António Guterres et Michelle Bachelet invitent les gouvernements à écouter les demandes de changement de leurs citoyens

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L’ONU estime que le mécontentement actuel dans de nombreuses sociétés reflète l’impatience face au statu quo, ainsi qu’un fort désir de contribuer à un changement positif. Les pays doivent se rappeler que le droit à la participation de tous, y compris des plus vulnérables, est fondamental pour relever les grands défis auxquels la planète est confrontée, ont souligné vendredi des dirigeants onusiens.

Samedi 26 septembre 2020 ((rezonodwes.com))– La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et le Secrétaire général des Nations Unies ont appelé les pays à renforcer la participation des citoyens de manière significative et efficace afin de mettre en place une bonne gouvernance, capable de surmonter des défis tels que la Covid-19 et le changement climatique.

« Seule la gouvernance la plus compétente, aux niveaux national et multilatéral, peut réussir à relever les défis auxquels le monde et toutes les nations sont aujourd’hui confrontés. Protéger et respecter le droit à la participation est une obligation légale de tous les États membres, mais c’est aussi un atout important des gouvernements, même s’il n’est pas toujours reconnu comme tel », a déclaré Michelle Bachelet lors d’un événement sur les droits de l’homme et la participation organisé dans le cadre de la 75e session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Selon Mme Bachelet, la participation ne peut être simplement formelle ou symbolique, mais doit avoir un impact réel sur les décisions et être opportune et durable. « Et, ce qui est crucial, la participation doit être inclusive, s’étendant en particulier aux groupes marginalisés et vulnérables », a-t-elle déclaré.

Le mécontentement que nous constatons aujourd’hui reflète l’impatience face au statu quo – António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies

António Guterres, pour sa part, a déclaré lors de l’événement que la clé de la revitalisation et de la réinvention de la gouvernance réside dans la participation réellement significative des personnes et de la société civile aux décisions qui affectent leur vie.

« Le mécontentement que nous constatons aujourd’hui reflète l’impatience face au statu quo, ainsi qu’un fort désir de contribuer à un changement positif. La participation aux affaires publiques est un droit humain fondamental et un outil sous-utilisé pour améliorer l’élaboration des politiques », a-t-il souligné.

Selon les Nations Unies, la participation permet de mieux comprendre les problèmes et de trouver de meilleures solutions ; elle garantit que les préoccupations sont entendues en réduisant les tensions sociales et en prévenant la violence ; elle conduit à un plus grand sentiment d’appropriation, qui permet une mise en œuvre efficace ; et elle peut faire la différence entre le progrès et le désordre.Photo : ONU/Diana Alexandra LealÀ Santiago du Chili, les gens dansent la salsa pour protester contre les inégalités sociales.

Un droit menacé

Cependant, António Guterres a averti que dans de nombreux endroits du monde, la participation est refusée et l’espace civique est écrasé.

« Un recul mondial des droits de l’homme a mis la participation sous les feux de la rampe. Nous voyons des lois répressives et des restrictions sur le travail des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme, en particulier des femmes, qui se terminent souvent par un meurtre ou une prison sur de fausses accusations », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que les gouvernements, opérant souvent sous des définitions trop larges du terrorisme, abusent des nouvelles technologies pour restreindre les libertés fondamentales des médias et des groupes de la société civile.

« L’espace civique se rétrécit, tout comme les droits de l’homme. La pandémie elle-même a fait l’objet de mesures qui sapent la capacité de la société civile à faire son travail vital », a-t-il déclaré.

Michelle Bachelet a ajouté que lorsque les gens sont empêchés de participer aux décisions qui les concernent, les conséquences pour la gouvernance peuvent être graves.

« Dans toutes les régions, nous voyons les peuples autochtones et les minorités ethniques et religieuses marginalisés, exclus des décisions concernant l’économie, la fourniture des services vitaux auxquels ils ont droit, et les systèmes de justice et de police. Cela les enferme dans des cycles générationnels de services médiocres, d’emplois de mauvaise qualité, de systèmes judiciaires inadéquats et de police répressive et punitive, ce qui crée des griefs de plus en plus profonds et nuit à l’ensemble de la société », a-t-elle déclaré.

Elle a également averti que lorsque la participation des jeunes, en personne ou en ligne, n’est pas reconnue et se traduit par des décisions politiques qui s’attaquent au chômage des jeunes, dans certains cas de 30% ou plus, les fractures plus larges dans les sphères sociales, économiques et politiques d’un pays s’approfondissent.

« Et lorsque les femmes et les jeunes filles sont exclues d’une participation significative à la politique nationale, aux conseils d’administration des entreprises, à la direction des communautés ou à toute autre forme de prise de décision sociétale, nous voyons les économies, le développement et la paix en souffrir », a-t-elle déclaré.Photo ONUMichelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux doits de l’homme.

La demande aux gouvernements

La Haut-Commissaire a affirmé que le renforcement de la participation est une préoccupation d’une profonde urgence mondiale car le monde est à la croisée des chemins de la gouvernance.

Aucun gouvernement ne peut se permettre d’ignorer ces puissantes demandes de changement – Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme

« La pandémie a concentré, exposé et alimenté les inégalités résultant de la faible gouvernance du développement, du changement climatique et de la paix et de la sécurité. La croissance continue des mouvements de protestation dans le monde entier reflète ces crises socio-économiques et politiques, ainsi que les possibilités de participation insuffisantes. Aucun gouvernement ne peut se permettre d’ignorer ces puissantes demandes de changement », a-t-il souligné.

António Guterres a indiqué qu’une formation a été dispensée aux Nations Unies pour que son personnel puisse guider les pays sur ces questions afin qu’ils puissent cultiver et exploiter les connaissances, la créativité et la diversité de leurs communautés.

« Nous devons être conscients que les décisions prises aujourd’hui peuvent avoir un impact pendant des décennies. C’est pourquoi nous devons trouver les moyens de permettre aux générations futures d’être représentées dans la prise de décision, tant au niveau national qu’international », a conclu le Secrétaire général.

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