Jovenel Moïse et son gouvernement, un double échec !

Il y a des myopies avancées que mêmes des nouvelles grosses paires de lunettes portées ne puissent corriger, pour permettre de regarder en face la vraie réalité et opiner avec une lucidité apparente quoique dégagée sous le poids d’un certain âge vécu balançant hors d’une réalité visuelle.  Avec cette politique jusqu’au-boutiste d’un État non aligné aux idées contraires qui lui sont suggérées par ses citoyens, la nation se retrouve de plus en plus à un carrefour où le refus devient permanent et occasionne un misérabilisme institutionnel. Rien ne marche. Et, une cohabitation qui, depuis des lustres, s’est avérée maladroitement inadaptable, et aussi impossible

par Me. Elco Saint-Amand




Port-au-Prince, mercredi 11 octobre 2017 [www.Haïti-Observateur.ca] ((rezonodwes.com)).- Les dirigeants de tout État digne de ce nom ayant la mémoire de l’histoire des peuples se com portent généralement en humbles serviteurs restés à l’écoute de tous les secteurs vitaux de leur pays. Et cela, parce qu’ils ont un bien en commun, la nation. Palabrer pour ne rien dire n’est pas un choix moral ou un prétendu respect d’engagements électoraux, comme le président et se acolytes veulent le faire croire et le démontrer.

Le mépris du vox populi, symbole d’irresponsabilité

Selon les théories modernes de cohabitation définissant les rapports entre les dirigeants et les dirigés, un pays est un ensemble de prétentions démesurées ayant les mêmes objectifs : améliorer la formule destinée à résoudre concrètement les questions d’intérêts publiques. Des situations susceptibles d’aborder la problématique du rôle de chacun dans un État de droit. La fixité des idées constitue une notion intimement liée à la dictature. On ne peut pas cultiver des élans dictatoriaux dans une démocratie. Que l’on soit fou ou sage, la démocratie est cette limite de tolérance acceptée par des dirigés par rapport aux diktats des dirigeants. Un chef qui ne reste pas
à l’écoute de son peuple est loin d’être un démocrate, c’est un auto rate déguisé et qui. en fait, est pris au contenu des nombreuses exigences faites en matière de protection des droits des peuples. Il se retrouve ainsi confronté à une éventuelle réaction de la communauté internationale, trop souvent, dans le cas spécifique d’Haïti, projetée dans le débat politique d’Haïti.

C’est dans cette incapacité à nous en tenir aux principes républicains qui assez souvent, provoque notre tendance vers « l’auto-direction » — des dirigeants qui sont à la fois dirigés et dirigeants.

Les faiblesses de la gouvernance de l’ État

Bien que confronté à l’opposition quasi totale, le gouvernement Moise-Lafontant publie et s’apprête, depuis le 1er octobre, à appliquer la loi de finances 2017 /2017 telle qu’elle a été votée par le Parlement. Une attitude pour le moins insouciante que qualifient plusieurs observateurs de ce qu’un gouvernement qui ne jouit pas d’une bonne presse au sein des différents secteurs de la vie nationale, s’arroge le droit d’appliquer les dispositions de cette dite loi.

Tout compte fait, diriger n’est pas la volonté d’un monarque de se comporter en « Majister dixit» : vous parlez et point barre, mais c’est de prendre en considération toutes les idées qui sont sensiblement contraires aux vôtres et de les analyser afin d’aboutir à une décision collectivement acceptable pour le bien-être de la communauté.




Boycotter la volonté des autres dans une démocratie c’est carrément suicidaire. Ce faisant, vous fragilisez d’abord votre quinquennat et ensuite vous donnez à l’opposition la force nécessaire pour construire ses remparts de nuisance. Toujours plus entêté dans la fragilité mortifère, la présidence de Moise ne se diffère pas de celle d’Aristide qui, à un moment donné, se croyait être politiquement invincible — une escroquerie politique que nous payons aujourd’hui encore.

