Dr Bobb Rousseau : L’Haïtien hait la collaboration

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Lundi 16 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Même si c’est par hypocrisie que l’Haïtien collabore avec vous, en son for intérieur, il prie pour l’échec de votre projet ; pas parce qu’il ne croît pas en votre vision ou au projet ou parce qu’il est jaloux, mais parce qu’il ne sait pas comment investir son temps dans un projet que lui-même il n’a pas émané ou il ne veut pas supporter un projet dont les avantages financiers ne sont pas palpables aujourd’hui même.

Par nature, l’Haïtien est entrepreneur, innovateur, décideur, élaborateur de projets, bâtisseur d’équipes et résolveur de problèmes, mais il échoue dramatiquement dans tout ce qu’il veut accomplir, car ses amis ou ceux à qui il partage ses rêves, en plus de ne pas collaborer avec lui, lui qualifie de fou.

Ironiquement, plus vous êtes ami avec quelqu’un, plus ce quelqu’un ne vous supporte pas ou tout bonnement vous boycotte par sa paresse, sa jalousie et son manque de sens d’entreprenariat. Ainsi, plusieurs bons projets ne voient pas le jour et de bons haïtiens gardent leurs idées pour eux-mêmes. Le vrai perdant ; la communauté, le pays.   

Et pourtant l’Haïtien n’est pas un individualiste, mais c’est peut-être par jalousie ou paresse intellectuelle que les projets entrepris par un seul Haïtien ont beaucoup plus de chance à réussir que les projets entrepris par un groupe d’Haïtiens. 

Les entreprises les plus profitables, les établissements scolaires les plus rentables, les cabinets d’avocats qui existent encore ont été l’idée d’une seule personne, soit par égoïsme ou soit par méfiance, a refusé d’inviter les autres à y prendre part.  Des ventures qui hier étaient jointes aujourd’hui sont divisées en dés.

Les plus grands intellectuels sont des self-made. Les partis politiques, les groupes musicaux, les groupes Facebook et mêmes les associations de la diaspora haïtienne ne sont pas épargnés de cette culture de désintéressement des Haïtiens à l’endroit de l’harmonie et de la collaboration. Croyez-moi ; le dévouement et la motivation existent, mais l’Haïtien les perd à la première seconde que vous lui donnez le temps de penser à une autre chose ou à son futur. 

S’il y a une chose que l’Haïtien hait le plus, c’est de se présenter ou de s’investir dans une deuxième rencontre pour le même projet.  Le participant à la deuxième rencontre et aux autres qui suivront sera toujours celui ou celle de qui l’idée a été émanée.

Si vous voulez obtenir la collaboration de l’Haïtien, si n’aime mieux, si vous voulez que l’Haïtien coopère avec vous pour votre projet, ne lui ennuyez pas avec des plans ou des calendriers de travail et ne lui donnez pas le temps pour oublier le projet ou son rôle dans le projet ; invitez-lui quand est tout est prêt, payez ses frais de taxi moto et offrez-lui une collation après la rencontre ; il travaillera sans répit et sans relâche comme si le projet était le sien.

Toutefois, évitez de lui dire que ce projet lui offre des opportunités de réseautage ou de se salarier lui-même dans le futur. Une forte majorité d’eux surement volera votre argent même si vous les payez des millions. 

Si vous me ne croyez pas, pensez à combien de clubs ou d’associations qui ont été fondés avec beaucoup d’amis, mais n’ont vécu que l’espace du matin. Calculez combien de projets n’ont pas vu le jour parce que le concepteur était assez naïf pour inviter ses amis à y prendre part. Le ‘Moi » devient notre coutume à nous.

Il est mieux de faire cavalier seul que de se grouper parce que le groupe retarde ou, dans la majorité des cas, tue le projet dans l’œuf. Lorsqu’ils ne savent pas comment collaborer avec vous, ils vous qualifient de fou. Ils évoquent tous les problèmes du monde. Ils veulent que vous passiez votre temps à réfléchir à des problèmes qui n’existent pas. 

Beaucoup d’entre nous ont commis la grande erreur de compter sur les autres pour nous aider à réaliser nos projets ; qu’ils soient sociaux ou lucratifs.  Ils peuvent vous appeler fou ou inadaptable, mais il ne faut jamais les laisser se dresser entre vous et vos projets.

Jeter les premières bases jusqu’aux dernières bases et vous serez étonnés de les voir venir rejoindre vos idées folles. Si vous arrêtez d’entreprendre par peur d’être qualifié de fou c’est que vous avez la folie d’être pas fou, car il faut être un innovateur pour être fou. Continuez à les inviter par courtoisie et n’ayez aucune honte de faire cavalier seul pour que votre communauté en profite. 

Dr. Bobb RJJF Rousseau

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