Inflation – Croissance modeste – Taux de change : l’Institut Haïtien de Statistique publie son rapport de 2018 sur l’économie haïtienne

Direction des Statistiques Economiques, DSE, de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) : Performance mitigée de l’économie en 2018

Samedi 5 janvier 2019 ((rezonodwes.com))– L’économie haïtienne n’a pas pu atteindre l’objectif de croissance de 3.9% visé par les autorités au début de l’année, notamment dans la loi de finances de l’exercice fiscal 2017-2018. Même la révision, par la suite, de 2.4% fixée en tenant compte de l’évolution des deux premiers trimestres de l’exercice n’a pas été réalisée.

En effet, selon les estimations préliminaires, le Produit Intérieur Brut (PIB) a crû, en termes réels, de 1.5%. Une hausse supérieure à celle de l’année dernière (1.2%) mais, à peine égale au taux de croissance démographique naturelle (1.5%).

Contrairement à l’année fiscale 2017 qui a été grandement perturbée, à la fois, par des catastrophes naturelles (cyclone Matthew, autres inondations) et des turbulences socio-politiques (crise électorale, installation et départ du gouvernement de transition, longue période d’incertitude précédant l’installation des nouvelles autorités, mouvements de grève des syndicats, etc), les agents économiques ont pu bénéficier, pendant les neuf premiers mois de l’exercice, d’un climat plutôt favorable aux affaires. Effectivement, les « hostilités » n’ont commencé qu’au dernier trimestre de l’année fiscale à partir des émeutes des 6, 7 et 8 juillet.

De plus, en 2018, le pays a été évité par les grandes intempéries qui, habituellement, impactent le secteur agricole avec des effets distributifs négatifs sur les autres branches d’activité économique.

Dans ce contexte, des résultats modestes, certes, mais positifs ont été obtenus en 2018 par la quasi-totalité des secteurs d’activité. Ainsi, avec 3.3 milliards de gourdes constantes, la branche Agriculture, bénéficiant des effets positifs de l’absence de cyclones et d’inondations majeures a pu, malgré la persistance de certains problèmes structurels, afficher une certaine hausse, en volume, de 1.0% de sa valeur ajoutée.

Ce résultat serait plus probant si il n’y avait pas un arrêt prématuré en juin de la saison pluvieuse qui avait bien démarré dès les mois de mars et d’avril, au cours de la campagne agricole de printemps, et si on n’avait pas accusé des retards dans la distribution des intrants, car la réception tardive des semences a mis à mal les agriculteurs. De leur côté, menées essentiellement par les fabrications de produits alimentaires et de boissons (1.0%) et celles des Textiles, Habillement et Cuirs (1.4%), les Industries Manufacturières ont globalement crû d’environ 1.1%.

Parmi les autres secteurs ayant le plus contribué à la hausse du PIB, on retient le secteur des Bâtiments et Travaux Publics (2.1%) qui a fortement été supporté par les travaux d’infrastructure effectués dans certaines régions du pays. En dépit des événements de juillet, les résultats des trois premiers trimestres ont permis au secteur Commerce de garder la tête sur l’eau avec une hausse de 1.1%, inférieure toutefois à celle de l’année dernière (1.3%). Vue sous l’angle de la demande globale, la croissance du PIB a été tirée par l’ensemble de ses composantes.

Dopée, entre autres, par l’augmentation (13.0%) de la masse salariale des employés permanents de l’Administration Publique et la hausse de plus de 18.0% de l’envoi de fonds des travailleurs de la diaspora, la Consommation Finale, en termes réels, a augmenté de 1.2%. Pour sa part, soutenu notamment par le volet public, l’Investissement Global a crû, en volume, de 2.3%. A ce propos, il convient de noter que selon les chiffres publiés dans le Tableau des Opérations Financières de l’Etat (TOFE), les montants relatifs aux Projets d’Investissement Public ont quasiment doublé en 2018 avec une hausse de 99%.

Enfin, malgré les émeutes enregistrées au quatrième trimestre de l’année, les exportations se sont mieux comportées en 2018 qu’en 2017 avec une croissance, en volume, de 2.0%. En témoigne l’augmentation de 11.3% des exportations des produits d’assemblage, contre une chute de 5.1% en 2017.

En ce qui concerne les prix à la consommation, l’inflation continue de se maintenir à deux chiffres avec une moyenne annuelle de 14.3%, inférieure à celle de l’année dernière 14.6%. Une évolution tendancielle un peu cohérente avec celle du taux de change, puisque selon les données publiées par la BRH, la parité de la gourde par rapport au dollar en moyenne annuelle pour l’année 2018 (65.4 gourdes pour un dollar) est légèrement inférieure à celle de 2017 qui se chiffrait à 65.6 gourdes pour un dollar.

