fonction publique qui est l’apanage des hommes, car la plupart des membres, des dirigeants dans l’espace politique, étant des hommes[25]. » Nous ne pouvons pas  ignorer  que les femmes haïtiennes font l’objet de harcèlement de toutes sortes. Ceci est l’un des adjuvants majeurs de l’évolution scientifique des femmes dans tous les domaines de la vie nationale.  Selon les informations reçues du Secrétariat General de l’Université d’État d’Haïti, les femmes sont très peu représentées dans cette structure de gestion universitaire.

Si, comparativement aux hommes,  les contraintes d’accession des femmes sont dans tous les domaines, certains hommes osent même dire que les femmes se mesurent à eux, c’est-à-dire, elles sont en compétition scientifique avec eux,   que dit-on de leur progression sur le plan scientifique? Quelle place les femmes occupent-elles dans la science et la technologie ? Les femmes évoluent timidement dans les sciences exactes, naturelles, humaines, l’ingénierie et la technologie, dans la recherche et développement.

Dans notre enquête à la Faculté des Sciences d’Haïti, nous avons dénombré respectivement que  79% des professeurs en STIM sont des hommes par rapport à 21% de femmes. Quant aux étudiantes en STIM, elles sont particulièrement  13%  en première année Topographie et 7% en 2eme. Année Topographie. Elles représentent  respectivement 15% en Première année en Mathématiques-Physique-Chimie et  première année de Licence en Chimie, 18% en Deuxième année en Mathématiques-Physique-Chimie et 43%  en  Deuxième année  de Licence en Chimie. Les informations ci-contre, montrent que les filles sont relativement nombreuses en Chimie et leur représentation sont très faibles dans les autres programmes par rapport aux hommes. Tandis qu’elles représentent 20% au Canada et au Quebec[26], particulièrement, en 2014,  les femmes représentent plus de 17 % des étudiants inscrits à des programmes de 1 er cycle en génie au Québec (OIQ, 2014). Au canada, la proportion de femmes selon les disciplines telles que :  Génie biomédical 25%, Génie chimique 24%, Génie géologique 17%,  Génie civil 16%,  Génie industriel 16%,  Génie informatique 13%,  Génie électrique 9%, et en  Génie mécanique 8%.  Pendant ce temps, d’autres pays tels que : l’Inde, la quantité de femmes en STIM[27] s’élève à 33% et en Jordanie et Tunisie, à 38%. L’Ordre des ingénieurs du Québec compte actuellement près de 8 300 femmes ingénieures, ce qui représente environ 13 % des membres,[28]

Dans notre recherche, nous avons considéré que le MTPTC est relativement le prolongement pratique des finissants  de la faculté des Sciences. Selon les informations trouvées au Ministère des travaux publics, 65% des hommes contre 35% de femmes sont ingénieurs (es) et travaillent en STIM[29]. Tel qu’il appert dans le tableau suivant.

 

Les  étudiants (es)  en STIM à la Faculté des Sciences de  l’Université d’État d’Haïti [30]
FACULTE des Sciences Hommes Femmes Pourcentage Hommes Pourcentage Femmes
Topographie (1ere. Année) 26 4 87% 13%
Topographie (2eme année) 14 1 93% 7%
Première année (MPC1 et LC1)[31] 170 30 85% 15%
Math-physique-chimie (MPC2)[32] 69 15 82% 18%
Licence en Chimie (LC2) [33] 4 3 57% 43%
Total 283 53
 

Sources : Faculté des Sciences recherche effectuée en date du 9 février 2018

 

Donc, nous pouvons dire, à partir des résultats de nos enquêtes, que « Ce constat est le produit de trois phénomènes bien connus des sociologues : « l’effet ciseau », le « tuyau percé[34] » et le « plafond de verre[35] » dont parlaient plus haut les auteures[36] Laperche et Boutillier. Ils sont palpables, si nous faisons référence aux informations sur l’évolution des étudiantes de la Faculté des Sciences : En effet, «l’effet Ciseaux »  désigne «une situation dans laquelle deux phénomènes vont évolués de manière opposée. Donc, il y a en même temps, un accroissement et une baisse. Par exemple, les filles qui rentrent en première année relativement en très grand nombre à la faculté des sciences  sont confrontées à un effet ciseaux, d’une part en tant que ressources, le nombre diminue et d’autre part, les besoins de ces ressources par les entreprises augmentent

Dans les pays industrialisés, la science et la technologie sont un passage obligé pour l’éradication de la pauvreté,  l’amélioration de la qualité de vie et de la situation socio-économique des femmes. Alors que l’évolution des femmes dans la Science et la Technologie peut aider Haïti à améliorer la santé, l’éducation, et aussi l’environnement.  Les femmes étant mises à l’écart par le système éducatif haïtien, les schèmes culturels et mentaux, elles  ne sont pas représentées ou en d’autres termes, elles sont  sous-représentées dans ce domaine. Selon  Lesley Shannon[37], «il est essentiel que les filles découvrent très tôt les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) pour connaître les possibilités passionnantes qui s’offrent à elles dans ces domaines[38]. » Cependant,  Les femmes scientifiques haïtiennes  regardent perplexes leur situation. Elles ne se regroupent même pas en association des femmes scientifiques et socio-professionnelles afin de poser à fond les problèmes auxquels elles se confrontent.  Voilà l’une des raisons pour lesquelles le pays est à des difficultés de toutes sortes : éducative, environnementale, sociale, économique, culturelle etc.

V.- Les  obstacles et adjuvants obstruant l’accès  des femmes aux domaines scientifiques et leur progression dans les carrières académiques au sein de la société haïtienne

En Haïti, les obstacles nuisant à l’accès des femmes aux domaines scientifiques et leur progression dans les carrières académiques sont énormes. D’abord, il faudrait faire un retour dans notre passé d’esclaves pour comprendre le traitement des femmes haïtiennes. Après l’indépendance, les bourreaux étrangers sont partis et ont laissé un schème mental aux bourreaux indigènes à partir duquel l’esclavage en tant que système est banni et remplacé par l’esclavage féminin. Les femmes, même si elles représentent la pierre angulaire sur laquelle repose la société haïtienne, elles sont aussi considérées comme des esclaves privées des hommes jouissant de notre indépendance et qui sont nostalgiques de l’ancien système. Et pour reproduire le système,  ils ont asservi les femmes sur le plan corporel et psychologique par des comportements violents et sexistes. A tort ou à raison, il y a des femmes qui résistent à cette situation d’exploitation voilée et nous pouvons nous en réjouir également qu’il y a des hommes qui sont foncièrement opposées à ces genres de pratiques esclavagistes. De plus, notre système éducatif est façonné (créé) en vue  pour d’opprimer les femmes et valoriser les hommes. Nous le comprenons très bien, ce sont les hommes qui décident du destin de leur famille et de la société. En résumé, nous avons un système éducatif à double vitesse, c’est-à-dire, en même temps qu’il montre aux hommes qu’ils sont supérieurs et de l’autre côté, il prépare les femmes pour être soumises à tous les forfaits de la société. Drôle de contradiction et, en retour,  ce sont les femmes qui donnent de l’éducation familiale. Ceci est le reflet de ce qui se passe sur le plan  macro-social.  On ne donne pas ce qu’on  n’a pas. De ce fait, nous disons,  à l’instar des auteures,  mesdames. Nathalie Lamaute-Brisson,  Janin Jadotte et  Irdèle Lubin : « si l’on veut le changement de l’école et des autres sphères du social, des actions qui mobilisent l’ensemble des acteurs en amont (parents) et au sein du système éducatif. En particulier les différentes modalités d’articulation entre les projets des parents, la place des filles/femmes dans l’économie de la famille d’une part, et les activités scolaires d’autre part doivent être repensées lorsqu’elles sont défavorables à la réussite des filles/femmes[39]. »    Et les répercussions sont visibles au niveau de la société globale. En clair, et nos hommes et nos femmes haïtiens n’ont pas, majoritairement, une éducation adéquate pouvant soutenir le développement du pays.

L’absence de l’éducation universelle entraine la disparité entre les hommes et les femmes. En d’autres termes, il y a reproduction des inégalités en matière d’éducation.  Bien que les femmes commencent à prendre conscience de leur situation et à faire des efforts pour s’en sortir en se formant et s’éduquant.  Les hommes, quant à eux, restent ancrés dans leur condition traditionnelle  patriarcale, c’est l’une des causes des conflits familiaux et maritaux.

Que ce soit à l’école, l’université ou sur le marché du travail, le taux d’emploi des femmes est toujours inférieur à celui des hommes et  à l’inverse le taux de chômage des femmes est supérieur. Fritz-Gérald Louis, Fritz-Gérald Louis, un expert en analyse économique et développement international  a affirmé que «les jeunes sont les premières victimes de ce fléau. » qu’est le chômage. Viennent ensuite les femmes, tout en mettant l’accent sur le fait que la population haïtienne est composée en majorité de jeunes sans avancer de chiffres. Il a, toutefois, signalé que la population haïtienne est estimée à dix millions d’habitants en 2010. « Le chômage frappe fort dans le milieu urbain. Aussi bien chez les hommes que chez les femmes. » Les chiffres en témoignent. « Le taux de chômage dans le milieu urbain est de 41% chez les hommes et 43% chez les femmes[40] » Dans ce cas, les conditions d’emploi des femmes sont fréquemment moins bonnes et leurs carrières moins prometteuses. Même les pressions exercées afin de garder une certaine égalité  des chances paraissent certaines fois cosmétiques et  motivées par des raisons sociales. L’absence des femmes dans le domaine scientifique est causée par leur manque de  participation croissante  au niveau universitaire, soit par contraintes familiales, sociales, culturelles et  économiques. L’Institut haïtien de statistiques (IHSI) en  2001-2002, avance que : 45,9 % de la population âgée de 6 à 24 ans ont fréquenté un établissement scolaire ou universitaire. Par ailleurs, la proportion des personnes ayant le niveau universitaire n’est que de 1,1 % (1,4 % d’hommes contre 0,7 % de femmes). Sont inscrits à l’Université d’État d’Haïti 25 000 étudiants, dont la majorité ce sont  les hommes pour 5,6 millions d’habitants âgés de 18 ans et plus[41] . Globalement, la scolarisation universitaire est catastrophique. Cependant, il faut qu’il y ait une prise en charge,  particulièrement des femmes, ou mieux, les femmes doivent continuer à lutter afin de continuer à se forger une place dans une éventuelle réforme des politiques, de protection sociale et éducative. Dans ce cas, on peut parler des états généraux sectoriels sur l’intégration et gestion de carrière des femmes haïtiennes dans les entreprises.

