La journaliste de Miami Herald, Jacqueline Charles analyse la chanson rap du chef de gang Izo 5 segond

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Le chef d’un gang notoire en Haïti a sorti une chanson de rap. Voici pourquoi c’est dangereux

par Jacqueline Charles

Jeudi 28 octobre 2021 ((rezonodwes.com))–

Il s’appelle « Izo 5 Segonn » – Izo Five Seconds – et il dirige l’un des bidonvilles les plus pauvres d’Haïti et repaire le plus notoire de kidnapping, Village de Dye où cinq policiers haïtiens ont été tués plus tôt cette année dans un raid bâclé – sous l’administration Jovenel Moïse/Joseph Jouthe.

Désormais, le chef de gang, lié à des dizaines d’enlèvements, tente d’utiliser sa voix pour rallier une population vulnérable. Alors que 17 missionnaires étrangers restent les otages d’un autre gang, 400 Mawozo, après avoir été enlevés il y a plus d’une semaine, Izo 5 Segonn a sorti une chanson de rap ce week-end.

Dans la chanson, il accuse le pouvoir de les avoir armés de fusils d’assaut et de les utiliser pour exécuter ses ordres. Et au milieu du rythme entrainant, il soutient en créole que la situation désastreuse dans laquelle se trouvent les masses pauvres du pays est la faute des autorités publiques.

Le refrain : Si tu vois qu’on n’a pas de bons hôpitaux, c’est de leur faute / Si les écoles ne peuvent pas fonctionner, c’est de leur faute ! / Si tous les jeunes quittent le pays, c’est de leur faute ! / Oui, c’est de leur faute !

Le chef de gang et rappeur en herbe lance également des menaces. Il prévient qu’après leur avoir fourni des Galils, des fusils automatiques de fabrication israélienne, la police serait mal avisée d’essayer de les récupérer.

Le gouvernement est entré dans le ghetto / Il nous a donné Galils et il nous a donné Taurus / Qui ont-ils envoyé pour les récupérer ? / Vous verrez qu’ils nous ont quand même donné la police.

Gédéon Jean, avocat des droits humains et directeur du Centre d’analyse et de recherche en droits humains d’Haïti, qui traque le phénomène des enlèvements en Haïti et la montée des gangs, a cité la chanson dans son dernier rapport comme exemple de la façon dont les gangs en Haïti sont sur le point de devenir un proto-État.

En utilisant la technologie, et dans certains cas leurs propres médias en ligne, les chefs de gangs tentent de rallier la population à leur cause « en exposant la misère vécue par la population ».

« Que fait Izo ? Il montre dans sa musique que c’est le gouvernement qui lui a donné les armes, c’est le gouvernement qui les utilise et aujourd’hui, ils utilisent les armes pour se défendre », a déclaré Jean.

« Psychologiquement parlant, ils ont pris conscience de la force qu’ils sont. » De nos jours, la plupart des flics sont dans des gangs. Les gangs, qui se sont unis sous la bannière du G-9 Famille et Alliés, contrôlent une partie importante de la capitale haïtienne. Ils ont plus d’armes et plus d’argent, alors que le gouvernement est en train de s’effondrer.

Ils sont dirigés par un ancien policier devenu chef de gang, Jimmy « Barbecue » Chérizier, qui se présente comme un sauveur de la rue en parlant de la misère lamentable et des inégalités inacceptables du pays.

Ces gens nous prennent pour des animaux, nous sommes les pires à leurs yeux / Ils partent avec l’argent du peuple, ils n’ont même pas pris la peine de construire un hôpital / Je parle de l’opposition comme du pouvoir / Ils gaspillent l’argent. Regardez les poubelles dans la ville.

Bien que la réflexion sur la situation désastreuse en Haïti ne soit pas loin de la vérité, elle est également dangereuse, soulignent les observateurs.

Pierre Espérance, qui dirige le Réseau national de défense des droits humains, a noté que le gang de Village de Dieu est parmi les trois responsables des enlèvements dans le pays. L’autre est relié au bidonville voisin de Grand Ravine, et le troisième est 400 Mawozo, le gang derrière le récent kidnapping des Américains.

Mercredi, l’attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a souligné que l’administration « fait tout son possible pour ramener ces missionnaires, citoyens américains, chez eux en toute sécurité. « Nous avons le FBI – nous avons envoyé un nombre énorme de responsables de l’application des lois pour aider à cela. Et évidemment, notre ambassade à Port-au-Prince est en marche », a déclaré Psaki.

Lire l’intégralité de l’article ici : https://www.miamiherald.com/news/nation-world/world/americas/haiti/article255309046.html#storylink=cpy

1 COMMENT

  1. Voila Haiti: Le chef de gang a avoue etre l’executeur du gouvernement. Au fait, ils ne sont pas des chefs de gang, mais des employes des chefs de gang du gouvernement. Au fait, ils sont INNOCENTS puisqu’ils ont ete charge d’executer des ordres de l’instance la plus puissante. Ils n’ont pas de choix mais d’obeir. Avec un bon bon avocats, ces pauvres bougres pourraient etre exoneres et consideres comme des victimes de TRAFFIC HUMAIN. Michel Martelly et Jovenel sont les gouvernements dont il parle. Voyons ce qu’il va se passer. A mon avis, rien du tout, mais suivons quand meme.

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