Il ne faut pas oublier que c’est surtout à partir des mois de juillet et d’août que le taux de change a véritablement dérapé en 2018. Les perspectives de croissance pour l’exercice fiscal 2018-2019 s’annoncent particulièrement difficiles en raison notamment de la fragilité de la situation socio-politique qui risque de plomber considérablement l’économie. A cet égard, s’il n’y a pas un effort qui est fait de part et d’autre pour placer les intérêts supérieurs de la nation au dessus de tout, l’objectif de croissance de 2.8% envisagé pour l’année fiscale 2019 restera un vœu pieux, car il requiert la contribution de chacun des secteurs de la vie nationale.

Effectivement, les « hostilités » n’ont commencé qu’au dernier trimestre de l’année fiscale à partir des émeutes des 6, 7 et 8 juillet. De plus, en 2018, le pays a été évité par les grandes intempéries qui, habituellement, impactent le secteur agricole avec des effets distributifs négatifs sur les autres branches d’activité économique.

Dans ce contexte, des résultats modestes, certes, mais positifs ont été obtenus en 2018 par la quasi-totalité des secteurs d’activité. Ainsi, avec 3.3 milliards de gourdes constantes, la branche Agriculture, bénéficiant des effets positifs de l’absence de cyclones et d’inondations majeures a pu, malgré la persistance de certains problèmes structurels, afficher une certaine hausse, en volume, de 1.0% de sa valeur ajoutée. Ce résultat serait plus probant si il n’y avait pas un arrêt prématuré en juin de la saison pluvieuse qui avait bien démarré dès les mois de mars et d’avril, au cours de la campagne agricole de printemps, et si on n’avait pas accusé des retards dans la distribution des intrants, car la réception tardive des semences a mis à mal les agriculteurs.

De leur côté, menées essentiellement par les fabrications de produits alimentaires et de boissons (1.0%) et celles des Textiles, Habillement et Cuirs (1.4%), les Industries Manufacturières ont globalement crû d’environ 1.1%. Parmi les autres secteurs ayant le plus contribué à la hausse du PIB, on retient le secteur des Bâtiments et Travaux Publics (2.1%) qui a fortement été supporté par les travaux d’infrastructure effectués dans certaines régions du pays.

En dépit des événements de juillet, les résultats des trois premiers trimestres ont permis au secteur Commerce de garder la tête sur l’eau avec une hausse de 1.1%, inférieure toutefois à celle de l’année dernière (1.3%). Vue sous l’angle de la demande globale, la croissance du PIB a été tirée par l’ensemble de ses composantes. Dopée, entre autres, par l’augmentation (13.0%) de la masse salariale des employés permanents de l’Administration Publique et la hausse de plus de 18.0% de l’envoi de fonds des travailleurs de la diaspora, la Consommation Finale, en termes réels, a augmenté de 1.2%. Pour sa part, soutenu notamment par le volet public, l’Investissement Global a crû, en volume, de 2.3%. A ce propos, il convient de noter que selon les chiffres publiés dans le Tableau des Opérations Financières de l’Etat (TOFE), les montants relatifs aux Projets d’Investissement Public ont quasiment doublé en 2018 avec une hausse de 99%.

Enfin, malgré les émeutes enregistrées au quatrième trimestre de l’année, les exportations se sont mieux comportées en 2018 qu’en 2017 avec une croissance, en volume, de 2.0%. En témoigne l’augmentation de 11.3% des exportations des produits d’assemblage, contre une chute de 5.1% en 2017.

En ce qui concerne les prix à la consommation, l’inflation continue de se maintenir à deux chiffres avec une moyenne annuelle de 14.3%, inférieure à celle de l’année dernière 14.6%. Une évolution tendancielle un peu cohérente avec celle du taux de change, puisque selon les données publiées par la BRH, la parité de la gourde par rapport au dollar en moyenne annuelle pour l’année 2018 (65.4 gourdes pour un dollar) est légèrement inférieure à celle de 2017 qui se chiffrait à 65.6 gourdes pour un dollar. Il ne faut pas oublier que c’est surtout à partir des mois de juillet et d’août que le taux de change a véritablement dérapé en 2018. Les perspectives de croissance pour l’exercice fiscal 2018-2019 s’annoncent particulièrement difficiles en raison notamment de la fragilité de la situation socio-politique qui risque de plomber considérablement l’économie.

A cet égard, s’il n’y a pas un effort qui est fait de part et d’autre pour placer les intérêts supérieurs de la nation au dessus de tout, l’objectif de croissance de 2.8% envisagé pour l’année fiscale 2019 restera un vœu pieux, car il requiert la contribution de chacun des secteurs de la vie nationale.

Une pensée sur “Inflation – Croissance modeste – Taux de change : l’Institut Haïtien de Statistique publie son rapport de 2018 sur l’économie haïtienne

  • 5 janvier 2019 à 11:17
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    Ankò yon fwa, map mande tout ekonomis yo, ni sa k ann Ayiti, ni sa k nan diaspora a, ki doktrin ekonomik ki ann aplikasyon ann Ayiti?

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