Nouvelles révélations : L’ex DG de la PNH, Léon Charles, et des entreprises américaines pointés du doigt dans l’assassinat de Jovenel Moïse

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Nous sommes arrivés à la résidence de Jovenel Moïse parce que le DG de la PNH nous a appelés pour demander une prise en charge dans le cadre d’un mandat d’arrêt contre Jovenel Moïse délivré par un juge, affirme un ex-militaire colombien détenu en Haïti

Léon Charles, aujourd’hui récompensé, est ambassadeur d’Haïti à l’Organisation des États Américains… Son role dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse apparaît de plus en plus clairement : Il n’a pas répondu aux appels de secours désespérés du Président, mais il aurait fait appel aux ex-soldats colombiens pour l’aider à exécuter un mandat d’un juge et mettre Jovenel Moïse en état d’arrestation.

Jeudi 10 mars 2022 ((rezonodwes.com))–

Dans une interview de plus de 45 minutes accordée depuis sa cellule au Pénitencier National à  La FM, un média colombien, Edwin Blanquicet Rodriguez, déclare  que les ex-soldats colombiens sont arrivés à la résidence du chef de l’État parce que le Diirecteur de la police haïtienne, Léon Charles, les avait appelés pour demander une prise en charge dans le cadre d’un mandat d’arrêt contre le président délivré par un juge.

Dans cet  entretien exclusif à La FM, l’ancien militaire Edwin Blanquicet assure qu’il a été recruté par la compagnie de sécurité américaine CTU qui, selon ce qu’on lui a fait comprendre, travaillait pour le gouvernement américain.

L’ex-soldat colombien trouve assez curieux la version des événements de Martine Moïse, la femme de Jovenel Moïse qui raconte dans les médias étrangers qu’elle a été atteinte de 2,3,4,5,6,8 projectiles et que les assassins de Jovenel Moïse parlaient espagnol. Ce qu’avait aussi affirmé Claude Joseph moins de deux heures après l’exécution de Jovenel Moïse, ce 7 juillet.

Les aveux de responsabilité ont été faits sous de sévères tortures

« Les déclarations de nos collègues sont fausses ; nous avons passé 30 jours menottés dans une cellule d’un diamètre de 3 x 6 pour 20 personnes. Des camarades qui apparaissaient sur des enregistrements ont été emmenés vers 7 h 30 ou neuf heures du soir par des hommes cagoulés pour les faire sortir. Quand ils sont revenus à l’aube, ils sont venus en pleurant, battus, les ongles arrachés, ils ont uriné du sang, déféqué du sang.

Ce sont les déclarations de l’ancien militaire, Edwin Blanquicet, dans une interview d’une heure avec la Cellule d’investigation FM. Le sergent adjoint a souligné que les aveux qui ont été enregistrés par des responsables d’Interpol Colombie, dont le général Norberto Mujica, commandé par le directeur de la police colombienne, Jorge Luis Vargas, sont faux et faits sous de graves pratiques de torture.

L’interview détaille les événements de la nuit du 6 juillet et du petit matin du 7 juillet, où le sergent à la retraite a été un témoin direct. Blanquicet a été capturé plusieurs heures plus tard dans un quartier de Port-au-Prince alors qu’il était assiégé par la police et les soldats haïtiens.

« Nous avons levé les mains en signe de reddition. Ils ont lancé vers nous toutes sortes de grenades. Ils ont tué Capador avec une grenade puis lui ont tiré une balle dans la tête », raconte-t-il dans la première interview que ce détenu colombien accorde depuis sa prison à un média international.

Le sergent à la retraite qui a passé 20 ans dans l’armée et a été formé comme tireur d’élite et dans des cours de contre-guérilla, demande l’attention de la vice-présidente Marta Lucía Ramírez car ils assurent qu’ils ont été torturés physiquement et psychologiquement alors que le ministère des Affaires étrangères d’Haïti le nie.

« A cette époque, on ne voulait pas que la journée se termine car la nuit venue les hommes encagoulés venaient nous torturer. Ils nous ont frappés dans les côtes, dans les testicules, dans les fesses », ajoute-t-il.

La FM a demandé à Blanquicet s’il doutait de certains de ses collègues, notamment ceux qui ont appelé pour le recruter et coordonnaient la mission des mois avant l’arrivée de l’ensemble du groupe avec des représentants des sociétés américaines CTU Security et World Wide Capital.

« Je suis un père de famille, je suis un fils et je suis un frère. Si quelqu’un avait su à quoi cela servait, aucun d’entre eux n’aurait eu ce problème. On parle d’un assassinat d’un chef d’Etat et on ne l’a pas fait. Nous sommes des militaires avec plus de 20 ans dans l’institution. Si cela avait été le cas, nous aurions des plans d’extraction. Le président aurait été abattu de douze balles et aurait eu la jambe cassée. Nous sommes formés aux Droits de l’Homme ; expliquez-moi comment on allait avoir le temps de lui tirer dessus 12 fois et de lui casser la jambe », ajoute-t-il.

