Il ne faut pas prendre à la légère la force économique que représente la diaspora haïtienne

Quelques idées pour la diaspora haïtienne par Kerlens Tilus

Dimanche 6 janvier 2019 ((rezonodwes.com))– « Pris au piège d’un système global et inouï, Haïti n’a pas vraiment été préparé à affronter ces nouveaux défis qui menacent son statut et son existence.

Malencontreusement, à défaut d’une perception réelle de l’évolution du monde, les Haïtiens s’entre-déchirent sur des futilités concoctées par des médias dirigés qui n’ont pour objectif que la pérennisation d’un système qui relève de leur propre caractère et éthique. Par voie de conséquence, leur poids est tel dans la balance qu’aucune alternative n’apparaît en perspective, Le flou devient la règle qui domine les discours politiques du fait de l’absence de vision et de proposition objective.

La Diaspora, quant à elle, figée dans une passivité chronique, a également toutes les peines du monde à réaliser son inaction. Chacun, enferme dans ses habits d’individualisme paralysant, se fait passer pour un leader de référencées. Les débats, comme en Haïti, ne manquent pas contrairement à l’action. Il y en a qui croient pouvoir refaire Haïti autour de quelques bières entre copains, ou bien en se défoulant sur les mystères du pays, sans donner suite. Par peur de laisser entrevoir sa faiblesse, on se replie sur soi. Alors, les années passent, la société change, on assiste aux spectacles du monde en pleurnichant sur son statut de victime permanente. » Frantz Jean Baptiste.

Mr. Frantz Jean Baptiste est l’auteur d’un ouvrage exhaustif de 443 pages sur la diaspora haïtienne ayant pour titre : La Diaspora, Enjeux et Débats. Il y a plein de choses à dire sur la diaspora haïtienne. Vous trouvez des gens qui n’ont aucune maitrise du sujet et qui ont nullement peur de parler dans les médias. Au contraire, ils s’affichent comme des experts. Nous avons beaucoup à apprendre sur la diaspora haïtienne. Nous l’avons déjà dit que la diaspora haïtienne n’est pas homogène et reflète les mêmes mœurs et la même pauvreté d’esprit que nos compatriotes en Haïti, à part de quelques professionnels qui sont très évolués.

Voici la réaction d’une amie qui travaille en Afrique sur mon texte publié hier (Le contentieux entre les Haïtiens de l’intérieur et les Haïtiens de la diaspora.) : « Je pense que réduire les transferts de la diaspora à des transactions familiales privées dénotent une vue restrictive et étriquée. La diaspora supporte des haïtiens en situation précaire qui devraient bénéficier d’un système de sécurité sociale en raison de leur chômage et de leur vulnérabilité.

L’Etat étant inexistant tant sur le plan de la prise en charge de la santé, de l’éducation. La diaspora devient une entité subsidiaire qui assure la responsabilité de l’Etat en finançant la santé, l’éducation des enfants et des jeunes, des fonctions qui relèvent de la responsabilité de l’Etat. Dès lors, la diaspora devient le premier acteur de l’apaisement social, car elle prévient par son implication l’éclatement social, l’insécurité, les conditions infrahumaines d’existence. Elle devient co-lead de la survie de la nation. Il faudrait que les gens comprennent cette dimension. »

Je suis très critique par rapport à la diaspora, surtout par rapport à ceux qui se disent leaders dans nos communautés. Une certaine discrimination existe au sein même de la diaspora. Les compatriotes qui ont la résidence permanente se croient plus « moun » que ceux qui n’ont que le TPS, un statu temporaire ou qui sont illégaux. Ceux qui sont naturalisés se considèrent plus importants que les autres catégories.

Nous ne pouvons pas avancer si nous discriminons contre les autres. Plusieurs écrivains et penseurs prônent l’unification de la diaspora ou encore l’unité dans la diversité. Nous nous unissons seulement quand il y a une catastrophe naturelle en Haïti pour apporter notre support. Il ne devrait pas être ainsi. Il faut un bureau permanent qui s’occupe de la diaspora. Nous avons parlé à maintes reprises de l’idée d’un fonds de la diaspora. Je suis plus qu’enchanté qu’un groupe de professionnels est en train de travailler sur un projet de Banque de la Diaspora Haïtienne. Avec ce projet, nous allons avoir le levier économique qui nous permettra d’avoir tout ce que nous voulons au pays natal.