 

VI.- Les femmes haïtiennes intégration et gestion de carrière dans les entreprises

Certains sociologues, futurologues[42] constatent que dans les pays où les femmes sont plus instruites et émancipées, les indices de progrès sont probants par rapports aux pays dans lesquels les femmes sont toujours confinées aux tâches ménagères et sous la dominance masculine. Étant sous-éduquées par rapport aux hommes, les femmes deviennent de plus en plus pauvres et fragiles. Or, l’éducation des femmes haïtiennes est une des conditions sine qua non  pour soutenir le développement d’Haïti. Pour ce qui concerne l’évolution des femmes au travail, elles sont présentes dans toutes les institutions publiques ou privées. A partir des questionnaires de notre enquête au Ministère des Travaux Publics, 62,50%, des cadres sont des hommes et  il y a seulement 25% de femmes parmi les cadres de ce ministère.  88% de ces femmes qui ont répondu à nos questions sont des ingénieures Civiles, 25% sont des Ingénieures en informatique/électronique et 12,50% sont Physiciennes.  Rares sont les femmes occupant des postes stratégiques, même si elles ont la capacité intellectuelle et l’éthique pour accéder à ce poste. Nous avons dénombré 12,50% sont assistantes de Direction et 12,50% assistantes chefs de service. Sur la totalité de la population haïtienne, les femmes sont parmi les moins éduquées, particulièrement dans le domaine de la science et de la technologie. Elles sont très minimes, celles qui ont réussi à avoir une carrière professionnelle gratifiante dans ce secteur (science et technologie). Celles qui y travaillent sont moins rémunérées que les hommes, même si les compétences sont égales. Pour la question relative à la rémunération, 37,50% d’entre elles disent avoir les mêmes salaires que les hommes, 12,50% disent avoir des salaires discriminatoires au profit des hommes et 37,50% déclarent que les hommes et les femmes sont rémunérés suivant la compétence et l’ancienneté. Elles sont souventes fois gardées au bas de l’échelle. Les femmes technologues sont très fréquemment absentes dans les postes à pouvoir en Haïti. Car, en Haïti, les hommes accèdent à des emplois rémunérateurs rien que parce qu’ils sont des «hommes », mais relativement pas au mérite. La compétence et l’efficacité ne sont que cosmétiques dans cette situation. Nous basant sur l’article 17-1 de la constitution amendée de 1987,   le principe du quota de 30% de femmes[43], à tous les postes de décision de la vie nationale, notamment dans les services publics, a été reconnu, en 2012.

A la question sur la gestion de l’égalité professionnelle dans l’entreprise, 12,50% de femmes disent que ce sont les hommes qui décident, 37,50% avancent qu’ils trouvent (hommes et femmes) des solutions concertées, 37,50% sont parmi celles qui ne savent pas comment est la gestion administrative et celles qui s’abstiennent de répondre à cette question. Par contre, selon les informations reçues de 75% de femmes cadres du MTPTC, la gestion des ressources humaines priorise la compétence suivant les besoins et 25% ne manifestent aucun intérêt à savoir comment elles sont gérées par la DRH. Pour ce qui est de la Gestion de carrière, 25% de femmes affirment qu’elle se fait sur la base des compétences, 50% des femmes ont avancé que les promotions se donnent par réseautage, accointance politique ou «sentimentale.», ou mieux, nous  dirions par intérêts sexuels.

La féminisation relative des emplois sur le marché du travail est l’œuvre d’une lutte engagée par les femmes depuis les années 1960. Si jusqu’en 2007,47 % des emplois en France[44] étaient occupés par des femmes, soit une répartition quasi égale de ceux-ci entre hommes et femmes et les écarts salariaux[45] sont de l’ordre de 18%,  en Haïti, le quota des femmes n’a pas encore atteint 30% pour tout le pays, nous n’avons pas exactement de chiffres officiels pour les écarts salariaux, cependant, nous pouvons l’avouer à partir de nos enquêtes qu’ils sont très considérables, soit de l’ordre de 25 à 40%. Voilà pourquoi les dirigeants politiques et les organisations féministes exigent auprès des gouvernements au moins que 30% de femmes puissent trouver du travail afin de les encourager à continuer d’étudier et à faire de la politique.   Certains sociologues[46]  tels que Marie-Cecile Royen et Jean-Paul Aron pensent que même avec un emploi, l’intégration des femmes à la sphère marchande du travail ne leur a pas  permis d’avoir  une liberté, une  indépendance financière et des droits sociaux propres. Le niveau d’éducation et de qualification des femmes haïtienne ne sont pas les seuls moyens  essentiels de leur croissance sur le marché du travail. Outre leur formation qui souventes fois est plus élevée que celle des hommes, d’autres aléas tels que l’accointance politique, amicale et droit de cuissage en dépendent, même-si nous reconnaissons la résistance de certaines femmes face à la corruption. L’évolution sur le plan intellectuel et scientifique des femmes dans les études supérieures ne leur confère  pas automatiquement le droit d’être admise de manière équivalente avec les hommes et  sans embûches dans l’exercice de leur profession et sur le marché de l’emploi.  Alors que l’article 3  du code du travail haïtien stipule que : « Tous les travailleurs[47] sont égaux devant la loi et bénéficient de la même protection et des mêmes garanties. Est abolie toute discrimination, notamment celle pouvant découler du caractère intellectuel ou manuel, de la forme, de la rétribution du travail, et du sexe du travailleur ». En outre, l’article 317 du même Code consacre l’égalité salariale : « Pour un travail de valeur égale, la femme recevra un salaire[48] égal à celui payé au travailleur de sexe masculin. » Ceci est dû à la condition sociale et culturelle d’un pays ancré dans un mode de gestion d’une société patriarcale. Même les lois haïtiennes ne sont pas en faveur de l’égalité et de l’équité de genre. Donc, il parait plus que normal que les emplois en Haïti portent l’empreinte d’inégalités de genre marquées par de mauvaises conditions d’emploi et de rémunération, à des perspectives de carrière mal gérées, aux retraites galvaudées etc. Par exemple, à partir de l’échantillon de notre recherche, au MTPTC, 75% des femmes ingénieures ont entre dix à trente-sept ans de service, 12,50% ont moins de cinq ans et 12,50% ont entre 5 et dix ans. Donc, la retraite s’annonce à grands pas au milieu de ces femmes. Ce constat est tout aussi remarquable et reflète  le rapport de la Direction de la Pension Civile haïtienne pour l’année 2018, à savoir les femmes sont plus nombreuses à atteindre l’âge de la pension que les hommes. Car, il y a 43% des hommes et 57% des femmes pensionnaires[49] enregistrent au Ministère de l’économie et des finances d’Haïti. La question que nous posons, a-t-on pensé à encourager les jeunes femmes à étudier dans le STIM afin de pouvoir combler le vide qui est prévu dans les années à venir? Les femmes expérimentées en STIM ont-elles pensé à léguer ou partager  leur connaissance au plus jeune en participant à leur formation?

 

Même avec l’expérience et l’ancienneté, les femmes haïtiennes connaissent quand même un déficit, nous dirions même une dépréciation du capital humain. Ceci est causé par les facteurs de ségrégation, de discrimination et le mode de perception des salaires dû à des facteurs structurels. Leurs cotisations aux fonds de pensions[50] sont en  moyenne les  plus faibles. Dans ce cas, elles  ont des niveaux de pension inférieurs aux hommes. Ce qui les  contraint, soit à faire un travail parallèle afin de joindre les deux bouts, soit à rester plus longtemps au travail afin et d’avoir une retraite tardive. Certaines d’entre elles, sitôt qu’elles atteignent un certain âge, confient leur vieillesse à leurs enfants en raison de l’absence d’une politique de prise en charge  des personnes de troisième âge en Haïti. Qu’en est-il de leurs productions scientifiques? Ont-elles un bilan positif? Qu’ont-elles laissé de consistant pour les générations à venir?

