Kerlens Tilus : Yo pa ka bare nou – Le Kidnapping est une affaire d’Etat

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« Pourquoi tout ça ? Pensez-vous vivre éternellement et en toute quiétude après avoir détruit un pays et tout un peuple ? Aucune manipulation de l’opinion publique ne peut éviter la réalité du temps. (Michael Lucius, IGPNH assassiné, posté le 26 Novembre à 1h 47pm).

Lundi 10 février 2020 ((rezonodwes.com))– Notre compatriote Obed Remy eut à dire: « On ne fait pas de la politique avec des armes. Elle se fait plutôt qu’avec des idées et un projet de société ! » Avec les bandits dits légaux en Haïti, la politique se fait avec les armes et la violence. Michel Joseph Martelly vit à Miami depuis tantôt trois ans et il a déjà activé une puissante machine pour faire du lobbying pour son retour au pouvoir en 2022. Nous retrouvons au sein de cette équipe des gens que nous considérons comme des « bon moun » ; je suis sidéré. Nous ne prenons jamais le temps pour observer, analyser et comprendre. Comment comprenez-vous qu’un individu comme Daniel Supplice pouvait se retrouver à côté de Michel Martelly en 2010 au moment où il allait se lancer en politique même quand il savait qu’il n’était pas fréquentable ? Comment comprenez-vous que la société haïtienne ait pu cautionner que Michel Martelly puisse invectiver une personnalité comme Liliane Pierre Paul qui a tout son mérite, malgré ses faiblesses comme humain à tout bout de champ? Liliane Pierre Paul est la seule journaliste à avoir compris le message subliminal de Michel Martelly dans son tube « Bandit Légal » et qui a osé le dénoncer comme parrain mafioso. A son retour en Octobre 1994, Jean Bertrand Aristide avait récupéré la structure de la milice VSN qu’avait laissé François Duvalier. C’est ainsi que vous avez pu voir qu’un ancien Tonton Macoute est devenu lavalassien. Au sein des Forces Armées D’Haïti, certains haut-gradés avaient intégré le gang d’Aristide et ont contribué à démanteler cette force publique qui violait les droits de la population, mais qui ne devrait pas être annihilé parce qu’un pays ne peut pas fonctionner sans une force pouvant sécuriser ses frontières. La bandilégalisation d’Haïti a suivi son cours sans déranger les soit disant forces vives de la nation qui sont de véritables complices. Les soit disant intellectuels de ce pays l’ont livré en pâture à l’ignorance, à l’abjection et à la mafia internationale et locale.

Quand Michel Martelly déclare que : yo pa ka bare nou, il s’exprime clairement et insinue beaucoup de choses. En 2010, quand Sweet Micky avait sorti le tube « Bandit Légal », nous avions ri et quelques mois plus tard, il allait déclarer sa candidature à la présidence avec ce chant thème ; et il a dirigé le pays pendant cinq années comme un parrain de la mafia. Cette semaine, je vais relire le roman « Le Parrain » de Mario Puzo pour mieux appréhender ce qui se passe dans le monde et en Haïti. En Octobre 2012, lors du Congrès de la Diaspora tenu à l’OEA, j’avais déclaré en présence de Daniel Supplice, Ministre des Haïtiens Vivant à l’Etranger d’alors que nous avions des voleurs, des kidnappeurs, des dealeurs de cocaïne et des assassins au pouvoir en Haïti (https://www.youtube.com/watch?v=xNg6ZnvoMGQ). Certains croyaient qu’ils pouvaient me rendre sourd et muet, mais grâce à mon Dieu et mon Sauveur Jésus-Christ, je suis toujours là et je parle avec ma voix de stentor. Michel Martelly est loin d’être un imbécile. Le type était informateur de la DEA pendant une vingtaine d’années. Durant les trois années de coup d’Etat (1991-1994), il faisait partie des Ninjas, ce groupe d’assassins qui livraient bataille avec les milices lavalassiennes. Vous ne le savez peut-être pas, de 1991 à 1994, il y avait une lutte armée en Haïti (affrontement entre des gangs armés). Durant la nuit, nous avions pu entendre dans les CB radios, des conversations des Ninjas et des miliciens lavalassiens.

