Interview imaginaire|Rosny Desroches : « pour organiser des élections, il faut au moins 8 à 10 mois de préparation »

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Dimanche 2 août 2020 ((rezonodwes.com))–Nous sommes le lundi 3 août 2020, nous avons antidaté un entretien imaginaire réalisé avec le professeur Rosny Desroches qui a bien voulu nous accueillir dans son bureau virtuel logé dans une ambassade étrangère, quelque part dans la capitale haïtienne. Nous lui avons réservé pour la fin la question primordiale constituant pour nous tous un mobile d’intérêt. Restez sur votre faim.

Haïti est dépourvu d’une institution électorale qui n’existe même pas de nom actuellement. Pardon, virtuellement, comme l’aurait si bien dit un certain premier-ministre de facto arrogant à ses heures mais connu pour son franc-parler. Simplement, il n’est pas à la bonne place pour lancer des diatribes et utiliser des demies-vérités pour faire peur ou réveiller des consciences endormies dépendant de la façon dont vous regardez le verre à moitié vide ou à moitié plein.

RN : Prof. Desroches, après plusieurs mois de silence, vous avez fait une sortie fracassante, assurément quelqu’une a tiré sur vos ficelles pour vous pousser par-devant de la scène dans le but de sauver le soldat JoMo. Est-ce bien vrai ?

RD : (rires). Quelqu’une, quelle juste devinette. Bon, comme vous le savez, on ne va pas laisser l’opposition noyer ainsi le poisson, sans voler à son secours. JoMo a fait bien des écarts, il a usurpé un titre qui n’est pas le sien, c’est quand même bien grave, mais son échec est également le nôtre et nous ne voulons pas donner l’air d’avoir piteusement échoué.

RN : Echoué, en quoi au juste. monsieur le professeur ?

RD : en beaucoup de choses pouvant servir nos intérêts à l’avenir. Les arrêtés en folie, pour vous répéter, nous les avions envisagés de cette façon depuis 2018. Avec les décrets et arrêtés, nous avons tout obtenu mais c’est une victoire à la Pyrrhus. Par exemple, le Code pénal est très bienvenu pour nous autres mais JoMo a poussé sur l’accélérateur en insérant des choses qui ne lui ont pas été dictées.

RN : Comme quoi par exemple ? Ensuite, qu’est-ce que vous entendez par là une victoire à la Pyrrhus ?

RD : Euh bien ! JoMo a profité pour blanchir à l’avenir ses associés qui lui avaient entraîné dans la dilapidation des fonds de Petro Caribe. Vous voyez comment, en dehors de la Constitution, est définie la grâce présidentielle dans le code pénal taillé sur mesure. Pour parler de victoire à la Pyrrhus, nous avons bien peur que tous ses arrêtés et décrets en folie, soient remis en cause à la chute du régime.

RN : Une chute de ce régime est prévisible ? Mais croyons-nous savoir que ce pouvoir est appelé à régner sur Haïti, selon l’ancien PM Lafontant, pour au moins un demi-siècle ?

RD : Misye ta di plis bagay toujours, ce cancre en politique. Si nous n’arriverions pas à organiser les élections avant le 3 novembre 2020, c’en est fini pour PHTK. C’est une véritable course contre la montre. Le président invente, improvise, et fait ce qu’il sait faire de mieux, l’usage de stratagème.

RN : Mais professeur, vous aviez réellement affirmé en juin dernier et je vous cite textuellement « que pour réaliser des élections, il nous faut au moins 8 à 10 mois de préparation », et cette déclaration, vous l’aviez tenue pendant que les 9 pensionnaires étaient encore logés au plus grand pensionnat de Pétion-Ville, et voilà maintenant qu’ils ont dû plier bagage sans qu’on ne sache pas trop pourquoi, qu’est ce qui va se passer avant le 3 novembre 2020 ?

RD : Euh ben ! Des élections dans 8 à 10 mois, c’est quand il n’y a pas urgence. Ne souhaitez-vous pas vous aussi voir le pays doté d’un parlement au 2è lundi de janvier 2021, car nous sommes en démocratie hein. C’est bien ça hein. Ce que je disais en juin dernier n’a rien à voir à ce que je dis maintenant hein. Des élections au dernier dimanche d’octobre, c’est encore possible sitôt qu’on recrute 9 nouveaux mercenaires machan’n peyi sans conscience. Et le tour est joué. N’oubliez pas Monsieur le journaliste, c’est Haïti, pays où tout ce qui est impossible ailleurs est acceptable chez nous et nous sommes bien payés en € pour avaler et faire avaler la merde.

RN : Nous croyons que c’est tout. merci professeur Desroches. mais bien avant de vous quitter, une dernière question, un peu personnelle. Arriveriez-vous des fois à dormir la nuit quand vous pensiez à l’état misérable de ce pays et à tous ces torts irréparables causés et que les élections ne sont pas une fin en soi ? Nous précisons bagay sa yo yo di se eleksyon ?

RD : je crois qu’il est également venu le temps de prendre congé de vous tout en vous référant à ce beau proverbe haitien : « se lèt mwen vinn bwè mwen pa vinn konte ti bèf ».

On ne peut jurer de rien mais on peut parier sur tout !

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