A 22 jours de la fin du mandat présidentiel, Jouthe va-t-il déclarer à nouveau l’état d’urgence pour casser la mobilisation anti-Jovenel Moïse

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Vendredi 15 janvier 2021 ((rezonodwes.com))–

Dans une note en date du 14 janvier 2021 de la Primature, le Premier Ministre de facto, Joseph Jouthe, annonce que le gouvernement de facto est en train de réflechir sur les impacts politiques et socio-économiques que pourraient entrainer l’état d’urgence en vue de prendre la meilleure décision.

Cette note de Joseph Jouthe est sensée répondre á une autre du Ministère de la santé publique soumettant les recommandations concernant le retablissement de l’état d’urgence sanitaire, à moins de trois semaines de la fin du mandat de Jovenel Moïse et à l’approche de la mobilisation populaire annonçée par l’opposition.

Rappelons que depuis le lundi 20 juillet 2020, Haïti n’est plus en situation d’état d’urgence sanitaire. L’administration Moïse/Jouthe avait, le 19 mars 2020, après la confirmation des 2 premiers cas d’infection au Covid-19 sur le territoire national, contraint la population à observer tout un ensemble de mesures dites barrières.

Cependant , le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH) a dressé un tableau sombre de la gestion faite de la Covid19 par l’Administration Moise-Jouthe.

« Il est évident que l’état d’urgence sanitaire engendré par la COVID-19 a servi de prétexte à l’administration Jovenel Moïse pour accélérer la machine de la corruption et le processus de violations des principes de l’état de droit et des droits humains », a fait savoir le CARDH en avançant qu’aucun hôpital public n’a été renforcé.

Environ Vingt-neuf (29) contrats conclus par le Ministère de la Santé publique et de la population durant la période d’urgence ont reçu un avis défavorable de la CSC/CA, révèle l’organisme de défense des droits humains précisant que des contrats totalisant 34 millions de dollars américains ont été conclus à l’insu de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, en violation des lois sur la passation des marchés publics, ce qui constitue un acte de corruption.

La pratique de l’administration Jovenel Moïse de signer des contrats et d’engager les fonds de l’État sans l’avis de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif est un acte qualifié de passation illégale de marchés publics et une infraction relevant de corruption, au terme de la loi portant prévention et répression de la corruption citée plus haut.

« Aucun contrôle de conformité n’a été exercé. Aujourd’hui, ces contrats, engagés par le Ministère de la santé publique et de la population avec des firmes privées, 29 au total, pour lesquels les fonds ont déjà été dépensés, ont été soumis à la Cour et ont reçu un avis défavorable », précise-t-il. Selon le CARDH, le Budget 2019-2020, adopté le 5 juin 2020, trois mois avant la fin de l’exercice fiscal, relègue au second plan les droits humains et consolide la corruption.

N’étant pas une loi de finances, soutient l’organisme, ce budget adopté en conseil des ministres, le 5 juin 2020, est irrégulier et va tenter de légitimer les dépenses imprévues et effectuées en violation des normes de passations de marchés publics, consolidant donc la corruption.

Le CARDH a souligné qu’en outre, il affaiblit davantage les institutions de contrôle des dépenses et des recettes de l’État, particulièrement la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) dont le budget est réduit de 53%.

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