Inconséquences et irresponsabilités

Plus jamais de gouvernements de salut publique ou de consensus, cette formule bien longtemps tentée et utilisée a abouti davantage à la déchéance des institutions de l’État. Tout est dans le décors, les éternels copieux de la politique se mettent toujours de ce banquet festif qui n’a comme vernissage que le déchirement pure et simple de notre tissu social. Toutefois, il est politiquement correct et du même coup acceptable que l’on ne veuille pas négocier son pouvoir avec cette opposition haïtienne « opportuniste» mais il est aussi très important de considérer sa présence sur la scène sociopolitique.

L’opposition politique est, à bien des égards, incapable de prendre le pouvoir, mais a en même temps cette capacité nécessaire pour empêcher l’exercice du pouvoir quand celui-ci s’éloigne de la tolérance politique. Il est, par ailleurs, politiquement incorrect de diriger un pays comme Haïti avec uniquement des flatteurs politiciens. Il faut donc inverser la donne, canaliser le pouvoir en vue d’affaiblir les éternels opposants d’en face.

La mafia politique est mauvaise pour Jovenel

Le scandale des USD 123 millions $ de contrat accordés sans appels d’offre à des entrepreneurs haïtiens qui, selon les oui dires, avaient largement financé les élections de M. Moïse, vient néanmoins confirmer le « favoritisme » existant entre les hommes du pouvoir et des entités du commerce. Un mercantilisme politique qui met notre pays parmi ceux- là dont les dirigeants sont de connivence avec les secteurs mafieux — une sorte d’acquittement de dettes politico-financières.

La mafia financière présente dans la justice et dans la politique

Pour plus d’un, le rançonnement politique post électoral constitue un rendez-vous obligé, une sorte de concours de voleurs et de complices. À cela, les intérêts du peuple se mettent à rude épreuve dans un pays où le rationnel dans la gestion de la cité est loin de la pensée universelle — toute pensée con traire est mal prise en compte. Une sorte de pensée « songe creux » qui consisterait à ne pas demander des comptes aux hommes qui nous avaient mal dirigés.

Quelle est la facture de la prise en compte des lois sur la passation des marchés publics ? La population a le droit de demander des comptes. Les normes ont-elles été bien abordées et respectées ? Compte tenu de l’opacité entourant cette transaction qui, malgré les dires du président Moïse dégage l’odeur nauséabonde de la corruption, qu’il prétend vouloir défendre. Qu’en est il d’un suivi futur de la conclusion de la com
mission sénatoriale dirigée par le sénateur Evalière Beauplan ? On attend !

Quelle est l’utilité d’une telle transaction pour l’acquisition d‘engins lourds ?

Tout n’est qu’internet financier ! De la cupidité d’une classe possédante qui n’offre rien de ses dividendes au pays: Aucune université sérieuse et compétente. Aucun hôpital moderne, même pas une clinique. Aucun financement pour les recherches scientifiques. Haïti se perd dans la tournante de ses élites économiques.

Plus d’un se demandent quelle est l’importance, voire l’utilité, de ces marchands politico-financiers ? Jovenel Moise aura la réponse à la dernière minute de son départ du pouvoir. Des alliés de circonstance d’aujourd’hui seront les ennemis éternels. Juste un rappel historique ! Le cas de Baby Doc en dit long… et plus long encore, tant qu’on connaît les méandres de ses déboires en France. L’isolement. Le mépris et le refus du gouvernement Martelly/Lamothe de lui donner des funérailles nationales. Et pourtant, l’ancien dictateur eut à accompagner le président Martelly aux Gonaïves, un premier janvier pour la commémoration de la fête de notre indépendance, après son retour d’exil en France. L’ancien Premier ministre de facto Evans Paul était là, aux Gonaives… aux côtés de son ancien tortionnaire, Prosper Avril. Tout est démagogie politique.




