Se mêler de la PARTIE pour sauver la PATRIE !

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« Toute personne qui dilapide les fonds publics doit finir derrière les barreaux ; or, Frank dilapide les fonds publics ; donc, Frank doit croupir dans la prison ».

Samedi 23 mai 2020 ((rezonodwes.com))– Ce raisonnement logique emprunté au philosophe grec Aristote, connu sous le nom de syllogisme, s’inscrit dans un corpus dialectique indémontable et s’impose comme un cadre d’argumentations spatio-temporel universel. Nécessitent à ce raisonnement au moins deux prémisses (majeure et mineure), supposées vraies, pour aboutir à une conclusion vraie.

Laquelle thèse impartiale et persuasive est à la base des références et des balises consistantes pour dresser de soutenables plaidoiries de la justice qui doit accomplir sa noble mission objective de femme aux yeux bandés.

L’exemple campé au chapeau de cet article est d’autant plus pertinent que les cas de hauts cadres politiques, présidents et ministres devenus prisonniers, jalonnent les archives pénitentiaires depuis la récente mouvance contre la corruption paraphée par quasiment tous les pays de la planète.

Des dizaines de chefs d’Etats et chefs de gouvernement de l’Amérique Latine, de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique, ont purgé leur peine en taule pour avoir perpétré des actes barbares, des crimes et de graves corruptions qui ont sapé les fondements méritocratiques et démocratiques, qui hypothèquent dès lors le bien-être de leurs populations.

De présidents à prisonniers, les cas sont légions !

Dans la région de l’Amérique Latine, de nombreux présidents ont terminé leurs courses effrénées à la corruption, derrière les barreaux avant d’arriver au terme du mandat officiel1. Ils ont été contraints de laisser les affaires dans la moindre inélégance via une démission ou bien ils étaient évincés dans l’infamie à travers la destitution. Le chef d’Etat Péruvien Alberto Fujimori, indexé de corruption et d’actions frauduleuses lors des élections présidentielles de 1999, a été poussé vers la sortie avant la fin de son mandat. Le président brésilien, Fernando Collor de Mello, a connu pareil sort en 1992. Plus récemment, suite au procès du 31 août de l’année dernière, le chef d’Etat du Brésil, Dilma Roussef, a été formellement évincée à la tête du plus grand territoire de l’Amérique Latine.

Face aux menaces crédibles de son « impeachment » en 1974, en raison de son implication dans le scandale du Watergate, le président Républicain Richard Nixon, s’était empressé de jeter l’éponge. En 1998, le président démocrate Bill Clinton a effleuré la destitution seulement deux ans après sa prise de fonction à cause de son trafic d’influence sur la jeune stagiaire à la Maison Blanche, Monica Lowinsky. La peau de Clinton a été sauvée de justesse, grâce à sa prise de conscience devant ses mandants (I am sorry !), couplée du dépassement de soi de sa famille qui a géré le scandale avec classe et intelligence. Hier encore, la barque présidentielle des Etats-Unis touchait des zones de turbulence avec l’actuel président impulsif Donald Trump, qui faisait des acrobaties pour étouffer des dossiers d’Etat qui auraient accéléré son éviction du Bureau Ovale.

Ces exemples corroborent que l’éviction de la chaise bourrée, d’un chef d’Etat – qui se révèlerait incompétent, corrompu, arrogant, criminel, indécent, insouciant ou cupide – est une initiative démocratique pour préserver les boussoles devant guider les actions humaines. Le cas de l’ingénieur Moïse, encore plus révoltant, ne devrait pas constituer une exception à cette règle de vigie qui préconise la suprématie des bonnes pratiques, des bonnes mœurs et de l’éthique sur les sacrilèges et les immoralités.

Pas moins que trois firmes de cette présidence sont épinglées dans les affaires louches du Petrocaribe, de connivence avec le BMPAD, le FDI et la Banque centrale. Des dizaines de millions de gourdes du trésor public ont enrichi illicitement les firmes Comphener S.A, Agitrans et Sofidai, sous la gestion «caravanière» de l’ingénieur en plantation de bananes et de ses compères.

Derrière tout homme indigne se cache toujours une femme minable. Martine Moïse suit dans la fidélité les traces de son époux en s’affichant avec des bandits notoires et en s’immisçant dans des entreprises de corruption et de surfacturation flagrante avec la firme Dermalog.

Les organismes autonomes dont l’ONA, FDI, FAES, BMPAD, AGD, APN, ont rendu leur dernière goutte de sang aux coups de couteaux impitoyables de ces acteurs « intelligents » qui veulent se faire passer pendant la crise covidique pour des « manman ak papa bon kè ».

Clair comme du cristal, il a été confirmé par des institutions internationales et nationales dont l’ONU et la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, qu’une palanquée de dirigeants cupides de la dernière décennie, dont le président actuel et son entourage immédiat, ont été impliqués jusqu’au cou dans des malversations, génocides, blanchiments des avoirs et des crimes financiers, bannis par les institutions de vigie.

