Le 82e prix de la presse écrite a été remis à notre confrère pour son travail dans un centre de détention géré par les forces kurdes, où croupissent les derniers irréductibles du « califat » de l’organisation Etat islamique, annonce la rédaction du journal Le Monde, samedi.
Samedi 5 décembre 2020 ((rezonodwes.com))–Le jury du prix Albert-Londres a remis, samedi 5 décembre, à Paris, sa 82e distinction dans la catégorie presse écrite au journaliste du Monde Allan Kaval, 31 ans, pour son travail au cœur de l’« enfer syrien ».
« La mort a une odeur. Le désespoir aussi ; son effluve se mêle à celui de la maladie, de la dysenterie, de la chair humaine que la vie, peu à peu, abandonne. » Dès les premières lignes de ce reportage publié le 31 octobre 2019, « Dans le nord-est de la Syrie, la mort lente des prisonniers djihadistes », les mots d’Allan Kaval aimantent le lecteur pour l’entraîner dans un sombre repli des entrailles du monde, situé à la lisière du Nord-Est syrien et de l’inhumanité.
Un endroit noir comme le drapeau de Daech, qui a flotté sur les existences des prisonniers étiques, malades, blessés, que le journaliste avait rencontrés et dont personne ne veut : les ultimes combattants, de tous âges et de toutes nationalités, de l’organisation Etat islamique (EI).
« Fou de joie »
La récompense, peut-être la plus prestigieuse du métier, a été remise à son récipiendaire par écran interposé. Les félicitations et les embrassades attendront encore : grièvement blessé dans les bombardements de la petite ville de Martouni, début octobre, dans le Haut-Karabakh, avec le photographe Rafael Yaghobzadeh, Allan Kaval est toujours hospitalisé.
« Il y a encore pas mal de boulot avant que je puisse sortir, mais les choses suivent leur cours », déclare sobrement ce dernier, « fou de joie » de recevoir ce prix.