En choisissant le slogan : « Yo pa ka bare nou » pour sa meringue carnavalesque, Michel Martelly envoie un message subliminal à ses gangs et ses « attachés » un peu partout à travers le pays. Tout est déjà en place pour un retour de Sweet Micky au pouvoir ; mais c’est bien compté et mal calculé : Sweet Micky peut ne pas vivre pour voir le 7 Février 2022. Michel Martelly doit se rappeler de sa consultation avec ce voyant dans le Nord qui avait prédit son avènement au pouvoir et qui lui a dit ce que sera 2022 en Haïti. Il est regrettable que ce soient des frères et sœurs haïtiens animés de l’appât du gain qui choisissent sciemment de terroriser la population. Depuis Juillet 2019, j’écris peu et je m’abstiens de participer à certains débats publics sur la gouvernance salamique en Haïti. Je ne veux pas perdre mon temps à donner vie à de la pourriture. Nous avons le devoir de déblayer le terrain pour faciliter la construction de la nouvelle Haiti, Hayti. Le kidnapping est une activité rentable en Haïti et les kidnappeurs sont patentés. J’avais eu une série de conversations sur Facebook avec un ancien DGPNH d’Aout à Octobre 2012 parce que je voulais comprendre ce phénomène, et il m’avait tout expliqué. Il ne pouvait pas me niaiser, mais après m’avoir tout dit, il m’a bloqué. Ceux qui se disent experts en sécurité en Haïti sont pour la plupart des bluffeurs et nombre d’entre eux font partie des gangs spécialisés dans le kidnapping, la contrebande, la vente d’organes et le trafic humain. Mon père fut ancien militaire cantonné aux Casernes Dessalines ; lorsque je l’eus montré les conversations que j’avais eues avec cet ancien responsable de la PNH, il fut abasourdi : Un DGPNH n’a pas plus d’autorité qu’un Louveteau même quand il est censé être un chef de gang légalisé.

La montée en flèche du kidnapping en Haïti ces jours-ci est une affaire d’Etat, un règlement de compte politique entre politiciens ; un moyen pour des hommes d’affaires de se faire une santé économique après les pertes de profits engendrées par le pays lock ; un moyen pour Jovenel Moise, Michel Joseph Martelly et même certains chenapans de l’Opposition politique de prendre leur revanche sur le peuple affamé qui crie sa douleur depuis tantôt deux années. Il ne faut pas oublier que plus d’une centaine de bandits qui travaillaient au Parlement sont sans emploi ; ils font ce qu’ils savent faire le mieux : mentir, rançonner et tuer. Haïti a des ennemis puissants et ils sont méchants. Pa okipe pyès endividi k ap mache bay konferans sou kesyon sekirite, yo konnen gang yo, yo konnen moun ki sèvo gang yo, sèvo kidnaping lan ; e genyen k ap travay pou gang yo. Nous sommes confrontés à un problème de sécurité nationale qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis le 7 Février 1986, une nouvelle guerre est déclarée contre les progressistes de ce pays, et ces derniers refusent de comprendre ce message simple de notre compatriote Argousto Hilaire, jeune étudiant : « Nous sommes plus nombreux que ceux qui kidnappent et tuent les nôtres. Si l’on se mettait tous ensemble pour les combattre à la place de l’État qui se complaît dans le silence? La force n’est pas toujours du côté de ceux qui portent des armes; elle est parfois, et même souvent, du côté de ceux qui s’unissent, s’allient contre leur ennemi commun. Donc, la force est dans l’union. L’union fait la force! »

Nous nous gardons de faire des prescriptions puisque nous savons que le problème est complexe et que les solutions ne peuvent être discutées sur la place publique. Je dis aux bandits politiques que personne ne peut prendre le pouvoir avec l’argent sale et travailler pour le bien du peuple. Salamiser Haïti est la mission de tous les chenapans qui nous ont dirigés d’Octobre 1806 à aujourd’hui. Comme l’avait si bien dit le regretté Michael Lucius : « Aucune manipulation de l’opinion publique ne peut éviter la réalité du temps. »

