La police nationale marche-t-elle sur les pas de la défunte FAD’H?

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Lundi 12 octobre 2020 ((rezonodwes.com))– Jean Bertrand Aristide est souvent accusé comme celui qui avait mis fin à l’existence des forces armées d’Haïti. C’est faux. C’était l’armée qui avait elle-même précipité sa chute incontournable. Tout le monde s’attendait à cela, parce qu’à un certain moment, l’armée se confondait avec la république. Les armes à la main, les militaires avaient tout gâché, jusqu’à l’existence même de l’institution militaire .

L’armée renonçait à sa mission historique de défenseur de la souveraineté nationale pour s’approprier  maladroitement d’un autre habit de faiseur de gouvernement. Son mode opérationnel était plus politique que toute autre chose.  Ce qui mettait à mal le principe sacré d’une république, à savoir la souveraine suprématie du pouvoir civil sur l’institution militaire.

Les militaires du haut état major de l’armée n’avaient pas compris que l’institution dépassait leur insignifiante personne pour la préserver. Et que l’armée avait donné naissance à la république, donc il est inconcevable de conceptualiser une Haïti sans ses forces armées nationales.

Un seul choix s’imposait, le démantèlement. Toutefois, Aristide avait commis une  erreur grave de n’avoir pas érigé  une autre nouvelle armée sur la dépouille de celle démantelée dont les membres seraient issus des valeureux jeunes garçons et filles des bidonvilles. Ceux-là même qui avaient résisté héroïquement contre la dictature militaire de 1991. Plus tard, Il allait  payer ce faux-pas très cher.

Aujourd’hui, 26 ans après, nous sommes en face de ce même dilemme à propos de la PNH. Parce qu’elle se comporte comme une police politique au service d’un homme, Jovenel Moïse, au lieu d’une force publique ayant pour  mission de protéger et de servir.

La PNH, ne protège plus. La PNH ne sert plus. Elle assassine au grand jour. Elle torture devant les caméras de télévision. Elle s’endurcit aveuglément dans son nouveau rôle politique. Elle est une garde prétorienne assoiffée de sang. Elle est une menace directe au chancelant processus démocratique. Aujourd’hui, cette question est sur toutes les lèvres, que doit-on faire de l’institution policière après le départ de Jovenel Moïse du pouvoir?

Encore une fois, ce sont les policiers eux-mêmes, tous les échelons confondus, qui mettent en péril l’existence de la PNH. Ils sont cruels, ses chefs d’état non-qualifiés, qui empirent tout au passage en domestiquant toutes les institutions républicaines. Ses apprentis dictateurs hypothèquent l’avenir de plusieurs générations sans même se rendre compte. Ils font trop de mal à ce pays, dans leur chevauchée sauvage et obsessionnelle à garder le pouvoir par tous les moyens. Finalement, s’agit-il d’une spécificité nègre!

Chers lecteurs et lectrices, que périssent les hommes, les institutions demeurent. Il n’y a pas de démocratie sans les institutions et les lois. Ils sont  en train de détruire toute une nation avec cette passion déchaînée à être chef, même quand on n’a pas le pouvoir.

Car, le pouvoir doit être au service de la nation qui se traduit concrètement dans la vie courante et quotidienne par le bien-être de chaque citoyen. Si le peuple  souffre, comme c’est le cas aujourd’hui, donc, on a fait échec. Il faut en tirer les conséquences, et faciliter l’expérience d’une autre équipe. Car, Haïti est éternelle!

Joël Léon

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