Corruption : La diaspora haïtienne peut-elle imiter les Roumains de l’étranger?

La diaspora débarque en Roumanie pour manifester contre la corruption : un comportement à émuler par la diaspora haïtienne

par Kerlens Tilus

Dimanche 12 août 2018 ((rezonodwes.com))–

« Mon cher Pierre-Philippe

Il serait intéressant pour la diaspora haïtienne d’imiter une telle initiative: débarquer en Haïti et secouer le joug de nos « doigts croches ». Mais, hélas, ce ne sera pas pour demain. Les corrompus de chez-nous sont organisés en clans mafieux et sont prêts à brûler la cervelle de tous contestataires qui oseraient, surtout ceux de la diaspora.




D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que personne, j’ai bien dit, personne ne veut voter la loi sur la « double nationalité » à l’avantage de cette diaspora haïtienne. Ils ne sont pas dupes, les vicieux. Dotés d’une intelligence hors du commun au service du mal, ils savent très bien calculer. Tant que la diaspora reste hors du pâturage, ils pourront mieux contrôler les moutons de l’intérieur. Que cette dernière reste dans son fief, une fois pour toute, et ne vienne déranger l’ordre de la caverne, sous peine de décapitation ou de kidnapping. Tel est leur slogan.

La diaspora veut vraiment le bien d’Haïti, mais pas à son détriment. Ces héritiers de 57 ont été à bonne école. Alors, la prudence est de mise. » (Max Dorismond)

Les Roumains qui résident en terre étrangère se soucient de leur pays et voilà pourquoi que nombre d’entre eux ont répondu à un appel lancé sur les réseaux sociaux cette semaine pour manifester contre la corruption. Ils ont été des dizaines de milliers à entrer de l’Europe, des Etats-Unis d’Amérique et du Canada pour manifester leur mécontentement face au pouvoir en place qui encourage une corruption effrénée. 20% des Roumains en âge de travailler vit dans la diaspora, ce qui est un manque à gagner pour le pays.

Les Roumains réclament de meilleures conditions de vie et ils veulent que leur pays puisse prospérer. A l’instar des Roumains, est-ce que les Haïtiens n’ont pas de quoi se révolter. Le compatriote Max Dorismond a expliqué en bref pourquoi la diaspora haïtienne ne se prêtera pas à une telle initiative et explique le danger qu’on encourt avec les thuriféraires et les assassins qui ont pignon sur rue en Haïti. C’est un bon prétexte d’utiliser la mobilisation de la diaspora roumaine pour parler des démarches qui sont en cours pour organiser la diaspora haïtienne. Plus que jamais, la diaspora haïtienne a besoin de se réveiller pour insuffler un souffle nouveau à la politique, à l’économie et à tous les champs de la vie nationale.




Nous constatons qu’il y a un vide organisationnel au sein de la diaspora et c’était à prévoir. La plupart des organisations qui ont existé au sein de la diaspora haïtienne surtout en Amérique du Nord ont été créés sous l’instigation d’acteurs étrangers avec des promesses de financement. Quand ces étrangers n’ont pas atterri, ces organisations ont perdu leur raison d’être. L’Haïtien en général ne croit pas en la mise en place de structure organisationnelle pour tacler des problèmes et les résoudre. En ce 21ème siècle, il est inadmissible que des gens croient qu’ils peuvent faire des percées en faisant des palabres sur l’internet, sur les réseaux sociaux.

Ces organes communicationnels sont des outils de propagation d’idées et d’information, mais ils ne peuvent être une fin en soi. Des gens doivent dédier leur vie à l’organisation de la diaspora. Des jeunes universitaires doivent être mobilisés. Les Haïtiens de la diaspora doivent se regrouper en associations. Non seulement, il y a urgence avec la montée du racisme dans le monde et les nouvelles mesures que des pays comme les Etats-Unis d’Amérique sont en train d’adopter sur l’immigration et qui peuvent bien causer des ennuis à notre communauté. Je suis pour le militantisme dans toutes les sphères de la vie nationale. Si nous ne revendiquons pas nos droits, personne ne le fera à notre place.