Les biens et épargne des éléments de la diaspora sont évalués à plus de 40 milliards de dollars. Il ne faut pas prendre à la légère la force économique que représente la diaspora haïtienne. Les inconscients au pouvoir en Haïti veulent avoir accès à cette manne. Voilà pourquoi à chaque élection, ils viennent courtiser la diaspora.

Hier et ce matin, après la publication de mon article en réaction aux propos malencontreux d’une intervenante sur Vision 2000, une dizaine de compatriote m’a appelé pour non seulement me féliciter, mais aussi pour me donner leur point de vue. Les gens veulent le changement dans leur pays d’origine. Et ils subissent une certaine discrimination vu l’état lamentable du pays et la perception des étrangers qui nous considèrent comme étant inférieurs. Cette discrimination est palpable.

Un député dominicain, au moment où son pays vient tout juste d’intégrer le Conseil de Sécurité des Nations Unies a déclaré qu’Haïti est « une zone de désastre écologique et sanitaire ». Les Dominicains se préparent bien à intervenir en Haïti en fonction du R2P (Responsabilité de protéger). Si nous continuons à vivre comme des bêtes sauvages, il est plus que rassuré que nous subirons une occupation dominicaine sous le couvert des Nations Unies. Je me demande ce que fait la mission permanente d’Haïti à l’ONU. Malheureusement que nous n’avons pas les hommes qu’il faut à la place qu’il faut.

Parlant d’hommes qu’il faut à la place qu’il faut, imaginez-vous que le Gouverneur de la BRH est un ingénieur en informatique qui a eu ce poste parce qu’il était condisciple de Michel Martelly en secondaire et il était toujours premier de classe. Alors, nous comprenons pourquoi la BRH est alorale. Ceux qui ont la capacité sont relégués à l’arrière-plan. Les membres du Conseil de la BRH devraient être de vrais financiers qui maitrisent l’ingénierie financière. Je ne dis même pas économiste, il faut des spécialistes de la finance à la tête de la banque des banques.

Retournons à nos moutons. Pour l’année 2018, la diaspora haïtienne a transféré en Haïti 3.7 milliards qui représente plus de 30% du PIB. Si ce n’était pour la diaspora, que seraient les pauvres en Haïti. La diaspora fait ce que l’Etat devrait faire. Lekòl, se nou ; al lopital, se nou ; maryaj, se nou ; lanmò, se nou ; lamanjayi, se nou ; antèman, se nou ; menm plezi, se nou. Ces messieurs en Haïti étudient toutes les possibilités pour détourner les transferts de la diaspora. Maintenant, ils viennent avec une histoire d’ONA diaspora. Ils prennent tout le monde pour des imbéciles.

Nous souhaitons de tout cœur que nos compatriotes de la diaspora continueront à supporter leurs proches en Haïti dans un esprit fraternel, de partage et de solidarité. Sur ce, je transmets l’invitation du GRAHN à tous les jeunes et les professionnels en Haïti. Une rencontre est prévue au Ciné Triomphe aux Champs de Mars, le Mercredi 23 Janvier de 10h30 à 14 heures (2hpm). Vous pouvez vous inscrire en utilisant ce lien:

http://www.grahn-monde.org/index.php/activites/vers-une-haiti-nouvelle-les-semences-de-l-espoir Pour information, veuillez contacter : contact@grahn-monde.org

« L’invitation est lancée à toutes les personnes qui rêvent d’une Haïti meilleure de venir se serrer les coudes pour redire notre attachement à ce pays et notre désir de nous mettre ensemble pour travailler à son progrès. Le pays ne se construira pas de lui-même, tout seul. Seuls les femmes et les hommes de bonne foi et déterminés de ce pays peuvent le transformer positivement, à condition d’en faire une utopie, un rêve, un projet qui – par le travail acharné et méthodique – deviendront un jour réalité. »

