Haïti – Avec Jovenel Moïse, le banditisme et la criminalité vont de pair

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L’ impunité fait la loi, avec Nèg Ban nann nan au pouvoir... arrêt de débet ou pas, Abraham écrit une Constitution pour Jovenel Moise, celui-ci refuse de se rendre à l'évidence. Ses jours sont comptés au Palais national.

Les cris d’alarme poussés contre le banditisme et la criminalité devenus progressivement une routine, à travers le pays, n’ ont jamais cessé de fuser de toutes les couches sociales, de tous les secteurs. Ces appels désespérés de la population ont pris l’allure de prêche dans le désert, de telles préoccupations faisant le cadet des soucis des autorités, ces dernières étant les promoteurs de la mafia en général, des gangs armés en particulier, ayant pour auxiliaires les éléments criminels qui se sont également
épanouis à la faveur du PHTK.

Editorial de Haïti-Observateur
le plus ancien hebdo de la diaspora haïtienne

New York, lundi 23 novembre 2020 ((rezonodwes.com))–

En effet, les agents de l’insécurité ayant fait leurs premières armes sous Michel Martelly, ce phénomène s’est progressivement développé, en Haïti, sous la houlette de Jovenel Moïse. Avec une équipe PHTKiste bien rodée aux actions criminelles intégrée à son régime, les malfaiteurs trouvent un terrain fertile pour s’épanouir. Surtout que l’ impunité fait la loi, avec Nèg Ban nann nan au pouvoir. Voilà le peuple haïtien pris en otage par des «ban dits légaux » détenant le pouvoir et utilisant les institutions de l’État comme instruments de répression, de perpétration d’actes criminels et de détournements des ressources du pays.

En huit ans d’administration Tèt Kale, le pays a totalement changé sa physionomie sociopolitique, les citoyens soumis à un régime arbitraire et criminel imposant sa loi par l’assassinat. Ceux qui osent lever la tête en signe de protestation, ou bien qui rallient la contestation de plus en plus omniprésente, s’exposent à des menaces de mort quand ils n’en sont pas victimes, comme cela a été récemment le cas pour Me Monferrier Dorval, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, abattu froidement, le 28 août dernier, à l’entrée de sa maison située non loin de la résidence privée du chef de l’État.

la défaillance totale du système de sécurité du pays en 8 ans de règne PHTK.

Dans tous les États souverains dotés de gouvernements régulièrement établis, le monopole de la force appartient aux autorités légitimes. Mais cette règle générale ne s’applique pas au régime dirigé par Jovenel Moïse. S’il existe une armée moribonde remobilisée par l’actuel occupant du Palais national, après avoir été licenciée par le président Jean-Bertrand Aristide, ces institutions n’existent que de nom, car se trouvant dans l’impossibilité de remplir leurs responsabilités constitutionnelles. Puisque, ni les Forces armées d’Haïti (FA dH), ni la Police nationale d’Haïti (PNH) ne peuvent assurer la protection des vies et des biens des citoyens.

Car le système de sécurité du pays est complètement défaillant, sinon non-existant, grâce à une politique délibérément mise en place par Jovenel Moïse et son équipe pour livrer les citoyens en pâture aux bandits. À moins d’une action concertée du peuple, mobilisé comme un seul homme pour changer cette réalité, les criminels et leurs alliés risquent de devenir le groupe majoritaire en Haïti.

l’impunité assurée par le pouvoir en place motive les preneurs d’otage contre rançon

Ceux qui ne saisissent pas l’état de gravité du pays en proie au banditisme de toutes catégories à la criminalité n’ ont qu’à se référer aux incidents de cette nature se donnant libre cours, à l’ échelle nationale, et qui se multiplient à un rythme effarant. Puisque, chaque jour, tant à Port-au-Prince que dans les villes de province, les kidnappings sont devenus monnaie courante. De même que les assassinats, dont certains relèvent de la morbidité, qui ne cessent de se multiplier partout sur le territoire national. Comme la faim fait sortir le loup du bois, l’impunité assurée par le pouvoir en place motive les preneurs d’otage contre rançon et les meurtriers motivés par des règlements de compte personnels.