6.1.-La production des femmes sur le plan  scientifique

 

En général,  on parle de carrière scientifique, lorsque l’homme ou la femme scientifique partage ses expériences et découvertes à travers des journaux et revues scientifiques.  C’est le gage et  même un droit  et une obligation y afférent. Dans le monde universitaire, la carrière  scientifique est considérée en fonction des services offerts et le nombre d’articles publiés par une chercheure. En Haïti, les journaux et revues scientifiques se font relativement  très rares. On en compte quelques-unes par Faculté à l’Université d’État d’Haïti dont leur publication n’est pas régulière et dans le cas contraire, ces revues scientifiques ne sont pas partagées parmi les enseignants de l’université[51]. Cette revue ne fait pas l’unanimité au milieu des enseignants, particulièrement les femmes scientifiques[52].  Les femmes sont mentionnées sur les pages de couverture de ces revues seulement comme responsable de diffusion. Or,  il est très  important  et même indispensable pour accomplir une bonne carrière,  une enseignante-chercheuse à l’université, doit consacrer  une grande partie de son temps  aux activités de la recherche. Les femmes scientifiques passent la majeure partie de leur temps au travail, cependant, elles ne sont quasiment pas impliquées dans des activités scientifiques de leur faculté ou université. On peut les trouver timidement dans des activités telles que : l’enseignement, l’encadrement des étudiants finissants dans le cadre de leur mémoire et dans  les postes de  responsabilités administratives.  Dans les facultés et/ou les universités, particulièrement à l’université d’État d’Haïti, il n’existe pas un système d’évaluation de l’enseignante-chercheuse, ni de support financier pour la production scientifique. Elles  sont regroupées en : enseignante à plein temps et à temps partiel[53] et ne sont pas prises en charge administrativement. Elles dispensent leur cours suivant leur caprice sans aucun contrôle intellectuel de la qualité des cours offerts. Donc, ce sont des ressources livrées à la merci de leur bonne volonté et de leur conscience professionnelle. Or,  selon une étude menée  sur les femmes scientifiques et la recherche Dans un contexte de développement, l’augmentation de la participation des femmes à la recherche en Haïti peut  entrainer  une sensibilisation aux questions liées à l’égalité des sexes dans la marche vers la   recherche et le développement du pays. Si l’on se base sur une histoire qui s’était passe  en Tanzanie,  les femmes qui sont responsables d’aller chercher l’eau au puits, elles ont une meilleure connaissance des sources d’eau dans leurs régions et collaborent mieux dans les démarches des experts à trouver de l’eau pour le bien de la population du pays. Selon le Centre de Recherche pour le Développement International (CDRI), « Un rapport de la Banque mondiale portant sur une analyse de 122 projets d’irrigation a permis de conclure que la participation des femmes aux projets d’irrigation ou d’assainissement rendait ces derniers six à sept fois plus efficaces[54]. » Par exemple, en Haïti, on peut identifier facilement une maison construite par une femme ingénieure à celle construite par un homme. De l’avis de certains client et contrairement aux hommes ingénieurs, la maison construite par l’ingénieure a le plus souvent beaucoup plus d’espace dans la cuisine, la chambre à coucher et la salle de bain.   Les femmes,  même si elles restent des modèles  de réussite pour les jeunes, elles exercent leur métier de scientifique dans la douleur et l’amertume. Si, selon le CRDI, «Les femmes sont très sous-représentées en sciences, ne constituant que 28% de tous les chercheurs à l’échelle mondiale; la disparité est encore plus grande dans les domaines des sciences naturelles et du génie[55]. » Le nombre de femmes en STIM  en Haïti est relativement faible, elles se retrouvent seules, dans des activités qui les limitent encore plus le temps disponible pour la recherche. Elles n’ont  subi aucune exigence de la part des responsables de leur  entreprise pour produire, ni des revues, ni des journaux scientifiques. Quand les femmes scientifiques meurent, elles partent avec toutes leurs connaissances  intellectuelles sans quasiment  laisser d’héritages, ni de traces  pour les générations futures. Donc, leur carrière  se trouve galvaudée entre la famille, l’enseignement et le manque d’encadrement par l’université ou faculté dans laquelle elles enseignent ou travaillent.

6.2.-Le problème de la conciliation travail-famille

L’inégalité entre l’homme et la femme en Haïti  prend sa source dans une éducation sectorielle non universelle et le « hors travail »,  ou le chômage féminin, c’est-à-dire, ce sont les hommes qui majoritairement travaillent. De cette situation sont nés un tas de préjugés entre l’un et l’autre. Les femmes savantes ou scientifiques, quand elles trouvent du travail, se considèrent rattachées quotidiennement à un double emploi. Outre le travail en entreprise, elles sont également responsables de la famille à la maison, contrairement aux hommes. A la question sur conciliation travail famille, 50% des femmes du MTPTC disent qu’elles rentrent très tard à la maison, 37,50 confient leurs travaux de maison a une autre personne : c’est la sous-traitance, 12,50% avouent qu’elles font toutes les activités (domestiques et administratives) toutes seules, sans l’aide de personne. Chez nous, en Haïti,  une femme qui néglige des activités familiales, quelle que soit sa position administrative, est considérée comme étant une «marâtre » et ceci,  sans indulgence.  Elle peut tout aussi bien être critiquée et engueulée par la société et son mari pour ses manquements à sa famille. Alors que l’homme se comporte le plus souvent comme un unique décideur, un macho et donneur de l’ordre à la maison. Donc, il y a là  un déséquilibre dans la répartition  des tâches familiales. Le temps de travail domestique et administratif des femmes est largement supérieur à celui des hommes. Parfois,  en Haïti,  dans les travaux domestiques, il y a des femmes qui peuvent être secondées (aidées) soit par un membre de sa famille ou par une femme de maison (une bonne) qui, elle aussi, est confrontée à un problème de traitement salarial et structurel. D’où l’inopportune  conciliation ou harmonisation de la vie professionnelle et familiale des femmes dans l’entreprise. Nous devons dire également que l’État n’intervient pas dans les prises en charge au niveau familial, par exemple un système de garderie public n’existe pas en Haïti.  Il y a quelques écoles privées qui font office de garderie, cependant, elles sont dispendieuses et très rares. De plus, tout se paie au gré de la famille. Il n’y a pas de système de garderie publique en Haïti, comme on le fait partout ailleurs dans le monde, particulièrement dans les pays industrialisés, dont le Canada. Ce qui entraine également une inégalité professionnelle entre les hommes et les femmes dans ce pays. Les femmes intellectuelles haïtiennes souffrent de n’être ni reconnues ni valorisées et  leurs activités conciliant travail-famille ne sont pas comptabilisées.

A bien des égards,  la littérature sociologique, priorise les informations importantes telles que les analyses statistiques et les problèmes sociaux relatifs à l’activité féminine et ses retombées par le biais des termes comme la  conciliation avec les exigences familiales et les activités lucratives extérieures de la maison. La sociologie tient compte également de l’étude des femmes scientifiques, la monoparentalité et ses conséquences considérant la  précarité économique, la pauvreté de ces femmes et de leurs  enfants. Toutefois, au regard des sociologies du travail, de la famille et du genre, saisir le sens et l’explication de l’expérience des femmes au foyer peut aider à fournir des éléments d’analyse pertinents aux décideurs en vue d’orienter les politiques publiques.

6.3.-Absence de politiques publiques cohérentes

Malgré la présence du Ministère à la Condition Féminine et aux droits des Femmes, l’absence des politiques publiques en vue de soutenir la bataille des femmes contre l’inégalité hommes-femmes est très criante. Le marché du travail n’est pas flexible en Haïti  pour les femmes, par rapport aux hommes, c’est-à-dire,  La flexibilité du marché du travail devrait permettre aux femmes de s’adapter au travail, en ayant une bonne rémunération en fonction de la compétence des acteurs. Elle peut même se baser sur la concurrence dans entreprises haïtiennes. Or, en Haïti, l’État est le plus grand employeur. Les entreprises privées font des recrutements très contingentés à cause des contraintes des horaires de travail, des salaires et des effectifs de ressources humaines dont elles ont besoin. Ce qui contraint que le marché du travail soit devenu flexible, que ce soit sur le plan qualitatif, dans la variation des effectifs de l’entreprise en fonction des besoins et aux licenciements, pas de sécurité d’emploi en Haïti. Sur le plan quantitatif, la flexibilité est vue à travers le prisme de la production,  variation des horaires de travail, utilisation de temps partiels et  annualisation de la durée du travail, c’est-à-dire, les saisons mortes ou basses  et les saison hautes. Nous pouvons également ajouter que la flexibilité du travail est fonction de la conjoncture politique pour laquelle les entreprises de service sont les plus touchées par les méfaits. Par exemple, le travail nocturne est presqu’impossible en Haïti à cause de l’insécurité et l’absence de l’électricité. Donc les hommes ne sont pas l’abri, voire les femmes scientifiques.

Les femmes sont les plus touchées par le chômage intellectuel . Il n’y a pas non plus aucune politique publique mise place de manière à éliminer le chômage en général et celui des femmes en particulier. L’Université d’État d’Haïti ne prévoit, jusqu’à date aucune politique de prise en charge des femmes scientifiques sur le plan professionnel et technique. Ce sont les hommes qui décident en majorité, même si les femmes sont les plus concernées par les branches d’activités  pour lesquelles ils décident.  Elles (les femmes) sont des sommités inexploitées par le système éducatif et universitaire haïtiens.  En Haïti, il n’y a aucune loi qui interdit à une femme, encore plus une femme scientifique, d’avoir une limite dans leur action de procréer des enfants. Le nombre d’enfant par famille dépend de l’éducation du couple et de la femme en particulier, c’est-à-dire, moins les femmes sont éduquées, plus elles ont beaucoup d’enfants et l’inverse est tout aussi vrai. Car, l’État haïtien ne se  fait pas de souci quant à l’accompagnement des familles en leur donnant des allocations en ce domaine. C’est la politique de « Chacun pour soi et Dieu pour tous », c’est-à-dire, tous les citoyens et citoyennes de la société haïtienne sont livrés à eux-mêmes sur le plan socio-économique et éducatif. L’État est démissionnaire en ce sens.  Même dans la famille ou la femme monoparentale est responsable du destin éducatif, social et culturel de leur progéniture. Un système de retraite est organisé par l’État dont les seuls bénéficiaires sont ceux qui travaillent dans les entreprises publiques. Il n’existe pas des dispositions fiscales relatives à la déclaration d’impôt familial ou conjointe. Celui-ci est géré de manière individuelle. Et l’État ne fait jamais de retour d’impôt, même-si c’est le cas. Par contre, l’État, à travers la Direction Générale des Impôts (DGI), réclame toujours  le remboursement des surplus d’impôts  et fait injonction à la personne de les payer dans l’immédiat, sous peine de ne pas avoir le certificat d’impôt.  D’ailleurs, la DGI ne tient même pas compte du nombre d’enfants dans une déclaration d’impôt, on n’en parle même pas.

Enfin, les politiques de l’emploi, la politique fiscale, la politique familiale et la promotion de l’égalité professionnelle etc. ne sont pas des priorités de l’État haïtien. Donc, en matière du fisc, il n’existe pas des politiques publiques compensatoires pour la protection sociale des femmes dans le but  d’augmenter leurs droits en tant que femmes, chercheuses et également pour leur retraite en fin de carrière.