Je termine le texte sur une note de Frantz Jean Baptiste : «  La Diaspora haïtienne, perçue généralement comme une vache à lait, est un atout majeur, bien plus important, encore incompris de ceux qui paraissent avoir en main le destin d’Haïti. Le philosophe de l’antiquité grecque n’a pas eu tort de nous rappeler à juste titre que : la Politique a pour fin, non pas la connaissance, mais l’action. (Aristote). Une action qui doit produire normalement à son terme des effets positifs qui, malheureusement, tardent à se manifester dans le contexte haïtien.

Or, ce ne sont pas les débats qui manquent dans ce milieu, même si les bonnes questions ont rarement été posées et débattues. Durant des décennies, on a fait preuve d’une maladresse flagrante à presque tous les niveaux en s’inventant un modèle correspondant aux exigences d’un Etat moderne et au tempérament propre de la société haïtienne. Cette faiblesse, ou même cette négligence, diraient certains, nous a déjà couté suffisamment cher durant des décennies pour que nous n’en prenions pas conscience aujourd’hui.

Donc, pour finir d’en payer le prix, il faudra faire appel à des idées nouvelles capables de générer une vivacité nouvelle dans la société haïtienne. » Que la diaspora s’organise pour un développement endogène durable en Haïti !

Kerlens Tilus     01/05/2019
Futurologue/ Templier de Dieu/ Ecrivain

Snel76_2000@yahoo.com

Tel : 631-639-0844

2 pensées sur “Il ne faut pas prendre à la légère la force économique que représente la diaspora haïtienne

  • 6 janvier 2019 à 8:31
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    Bon! Gen yon sityasyon inevitab, enkontwolab nan supò diaspora pou Ayiti. Se vwe Ayisyen sansib pou vye fanmiy yo kite dèyè; pou la manjay, lekòl timoun yo, zafè lasante, mete rad, anfen tout aktivite lavi sosyal yo. Anpil moun diaspora sila yo ape swa antre nan laj, menm mouri; enpi pitit a yo ki ta sanble yon diaspora jenn, pa gen menm emosyon sila yo; yo pa vweman wè ni kwè nan zafèr a depanse lajan a yo konsa. Kantite lajan ki konn ale an Ayiti a apway redui konsiderableman. Ayiti apway wè; men nan ta, vwe pwa diaspora nan balans ekonomi peyi d’Ayiti. Si chak moun ki te konn resevwa yon ti tcho-tcho soti nan diaspora a, te konn seye fè yon ti bat dlo pou fè bèr; tansyon an pa ta grav; men yo sèlman pito ape tann, sa yo resevwa a, pa janm ase. Kèk fwa yo menm awogan, depasyante osnon y ape fè menm vye plan pou debaba diaspora. Wen konnen menm kèk fanmiy ki voye zanmi gann ay atake fanmiy. Gen diaspora tou ki ale Ayiti, ki pa tounen. Anfen devan sa yo regle pou Ayiti, wen pa tèlman wè twòp kritik pou yo. Se lèr pa bon pa la; yo a konn si pa bon te bon. Bwa pa bon; men li nan dife; menm se kim ake lafimen li a fè. Kenbe la!

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  • 7 janvier 2019 à 11:56
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    Bonjou! Wen pa gen okenn pwoblèm ake: « adresse de messagerie pibliye » o non pa. Wen kanpe djanm dèyè tou sa wen di, ekri. Wen pa ekri anonim. pou plis enfòrmasyon: Wen se: Jacques J. Garçon 100 pou 100 Kapwa: jacgar02@yahoo.com Telefòn: 813 778 8533. Wen ouvwi a tout dyalòg entelijan, respektab, kote wen ka rafwechi menmwa an wen o sa wen te bliye; osnon apwann sa wen pa te konnen; alòs, a mezi yo pa manti, voye moute. Kenbe la!

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