Depuis tantôt une année, un groupe de compatriotes résidant aux Etats-Unis d’Amérique sont en pourparlers pour la mise en place du Secrétariat General de la Diaspora Haïtienne. Je suis partie prenante de ces discussions. Pour avoir été témoin de nombreuses initiatives qui ont échoué après le tremblement de terre du 12 Janvier 2010, les acteurs en présence veulent s’assurer que tous ceux qui veulent marcher ensemble dans cette nouvelle initiative soient animés de bonne volonté. Nous ne voulons pas créer une nouvelle structure comme les autres, nous voulons mettre en place une organisation où chaque haïtien vivant à l’extérieur du pays puisse se retrouver et militer. L’activisme est une attitude politique qui favorise l’action directe, et la propagande active. Nous sommes une communauté qui refuse de se prendre en mains.

Nous sommes traités en paria. Nombre ont rêvé du changement au sein de la communauté, mais malheureusement ils n’ont pas su trouver la bonne formule pour unir tous nos compatriotes au sein d’une grande structure viable. Nous avons fait des expériences où des structures qui nous ont été imposées n’ont pas fait long feu. Si elles existent, elles existent que de nom et n’ont aucune raison d’être. Nous voulons prendre du temps pour réfléchir sur le comment mettre en place une organisation viable vu que nous avons déjà réfléchi sur le pourquoi. Notre ami et frère Pierre Yves Roy a théorisé sur la diaspora haïtienne, maintenant, il est grand temps de passer à l’action. Aucune œuvre n’est facile à entreprendre au sein de la communauté haïtienne où l’orgueil et le tikouloutisme sont le propre de nos frères. Mais, nous sommes convaincus qu’avec l’approche de concertation que nous prenons pour asseoir notre base, cette initiative ne peut être vouée à l’échec.




Nous avons des tares qui nous tiennent attachés au désordre organisationnel. Il nous faut trouver une formule pour rassembler des bien-pensants qui n’ont aucun penchant pour le pouvoir et quine veulent que servir leur communauté. Nous voulons trouver des gens qui sont pétris d’altruisme et de bonté qui veulent servir les autres sans attendre rien en retour. Je me fais le porte-parole de ce noyau qui prend son courage à deux mains pour réfléchir sur cette structure à mettre en place qu’est le Secrétariat Général de la Diaspora Haïtienne. Comme son nom l’indique c’est une organisation parapluie qui aura en son sein de nombreux chapitres et qui coordonnera les activités de nombreuses organisations.

Voilà pourquoi nous avons fait appel à des experts en gestion organisationnelle pour nous aider à mettre en place cette structure qui aura à pallier au manque de leadership qui est flagrant dans la communauté haïtienne. Nous voulons nous en défaire du schéma où un homme fort, un entrepreneur, un médecin, un avocat ou un professionnel à succès investit son argent pour monter une organisation. De très souvent quand cet homme meurt ou est exposé à un scandale, l’organisation cesse de fonctionner. Nous voulons mettre sur pied une organisation haïtienne viable pour les Haïtiens de la diaspora et gérée par des Haïtiens. Le temps est à l’action. Nous avons passé des années à observer, à écrire, à dire ce qui doit être fait. Maintenant, nous jugeons bon d’indiquer la voie à ceux qui cherchent des solutions et qui veulent voir des résultats.

Des organisations existent que pour organiser des conférences et des séminaires. Le Secrétariat Général de la Diaspora Haïtienne sera un organe de contrôle et de décision. Sa mission première est de prendre en mains la diaspora haïtienne. A l’instar des Juifs, nous voulons lancer une organisation où tous les Haïtiens vivant en terre étrangère pourront se retrouver pour joindre leurs flambeaux en faisceaux pour projeter une lueur nouvelle sur l’écran d’Haïti. Quand la diaspora haïtienne s’organisera, à l’instar des Roumains, les Haïtiens de la diaspora pourront revendiquer leurs droits et lutter pour combattre la corruption et pour l’établissement d’un état de droit.

La route est longue, mais nous voulons prendre la bonne posture pour poser les jalons. Voilà pourquoi nous voulons échanger avec tout un chacun avant de lancer officiellement cette structure. Je laisse le soin à mes compatriotes et frères Daniel Ulysse et Pierre Yves Roy qui sont également les instigateurs de ce mouvement de faire le point sur le bien-fondé d’un tel projet. Notre but ultime c’est de voir luire un nouveau soleil et un nouveau printemps sur la diaspora haïtienne et sur Haïti toute entière. Que la providence aplanit les sentiers devant les bien-pensants qui veulent tacler le problème de désordre organisationnel et de division au sein de la diaspora haïtienne.

Kerlens Tilus 08/11/2018

Futurologue/ Templier de Dieu/ Ecrivain

Snel76_2000@yahoo.com

Tel : 631-639-0844

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