Terreur et insécurité en Haïti : Entre Jovenel Moise et Rameau Normil, le dialogue des sourds

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Combien d’appels faudrait-il au Président Jovenel Moise à l’intention du directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti, Rameau Normil, pour espérer une amélioration du climat sécuritaire dans le pays ? Les cas d’assassinats et d’enlèvements quotidiens à Port-au-Prince et ailleurs conjugués à l’indifférence des forces de l’ordre justifient un certain malaise au plus haut sommet de l’État.

Port-au-Prince, jeudi 15 octobre 2020 ((rezonodwes.com))–Les victimes du train de l’insécurité s’accumulent au quotidien. Des citoyens se font exécutés par balles, d’autres sont victimes d’enlèvements ou dépouillés à la sortie des banques commerciales. Dans des quartiers précaires de Port-au-Prince, des détonations nocturnes récurrentes troublent le sommeil des résidents et renforcent l’anxiété. Jamais la peur n’a été autant étalée dans les cœurs et dans les esprits des haitiens, reconnaissent des avisés.

Circuler dans la capitale s’apparente à une lutte et des chefs de famille, réussissant à regagner leur domicile au terme d’une journée, évoquent un exploit à renouveler avec précaution. La détresse est palpable et le contexte est critique. Sur le corps social, le choc est palpable, le corps policier en est pas moins épargné à cette débâcle. Des agents de l’ordre se font assassinés par des hommes mieux armés qu’eux, d’autres sont sortis blessés ou traumatisés à la suite d’attaques sanglantes. La liste des victimes de la barbarie est infinie, le lot des exactions criminelles scandalise et la perspective d’un horizon amélioré ne semble pas à l’ordre du jour, pouvait-on constater.

Au Palais national vendredi 9 octobre dernier, à l’occasion de l’activité ‘’Dyalòg ak pèp la’’, le Chef de l’État Jovenel Moise a formellement exprimé son insatisfaction face à la performance de la PNH. Deux jours après, sur son compte Twitter, il a réitéré un appel au Haut-Commandement de l’institution policière à revoir ses plans de sécurité. Des appels sans actions et le sang continue de couler.

Entre l’Exécutif et la direction générale de la PNH, le courant ne passe pas, prétendent des citoyens interrogés par le journal. En témoigne, une sortie, le mois de juillet dernier, du premier ministre Joseph Jouthe dénonçant l’indifférence des autorités policières face à la recrudescence des actes de banditisme et de criminalité, évoquant au passage avoir équipé la PNH, alors que les résultats n’ont pas suivi. Les bandits sont roi et font la loi.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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