Le Groupe de Pression du Citoyen écrit au président Jovenel Moïse : Trois années de sacrifice « post émeute »

Lettre ouverte au président Jovenel Moïse : Trois années de sacrifice  » post émeute « 

Vendredi 10 août 2018 ((rezonodwes.com))–

Du: GPCH (Groupe de Pression du Citoyen Haïtien)

Monsieur le président,

Le GPCH, Groupe de Pression du Citoyen Haïtien, mouvement créé après les émeutes des 6, 7 juillet dans le but de défendre les droits sociaux de la population et des masses populaires en particulier, vous présente ses patriotiques salutations et vous dit sans langue de bois que le pays se meurt par overdose de corruption, de mauvaise gouvernance, de misère et d’insalubrité…que vous avez le choix : consentir de grands sacrifices pendant les 3 années qui vous restent de votre mandat ou abdiquer de votre fonction suprême dans l’intérêt supérieur de la nation.




Monsieur le président, vous aviez pris 48 heures de temps pour réagir à cette grande colère de la rue, pendant que nous citoyens, étions livrés à nous-mêmes dans la capitale, à cause de l’irresponsabilité de votre gouvernement. Vous l’aviez dit vous-même « il y a eu un problème de communication au sein de mon gouvernement. Cela se comprend, quatre porte paroles pour un chef, c’est excessif…et l’excès en tout, nuit.

Monsieur le président,

À un mois de ces violentes protestations populaires, quelles sont les mesures urgentes que vous avez prises pour atténuer « le grangou nan vant pa dous, le trip kòde » de la masse ? Rien…absolument rien n’a été annoncé ou programmé par votre chef de gouvernement sinon sa démission ; comme si cette dernière et les scandales de corruption, de pots-de-vin qui ont éclaté au parlement pouvaient être une réponse aux émeutes du week-end du 6 juillet.

Avez-vous compris, qu’en prenant les rênes du pouvoir vous devenez chef d’Etat et père de famille… le père de la nation… ce que les mandants attendaient de vous, c’était de gérer l’État en bon père de famille, c’est-à-dire, adapter ses recettes à ses dépenses, faire une bonne allocation de ses ressources, lutter contre l’évasion fiscale, investir dans des infrastructures utiles dans l’ensemble des secteurs porteurs, créateurs d’emplois, ouvrir le grand chantier des mines..etc




Mais votre gouvernement a fait le contraire, il n’a pas touché aux privilèges des nantis, ni mis en place de structure pour la création d’emplois. Il a multiplié les avantages et privilèges des parlementaires, imposé un budget criminel à la population et il a augmenté le prix de l’essence, rendant encore plus vulnérables les conditions d’existence des masses populaires…

Monsieur le president, mais où sont vos conseillers ? ils vous déconseillent…ils ne vous disent pas la vérité…
Vous vous êtes fait avoir comme un enfant en cédant au diktat du FMI qui utilise les mêmes pratiques dans tous les pays qui veulent bénéficier de ses prêts, dont les intérêts sont payés avant décaissement, à savoir «exiger l’augmentation des prix des produits et dévaloriser la monnaie nationale ».
Mais contrairement à vous, le peuple haïtien ne s’est pas laissé prendre au piège du FMI…peuple vigilant, peuple guerrier qui veille sur ce petit coin de terre, acquis au prix du sang des ancêtres, dort toujours « yon je ouvè, yon je fèmen »…toujours entrain de surveiller les ressources du pays exploitées en catimini par les mêmes flibustiers d’hier.

Monsieur le président, Un bon père de famille doit veiller à la gestion de ses biens et au bien être de sa famille. S’il est dans l’impossibilité de donner le stricte minimum à ses enfants, il n’est plus digne de ce titre, Il a pour devoir de débarrasser le plancher pour faire de la place à un conseil de famille…mais dans votre cas, vous avez toujours le choix de quitter la barque par la grande porte ou la fenêtre exiguë de l’histoire.

En effet, force est de constater qu’après trois (3) semaines de battement, vous êtes toujours dans l’impossibilité de redémarrer la machine étatique, de présenter à la nation un gouvernement issu d’un consensus entre les forces vives de la nation. Plus qu’une faiblesse, c’est un manque de leadership…de légitimité populaire.

Monsieur le président, Regardez ce qui se passe chez les voisins Dominicains, au Brésil dans l’affaire Petro Bas, avec la destitution du président Dilma Rousseff, l’arrestation du président Lula da Sylva, qui pourtant, a sorti 40 millions de ses compatriotes dans la pauvreté extrême et de la faim et l’actuel président Brésilien Michel Temer, pour implication dans la corruption.




Le monde étant un village global, pourquoi Haïti aurait échappé à de telles sanctions ? Encore une fois, votre avenir politique dépend de vos choix stratégiques dans cette crise qui frôle la révolution.

Fort de toutes ces considérations, le GPCH, groupe de pression, formé des forces vives de la nation, fidèle à sa mission et voulant éviter une explosion sociale qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’avenir du pays déjà sombre, vous formule les propositions suivantes :
1- Prendre des dispositions légales pour baisser votre salaire, ceux des ministres et des parlementaires sur une base de 50 % , y compris la suppression de leurs avantages et privilèges …ce, jusqu’à la fin de votre mandat.

2- Utiliser l’argent collecté pour créer un fonds de solidarité au bénéfice de la masse (ouverture de restaurants communautaires dans tous les lieux publics et d’un programme d’aide scolaire ) et des petits planteurs, (pour des prêts agricoles via la BCA, afin d’ éviter une émeute de la faim.

Le modèle de  » fonds haïtien de solidarité « , proposé par Me Serge Moïse dans son livre titré  » kombite nationale pour la création d’emplois « , est disponible et des exemplaires peuvent être offerts par l’auteur au gouvernement, pour une maîtrise parfaite du concept et de son application.

Monsieur le président, Nous vivons une période exceptionnelle, Il faut des mesures exceptionnelles. On ne peut plus fonctionner comme si tout allait bien…non, le pays va mal…le pays est malade…et aux grands maux, les grands remèdes,

Monsieur le président, pour conclure, nous vous invitons à méditer cette phrase de Lyonel Trouillot, devenue célèbre depuis le 10 juillet :
« Ne méprisons pas ceux qui ont déjà été suffisamment méprisés, oubliés’ jusqu’à penser qu’il faudrait qu’ils soient payés pour sortir dans la rue…tel le philosophe des lumières, incapables de prévoir la révolution haïtienne »

Patriotiques salutations…

Pour GPCH

Elco Saint Amand, Gary S. Daniel

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