VII.-  Les femmes haïtiennes, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et le développement d’Haïti eu égard à la gouvernance universitaire

Le développement économique d’un pays doit passer ipso facto par l’amélioration qualitative et durable de son économie, le bon fonctionnement de son système éducatif et la bonne gouvernance universitaire qui est un ensemble de bonnes pratiques de gestion de manière transparente, cohérente, participative et coordonnée. En ce qui a trait aux universités, elles ont la mission de  produire et de transmettre des connaissances, faire de la recherche et l’innovation avec une gestion budgétaire transparente. Tenant compte de la déclaration universelle des droits de l’homme (et de la femme), l’éducation est le fil conducteur pour atteindre les objectifs d’égalité, de développement et la paix dans le monde, particulièrement en Haïti. Malgré les efforts des femmes sur le plan éducatif, leur accession à certains postes dans l’enseignement supérieur et la recherche n’est pas toujours facile. La présence des femmes en tant qu’enseignantes au niveau supérieur et la recherche n’atteint même pas 25%[56] . Cet état de fait n’est pas seulement dû à la discrimination faite aux femmes. Il est le résultat d’une mauvaise gestion des systèmes éducatifs en Haïti. Selon l’UNICEF : «L’État, est le premier responsable de l’accomplissement du droit à l’éducation. Il doit augmenter sa participation financière au maximum de ses possibilités pour élargir et améliorer l’accès et la qualité de l’éducation. Son action doit également être en accord avec le mandat constitutionnel, les objectifs de l’Education pour tous (EPT) et les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)[57]. »  L’Etat haïtien, à travers les gouvernements, n’accorde pas les moyens budgétaires suffisants à l’éducation supérieure et la recherche. Un plafond budgétaire[58] de manière globale de 22% est prévu pour l’exercice budgétaire 2017-2018  donc il y a contingentement à ce niveau.  Seulement une modique somme d’un milliard de Gourdes est prévue dans la loi de finance 2017-2018 pour le fonctionnement de l’Université d’Etat d’Haïti,  se plaint, M. Fritz Deshommes, le vice-recteur de l’UEH qui croit que : «plus de financement équivaudrait à plus de recherches et permettra à Haïti de vendre une autre image sur le plan pédagogique. La question de la recherche peut avoir un impact positif sur le plan social, économique et culturel pour le pays et peut aussi contribuer à augmenter le stock du savoir scientifique de l’humanité… Il faut de la clairvoyance de la part des autorités pour augmenter l’argent alloué à l’UEH afin qu’elle puisse mieux jouer son rôle dans le secteur de l’éducation [59]»,  Dans les dispositions transitoires écrits en 1997, l’article 7 décrit la mission de l’UEH comme suit : Article 7.- L’UEH a pour mission:

  • de contribuer à l’enrichissement du patrimoine culturel, intellectuel et scientifique de la Communauté universelle;

 

  • de contribuer à maintenir l’enseignement supérieur en Haïti au niveau des avancées de la science et de la technologie universelles;

 

  • de promouvoir la recherche.et l’orienter prioritairement vers le développement endogène des ressources humaines et matérielles de la Nation;

 

  • de fournir les compétences nécessaires au développement culturel, économique et social d’une société haïtienne socialement juste, politiquement, économiquement et culturellement indépendante;

 

  • de fournir des services à la communauté dans le cadre de l’extension universitaire, notamment, par le moyen de contrats-programmes avec les autres pouvoirs publics et toute institution privée;

 

  • de transmettre le savoir académique et le savoir-faire aux futurs cadres et techniciens de la Société Haïtienne en veillant d’une part à réhabiliter les disciplines pratiques débouchant sur des métiers ou professions réellement utiles au développement national et d’autre part à ce que le contenu et la méthode de formation soient adaptés à la solution des problèmes concrets du pays;

 

  • de veiller à ce que les Étudiants soient soudés à la réalité nationale par leur participation effective aux projets de développement notamment au moyen de stages, services civiques étudiants, temps de résidence obligatoire dans un champ d’application conforme à l’orientation professionnelle;

 

  • d’intervenir activement pour contribuer à l’amélioration de la situation générale du Peuple, de la Nation et de l’État haïtiens;

 

  • de promouvoir la solidarité avec les hommes et les femmes de notre société principalement ceux et celles n’ayant pas accès à la jouissance des droits au travail, au progrès, à l’information, à la santé, à l’éducation et aux loisirs;

 

  • de participer à la consolidation et à l’avancement de l’état de droit: a) en créant des remparts contre les autoritarismes quels qu’ils soient. b) en substituant dans son fonctionnement la concertation à l’autoritarisme c) en fonctionnant sur la base de la participation.

 

Prenons le point 7 de l’article 7 de la mission de l’UEH a savoir : «de veiller à ce que les Étudiants soient soudés à la réalité nationale par leur participation effective aux projets de développement notamment au moyen de stages, services civiques étudiants, temps de résidence obligatoire dans un champ d’application conforme à l’orientation professionnelle[60]; »  Nous nous posons la question, qui est-ce qui va prendre la responsabilité des étudiants de l’UEH en charge? Nous supposons que ce sont les enseignants et enseignantes. Comment ces gens-là vont-elles pouvoir orienter les étudiants, si leur participation dans le projet de l’UEH est négligée?  Aucun article de la mission de l’Université d’État d’Haïti n’a mentionné les enseignants et enseignantes de l’UEH qui sont les poumons et les deux fers de lance de cette institution. S’il en est ainsi, ceux qui ont écrit et signe cette disposition transitoire n’ont même pas fait allusion à la politique de genre dans le monde universitaire haïtien. Dans ce cas, pouvons-nous parler du rôle de la femme à l’UEH, si  cette entité qui est responsable de la formation des hommes et des femmes du pays ne tient même pas compte de l’existence de la femme dans un texte dans lequel l’avenir de l’UEH est conditionné?  C’est le résultat de la construction sociale et idéologique de notre société machiste et sexiste. ? Dans ce cas,  l’équité entre hommes et femmes en Haïti est plus une chimère qu’une réalité. Pour parodier Kerlande Fleurio,  «L’égalité/équité hommes-femmes renvoie au fait que deux personnes de sexes différents, de compositions physiques différentes reçoivent les mêmes traitements et disposent des mêmes moyens de réussite[61]. »  L’UEH perpétue encore cette conception de différence entre hommes et femmes gardée jalousement par notre mentalité dans notre pensée, dans notre façon de voir la gente féminine, alors qu’elle devrait faire la promotion  et le débat d’une autre forme d’éducation non-sexiste et conformiste dans laquelle la femme sera considérée de manière formelle comme l’égal de l’homme. D’ailleurs, a bien scruter les signatures des représentants de l’UEH, aucune femme n’avait signé ces dispositions transitoires aux cotes du ministre de l’éducation nationale d’alors,  l’Agronome Jacques Édouard ALEXIS. Constatant la caducité et l’ancienneté des dispositions transitoires pour la réforme de l’UEH qui est datée de février 1997, au moment de la rédaction de cet article, en mai 2018, nous avons contacté le secrétariat général de l’UEH sur de éventuelles dispositions transitoires relatives à une nouvelle réforme de l’UEH. Nous avons appris non sans stupéfactions que l’UEH fonctionne encore en vertu de ce document désuet, superficiel,  discriminatoire et contradictoire. Nous nous posons la question si une bonne gouvernance  de l’UEH est possible avec un tel document «légal? » dans lequel les apports des femmes enseignantes et scientifiques ne figurent pas.

Etant donné que ce sont les hommes pour la majorité qui font les lois et qui les appliquent à leur convenance. Malgré la capacité et la compétence des femmes, elles sont en proie à toutes les restrictions y relatives, ou bien dans certains cas, elles doivent  faire «overall» ou le « «all undressed » en vue de s’attribuer un place ou avoir une promotion qui, certaines fois, leur revient de droit.

 

7.1.- Les femmes scientifiques haïtiennes, l’harcèlement et la discrimination au travail

Pour ce qui concerne le harcèlement, 25% de femmes interrogées disent en avoir subi et 62,5% on dit non que cela les pas encore arrivé. Sur le genre de harcèlement subi, celles qui ont dit oui avancent qu’elles ont subi la supériorité professionnelle des hommes au travail qui les font croire qu’elles ne savent rien de leur métier, donc, elles se sentent minimisées et réduites par rapport à ce genre de harcèlement de nature psychologique.  Pour ce qui a trait à la discrimination, 12,50% des femmes disent avoir un statut inferieur à l’homme, malgré leur compétence, 12,50% avancent que les postes de décision sont accordés aux hommes même si leur compétence est inferieure par rapport au leur. 12,50% se sentent marginalisées par rapport aux hommes tandis que 62.50% des femmes en STIM se sont abstenues de répondre à cette question. Si les femmes  sont handicapées, une raison de plus pour ne pas les valoriser, malgré leur compétence. La recherche scientifique n’étant pas rentrée dans la priorité des gouvernements, de la gouvernance universitaire[62] et de l’Université  d’Etat d’Haïti, toutes les couches sociales confondues, les femmes sont en majorité au chômage dans ce domaine. Celles qui travaillent activement  se trouvent dans le commerce, elles représentent 43.9%.  Dans le secteur agricole, elles sont celles qui sont  les plus actives dans l’économie nationale,  soit  37.4% selon un rapport du Ministère à la Condition Féminine[63].  Malgré leurs efforts, les femmes sont les plus pauvres en Haïti.

En somme, comment l’université peut-elle repenser la cause des femmes scientifiques haïtiennes ?

