Jour J-15. Jovenel Moise installe un « climat de terreur » en Haïti à l’approche du 7 février 2021

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Mercredi dernier, lors de la manifestation anti-gouvernementale à Port-au-Prince, les partisans ont été gazés et abattus avec des balles en caoutchouc et des balles réelles au « Carrefour de la résistance », peu avant le début de leur mobilisation. Le même jour, cinq journalistes ont été agressés par la police, malgré la présentation de leurs cartes d’identité, et trois autres personnes ont été blessées.

Port-au-Prince, samedi 23 janvier 2021 ((rezonodwes.com))–Cette semaine, Haïti a connu d’intenses manifestations pour exiger le départ de l’apprenti-dictateur Jovenel Moïse du pouvoir, le 7 février 2021, en accordance avec l’article 134-2 de la Constitution et pour enjoindre le gouvernement de facto à assumer ses responsabilités dans la détérioration de la sécurité.

Cependant, la police qui a fortement réprimé les manifestations des écoliers de Carrefour, a, par contre, fermé les yeux vendredi soir sur deux manifs organisées par les gangs G9 pro-pouvoir, alors que leur chef BBQ est « activement » recherché pour complicité dans des actes criminels et assassinat perpétrés dans des bidonvilles.

Le Réseau national de défense des droits de l’homme (Rnddh) a dénoncé vendredi la répression et la limitation des libertés en Haïti, après les récentes manifestations anti-gouvernementales et contre l’insécurité accrue.

Le Rnddh s’est dit préoccupé par le phénomène qu’il a décrit comme un « climat de terreur« , caractérisé par des arrestations illégales et arbitraires et par la répression violente et systématique de tous les mouvements de protestation, qui sont pour la plupart pacifiques, a-t-il indiqué.

L’organisation a ouvertement dénoncé l’utilisation abusive et excessive de gaz lacrymogènes pour disperser la manifestation des policiers réclamant de meilleurs emplois, un scénario qui s’est répété mardi dernier lors du sit-in pacifique devant la résidence du Premier ministre de facto Joseph Jouthe contre les jeunes qui critiquaient la récurrence des cas d’enlèvements perpétrés dans « l’indifférence et l’inertie de l’institution policière« .

Mercredi, lors de la marche anti-gouvernementale dans la capitale, les partisans ont été gazés et abattus avec des balles en caoutchouc et des balles réelles au « Carrefour de la résistance », peu avant le début de leur mobilisation, a précisé le Rnddh soulignant que le même jour, cinq journalistes ont été agressés par la police, malgré leurs cartes d’identité, et trois autres personnes ont été blessées.

D’autre part, jeudi dernier, en marge des manifestations de Miragoâne, dans le département des Nippes, l’ancien sénateur Nènèl Cassy a été arrêtée avec 11 militants, bien qu’ils aient été libérés quelques heures plus tard. ”Le commissaire a déclaré qu’il m’a arrêté sur instruction du Président Jovenel Moïse”, a révélé le sénateur Nènel Cassy.

Haïti, pays le plus pauvre de la région des Caraïbes, connaît une crise sociopolitique qui s’aggrave, alors que le gouvernement de facto planifie l’organisation des élections – dont les vainqueurs sont connus à l’avance – et un référendum constitutionnel – [interdit par la Constitution] -rejeté par des secteurs hostiles et des organisations de la société civile.

Pour l’opposition, le mandat de Jovenel Moïse expirera en février prochain, soit exactement dans 15 jours, selon les dispositions de l’article 134-2 de la Constitution et le décret électoral de 2021. D’autre part, l’apprenti-dictateur a tenté de faire croire qu’il restera en fonction jusqu’en 2022, afin de s’assurer que PHTK continue de régner sur Haïti en toute impunité, malgré la dilapidation et le détournement de plus de $4 milliards des fonds de Petro Caribe.

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