« Le tandem Moïse-Céant déterminé à faire échec au mouvement PetroCaribe, ne baissons pas la garde ! » titre l’édito de Haïti-Observateur

La dernière visite du premier-ministre Jean-Henri Céant chez les Commissaires de la Cour Supérieure des Comptes serait de nature à enlever toute crédibilité aux conclusions d’un rapport d’audit à venir en janvier prochain. D’autant plus, l’ex-PM Laurent Lamothe vient publiquement d’ajouter d’autres noms à la liste. Céant en tient-il compte lors de son second entretien avec les chefs des audits publics ? Ici, à Haïti-Observateur, nous avons proclamé solennellement que le procès Petro Caribe aura lieu, mais non avec le présent leadership, opine l’hebdomadaire de New York, dans son éditorial du 7 novembre 2018




New York, mercredi 7 novembre 2018 ((rezonodwes.com))–À la lumière des manœuvres déloyales que multiplie l’équipe au pouvoir visant à casser l’élan du mouvement Petro Caribe Challenge, la vigilance permanente doit être à l’ordre du jour, suggère Haïti-Observateur, nonobstant les dernières mesures prises par le président Jovenel Moïse donnant l’impression d’éjecter du Palais national ses conseillers les plus fidèles et les plus écoutés.

Les propos tenus par le Premier ministre Jean Henry Céant tendant à rassurer la nation, quant à la tenue inconditionnelle du procès des dilapidateurs des USD 3,8 milliards générés par la vente des produits pétroliers vénézuéliens sur le marché national, sont révélés être une stratégie parallèle qui est poursuivie habilement par le pouvoir. Soyons persistants dans notre détermination à contrer cet effort, a souligné l’hebdomadaire de New York.

Des décisions spectaculaires

Chacun dans ses attributions, M. Moïse et le chef de la primature prennent des décisions et posent des actes dont l’objectif consiste à faire échec au mouvement lancé par les demandeurs de justice contre les ex-Premier ministres, ministres, directeurs généraux ainsi que d’autres hauts fonctionnaires de l’administration publique accusés de vol ou de détournement du fonds PetroCaribe.

C’est un fait que depuis la journée du 17 octobre, première date butoir du mouvement PetroCaribe Challenge, qui s’est soldée par la mobilisation de plus de 3 millions de citoyens dans les rues de la capitale et des vil les de province réclamant l’arrestation des voleurs, leur jugement et le châtiment qu’ils méritent, dont le principal est la restitution des fonds escamotés, Jovenel Moïse et Jean Henry Céant se précipitent dans des décisions spectaculaires comme s’ils ont des fourmis dans les jambes.




Parmi les conseillers « révoqués et ré-admis », la femme de Lubérice était exempte lors du « massacre de conseillers »

En effet, quand M. Moïse a pris la décision de mettre à la porte les conseillers que, selon des sources proches de la présidence, il rend responsables des décisions qu’il a prises dans le cadre de l’affaire Petro Caribe, il se mettait en tête de les ramener à leurs postes, en catimini, dès que les Petro-manifestants seront apaisés. La preuve en est que la plupart des conseillers révoqués sont déjà retournés au Palais national. C’est le cas, aujourd’hui même, d’Esther Antoine, la femme de Rénald Lubérice, qui n’avait jamais été révoquée dans le cadre du « massacre des conseillers ».

C’était aussi le cas pour Guichard Doré et l’avocat Reynold Georges. Il y a de fortes chances que d’autres conseillers mis à pied aient été rappelés au service par le chef d’État. Cela se comprendrait bien, puisqu’en congédiant ces conseillers, Jovenel Moïse s’imaginait tout simplement qu’il allait jeter la poudre aux yeux des citoyens désormais engagés à fond dans la campagne pour le procès PetroCaribe.

La commission de Céant, un stratagème pour faire traîner en longueur les démarches

Parallèlement à la mesure de M. Moïse relative aux conseillers de la présidence, le Premier ministre Céant annonçait la création d’une commission pour analyser le dossier PetroCaribe. Il s’agit d’un stratagème pour faire traîner en longueur les démarches, se mettant en tête qu’ après quelques semaines les activistes de PetroCaribe Challenge seront lassés et l’affaire sera tout bonnement classée, reléguée aux oubliettes, comme c’est trop souvent le cas, dans la politique haïtienne.

Mais les forces vives du pays ne sont pas dupes de cette stratégie, puisque l’une après l’autre, toutes les organisations invitées par M. Céant à faire partie de cette structure ont décliné en bloc d’y participer. À titre d’exemples, on peut citer, parmi les groupes qui ont repoussé l’invitation : les associations de journalistes, les organismes des droits humains, l’Église catholique, les cultes protestants, des organisations de la société civile, etc.

Confronté à un tel échec, au pays, Me Céant a décidé de porter ses espoirs ailleurs. La même invitation a été lancée aux Haïtiens vivant à l’étranger, lors d’une visite à Miami et à New York, la semaine dernière. Comme c’est le cas avec les hommes politiques en visite au sein des communautés haïtiennes basées à l’étranger, leur faisant d’alléchantes promesses jamais tenues, du genre la double nationalité et le droit de vote dans les consulats et installations diplomatiques d’Haïti, M. Céant s’ est montré généreux.