 

VIII.- Représentativité des femmes scientifiques, la bonne gouvernance universitaire et le développement d’Haïti

Certaines femmes haïtiennes ont déjà dégagé des réflexions pour le respect des droits des femmes. A l’instar de Robenson Bernard, nous pouvons citer[64]  : «Statut juridique de la femme haïtienne dans la législation sociale» (1973) de Me Ertha Pascal-Trouillot, «Condition juridique de la femme haïtienne» (Comité Haïtien de Coopération avec la CIM/OEA, 1979) de Me Chantal Hudicourt Ewald, «Situation Juridique et Constitutionnelle de la Femme Haïtienne» (1987) de Me Monique Brisson, paru dans le dossier du CRESFED titré Théories et Pratiques de la lutte des Femmes et «Être Femme en Haïti. Hier et aujourd’hui, le regard des Constitutions, des lois et de la Société» (2002) du professeur Mirlande H. Manigat. Pour Mme. Chancy, le MCFDF créé en 1990 est le fruit de la lutte des organisations de femmes pour le changement. Cet organisme est très concrètement absent dans le déboire des femmes intellectuelles. Garder les femmes savantes dans des conditions exécrables, abominables de développement, c’est retarder le développement d’Haïti. Le problème du sous-développement d’Haïti résulte dans les relations sociales discriminatoires entre les hommes et les femmes. C’est-à-dire, comme disait Samir Amin, le mal-développement[65] du pays dépend de  la manière dont les rapports entre les hommes et les femmes sont définis et structurés. La planification stratégique est une activité essentielle au progrès de l’Université d’État d’Haïti en vue de répondre aux besoins de formation et de recherche. Une bonne gouvernance universitaire doit être en complicité avec le développement citoyen, la créativité, l’innovation et la diffusion équitable de savoir. La bonne gouvernance est  un pilier essentiel de l’égalité des chances pouvant réduire le fossé, le clivage entre l’homme haïtien et la femme haïtienne par la promotion d’une recherche universitaire créatrice des richesses scientifiques et technologiques et pourvoyeuse de développement  du pays.

Pour se faire, l’État, à travers l’Université d’État d’Haïti (UEH)  doit  travailler au renforcement de leur présence dans les instances de gouvernance des établissements d’enseignement supérieur et des organismes de recherche, en priorisant la parité dans tous les organes décisionnels. Il doit rendre plus égalitaire la gestion des carrières, tout en augmentant la place des femmes dans les filières scientifiques ou encore, il doit  lutter résolument contre le harcèlement sexuel en prenant pour boussole la loi et ses strictes applications en fonction de notre réalité sociale en tant que peuple. Il est de la responsabilité de l’Université d’État d’Haïti et de l’État haïtien d’exiger la présence considérable des femmes scientifiques particulièrement au sein des universités publiques et privées en créant une loi organique relative à l’enseignement supérieur et à la recherche en y intégrant la cause des femmes scientifiques dans le monde académique et universitaire.

Les sociologues et d’autres experts ont constaté que les pays les plus développés ou avancés sont  ceux dans lesquels  les femmes sont les plus instruites et  jouissent relativement  d’une émancipation pleine et entière. Ce qui les conduit vers le progrès  et le projet d’égalité hommes-femmes rêvé par toutes les organisations féministes ou pro-féministes. Or, malgré les projets de développement des  années antérieures de ces pays, il reste beaucoup de choses  à accomplir, particulièrement sur le plan  salarial, de statuts, de conditions de travail, de distribution des tâches, des responsabilités et de lutte contre les stéréotypes.

Par contre, dans des études récente, certains expert en psychologie ont augure que moins un pays est développés, plus les femmes ce pays se lancent dans des études scientifiques. Ils ont pris l’exemple de l’Algérie, ou près de 15% des femmes travaillent, 41% d’entre elles possède un diplôme dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Contrairement aux États-Unis, un pays dit égalitaire, 8% des diplômés en sciences sont des femmes. C’est ce que les psychologues Gijsbert Stoet et David Geary appellent le « paradoxe de l’égalité du genre ».  Les raisons dont les chercheurs ont évoqués sont les suivantes : les carrières scientifiques assurent une certaine stabilité financière aux femmes. Tandis que dans «les pays les plus égalitaires en termes de genre,  sont aussi des États-providences avec un bon niveau de sécurité sociale…..Les femmes vivant dans un pays développé peuvent se permettre de suivre les études de leur choix en se souciant moins du salaire qui en dépend[66]. » En tout cas, Haïti fait exception à cette règle et se rapproche des pays industrialise en ce domaine. Les études menées et les enquêtes effectuées à la Faculté des sciences d’Haïti prouvent le contraire. Les femmes haïtiennes sont très minimes dans les écoles de formation en STIM, particulièrement  après la première année d’études universitaires. Les raisons ne sont pas les mêmes. En Haïti, les femmes sont très marginalisées par rapport aux hommes dans le domaine scientifique. Ce n’est pas le quotient intellectuel, ni l’argent qui  sont les causent, mais la caractéristique de notre société machiste et notre mentalité de société patriarcale et inégalitaire qui imposent implicitement leur loi.  D’ailleurs, même à travers le protocole d’entente, le petit «opium »  pour faire dodo les mordus de la cause universitaire de l’UEH, en prélude au 18 mai, la fête  du drapeau et de l’Université d’État d’Haïti,   signe le 17 mai 2018 entre le Premier Ministre Jack Guy Lafontant et le Recteur de l’Université d’État d’Haïti sur la dynamisation de l’UEH, aucune des deux partie n’ont mentionné la participation des femmes universitaires. Par exemple, d’une part,  pour M. Lafontant : « Ce protocole est une opportunité offerte par l’État à l’UEH afin de dynamiser ses équipes de recherche, améliorer son image et renforcer la qualité de ses unités de formation[67]. » D’autre part, M. Fritz Deshommes, dans son allocution  a augure que : « ce protocole prévoit la mise à la disposition de l’UEH de ressources budgétaires (soit un montant représentant 2 à 3% du budget national) suffisantes pour lui permettre d’atteindre les résultats inscrits dans le cadre du plan stratégique ». …. «D’œuvrer à l’amélioration du cadre de vie, de fonctionnement et d’apprentissage pour toutes les composantes de la communauté, de renforcer le cadre normatif, réglementaire et législatif de l’UEH[68], etc. Selon le Recteur Deshommes « d’un moment susceptible d’ouvrir la voie à une nouvelle ère à l’UEH, sur le plan de ses conditions de fonctionnement, de ses relations avec l’État et la société et de sa pertinence sociale. » Or, selon les données sur la  République d’Haïti Soumises au Conseil des Droits Humains des Nations Unies lors de la  26ème session du Groupe de Travail sur l’Examen Périodique Universelle et le Rapport sur la situation des Droits de la femme Haïtienne datées du 26 mars 2016 «  Les filles ont encore un accès inférieur à l’éducation au niveau secondaire et supérieur par rapport aux garçons. Entrant plus tardivement dans le système éducatif, elles ne représentent que 43% des élèves au moment du baccalauréat. A l’université pour la plupart des toutes les carrières on a moins des femmes enregistres ; par exemple à l’université de l’état d’Haïti, la faculté d’agronomie enregistre 28.57% des étudiants femmes ; la faculté de science de génie 18.37%, et à la faculté de médecine et de pharmacie 26%, ou par contre, seulement les facultés de la santé et de l’éducation ont 60% des femmes[69]. »

Jusque a quand, nos dirigeants politiques et intellectuels comprendrons que les femmes doivent être totalement de la partie pour une nouvelle Haïti libre et prospère?

 

IX.- Les grandes figures féminines haïtiennes et leurs apports dans le développement d’Haïti

Depuis au début des années 1900, les femmes scientifiques subissaient des préjugés de tout acabit. De nos jours, la conception n’a pas changé pour les femmes scientifiques haïtiennes. Une femme qui s’intéresse à l’éducation et la formation au plus haut degré, risque de rester sans conjoint. Et, ceci, pour toutes les raisons que l’on sait, particulièrement elle sera coupable de manque de temps pour son mari et sa famille.  Les femmes scientifiques sont poursuivies partout, malgré leurs apports à la science et au développement, elles subissent encore de la discrimination. Les Haïtiens, dans le cadre de leur emploi, voient relativement que les femmes scientifiques ne sont pas quelqu’un d’important pour la société, mais des concurrentes déloyales à abattre par le harcèlement sexuel, psychologique, moral, verbal et administratif. Selon un adage populaire faisant croire que «Derrière chaque grand homme, il y a une femme », les femmes haïtiennes représentent 52% de la population[70]  et ont, en général, un niveau de formation aussi élevée que les hommes, mais s’efforcent quand même à s’approprier autant que les hommes  le monde des scientifiques et les postes décisionnels. Cependant, le travail des femmes reste encore sous-payé, dévalorisé, malgré leurs efforts, les femmes ont un engouement et une préoccupation pour leur travail. 37,50% sont très soucieuses de leur travail, 62,50% cherchent de la visibilité, 12,50%, pour l’harmonisation et l’utilisation du temps, elles travaillent en priorisant les coordinations. Il reste et demeure qu’Haïti ne pourra pas se développer sans la participation pleine et entière des femmes à tous les niveaux de la vie nationale et particulièrement au niveau scientifique.

Dans notre enquête sur l’apport des femmes dans le monde de la recherche scientifique en Haïti, nous avons été rencontré et questionner les étudiantes de la faculté des sciences qui nous ont livré leurs impressions sur les femmes scientifiques haïtiennes et enseignantes dans leur faculté, dans la première partie du tableau non exhaustif ci-dessous. D’autres recherches sur ces femmes nous ont  emmené à découvrir la plupart des grandes figures féminines  évoluant soit dans le pays, soit à l’étranger qui ont apporté leur contribution à la recherche et au développement du pays.