Certes, à Port-au-Prince, où les gangs armés fédérés sous l’appellation « G-9 en famille et alliés » se constituent maîtres et seigneurs dans les bi don villes, les enlèvements contre rançon sont recensés au quotidien. Il ne se passe un jour sans qu’il y ait au moins de personnes prises en otages. Selon des déclarations attribuées aux chefs de cette milice illégale, dont le chef de file s’appelle Jimmy Chérizier, dit Barbecue, ils ont repris du service ou bien intensifié leurs activités criminelles dans le but de compenser le manque à gagner qu’ils endurent parce que le gouvernement a cessé de leur verser les allocations auxquelles ils étaient habitués.

En tout cas, à la capitale haïtienne, ces malfrats, qui s’emparent de leurs victimes dans n’importe quel quartier, terrorisent les familles, au point que certaines personnes se terrent chez elles pour éviter d’être surprises dans les rues par les bandits. Au fait, ces derniers jours ont été fertiles en kidnappings. Par exemple, le lundi 16 novembre, plusieurs enlèvements ont été signalés à Delmas 75, zone de l’ Église du Perpétuel Secours, où deux ingénieurs ont été saisis. Alors qu’une dame est tombée entre les mains des bandits, à Delmas 65, à proximité de la Radio nationale. Un peu plus loin, à Delmas 41, une voiture dans laquelle se trouvaient plusieurs passagers a été détournée. En attendant que le bilan des gens kidnappés, rien que pour ce jour, soit connu, au moins 6 victimes sont recensées. Au train où vont les enlèvements, il semble que, aguerris par la nonchalance des autorités, à l’égard de ce phénomène, les bandits se montrent plus entreprenants.

Si, ce lundi, le nombre de personnes enlevées a plus que doublé, par rapport aux jours précédents, les deux semaines précédentes ont eu leur lot de victimes du kidnapping contre rançon. La liste n’avait donc pas cessé de s’allonger, après l’enlèvement suivi de l’assassinat de la lycéenne Evelyne Sincère, de l’enlèvement d’un homme d’affaires à Carrefour ou d’un prêtre catholique, Ronald Sylvain, à Delmas, pour ne citer que ceux-là. Quand on fait le décompte des victimes du kidnapping, on ne doit jamais oublier que la majorité des cas n’est pas nécessairement rapportée.

Haïti transformée en une vaste jungle sous le régime de Jovenel Moise

Mais sous la rubrique criminalité, il faut ajouter les meurtres, dont la plupart sont commis sous des prétextes inconnus, mais dont les échos viennent de tous les coins du pays. On signale, ces derniers jours, des assassinats macabres constatés, entre autres, à Croix des Bouquets (Port-au-Prince), où un houngan a été décapité; la semaine dernière, aux Cayes, dans le Sud, une jeune fille de 22 ans avait disparu. Son cadavre retrouvé dans un bosquet de roseau, à proximité de Torbeck, (au sud de cette ville) manquait des organes de la victime dont son cœur, un incident qui au rait été attribué à l’amant de celle-ci.

Haïti un paradis pour les malfaiteurs, toutes catégories confondues

Sous le chapitre des meurtres encore, on signale deux jeunes gens tués à Carrefour, avant-hier (lundi, 16 novembre). Les cas d’assassinats par balle dans tous les coins du pays, mais dont la plupart se produisent à la capitale, ne cessent d’alimenter la rubrique de l’insécurité. Tous ces incidents confirment le fait que Haïti est transformé en une vaste jungle, sous le gouvernement Tèt Kale dirigé par Jovenel Moïse. Et ces cas n’arrêtent pas de se multiplier. Au rythme qu’ils se déroulent, rien n’autorise à croire qu’il y aura un changement à brève échéance avec Jovenel Moïse encore au pouvoir.

En clair, le banditisme et la criminalité, qui engendrent l’insécurité, sont imputables au chef de l’État faisant d’ Haïti un paradis pour les malfaiteurs, toutes catégories confondues. Le pays ne connaîtra un répit qu’avec l’éjection de Jovenel Moïse du Palais national, et le PHTK chassé des institutions de l’État.

Edito de Haïti-Observateur
édition du 18 au 24 novembre 2020

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