Un gouvernement éclipsé par un président omniprésent

Qui se souvient encore de la soumission servile d’un Premier ministre comme Evans Paul ? Ceux qui se comportent en vassaux politiques viennent généralement de la classe d‘hommes de coulisse et de raccourcis. Ils ont cependant un objectif bien précis : servir leur patron, et les intérêts de la classe possédante. Nonobstant tous les paramètres chronologiques, nous avons un président qui se traîne les casseroles. Tantôt, il se confine dans sa caravane dérayé, et dont les dépenses ne sont pas budgétisées; tantôt il se croit au-dessus des lois de la république. Le président a parlé et point-barre ! Quel rage ?

Quelle insomnie pour un fils de notre classe ? On comprend aisément le cirque honteux qui nous est servi depuis la prise du pouvoir par Jovenel Moise. Pathétique, pour un président qui mise son quinquennat sur deux points fondamentaux :

1) Rembourser ses dettes électorales, une démarche déjà achevée avec la signature par l’État haïtien d’un contrat passé sans appel d’offre avec les créanciers électoraux de l’ancien candidat à la présidence.

2) Les promesses de micro d’un président qui remet des kits solaires à des citoyens pour justifier son manque de vision des besoins réels du pays. La présence d’un Premier ministre et de son gouvernement qui puent le vice de l’irresponsabilité face au régime présidentialiste imposé mais non déclaré par Jovenel Moïse. Toute cette parodie de complaisance montre à quel point l’État haïtien est assujetti à la volonté pleine et entière d’un homme : le président.

Le cas d’Aristide illustre bien le comportement de M. Moise au pouvoir ! Cette relation d’un homme dominant sur un État prétendu en quête de démocratie montre clairement qu’il nous faut un autre système de pouvoir qui sera capable d’imposer des balises aux hommes politiques. Le cas des lampadaires, sous la gouvernance de Laurent Lamothe, en dit long.

En tout cas, le fait de placer des marionnettes au pouvoir indique clairement que la République a du mal à en finir avec la pratique de cette politique « one man show ». En dehors de toute complaisance humaine, le comportement politique de Nèg Bannan nan au pouvoir montre, avec de la peine, bien sûr, que le peuple haïtien est loin d’être vraiment libre d’écrire la continuité de son histoire. Et le pire de tout ça, nous perdons notre temps à élire à chaque élection présidentielle les mêmes Lucifer venus des enfers différents des ténèbres assombrissant l’avenir du pays.

Il faut faire parler la vérité dans la gestion d’Haïti, pour qu’enfin nous ne nous fassions pas complices de ces démons du pouvoir qui négocient au gré de multiples intérêts l’avenir de notre petit paradis : Haïti.

Me. Elco Saint Amand, av.

Une pensée sur “Jovenel Moïse et son gouvernement, un double échec !

  • 12 octobre 2017 à 10:06
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    Dèpi ki leur nou tap pratikè demokrasi pou gain tan komprann li ankrè lan Haitien konsa . Ou mème kap palè a gain menm problème ak messieurs kap gouuvernè yo. Leur se blan kap diktè nèg li très dosil, kou sè nèg pareil li, li mandè enrajè.Mwen fèr ekspèrians lan personelman . Pendant ‘m tè Haiti m’tap à cotè blanc ki soi disant vinn pou èdè nou. Sa tè machè si bien ke yon jou yon blan te di bien haut e bien fort : C’est pour la première fois dans ma carrière que j’aie eu des èlèves aussi obèissants. Sitot le blanc parti j’ai eu grand peine à maitriser ces anciens moutons. Des pays de la Caraibe plus petits en territoire qu’Haiti offre une vie plus tranquille et plus dècente sous la domination d’hommes de different èpiderme alors habitè en majoritè par des noirs comme nous. Dis la vèritè: Nous sommes devenus des »Sauvages »

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