 

les grandes figures féminines haïtiennes qui ont contribué au développement des sciences dans le pays (d’hier à aujourd’hui)[71]
Noms et Prénoms Profession Universités/Écoles Techniques Organismes Remarques/Apports
MERIDIEN Kendji Ingénieure/Enseignante Faculté des Sciences Enseigne le «cours de Route»
DORVAL Farah Ingénieure/Enseignante Faculté des Sciences Enseigne le cours assainissement
BASTIEN Cynthia Ingénieure/Enseignante Faculté des Sciences Enseigne le cours Hydrologie
AUGUSTE Marie Lucide Ingénieure/Topographe Faculté des Sciences MTPTC Direction des Travaux
BOUCHEREAU J. Karine Ingénieure/Enseignante Faculté des Sciences Enseigne l’histoire de l’architecture
SAINT-DIC J. Viviane Ingénieure/Enseignante Faculté des Sciences MTPTC Enseigne le cours  Structure Métallique
ROUSSEAU Marylin Ingénieure/Enseignante Faculté des Sciences Enseigne le cours Projet d’architecture et théorie (dessin)
MOMPLAISIR B. Roberte Ingénieure/Enseignante Faculté des Sciences BID Enseigne le cours de Géologie
 YOUANCE Suze Dr. En Génie de la construction/Enseignante École de Technologie Supérieure (ETS, Canada) Gagnante du prix : pour ses travaux portant sur les conséquences des séismes sur les bâtiments des hôpitaux  en 2016
GEORGES Marie Lourdes Ingénieure Faculté des Sciences
EMILE Sulette Ingénieure Faculté des Sciences
BOULIN Daphnee E. Ingénieure Faculté des Sciences
BASTIEN Cynthia G. Ingénieure Faculté des Sciences
DORCEUS Rebecca-Valery N. Ingénieure Faculté des Sciences
CYPRIEN Sindy Farah Ingénieure Faculté des Sciences
VILFRANT E. Claudyne Ingénieure Faculté des Sciences
DORINVIL Sabiola Ingénieure Faculté des Sciences
CADOT Paule Darly Ingénieure Faculté des Sciences
BAUSSAN B. Ginette Architecte Faculté des Sciences
BRUN N. Gisela Architecte Faculté des Sciences
CLERRABRUN Martine Architecte Faculté des Sciences
CHERUBIN Ginette Architecte Faculté des Sciences
MILLET L. Jeanine Architecte Faculté des Sciences
CORBANESE L. Beatrice Architecte Faculté des Sciences
FUENTES Jhostia Ingénieure Faculté des Sciences Firme privée de construction
DAUPHIN Marie Danièle E. Architecture Faculté des Sciences
ETIENNE Tayana Ingénieure-inf./Enseignante Faculté des Sciences MBDS/FDS Enseigne le cours Administration de base de données
EDOUARD Ruth Ingénieure-inf./Enseignant Faculté des Sciences Enseigne le cours Administration de base de données
MASSILLON Guerda Docteure en Physique/Enseignante ENI/UNAM Mexique Récompensée pour sa compétence et recherche au Mexique en 2011
 EDME Kételène Ingénieure chimiste et microbiologiste/professeure Cours prive Edme /Haïti Récompensée en novembre  2016 pour son travail.
MATHURIN P. Ginette Ingénieure Faculté des Sciences Spécialiste en Hydrologie
EXAMON Rose Michèle Ingénieure civile DT MTPTC[72]
CADET Marlene Ingénieure Civile DT (retraitée) MTPTC
MICHEL JEAN Mie. Michel Ingénieure Civile DT MTPTC
CADET Yolande Ingénieure Civile DT MTPTC
JEAN-BAPTISTE Marie Claire Ingénieure Civile DT MTPTC

N.B : Cette liste n’est pas exhaustive, nous avons puisé les noms de ces femmes dans des institutions telle que : le MTPTC, la Faculté des Sciences et dans les journaux….

 

9.1.- Les points de vue  des femmes scientifiques evoluant en STIM en Haïti

Considérant les points de vue des femmes scientifiques sur leur situation, il y en a qui disent qu’elles ne progressent pas dans leur profession par manque de motivation pour le travail qu’elles font. Elles pensent que leurs compétences ont des limites bien que la constitution leur donne le droit à un quota de 30% de femmes dans toutes les sphères de la vie nationale et de la politique. Elles se plaignent, malgré leur compétence, qu’il n’y a jamais eu une femme Ministre des travaux public transport et communication depuis la fondation dudit ministère à nos jours. Il y en a qui sont tristes de constater que la visibilité d’une femme scientifique en Haïti ne vient pas de sa compétence, mais plutôt de son encadrement politique. Pour certaines femmes, les hommes les tolèrent quand elles sont secrétaires, comptables etc. Cependant, pour la plupart  elles sont très mal vues dans leur métier d’ingénieures. Car, en faisant les mathématiques, leur alter ego a tendance à les minimiser. Pour se tailler une place au sein de leurs collègues ingénieurs, elles doivent redoubler d’efforts afin de pouvoir dépasser la capacité des hommes scientifiques pour se faire valoir et respecter ou bien, faire jouer leurs relations politiques pour se faire accepter. Selon elles, la science contribue à l’amélioration de la qualité de vie, de la situation socio-économique et environnementale de l’homme à l’échelle planétaire. Nombreuses sont les femmes qui représentent un potentiel de force agissante et dynamique qui s’adonnent aux activités scientifiques. Contrairement à un passé récent, ni les études, ni les activités scientifiques n’étaient que l’apanage exclusif de l’homme. De nos jours, les femmes, si minimes soient-elles,  sont présentes dans toutes les disciplines scientifiques et participent  entièrement au progrès et à l’évolution de l’humanité.

A partir des réflexions des femmes ingénieures au Ministère des Travaux publics d’Haïti qui ont été interrogées dans cette recherche, nous avons l’impression que les rapports hommes et femmes scientifiques sont symétriques.  Les femmes scientifiques ont tendance à garder un comportement effacé, caché. Cependant, la féminisation des professions au niveau  supérieur doit être l’œuvre d’une démocratisation. Faire de la recherche dans le domaine du STIM, doit permettre d’éliminer toutes les contraintes, les préjugés et discriminations dans la représentation des femmes en mathématiques, par exemple,   et en général pour toutes les professions.  Les femmes sont plus moins présentes dans les domaines les plus pointus de la technologie.  Il y a une tendance ambivalente qui fait croire qu’être femme constitue un handicap dans le monde de la recherche. Ces allégations nous permettent de conclure de la manière suivante.

 

X.- Conclusion

De tout ce qui précède, il importe de dire que la société haïtienne est une société patriarcale. Hormis des situations de domesticité conjugale  et/ou familiale, les femmes intellectuelles haïtiennes se heurtent très souvent à des difficultés dans leur évolution au niveau de la recherche scientifique. C’est un travail de longue haleine qui demande beaucoup de temps et d’énergies. Même si les femmes savantes  haïtiennes paraissent libérées et émancipées, elles sont contraintes, soit par des pressions ou par devoir à tenir compte de la prééminence de l’homme au détriment de leurs droits en tant que personne. En Haïti, la conception et perception  de la femme au niveau conjugal dans notre société sont la résultante de beaucoup de divorces : environ 1500 par année, selon les chiffres avancés par une juge sur la station de la radio Caraïbes le 17 mai 2018 dans un reportage réalisé  par le journaliste de la dite station de radio, M. Michel Joseph. Les psychologues et juges ont déclaré que le plus souvent, les causes sont banales. C’est qu’au fur et à mesure que la femme évolue sur le plan éducatif, social et culturel, l’homme haïtien reste majoritairement enfermé dans la tradition culturelle de chef de la femme, de la maison et des enfants (chef de famille). Or, le nouveau paradigme d’un couple doit tenir compte l’un de l’autre comme étant complémentaire, pas esclave et maitre. De nos jours, avec l’évolution, la femme n’a aucune tâche domestique qui lui est personnellement consacrée dans un couple, mais les tâches sont partagées suivant la capacité, la disponibilité et la compétence de la personne. Nous sommes conscients que nous entrons dans une dynamique qui peut soulever beaucoup de polémiques, mais, c’est le prix à payer dans une éventuelle intégration des femmes dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique en Haïti.   Dans ce cas, quel est le meilleur moyen d’attirer plus de femmes comme ressources dans le domaine  de la science et de la technologie ?

D’abord, cette problématique doit être débattue au sein de l’université par des conférences sur plusieurs thématiques afin de trouver des solutions durables.

Ensuite, nous pensons qu’il faut que les décideurs politiques, sans discrimination aucune ouvrent le champ éducatif de manière égale à l’homme et la femme, suivant leur capacité.  L’État doit renforcer et adopter des stratégies, des politiques publiques, des programmes d’éducation et de formation en mettant l’accent sur l’éducation égale des deux genres et  la  participation des femmes dans la recherche scientifique aux niveaux régional, national et  international.

. L’Egalite/équité hommes-femmes  doit faire partie du projet des gouvernements futurs haïtiens dans le cadre d’une politique publique. En tenant  compte des paradigmes suivants :

  1. Les femmes et les hommes haïtiens doivent être traités également dans leur poste de responsabilité sans pression ou discrimination contre l’une ou l’autre des parties
  2. Les traitements paritaires sur le plan éducatif, professionnel et administratif des femmes et hommes en tenant compte de l’égalité salariale et la lutte contre la précarité féminine. L’État doit encourager l’effort des femmes à l’université en offrant des bourses d’études aux plus capables en les aidant à intégrer le marché du travail et de l’université après leurs études scientifiques.
  3. L’État doit mettre des politiques publiques qui prennent en compte la conciliation des temps de vie, du travail, de la famille et l’implication des hommes dans leur responsabilité de partage d’une culture de l’égalité
  4. Des ouvertures administratives doivent être faites dans les fonctions publiques et les entreprises privées afin de donner accès aux femmes à des postes de responsabilité, de décision et de pouvoir sans que la balance ne soit penchée, mais en considérant la compétence et la capacité de la femmes au même titre que l’homme, selon le principe « à travail de valeur égale, salaire égal et carrière égale[73]»
  5. L’État doit encourager la parité (50%) en incitant les femmes à se porter candidates aux élections. L’État et les organisations féministes devraient prendre également des mesures de protection des droits, de la dignité, contre la diffamation, les stéréotypes sexués ou sexistes et des propos désobligeants à l’égard des femmes.
  6. L’État doit valoriser une sorte de communication en vue de bannir toutes tendances qui veulent donner une supériorité masculine en prônant la domination des hommes sous quelque forme qu’elle soit. Il doit également défendre les propos et les pratiques sexistes, le harcèlement de toutes sortes au travail et dans le domaine de la politique.

