Contrôler la publication incontrôlée des photos de victimes sur Whatsapp

Jeudi 29 novembre 2018 ((rezonodwes.com))– Rien n’est plus bouleversant, stressant, inespéré et déchirant que de télécharger une photo sur What’s App et constater que la personne allongée au sol, nue, battue et baignée de sang est son ami, sa sœur, son frère, son parent ou son enfant. Malheureusement, c’est dans ce monde que nous vivons aujourd’hui ; un monde où tout détenteur d’un téléphone intelligent devient instantanément reporteur, journaliste, bloggeur et film maker.




Ce comportement viole l’intégrité, l’intimité et la confidentialité des victimes et elle montre ainsi la faiblesse du gouvernement en matière d’intervention, de descentes de lieu, de rapports de procédures de sécurisation des scènes de crime et de communication sociale. La législation haïtienne tarde encore à intervenir pour réglementer l’utilisation de la technologie et pour instituer la responsabilité civique et samaritaine des citoyens en termes d’aide, d’assistance et de support aux personnes en danger et aux victimes d’accidents.

Une photo vaut dix mille mots ; elle vaut aussi l’état mental de celui qui la voit lorsque cette photo montre un de ses proches dans un état d’incapacité ou de vulnérabilité. Personne ne devrait savoir qu’un de ses proches a été tué à travers les réseaux sociaux. C’est démoralisant et révoltant au sens que cette façon d’être informé dérobe à la famille son droit de faire son deuil proprement et ne rend pas respect et justice à la victime. Ainsi donc, une loi de bon samaritain et de responsabilité civique est requise pour criminaliser l’action des passants de photographier une scène de crime ou une scène d’accident, obliger les passants à venir en aide aux victimes et les obliger à reporter aux autorités concernées tout accident de la route.

Pour rendre la tâche facile, l’Etat investirait dans la formation médicale de la population, spécialement des élèves en classes de nouveau secondaire. Cette formation médicale serait obligatoire pour tous les policiers, soldats, pompiers, professeurs, motoristes et employés des secteurs privé et public. Chaque entreprise d’au moins de cinq employés serait responsable d’avoir un employé formé en des compétences de base de sauveteur et d’évaluation d’une victime.




Ainsi, celui qui prendrait des photos au lieu de porter son aide médicale et morale à une victime et de reporter l’accident aux forces de l’ordre serait accusé de violation de confidentialité, de faux et de reportage non-autorisé. La population alerterait les forces de l’ordre à l’aide des pancartes contenant une ligne téléphonique gratuite qui seront placées tout au long des routes nationales et des centres d’agglomérations majeurs. Une fois alertée, la police déplacerait avec une équipe médicale ayant les ressources d’offrir des services de stabilisation médicale des patients en question. Une fois présentes, les forces de l’ordre sécuriseraient les scènes et empêcheraient à quiconque d’y pénétrer sans autorisation expresse.

Ce serait l’obligation des forces de l’ordre sur scène d’identifier les victimes et d’informer leurs parents de leurs conditions pendant que les forces médicales accompagneraient ces victimes soit vers une morgue, soit vers un hôpital, dépendant de leur situation. Renforçant cette réglementation, la justice assurerait l’application des articles 17 et 279 du décret du 1er Juin 2005 nécessitant que tout usager de la voie publique soit en mesure de s’identifier ou faire face à une amende de 500 gourdes et/ou d’une détention de 5 jours.




En attendant que le gouvernement puisse fournir des pièces d’identifications à la population, il serait de bonne guerre d’encourager chacun à circuler avec une carte d’identification personnelle pour s’assurer que sa famille soit dûment informée au cas où il deviendrait victime d’un incident ou d’un acte de banditisme ou de violence.

Bobb RJJF Rousseau, PhD
Public Policy and Administration
www.duhaiti.center
www.bobbrousseau.info

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