Céant n’a pas fait état de l’invitation lancée à la diaspora pour intégrer sa commission. Le gouvernement veut s’ouvrir à l’opposition

Après son retour de New York, où dans le cadre de cette même visite, il eut l’occasion de s’entretenir avec la communauté en tant qu’invité de l’émission « Haïti Première Classe », il n’a pipé mot au sujet de son voyage. Tout semble indiquer qu’il n’a pas eu les résultats escomptés. Dans le cadre des démarches de l’administration Moïse-Céant pour arrêter la campagne PetroCaribe Challenge, l’équipe au pouvoir fait flèche de tout bois. Dans l’entourage du pouvoir, on parle d’une réforme «en profondeur » du gouvernement, qui doit refléter les « nombreuses concessions » qui seront faites à l’opposition. Au nombre de celles-ci l’octroi de plusieurs ministères et de secrétaireries d’État, notamment celui des Affaires sociales et de l’Intérieur et de la sécurité publique; ainsi que le choix du commissaire du gouvernement auprès du Tribunal de première instance de Port-au-Prince et celui du directeur de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC).




Bien que, d’ores et déjà, certains voudraient repousser une telle proposition qu’ils jugeraient « indécente », celle-ci témoigne de la grande confusion qui caractérise le gouvernement en place, dont les dernières décisions sont prises dans l’incohérence totale. Mais, ici encore, la deuxième version du régime tète kale n’a aucune intention de permettre au mouvement PetroCaribe Challenge de se renforcer. Ceux qui, en mal de pouvoir, voudraient se laisser séduire par cette offre doivent savoir qu’ils auront sacrifié la victoire de ce grand mouvement sur l’autel de leurs ambitions politiques et des perspectives d’avantages matériels dont ils seraient susceptibles de bénéficier.

Le 17 octobre 2018 à la base de certaines propositions

De telles propositions n’auraient jamais été envisagées sans Petro Caribe Challenge et la journée du 17 octobre qu’il a entraînée. Tous ces revirements spectaculaires affichés par l’Exécutif ne se produisent pas suite à la bonne volonté des dirigeants, ni à une prise de conscience des mauvais choix qu’ont fait les tenants du pouvoir. Toutes les initiatives avancées par MM. Moïse et Céant, analyse Haïti-Observateur, s’inscrivent dans la logique de leur politique développée uniquement dans le souci d’éliminer définitivement les demandeurs de justice pour PetroCaribe.

La nation doit rester mobilisée derrière le mouvement PetroCaribe Challenge, seul instrument de combat ayant les possibilités de conduire le peuple haïtien vers le procès qu’il exige et les conséquences inévitables qu’il entraîne. Car on ne doit perdre de vue que tout en faisant appel à la compréhension des uns et des autres ou en faisant des propositions d’entente entre filles et fils d’une même nation, MM. Moïse et Céant ont recours à d’autres moyens criminels pour vaincre la campagne Petro Caribe Challenge, a averti le journal de New York.

Des militaires formés en Equateur s’habillent en policiers

Certes, au même moment où le locataire du Palais national, de concert avec la Primature, cherche à amadouer ceux qui exigent la tenue du procès PetroCaribe, par tous les moyens, ces deux entités se mettent ensemble pour réprimer les manifestants mobilisés dans la campagne Petro Caribe Challenge. Elles ont déployé des hommes armés recrutés parmi les militaires formés en Équateur, portant l’uniforme de la Police, qui bastonnent et tuent les manifestants.

Aux dernières nouvelles, il y a eu plusieurs morts et des blessés parmi ces derniers. En clair, l’objectif du peuple haïtien ayant à l’avant-garde le mouvement PetroCaribe Challenge consiste, nous le répétons, à demander la tenue du procès PetroCaribe, qui donnera lieu à la condamnation des voleurs. Ceux-ci recevront les châtiments qu’ils méritent, en sus de restituer les USD 3,8 $ détournés ou escamotés, en sus d’écoper des amendes, des dédommagements et les châtiments qu’ils méritent.

La vigilance est donc à l’ordre du jour pour que tous ces objectifs soient atteints, a suggéré Haïti-Observateur, en conclusion de son édito de la semaine du 7 au 14 novembre 2018

 

Une pensée sur “« Le tandem Moïse-Céant déterminé à faire échec au mouvement PetroCaribe, ne baissons pas la garde ! » titre l’édito de Haïti-Observateur

  • 8 novembre 2018 à 5:23
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    Bien dit Rezonodwes et bravo à Haïti Observateur. Jovenel et Céant sont deux ordures, deux criminels à la tête du pays. Et, cette histoire d’armée formée en Équateur qui tue des manifestants, est la preuve que le militarisme haïtien reste et demeure une saloperie comme depuis au moins Duvalier, et que l’armée haïtienne, non seulement vit aux dépens du peuple, ce qui appauvrit encore plus la population privée ainsi d’une part de son budget, mais encore constitue un corps d’assassins depuis toujours contre le peuple: Kébreau, Namphy, Cédras, Michel François… Les scélérarts qui ont défendu le réhabilitation de l’armée ont été soit des aspirants dictateurs, soit des fascistes, soit des affairistes politicailleurs.

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