Insécurité : Au Bicentenaire, normalisation de la terreur dans l’impuissance de l’État

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Les plus braves à emprunter le Bicentenaire, ce jeudi, témoignent d’une révolte dans l’âme à voir des gangs imposer leur loi et défier les forces de l’ordre. Avec les concerts de balles et les incursions des bandits, la situation restait encore tendue pour des riverains obligés de prendre leur mal en patience

Vendredi 17 avril 2020 ((rezonodwes.com))– Au moment où le commissaire du gouvernement ai de Port-au-Prince, Jacques Lafontant communiquait à la presse les dernières ordonnances rendues par le tribunal sur la libération de vingt-sept (27) détenus, des détonations ont retenti.

Des bandits armés opérant à l’entrée Sud de la capitale dégainaient leurs armes et faisaient régner la panique parmi les résidents de la zone et les usagers des rues environnantes. À l’intérieur du Parquet, justiciables, avocats et magistrats se bousculaient dans les bureaux pour échapper à la violence armée, pouvait-on observer.

À Martissant, au soir du mercredi 15 avril, des hommes armés ont fait couler le sang innocent. Des dizaines de victimes dans le camp de la population civile ont été recensées, a reconnu le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Lucmane Delille. Ce chiffre, selon des témoins, est à mille coudées de la réalité, au regard des éléments d’information collectés sur la fusillade. Sur des réseaux sociaux, des images et séquences vidéo, donnant froid au dos, ont exposé des corps sans vie de jeunes allongés sur la chaussée.

En réaction, le Garde des Sceaux de la République a promis des mesures fortes pour mettre en échec les seigneurs de la terreur. Lucmane Déllile envisage de poursuivre les hommes armés ‘’jusqu’aux portes de l’enfer’’. Des actions qui tardent à se manifester dans le réel, déplorent des usagers du Bicentenaire.

Accompagnant le ministre Délille lors de la communication,  le directeur départemental de l’Ouest de la PNH, Jean Alex Pierre-Louis a avoué avoir été instruit par les autorités judiciaires de passer à l’acte, réprimer le grand banditisme et la criminalité à Port-au-Prince. Des instructions, jusque-là sans effet.

Dans l’intervalle, la section Sud de Port-au-Prince est plongée dans l’incertitude. Hormis l’écho des récitals de déflagrations automatiques sporadiques, les rues, quotidiennement, restent désertes et silencieuses.

Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

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