En clair, l’État, en tant qu’institution ne doit pas rester cloisonner dans le schème culturel et mental qui veut que notre société soit foncièrement patriarcale. Il faut un dépassement de soi  afin de concevoir et  propulser ensemble (homme et femme) vers le développement d’Haïti.    L’Université doit être solidaire à la création d’une communauté d’enseignement et de recherche scientifique avec la participation intégrale et non discriminatoire  des femmes  haïtiennes.

 

XI.- Références  bibliographiques

 

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                                                                                   Bellita BAYARD (7 août 2018)

                                                                                   M.sc/MAP/Finissante en Doctorat

                                                                                   Professeure d’Universités

 

 

[1]https://www.temoignages.re/developpement/education-formation/la-matiere-grise-n-a-pas-de-sexe,6358, Femmes et sciences à la Réunion,  dans la  Revue témoignage du 20 novembre 2004.

[2] Véronique Slovacek-Chauveau et Claudine Hermann, dans un article intitulé : les femmes et les sciences (2006)  eurent à dire  que : Le concept stéréotype «est une  représentation (jugement, sentiment, opinion, image) simplifiée et déformée d’une réalité par une ou plusieurs caractéristiques d’une personne ou d’un groupe. Le stéréotype à un caractère réducteur, et cette réduction a pour effet d’éliminer les nuances, d’attribuer une image générale à toutes les personnes d’un même groupe. Les stéréotypes sont des « images dans nos têtes. »  Ce sont des images qui nous font voir le monde social non pas tel qu’il est, mais tel que nous croyons qu’il est, et/ou tel que nous voudrions qu’il soit. Ce sont des croyances collectives visant à attribuer une caractéristique à un individu en raison de son appartenance à un groupe, une nationalité, etc. « En choisissant quelques traits et en les désignant comme caractéristiques d’un groupe socioculturel, les stéréotypes favorisent une appréhension schématique et faussée de l’autre, susceptible de favoriser les préjugés. Les stéréotypes ont une influence sur les individus qui interprètent leur position sociale à travers eux. Actuellement, ces représentations n’encouragent pas les femmes à s’orienter vers les sciences et les technologies. »

[3] Véronique Slovacek-Chauveau et Claudine Hermann (2008), les femmes et les sciences,  https://www-sop.inria.fr/members/Juliette.Leblond/Parite/doc-mixite/femmes-et-sciences-2008,

[4] Marie-Blanche Tahon, (1984), Les rapports sociaux de sexe, Presses Universitaire de Rennes, repéré à http://books.openedition.org/pur/24325?lang=fr

[5] Bourgeois et al, (1978), cite par Marie-Blanche Tahon : «Le concept travail englobe  tant l’activité professionnelle que celle développée dans la mise en relation entrainant le renouvellement la production. » …., repéré à http://books.openedition.org/pur/24325?lang=fr

[6] Op. Cit.

[7] Ibid.

[8] Bourdieu, Pierre, (1998), La lutte féministe au cœur des combats politiques : de la domination masculine, dans, le monde diplomatique, p. 24.

[9] Sophie Boutillier et Blandine Laperche, respectivement Maître de conférences, directrice des recherches, à l’Université du Littoral Côte d’Opale, et  Professeure associée à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Paris; Directrice adjointe du Laboratoire de Recherche sur l’Industrie et l’Innovation (EA 3604) et  Vice-Présidente de l’association « Réseau de Recherche sur l’Innovation », Paris; Professeure invitée à l’Université de Seattle, États-Unis. Responsable du Forum L’esprit de l’Innovation; Spécialiste en économie industrielle et de l’innovation.

[10] « L’effet ciseau » désigne une situation dans laquelle deux phénomènes vont évoluer de manière opposée (un accroissement et une baisse). Si l’on représente ces deux courbes sur un graphique, cela donne l’image d’un ciseau. L’effet tuyau perce peut être illustre par un exemple : Le tuyau percé
Au premier cycle universitaire, les femmes sont majoritaires dans les secteurs des sciences humaines, minoritaires en  Sciences, Technologie, ingénierie, mathématiques. (Voir le tableau des étudiants et  étudiantes de la Faculté des Sciences d’Haïti. L’effet plafond de verre c’est le fait de  constater qu’il existe un plafond, une barrière invisible,  auquel se heurtent la femme qui les empêche à avancer dans  leur carrière ou à des poste de  hautes responsabilités, et qui bloquent leur progression aussi vite et autant que les hommes
.

[11]Blandine Laperche, (2002), Le carré organique de la valorisation de la recherche, Le cas d’une jeune université dans un contexte de crise, repérer à  cairn.info/article.php

[12] Op. Cit.

[13] P. Bollé, 2002, Le travail des femmes dans le monde, cité par Boutillier et Laperche, repérer à cairn.info/article.php

[14] M. Osborn et al., (2000), Science policies in the European, cité par Boutillier et Laperche repérer à  cairn.info/article.php

[15] M. Cacouault, 1987, Prof, c’est bien… pour une femme ?, cité par Boutillier et Laperche  repérer à cairn.info/article.php

[16] Op.cit.

[17] J.-B. Say, (1996), Cours d’économie politique, Flammarion-Champs, cité par Boutillier et Laperche  repérer à cairn.info/article.php

[18]  C. Rieg, (2003), cité par Boutillier et Laperche, repérer à cairn.info/article.php

[19] Op. Cit.

[20] Frantz Docteur, (2010), Haïti, être femme dans une société patriarcale. Instrument de promotion sociale ou citoyenne à part entière ?, dans, le Nouvelliste en date du 9 octobre.

[21] Op. Cit.

[22] Idem.

[23] Jean Laforest Visene, MA, (2013),  Émancipation sociale et relèvement économique de la femme en Haïti : proposition d’une approche théorique et stratégique, repérer à https://visenejl.blogspot.com/2013/09/emancipation-sociale-et-relevement.html

[24] Marie Paul Isabelle Théosmy, (2015), Le MCFDF : quelle politique d’intégration des femmes dans toutes les sphères de la société ?, dans, le National, repérer à http://www.lenational.org/le-mcfdf-quelle-politique-dintegration-des-femmes-dans-toutes-les-spheres-de-la-societe/

[25] Op. Cit.

[26] Anne Roy, Ph.D., (2015). Femmes et organisations liées aux sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), repérer à http://www.cms.fss.ulaval.ca/recherche/upload/uni_fem_ete/fichiers/ufe2015anneroy.pdf

[27]Raymonde Saint-Germain et Art Eggleton, (2018),  Pour une nouvelle vision des STIM auprès des Canadiennes, repérer à https://quebec.huffingtonpost.ca/sen-art-eggleton/pour-une-nouvelle-vision-des-stim-aupres-des-canadiennes_a_23366517/

[28] Op. Cit.

[29] Les données de notre enquête au MTPTC au cours du mois de Janvier 2018.

[30] Nota Bene : Le tableau présentant la situation des étudiants en STIM à la Faculté des Sciences n’est pas exhaustif. Il représente un échantillon donnant la tendance de l’évolution des femmes en Mathématiques, Physique, Chimie et en Topographie  par rapport aux hommes.

[31] Première année en Mathématiques-Physique-Chimie et  première année de Licence en Chimie

[32] Deuxième année en Mathématiques-Physique-Chimie

[33]  Deuxième année Licence en Chimie

[34] La Commission européenne, (2002), dans un rapport sur la participation des femmes dans le comme un système «Science et Technologie» a défini le phénomène «leaky pipeline»  ou «tuyau percé ».  Comme Évidence qui montre la diminution de la participation des femmes au fur et à mesure que l’on gravit les échelons de la carrière scientifique (de la maturité jusqu’au grade A, la plus haute fonction de chercheur dans les hautes écoles).

[35] Notes : Kim Hullot Guiot, (2016), Le «plafond de verre», c’est le constat qu’il existe un plafond invisible auquel se heurtent les femmes dans l’avancée de leur carrière ou dans l’accession à de hautes responsabilités, et qui les empêche de progresser aussi vite et autant que les hommes. », dans, le journal Libération.

[36]  Boutillier et Laperche (2003) repérer à  cairn.info/article.php

[37] Madame Shannon L.  est professeure agrégée à la School of Engineering Science de la Simon Fraser University (SFU).  Elle a été encouragée par son conseiller en orientation de son école secondaire afin d’entreprendre une carrière en génie.

[38] Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada,  (www.crsng-nserc.gc.ca), Lesley Shannon, De l’aspiration à l’inspiration : Pourquoi il faut plus de modèles comme Lesley Shannon en STIM, http://www.nserc-crsng.gc.ca/Women-Femmes/Shannon-Shannon_fra.asp

[39] Nathalie Lamaute-Brisson Janin Jadotte Irdèle Lubin, (2005), Éducation et Pauvreté en Haïti, repérer à http://www.ijdh.org/wp-content/uploads/2010/02/MPCE-Education-et-Pauvrete-en-Haiti-2005.pdf

[40] Gérard Junior Jeanty, (2013),  Le chômage évalué en chiffres, dans, Le Nouvelliste. repérer à https://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/124222/Le-chomage-evalue-en-chiffres.html

[41] (IHSI, 2009). 

[42] Notes : Les futurologues, ce sont des Sociologues qui se lancent dans la sociologie prospective. Ils font des prospections sur le plan sociologique sur des situations futures en fonction de leur compréhension  de la situation présente. La futurologie, étudie les différents scénarios envisageables du futur, à partir des données technologiques, économiques ou sociales du passé et du présent, en se basant sur des techniques et des modèles scientifiques.