Pourquoi des officiels de la République d’Haïti – nation adhérée au même jeu démocratique, signataire des conventions, des chartes et des protocoles internationaux – en feraient exception à ces principes salutaires qui dissuadent les opérations infectes de la mauvaise gouvernance et l’accumulation de la richesse facile ?

Après le sinistre sabotage de ces corps sans cœurs, cœurs sans têtes, têtes sans cerveaux et cerveaux sans matières grises dans les fonds du Petrocaribe ; après les génocides perpétrés par ces criminels officiels à Carrefour-Feuille, à Bel-Air, à la Salline, si les Petrochallengers ne se soulèvent pas à nouveau, c’est qu’ils ne sont plus des hommes et des femmes.

Deux poids, deux mesures !

On cherche les petits voleurs de poules, on les répertorie au Pénitencier national ; on scrute les petits escrocs d’épis de maïs et de régimes de bananes, ils sont jetés en prison dans une garde à vue prolongée à l’infini.

Parallèlement, on cite les noms des voleurs des millions de dollars destinés au développement du pays, au féminin comme au masculin et d’un ton arrogant, avec leur descendance familiale ils répondent présents dans le dos du Premier ministre et dans le sillage de la présidence. Ils font des pèlerinages dans la presse, brandissent leurs micros et montent au créneau pour banaliser leurs forfaits, essayer de se blanchir et mobiliser des flatteurs qui leur décernent des prix dans l’indignité.

Dans l’approfondissement de l’enquête, moult patrons de médias, des journalistes sans colonnes vertébrales, de factices «directeurs d’opinions» y sont également épinglés comme les principaux receleurs des bandits, criminels financiers et humains. A la grande surprise, le corps du délit des crimes financiers a été aussi découvert au sein de nombreuses institutions internationales trempées dans des délits.

Par complicité ou lâcheté, on a constaté que l’université passe le chemin de l’injustice financière et des génocides officiels, volontairement les yeux bandés, sans mot dire. Les étudiantes sont violées, les marchandes assassinées, les jeunes désœuvrés, les entreprises décapitalisées, les organismes autonomes pillés, les institutions publiques badigeonnées d’imposture et d’usurpation, la diplomatie envahie par le concubinage, l’ineptie et la voyoucratie. Les forces vives de la société restent bouche bée. On laisse tout entre les mains de Dieu. Pourtant nul adage n’a jamais été éprouvé avec autant de précision « Vox populi, vox Dei ! ».

Par sa volupté démesurée dans une jouissance officielle procurée par un faux pouvoir judicieux qui lui a échappé depuis les 6-7 juillet 2018, le locataire actuel de l’édifice écroulé du Champs de Mars, héritier d’un atavisme viral d’un régime politique cleptomane, met en péril la paix, l’avenir et la vie de tous les humains du pays. Il s’érige en un seul, avec une forte capacité de perturbation et de nuisance publique, contre tout un peuple décati dans une nudité et une vulnérabilité avilissante. En dépit de ses dérives comportementales et des signes vitaux d’une subite déficience mentale, ce mauvais Moïse est protégé par un arbitrage international partial, biaisé et intéressé, composé de traitres et de faux amis qui ne puissent prendre des reculs cartésiens pour le sanctionner, l’exclure et l’envoyer au vestiaire. Bizarre !

Le temps du « show off » officiel, élections impossibles !

Posture d’imposture avec des vases et des bokits ; mascarade de tapis rouge déroulé pour des masques en provenance de l’étranger, indécence dans des prestances de « manman et papa bon kè », les minables capitaines profitent du contexte « mizèrere » de la population pour planifier des séjours additionnels dans la bulle officielle. Ils osent penser à des élections !

Depuis des lustres, ce petit clan de racketeurs, d’incultes et d’insensés – indexé de toutes les mauvaises mœurs, l’indécence, l’indignité, les malversations, corruptions, usurpations, impostures, injustices, cruautés et criminalités – tient en otage plus de onze millions d’âmes.

De l’acide batterie injectée au tube respiratoire de la démocratie, l’OCID- comité de pilotage de l’Observatoire Citoyen, véritable «faiseur d’opinion», piloté par Rosny Desroche2, détiendrait tôt le sale boulot de préparer les mauvais esprits à des élections « pike kole ».

Tel l’oxygène pour le poumon, la confiance constitue l’élément essentiel à des élections honnêtes et crédibles. Depuis l’intronisation de cette équipe maladroite et de longue « dwèt » à la tête du pays, le mensonge est desservi comme entrée, déjeuner, diner, souper et dessert au sein institutions régaliennes.

Est compétitif pour le poste de ministre, gouverneur, directeur, sénateur, député ou magistrat, celui qui est doté de l’expertise de décliner avec brio les crimes, les flagorneries, les bêtises et l’indécence en tout temps et en tous lieux. Hier, on vivait la médiocratie, sous Martelly; aujourd’hui, nous sommes plongés « tèt dwat » dans la kakistocratie. Haïti est en coma !

