Cuba s’éloigne du « communisme » avec un nouveau cabinet placé sous le signe de la continuité

Le mot « communisme » souligné à l’encre forte dans la vieille Constitution cubaine, serait disparu du texte du nouveau projet d’amendement de cette charte fondamentale. L’Assemblée cubaine (Parlement unicaméral) a approuvé samedi le nouveau Conseil des ministres du président Miguel Díaz-Canel, composé en majorité des membres du cabinet de son prédécesseur, Raúl Castro, notamment le chancelier et le chef de l’armée et de l’intérieur




La Havane, dimanche 22 juillet 2018 ((rezonodwes.com)) —Les discussions entamées sur un projet de loi de réforme de la Constitution cubaine, auront porté fruit avec ce texte déposé samedi au Parlement, pour approbation. Néanmoins, l’un des articles de ce nouveau projet de loi a éliminé le mot « communisme ».

Le fameux article constitutionnel toujours en vigueur qui reconnaît le rôle du Parti Communiste de Cuba, parle « de construire le socialisme et d’avancer vers la société communiste« .

Cette dernière phrase vient tout juste de disparaître. Bien que le parti reste et demeure comme « la plus haute force dirigeante de la société et de l’Etat« , il visera à préserver l’unité patriotique et la construction du socialisme.

Si le texte inclus dans le projet de la Magna Carta, qui devrait être voté le samedi 21 juillet, est considéré, l’article 3 se lira ainsi désormais:




« Le Parti communiste de Cuba, unique, marti, fideliste et marxiste-léniniste, avant-garde organisée de la nation cubaine, soutenu par son caractère démocratique et le lien permanent avec le peuple, est la force dirigeante de la société et l’Etat pour organiser et d’orienter les efforts communs vers la construction (et la défense) du socialisme pour préserver l’unité patriotique des Cubains et les valeurs éthiques« .

[“El Partido Comunista de Cuba, único, martiano, fidelista y marxista-leninista, vanguardia organizada de la nación cubana, sustentado en su carácter democrático y la permanente vinculación con el pueblo, es la fuerza superior dirigente de la sociedad y el Estado para organizar y orientar los esfuerzos comunes hacia la construcción (y defensa) del socialismo para preservar la unidad patriótica de los cubanos y los valores éticos”]

Par ailleurs, le président cubain Miguel Diaz-Canel, entré en fonction le 19 avril, a présenté samedi son nouveau cabinet à l’Assemblée nationale. Ce conseil des ministres de 34 membres, dont neuf nouvellement affectés, a été approuvé par les parlementaires.

Parmi les nouveaux ministres, on compte Iris Quinones Rojas à la tête du ministère de l’Industrie alimentaire, Betsy Diaz Velazquez au Commerce intérieur et Alejandro Gil Fernandez à l’Economie et à la Planification, en lieu et place de Ricardo Cabrisas, qui demeure vice-président du conseil.

José Angel Portal Miranda est à présent ministre de la Santé publique, tandis que son prédécesseur Roberto Morales est désormais vice-président du cabinet et que Raul Garcia Barreiro est à l’Energie et aux Mines.




Jorge Luis Perdomo Di-Lella est passé de vice-ministre à ministre de l’Informatique et de la Communication. Le poète et rédacteur primé Alpidio Alonso Grau, 55 ans, prend la tête du ministère de la Culture en remplacement de l’écrivain Abel Prieto, resté en poste pendant deux mandats.

Oscar Manuel Silveira Martinez, ancien vice-président de la Cour suprême, est le nouveau ministre de la Justice.

Antonio Rodriguez Rodriguez prend la tête de l’Institut national des Ressources hydrauliques, en remplacement d’Inés Maria Chapman, qui fait désormais partie des deux nouveaux vice-président du conseil des ministres.

Les autres membres du cabinet avaient auparavant été nommés par Raul Castro, ancien président cubain et actuel premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba.

A signaler que ce projet de loi constitutionnelle qui a omis d’insérer « la construction d’une société communiste« , reconnaît cependant la propriété privée et ouvre la voie au mariage homosexuel, nonobstant que la future constitution à venir garde le parti communiste comme la seule force dirigeante du système avec un parti unique à Cuba.

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