Nous avons un pays prêt à exploser et un bon matin, les Haïtiens fous furieux mettront le feu à tout ce qui représente le pouvoir politique, économique et la répression systématisée. Je vois des jours sombres pour ce pays ; mais je ne pleure pas vu que je sais que le temps du renouveau viendra. Comment dire à un jeune de ne pas sortir faire du sport parce qu’on kidnappe des gens ? Comment dire à un jeune de ne pas aller à l’Université parce que les bandits opèrent dans la ville sans peur d’être inquiétés? Comment dire à un père et une mère de famille qui doivent ravitailler dans les rues pour nourrir leurs enfants de ne pas sortir de chez eux? Je l’ai dit et je le redis : Prosper Avril, Jean Bertrand Aristide, Michel Joseph Martelly, Jocelerme Privert, Jovenel Moise sont les pires ennemis de la nation haïtienne en ce moment. Ceux qui croyaient que les hâbleurs de l’opposition travaillaient pour le peuple finissent par se rendre compte qu’ils sont à la même enseigne que les immoraux sodomites, trafiquants de cocaïne et assassins qui nous dirigent depuis ces quarante dernières années.

Aujourd’hui, les chefs de gangs ont droit à la parole plus que le citoyen lambda qui propose une nouvelle mentalité pour une Haiti Nouvelle. Il est impératif d’avoir de nouveaux acteurs politiques en Haïti qui pourront embrasser cette conception de la politique du Pape Jean Paul II : « La politique est l’utilisation du pouvoir légitime pour atteindre le bien commun de la société, bien commun qui, comme l’affirme le Concile Vatican II, se concrétise dans « l’ensemble des conditions qui rendent possible pour les hommes, les familles et les groupes un accomplissement d’eux-mêmes plus plénier et plus aisé. » L’activité politique doit donc s’exercer en esprit de service. Mon prédécesseur Paul VI a affirmé à juste titre que « la politique est une manière exigeante de vivre l’engagement chrétien au service des autres. » Le Vatican prescrit de bons remèdes, mais leurs prélats sont de mauvais docteurs. Nous n’avons plus de leaders religieux dignes de ce nom au pays; le peuple périt, faute de guides consciencieux et capables.

Le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyen Van Thuan a écrit : « Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle. Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité. Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt. Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent. Heureux le politicien qui réalise l’unité. Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical. Heureux le politicien qui sait écouter. Heureux le politicien qui n’a pas peur. » Les Haïtiens croient mordicus que rien ne changera et cette conception vient d’un matraquage de la presse qui fait la promotion d’assassins à cravate, de dilapidateurs de fonds publics, de criminels notoires et de la corruption. Le phénomène de « machann mikwo » exacerbe cette culture de la violence. Le salut de ce peuple n’est ni entre les mains des politiciens, ni entre les mains des différentes élites qui ont franchi le point de non-retour dans les pratiques mafieuses.

Le salut de ce peuple est dans la capacité de ceux qui sont sincères, qui souffrent et qui sont des bien-pensants de se mettre debout comme un seul homme ou une seule femme pour dire non à l’inaptocratie et au banditisme légalisé. Le kidnapping qui est une affaire d’Etat peut être déraciné dans le pays et une autre Haiti Nouvelle est possible. Embrassons une mentalité nouvelle, et créons-la ! « La ville vivra ! Il est temps d’entamer l’explication à répéter mille fois, la Parole infatigable destinées à suggérer graduellement au bon sens collectif un nouveau mode de pensée, à lui inculquer une mentalité nouvelle. Commençons à propager la nouvelle Parole ! » (Ludovic Comeau Jr., Bâtisseurs du lendemain ».

Kerlens Tilus 02/10/2020
Snel76_2000@yahoo.com
Tel : 631-639-0844

2 COMMENTS

  1. Ann wè pi lwen Toujou…

    Je salue le courage de la journaliste pour son combat contre la dictature. Pour les petits fils de Dessalines et Beria, ça s’arrête là!

