Il était une fois la Dictée des Amériques en Haïti

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La Dictée des Amériques était une fameuse compétition internationale d’orthographe qui se déroulait au cours des années 90 et 2000 au Québec. C’était à la fois un concours d’orthographe et une émission télévisée. Cette dictée réunissait des gens de tous les pays du monde francophone et même au-delà. Parmi ces pays, Haïti envoyait ses représentants au pays du sirop d’érable chaque année.

Malheureusement, cette initiative qui avait commencé en 1994 dans le sillage des Dicos d’or de Bernard Pivot avait pris fin en 2009. Jugée comme trop dispendieuse, la Dictée des Amériques a interrompu ses activités après seize éditions au grand dam des amants de l’orthographe et de la langue française.

Diffusé par Télé-Québec et TV5, le concours faisait subir à ses candidats, champions de leur pays, une épreuve en deux temps. D’abord une dictée, puis une batterie de questions portant sur la langue française.

Répartis plusieurs en catégories, les concurrents participaient en tant que juniors (moins de 18 ans) ou seniors amateurs ou professionnels (des gens dont la langue française est le métier).

Autre caractéristique de l’épreuve, elle faisait appel chaque année à un auteur, personnalité du monde des lettres ou de la culture canadienne, qui venait dicter lui-même son texte. Parmi ces personnalités figuraient des haïtiano-canadiens comme Dany Laferrière (2000) et Luck Mervil (2006) aux côtés de l’icône québécoise Gilles Vigneault (2001).

La Dictée en Haïti

En Haïti, c’était la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA) qui avait l’habitude d’organiser le concours au niveau local.  Il s’agissait d’une sorte d’éliminatoire, pour utiliser un terme sportif, devant déterminer les participants à cette coupe du monde de l’orthographe au Québec.

L’organisation de ce concours de dictée à Port-au-Prince correspondait avec les diverses activités célébrant la francophonie en Haïti. Aux côtés des concerts, des colloques, des projections de films et autres activités artistiques, la Dictée des Amériques comptait parmi l’un des événements les plus attendus, particulièrement au milieu des étudiants et des  professionnels de la langue française. Ces derniers y voyaient une opportunité de visiter le Canada et de rencontrer des gens de tous horizons partageant leur passion. 

 Grâce à ce programme annuel de FLA, des étudiants des universités privées et publiques haïtiennes et les professionnels de toutes les catégories pouvaient s’offrir un voyage sans frais de transport ni de séjour dans la province québécoise pour prendre part à la « Dictée des Amériques ». Ainsi, chaque année, ces derniers se pressaient à la rue Du Fort (Bois-Verna) pour tenter leur chance.

La FLA avait lancé l’organisation de la compétition locale de la fameuse dictée en 1999. A travers ce concours d’orthographe, la faculté de linguistique, alors dirigée par feu Pierre Vernet, envoyait chaque année trois candidats au Canada. Dans la catégorie senior professionnelle, il y avait des finalistes tels que Abraham-Osselyn Margarett, 2001, médecin ; Herwin-Donald Robergeau, 2002, agronome ; Nathalie Lemoine, 2003, professeur de français.

Dans la catégorie senior amateur, il convient de citer des lauréats comme Alexis Francel, 2000; Jonel Juste, 2001 ; Alcius Yonel, 2002 ; et Fédexy Jokey-Berde, 2003. La troisième catégorie (junior) était constituée d’élèves d’institutions secondaires (3e et seconde).

Cette fameuse dictée, dont le niveau de difficulté augmentait selon la catégorie en question,  était caractérisée par l’emploi de mots rares, d’accords éprouvants et autres pièges de la langue française dont l’orthographe est très exigeante. Selon certains participants, il était difficile de faire un sans-faute. Même ceux qui remportaient le concours faisaient beaucoup d’erreurs et gagnaient seulement parce qu’ils commettaient moins de fautes que les autres.

Au cours d’une cérémonie qui se tenait au Rex Théâtre au Champ de Mars, les trois lauréats locaux du concours d’orthographe recevaient en général des dictionnaires et un billet d’avion pour aller participer à la grande « finale » qui se déroulait durant le printemps au Québec. Là ils avaient la possibilité de rencontrer dans une ambiance conviviale des milliers d’autres champions de l’orthographe venus de tous les continents, de pays francophones ou non francophones.

Cependant, l’arrêt de cette initiative en 2009 au Canada allait mettre fin au rêve de plus d’un. Il ne reste maintenant que des souvenirs.  

Wilner Jean Louis

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