[43] Informations tirées du journal virtuel Alterpress  en date du 7 mars 2018: 30.71% de femmes ont occupé des postes de décisions, sous l’administration Martelly/Lamothe, selon les résultats d’un sondage du Bureau de recherche en informatique et en développement économique et social (Brides) [3], publié en 2014.

Lors de l’installation du cabinet ministériel de Lamothe, le 16 mai 2012, Martelly s’est réjoui du respect du quota de 30% de femmes, au niveau des postes de nomination du dit gouvernement.

Dans le gouvernement d’Evans Paul (16 janvier 2015 – 26 février 2016), formé le 19 janvier 2015, à la suite d’un remaniement ministériel, sur 37 hauts fonctionnaires nommés, il y a eu seulement 6 femmes, dont 4 ministres et deux secrétaires d’État, soit moins de 17 % pour 31 hommes (soit environ 84 %), par rapport au quota [4] de 30% des femmes, prescrit par la Constitution de 1987 dite amendée.

Seulement 3 femmes, soit moins de 19% de femmes, faisaient partie du nouveau gouvernement du premier ministre Enex Jean-Charles (28 mars 2016 – 21 mars 2017), comprenant 16 ministres nommés pour 18 ministères (deux ministres assumant un 2e ministère par intérim).

Pour sa part, le chef du gouvernement actuel Jack Guy Lafontant (Premier ministre d’Haïti depuis le 21 mars 2017) a formé son gouvernement avec 18 ministres, dont 13 hommes et 5 femmes, 3 secrétaires généraux au rang de ministres, 4 secrétaires d’État et un directeur de cabinet (tous des hommes), selon un décompte effectué à partir des informations correspondantes, consultées sur le site du bureau du premier ministre.

Seulement 19.23 % de femmes sont actuellement présentes dans ce gouvernement, par rapport à 80.76 % d’hommes, alors que Lafontant ambitionnait de faire respecter l’article 17.1 de la Constitution de 1987, dite amendée, qui établit le principe du quota d’au moins 30% de femmes dans les institutions publiques. repérer à http://www.alterpresse.org/spip.php?article22798#.Wvr86PkvzIU

[44] Anne Châteauneuf-Malclès, (2010), Les ressorts invisibles des inégalités femme-homme sur le marché du travail. Synthèse élaborée à partir de la conférence « Les ressorts invisibles des inégalités femme-homme » qui s’est déroulée le 10 novembre 2010 à Lyon, lors des Journées de l’économie.

[45] Op. Cit.

[46] Marie-Cécile Royen, Femmes : Pourquoi le retour au foyer, Le Vif/L’Express,5/4/96,p.44

[47] Cité dans le rapport d’application de la CEDEF, 2009  DSCRNP, (2007),  politique d’égalité femmes hommes 2014-2034.

[48] Selon l’auteure Marie-Blanche Tahon, dans son article intitulé : « Des sociologues féministes francophones dans la sociologie. », La première grève des femmes pour l’égalité salariale remonte à 1966 à Herstal, en, Belgique dans une entreprise d’armement, repérer à http://journals.openedition.org/sociologies/5240, consulté le 4 février 2018.

[49] Direction de la Pension Civile du Ministère de l’Économie et des Finances d’Haïti (2018), Rapport sur la situation des pensionnaires de carrières par catégorie et par sexe, exercice 2017-2018.

[50] Selon les données recueillies à la Direction de la pension civile haïtienne, 57,47% de femmes sont pensionnaires par rapport à 42,53% d’hommes

[51]Haïti Press Network, (2015), le rectorat de l’Université d’État d’Haïti a  relancé  la revue  RED  (Recherche Études, Développement) vieille de douze ans, le vendredi 11 décembre 2015, dans les locaux de la Faculté des Sciences, en présence, notamment des membres du conseil de direction de ladite Faculté,  des étudiants, des professeurs et des cadres de l’université.

[52] AlterPresse] (2015, l’Université d’État d’Haïti (UEH) a lancé, cette semaine, le deuxième numéro de « Chantiers », la revue des sciences humaines et sociales de l’UEH, autour du thème « Sur la piste des savoirs locaux haïtiens »….. Les deux revues lancées par l’UEH, que ce soit RED ou Chantiers ne sont pas régulières, pour ne pas dire qu’elles n’ont pas fait long feu. Les responsables ont-ils  manque d’inspiration, d’intuition? Nous ne savons pas. 

[53] Rectorat de l’Université d’État d’Haïti.

[54]CDRI, (2017), Le monde a besoin de plus de femmes scientifiques, repérer à https://www.idrc.ca/fr/stories/le-monde-besoin-de-plus-de-femmes-scientifiques

[55] Op.Cit.

[56] Ministère à la condition féminine et aux droits de la femme (MCFDF), (1999). Plan national d’action (post Beijing).

[57] UNICEF (2018), L’augmentation du budget de l’éducation, repérer à https://www.unicef.org/haiti/french/education_8927.htm

[58] Miloody Vincent, (2018), Haïti s’engage à consacrer au moins 20 % de son budget annuel à l’éducation, dans le Nouvelliste, repérer à https://lenouvelliste.com/article/182967/haiti-sengage-a-consacrer-au-moins-20-de-son-budget-annuel-a-leducation

[59] Cite par Ricardo Ulysse, (2017), Le recteur de l’UEH exprime des réserves sur la loi de finances 2017-2018, dans le Nouvelliste, repérer à http://lenouvelliste.com/article/177116/le-recteur-de-lueh-exprime-des-reserves-sur-la-loi-de-finances-2017-2018

[60]UEH, (1997), La réforme de l’Université d’État d’Haïti, dispositions transitoires, Relatives à l’organisation de l’administration centrale de l’Université d’État d’Haïti repérer à http://www.ueh.edu.ht/admueh/pdf/Dispositions_transitoires.pdf

[61] Garens JEAN-LOUIS (2018), Mon féminisme : entretien avec Kerlande Fleurio, lauréate du concours de texte sur les droits humains, repérer à http://infrarouge.mondoblog.org/2018/03/08/feminisme-entretien-kerlande-fleurio/

[62] Selon Thierry Côme dans un éditorial sur la gouvernance des universités, «les missions de l’université se sont largement accrues. A la double fonction traditionnelle de production et de diffusion de connaissances (assurer des heures d’enseignement de façon à former et évaluer des diplômés, élever le niveau général de connaissances de la population) se sont ajoutées les responsabilités en termes d’externalités positives induites par la présence d’une université sur un territoire (développement de  la sphère présentielle, impact en termes de vitalité économique, sociale et culturelle). Désormais les universités doivent rendre compte des retombées de ses diplômes en termes d’insertion professionnelle, ce qui nécessite de tisser des liens avec les entreprises et d’établir une relation de service avec les étudiants pour prendre en compte leur projet personnel. Cette difficulté à définir, et par conséquent à mesurer, les extrants du système universitaire, rendant difficile l’utilisation de systèmes de contrôle sur des résultats, rejaillit sur la conception même du mode de gouvernance. » repérer à https://www.cairn.info/revue-gestion-et-management-public-2013-3-page-1.htm

[63] Idem.

[64] Robenson Bernard, (2005), Éliminer toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, dans, le Nouvelliste.

[65] Cité par Mbaya Kankwenda, (2000), Marabouts ou marchands du développement en Afrique?, l’Harmattan, 320 pages. (Préface : Samir Amin)

[66] Gijsbert Stoet et David Geary, (2018), Plus un pays est égalitaire, moins les femmes font des études scientifiques, Psychological Science, repérer à http://www.7sur7.be/7s7/fr/1521/Carriere/article/detail/3375689/2018/02/26/Plus-un-pays-est-egalitaire-moins-les-femmes-font-des-etudes-scientifiques.dhtml

[67] Cite par Worlgenson Noël, (2018), L’État haïtien s’engage à accompagner l’Université d’État d’Haïti vers sa modernisation, dans, Le Nouvelliste

[68] Op. Cit.

[69] République d’Haïti, (2016), Soumission au Conseil des Droits Humains des Nations Unies 26ème session du Groupe de Travail sur l’Examen Périodique Universelle,  Rapport sur la situation des Droits de la femme Haïtienne. repérer à http://www.ijdh.org/wp-content/uploads/2013/05/EPU-2016-Droits-des-femmes.pdf

[70] Institution Haïtien de Statistiques et d’Informatiques, (2003), recensement

[71] Recherche personnelle à la Faculté des Sciences sur les femmes ingénieures, architectes qui enseigne à la faculté.

[72] Sources : les femmes travaillant au Ministère des travaux Publics Transports et Communication (MTPTC) et les étudiants de la Facultés des Sciences,  visite le 15 janvier 2018.

[73] Selon l’avocate Sabine Alix,  « Le principe « à travail égal, salaire égal » a véritablement émergé dans les années 1990, Il n’est pas inscrit en tant que tel dans le code du travail mais il est issu d’une interprétation de l’article 3221-2 du code du travail français qui prévoit l’égalité salariale entre hommes et femmes ». Cet article indique que « tout employeur assure pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes ». Pour rappel, sont considérés comme ayant une valeur égale, les travaux qui exigent des salariés « un ensemble comparable de connaissances professionnelles consacrées par un titre, un diplôme ou une pratique professionnelle, de capacités découlant de l’expérience acquise, de responsabilités et de charge physique ou nerveuse ». « En 1996 avec l’arrêt Ponsolle, la Cour de cassation s’est appuyée sur ces dispositions légales pour étendre le principe “à travail égal, salaire égal” à tous les salariés en situation identique de travail, en dehors de toute considération du sexe » poursuit-elle.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/emploi/article/2016/09/29/le-principe-a-travail-egal-salaire-egal-s-est-erode_5005519_1698637.html#wPb95iOc8OPgyuST.99

Une pensée sur “Quel avenir pour les femmes scientifiques évoluant en STIM en Haïti ? Qui assurera la relève?

  • 9 août 2018 à 9:19
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    Bonjour,

    J’aimerais avoir vos commentaires positifs et constructifs sur le texte.

    Merci

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