    Vous n’êtes pas sans savoir, la journaliste fait des choix qui ne sont pas souvent au service du peuple Haiti. Elle a ses coqs pye kk dans la mêlée. Et elle persiste et signe. Ce qui est très Dangereux! La journaliste continue de mettre en exergue les “libertés publiques” et “les acquis démocratiques,” qui ne servent jusqu’à présent que ses amis/amies du secteur dit démocratique. On assiste impuissant à la multiplication des Gangs à travers le pays. On dénombre déjà plus de 76 gangs composés de 10 à 349 personnes. « le cas de Lanmò SANJOU qui a 349 hommes dans sa base à Croix-des-Bouquets. » « L’Armée Rouge…. et Lame Domi Nan Bwa » ont fait école. Entre temps, l’Hôpital Général des filles et fils du peuple manquent le strict minimum. Dès “parlementaires” ont droit à des millions de gourdes pour l’achat de poissons, des fêtes champêtres, des cartes de téléphones et une 50e résidence. Et ils sont monnayés pour faire passer des lois et la ratification des Premiers ministres qui ne répondent pas souvent aux prescrits de la constitution.

    En parlant de JB Aristide, Gérard Pierre Charles et les autres, avaient commis une erreur grave en voyant en lui un patriote, au lieu d’un radoteur et aigri. Malheur à qui le Scandale arrive!
    “Un DGPNH n’a pas plus d’autorité qu’un Louveteau.” Ce qui me fait penser à l’ancien DGPNH, M. JEAN ROBERT FAVEUR, un homme VERTICAL. Il refusait d’être un soldat du présumé assassin Jean Claude Jean-Baptiste (Sylvio C. Claude et Amiot Métayer “Cubain”) et de l’apprenti dictateur JB Aristide. La lettre de démission de M. Faveur a un cachet particulier, l’usure n’a aucun effet sur elle. “Monsieur le président, si vous aviez bien suivi mon discours, vous auriez remarqué que cela fait longtemps depuis que je fais des sacrifices en vue de sauvegarder les valeurs qui font défaut aujourd’hui dans le pays : L’HONNEUR, LA DIGNITE, L’INTEGRITE, LE CARACTERE d’HOMME.” Et il ajoutait. “Aujourd’hui, j’ai choisi le chemin de l’exil au lieu de me laisser corrompre et de m’asservir. Monsieur le Président, la situation n’est pas bonne au sein de la PNH et la misère fait rage dans le pays. Je pensais qu’avec moi, vous voyez un début de solution au problème de la crise. Mais non, vous n’en tenez pas compte. Beaucoup de gens qui s’enrichissent autour de vous ont peur de vous dire que ça va mal dehors. Je suis fier de n’avoir pas trahi la confiance que le peuple, les policiers (la grande majorité), la communauté internationale et certains de vos proches ont placé en moi.” [1]
    Attention, ce que vous appelez “les Haitiens fous furieux,” ils sont sous contrôle. Comme Toujours, ils rateront leurs cibles. Parmi les ennemis de la “Nation,” vous aviez omis le nom du père du Système (au cours des 34 années de chute libre), le grand “démocrate” René Préval. Il ne voyait pas d’un bon oeil le Conseil Constitutionnel… et le CE Permanent. Il attachait viscéralement à ces élections frauduleuses et tipaskout KAO. C’est ainsi, avec l’ ”expertise” de Claude MOISE… et Cary HECTOR, il allait mettre le CEP sous ses griffes. En devenant l’employé de Préval, Claude Moise faisait peu de cas de ses écrits, “constitution et luttes de pouvoir en Haiti.” Lumpenintelligentsia. Le Goudougoudou du 12 janvier 2010, en un certain sens, était aussi un bon allié du peuple Haitien. FIN de l’aventure lavalassienne!

    “les hâbleurs de l’opposition” ne se différencient pas de leurs patrons Aristide, Préval et Privert. “La transition de rupture” en marche était synonyme du “nouveau contrat social” du groupe 184 des Apaid et consorts. Je ne cesse de le répéter, pour le BIEN du pays, Privert II a Échoué.

    [1] Lettre de démission de Jean Robert Faveur au président Jean-Bertrand Aristide. https://lenouvelliste.com/article/188235/lettre-de-demission-de-jean-robert-faveur-au-president-jean-bertrand-aristide

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