Un rapport récent du New York Times a conclu qu’il y a des politiciens d’élite sur l’île qui pourraient être liés au trafic de drogue, au blanchiment d’argent, aux ventes d’armes et à la traite des êtres humains qui se seraient sentis trahis par le président Jovenel Moise, ce qui signifierait une raison de le tuer.

Lors d’enquêtes précédentes, La FM a publié un document signé par le docteur Emanuel Sanon et d’autres dirigeants politiques et religieux dans lequel une transition « démocratique et pacifique » du pouvoir a été convenue, en raison de la prétendue violation du mandat de Moise. Sur l’île, il y a eu un débat difficile pour savoir si le président élu pour un mandat de cinq ans devait céder son poste en 2020 ou 2021, selon la date du début de son gouvernement.

Le document indiquait que le docteur Emanuel Sanon assumerait la présidence du pays après le renversement de Moise de manière pacifique pour un mandat de trois mois, puis convoquerait des élections.

Les armes nous ont été données par la police haïtienne (PNH) pour capturer le président.

L’ancien sergent Edwin Blanquicet nie que le président Moise ait été assassiné par les Colombiens. « Quand nous sommes arrivés, il était déjà mort. »

« Ils nous ont emmenés dans une maison sur ordre du directeur de la police haïtienne, ils nous ont donné des armes et nous ont dit que le soutien avait été demandé avec l’autorisation des entreprises aux États-Unis qui nous avaient engagés pour exécuter un mandat d’arrêt contre le président ordonné par un juge ».

C’est l’explication donnée pour la première fois dans une interview au média par l’un des ex-militaires colombiens retraités de Port-au-Prince depuis son lieu de détention. L’ancien sergent Edwin Blanquicet était dans une maison à côté de la résidence présidentielle à Port-au-Prince lorsque le président Jovenel Moise a été retrouvé mort.

Le soldat avec 20 ans dans les rangs de l’armée jusqu’à sa retraite en avril 2021, raconte en détail ce qui s’est passé quelques minutes avant leur arrivée au domicile présidentiel.

« J’étais dans la maison du docteur Emanuel Sanon, qui allait se présenter à la présidence. Cette nuit-là, la Colombie a perdu contre l’Argentine. Nous n’avons rien fait seuls, pratiquement tout a été fait par la Police qui a demandé une escorte et la société CTU et WorldWide ont autorisé cette action. Le directeur de la police nous appelle et nous dit qu’il demande notre accompagnement, ils nous emmènent en deux équipes dans une maison à la montagne où ils nous donnent des armes et nous disent qu’il y a une ordonnance du tribunal pour capturer le président », raconte l’ancien soldat de prison dans une interview exclusive à La FM.

Blanquicet ajoute qu’après avoir reçu les armes, qui portaient même les marques de la Police haïtienne, ils sont partis dans sept camionnettes pour la résidence du président accompagnés de membres officiels de la Police.

« Quand nous sommes arrivés avec les policiers qui nous avaient donné les armes, nous avons été surpris que les autres policiers de la résidence se jettent par terre sans résister quand nous leur avons dit que nous allions capturer le président. Plus d’un a commencé à soupçonner quelque chose d’étrange.

Blanquicet ajoute qu’ils ont tenté d’entrer pendant au moins 17 minutes, ce qui a été le temps suffisant pour que la garde du président s’échappe.

« Un groupe de camarades entre après qu’il y ait eu des coups de feu et des éclairs à l’intérieur de la maison et l’un d’eux crie : le président est mort, il est mort ! C’est une embuscade, allons-y. »

Lorsqu’on lui a demandé s’il faisait entièrement confiance aux frères Rivera et à l’ancien soldat Duberney Capador, qui étaient les recruteurs de tout le groupe en Colombie, Blanquicet répond qu’il ne peut pas savoir ce qu’ils ont fait ou savait dans son intégralité, mais que les personnes du groupe ont été embauchées pour assurer la sécurité de la police haïtienne et d’un projet énergétique.

« Nous n’avons rien fait seuls. Nous avons tout fait avec la police haïtienne.

Que s’est-il passé dans la résidence du président Jovenel Moise ?

Deux groupes de Colombiens seraient venus dans une maison dans les montagnes pour recevoir des fusils Galil de la police haïtienne et se seraient déplacés avec eux à la résidence de Moise afin de se conformer à l’ordonnance du tribunal. Sept véhicules transportant d’anciens soldats colombiens et des membres de la police haïtienne sont arrivés à la maison présidentielle et n’ont rencontré aucune résistance de la garde jusqu’à ce qu’ils commencent à entendre des coups de feu à l’intérieur de la maison, explique le sergent à la retraite.

Puis vers 2h15 du matin ils auraient trouvé le président mort.

Enfin, Blanquicet, en prison en Haïti et exposé aux répercussions pour ses déclarations, demande au gouvernement colombien des garanties pour la défense des ex militaires. « Un juge haïtien a déclaré qu’il y avait de nombreuses irrégularités dans l’affaire et il a été menacé. Ils ont dû le retirer de l’affaire », poursuit-il.

« Le gouvernement ne nous a pas donné une seule pilule et quelqu’un a transmis nos noms et les données personnelles de nos familles afin qu’elles puissent être menacées. Nous allons pourrir vivants ici et nous sommes innocents », souligne-t-il.

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