Avant de penser aux élections, il faudra une transition avec la feuille de route de nettoyer les écuries d’Augias et de mettre les points sur les « i » mal fagotés par les caméléons politiques. Le manque, voire l’absence d’intégration de la diaspora dans les grandes décisions politiques, l’occupation des sièges officiels de l’Exécutif et du Législatif par des déshonorables sans lecture ni écriture, sont des déficiences notables sur lesquelles la transition devra se pencher. Il y a matières à l’équipe de transition de corriger ces erreurs afin d’encourager les « Best Practice ». Des balises doivent être dressées pour que l’amateurisme, l’incompétence et l’imposture cessent de culbuter le gouvernail de la barque nationale vers la catastrophe.

La politique est réservée aux bandits et aux malhonnêtes : faux et archi-faux !

Les hommes et les femmes de bien se laissent assez souvent bernés et désarticulés par des sophismes et des paralogismes d’un ensemble d’acteurs et bandits politiques qui leur inoculent des pilules amères pour s’éloigner de la chose publique. Ce faisant, ces mafieux politiques se rassurent de pérenniser dans des postes prestigieux ad vitam aeternam, au détriment du bien-être collectif.

Quand on sait que la politique définit tous les contours de la vie, l’éducation, la santé, la culture, la stabilité, la sécurité, l’avenir des enfants et le devenir de la jeunesse; alors, un autre paradigme s’impose aux citoyens dignes du terroir et de la diaspora. L’ère n’est plus à une prudence factice de s’éloigner de la vie politique, qui devient définitivement un choix suicidaire. La conscience citoyenne, la solidarité, le bien-être des plus de onze millions d’âmes à la recherche de vie meilleure, nous interpellent tous. Nous devons prendre des responsabilités pour servir notre pays, en vue d’accomplir la volonté de nos aïeux et la finalité divine.

La vie doit être vécue dans la paix, l’amour, la solidarité, la stabilité, la dignité, la décence, la sécurité. Ce ne sont pas des sénateurs corrompus, des députés, de connivence avec des bandits, impliqués dans des actes de kidnapping et de contrebande – des ministres, des directeurs généraux, des présidents indignes, sans cœur, sans tête ou multicéphales, indexés dans toutes les malversations, les escroqueries, les détournements, les ententes déloyales et le banditisme officiel – qui vont concrétiser l’objectif de l’atteinte du bien-être de la population.

Le discours faisant croire que la politique est l’affaire des assassins, des bandits, des dealers de stupéfiants, des d’individus dépourvus de plume et encre, est un sophisme alimenté par des caméléons politiques qui veulent toujours tout rafler.

Après des bénédictions dans des années de formation dans des disciplines scientifiques en Haïti et à l’étranger, après des engagements dans le social et des convictions fermes dans le respect des vertus et des valeurs, les bénéficiaires des rares opportunités et des privilèges sains doivent s’atteler à offrir de l’espoir aux enfants et aux jeunes.

La patrie en appelle à notre conscience pour sortir les enfants dans la rue, leur donner des moyens pour aller à l’école, pour qu’ils deviennent des professionnels comme c’est le cas pour nos propres progénitures. Sinon, ils vont se transformer en de véritables Barbecue, Arnel, Tije, Gwoje, Nenkakan, Odma, Gwovan, Tilapli, au service des acteurs et des racketteurs politiques egocentriques.

Non à des élections en dehors du procès Petrocaribe !

Ce serait une erreur archi grave que ces loups et renards politiques refassent surface dans les salons officiels sans que des redditions de comptes sur les dossiers les indexant dans les enrichissements illicites et leurs gaspillages dans les fonds publics.

Comment de telles mains souillées – dirigeants prédateurs, myopes, avides et aux têtes si vides – sont-elles habilitées à continuer de s’engager dans les dossiers stratégiques de la nation, jusqu’à penser aujourd’hui à la planification d’élections ?

Ni aujourd’hui, ni demain, des élections souveraines, sans fraudes, sans contestations farouches, ne sont pas faisables avec ce régime politique kwashiorkor en déconfiture qui a saboté le bien-être des onze millions d’âmes bafouées dans des promesses fallacieuses de bananes pourries.

Haïti ne peut se permettre de rater une nouvelle décennie. Si carton rouge n’est pas brandi avec véhémence à ces charlatans, racketteurs et cyniques contrebandiers politiques, la santé, le loisir, l’éducation, la paix et la sécurité auront rendu les derniers honneurs pour se retrouver entre les quatre planches et à six pieds au-dessous du sol.

Peuple, élevez vos linteaux ! Haussez-vous, peuple courageux, plébiscitez aux postes décisifs du pays l’intégrité, la compétence et la dignité.

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com

1 https://www.francetvinfo.fr/monde/bresil/huit-chefs-d-etat-qui-ont-ete-menaces-de-destitution-avant-dilma-rousseff_1412313.html

2https://rezonodwes.com/2020/05/21/organisation-delections-en-haiti-locid-explore-les-meilleurs-profils-de-candidats/

2 COMMENTS

  1. Cela implique sillogiquement que le nom de toutes les personnes qui dilapident les fonds publics est Frank

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