L’Association pour la Réduction de la Vulnérabilité en Haïti (AREV-HAÏTI) a organisé, le 5 mars 2026, une session de formation consacrée au questionnaire du Washington Group, un outil reconnu au niveau international pour identifier les limitations fonctionnelles au sein de la population. La formation s’est tenue à Delmas 83 et a réuni vingt-et-un (21) participants issus du staff de l’organisation ainsi que de plusieurs structures partenaires.
Animée par la formatrice en inclusion Suze LULLY, cette initiative s’inscrit dans les efforts de AREV-HAÏTI visant à renforcer la qualité des données collectées dans les programmes humanitaires et de développement, tout en favorisant une meilleure prise en compte des personnes en situation de handicap.
Au cours de la formation, les participants ont revisité l’évolution des concepts liés au handicap. Les échanges ont mis en évidence que le handicap ne se limite pas à une condition médicale, mais constitue une réalité complexe, souvent invisible, influencée par des facteurs sociaux, culturels et environnementaux.
Les discussions ont également permis d’explorer les différentes approches qui ont marqué l’histoire de la perception du handicap, notamment l’approche caritative, centrée sur l’assistance, l’approche médicale, qui met l’accent sur la déficience, ainsi que l’approche fondée sur les droits humains. Cette dernière met en avant les principes d’égalité, de participation et de dignité des personnes en situation de handicap.
Les participants ont par ailleurs analysé les obstacles qui limitent la participation pleine et entière des personnes en situation de handicap dans la société. Parmi ces obstacles figurent les barrières comportementales, liées aux préjugés et aux attitudes sociales, les barrières physiques, telles que l’inaccessibilité des infrastructures, ainsi que les barrières institutionnelles résultant de politiques ou de systèmes qui ne tiennent pas suffisamment compte des besoins des personnes concernées.
Un volet important de la formation a été consacré à l’utilisation pratique du questionnaire du Washington Group. Les participants ont appris à poser correctement les questions, à adapter l’outil au contexte local et à réaliser des simulations afin de mieux se préparer à son utilisation sur le terrain. Les différentes versions du questionnaire ont également été présentées, notamment la version courte, utilisée pour identifier rapidement les limitations fonctionnelles dans les enquêtes, et la version longue, qui permet une analyse plus détaillée des difficultés rencontrées par les personnes.
Au-delà de l’outil lui-même, la formation a permis d’aborder les différentes étapes de la collecte, du traitement et de l’analyse des données. Des exercices pratiques ont aidé les participants à mieux comprendre comment ces informations peuvent contribuer à orienter la planification et la mise en œuvre de programmes plus inclusifs.
Les échanges ont également souligné l’importance de disposer de données fiables sur le handicap. Malgré certaines avancées au niveau international, les données demeurent encore limitées dans de nombreux contextes, notamment en Haïti. Disposer d’informations précises est pourtant essentiel pour orienter les politiques publiques et concevoir des interventions adaptées aux réalités des populations.
Avant la clôture de la formation, le coordonnateur de AREV-HAÏTI, Monsieur Carl Edouard Estimé, a rappelé l’importance de la collecte de données inclusives dans la construction de programmes équitables.
Selon lui :
« On ne peut pas améliorer la vie des personnes en situation de handicap si elles restent invisibles dans nos données. Le questionnaire du Washington Group est bien plus qu’un outil technique : c’est un moyen de rendre visibles celles et ceux que les statistiques ignorent trop souvent. En identifiant correctement les limitations fonctionnelles, nous pouvons concevoir des programmes plus justes, plus inclusifs et plus respectueux des droits humains. »
La session de formation s’est achevée dans une atmosphère très positive après plusieurs échanges enrichissants entre les participants et l’animatrice. Les participants ont exprimé leur satisfaction et ont souligné que cette activité leur a permis de mieux comprendre l’importance et l’utilisation de cet outil dans la collecte de données sur les personnes vivant avec des limitations fonctionnelles.
À travers cette initiative, AREV-HAÏTI réaffirme son engagement à promouvoir des pratiques de collecte de données plus inclusives et à renforcer la prise en compte des personnes en situation de handicap dans les programmes humanitaires et de développement.
Partenaires impliqués
FOSREF, AHF HAITI, ACIFVH, Centre de Santé Bas-Fond Philomène, GRASODE-C, DGPC, CPD, Sites de déplacés Communication et Institution Mixte La Grâce, OFVAE, SAN TABOU.
Equipe de communication de AREV-HAITI

