PetroCaribe : Laleau livre sa version des faits dans un ouvrage

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par Professeur Louis Naud Pierre

Samedi 18 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– Contribuer à faire évoluer notre système économique de prédation qui prélève les ressources plus qu’elle n’en produit vers une économie moderne axée sur le travail comme créateur de lien social et de richesse au service de tous: telle est la motivation qui transparaît dans cet ouvrage que nous livre Wilson Laleau, lorsqu’il a décidé de faire le grand saut du monde de l’enseignement dans celui de la politique en 2011. Au cours du quinquennat de Michel Martelly (2011-2016), il était en effet appelé à porter divers projets de réformes institutionnelles en tant que Ministre du Commerce et de l’industrie et en tant que Ministre de l’économie et des finances. Il convient de noter qu’il a servi, pendant vingt mois, à titre de Directeur de Cabinet du Président de la République, Son Excellence Monsieur Jovenel Moïse.

Comme pour d’autres ministres ayant travaillé sous l’administration Martelly, le nom de Laleau a été jeté « en pâture à la vindicte populaire » à l’occasion de la demande de reddition de comptes de l’utilisation qui a été faite du Fonds Pétrocaribe destiné au financement de l’investissement public. L’objet de cet ouvrage ne se limite pas à répondre à certaines attaques qui ciblent personnellement l’auteur. Il s’agit de partager avec le public, en particulier les acteurs engagés résolument dans le changement politico-économique en Haïti, son expérience des défis à relever pour atteindre les résultats escomptés dans un tel processus. S’agissant de ces défis, Laleau met en évidence un double phénomène.

Le premier concerne le mode de fonctionnement de l’économie de prédation elle-même: celle-ci est régie par la loi du plus fort, laquelle se substitue de facto au principe de légalité qui fonde l’économie moderne fonctionnant dans le cadre d’un marché institutionnalisé par des règles éthiques et légales. La logique de prédation implique nécessairement des attitudes d’hostilité envers les institutions républicaines, mais aussi envers les principes de base de l’économie moderne, notamment: une large possibilité de choix, la libre formation des prix sur les marchés, la liberté des contrats, la concurrence loyale, la réciprocité des échanges.

Le second phénomène se rapporte à la corruption des mécanismes décisionnels étatiques par la stratégie clientéliste des dirigeants visant à acheter le soutien des puissants du monde politique et des affaires, les avantages et les privilèges constituant la monnaie de change. En conséquence, c’est la transformation des ressources publiques en « variable d’ajustement politique aux dépens de leur fonction d’ « instrument de financement du développement ». Autrement dit, les finances publiques ne sont pas utilisées au mieux pour accélérer la croissance potentielle du pays, mais pour satisfaire les exigences clientélistes.

Le fonctionnement de l’économie de prédation repose sur une double stratégie. La première est  l’instabilité politique. Celle-ci a pour but d’empêcher l’affirmation dans la durée d’une volonté politique forte des autorités à s’engager sur un projet global et cohérent de modernisation de l’économie. Il s’agit plus spécifiquement de neutraliser les efforts de renforcement de mécanismes d’application des règles constitutives du jeu économique moderne, notamment: celles réprimant le monopole, la contrebande, les fraudes fiscales et douanières, les trafics illicites qui constituent les principales ressources de cette économie de prédation. La deuxième stratégie est la décrédibilisation/dévalorisation de l’autorité publique. La finalité de cette stratégie est faire perdre à la parole de l’autorité son caractère performatif.  L’outil pour y parvenir, c’est la multiplication des pièges entravant la mise en œuvre des politiques publiques d’une part et, d’autre part, l’établissement du lien avec le peuple.

Les constantes entreprises de déstabilisation à travers le financement des insurrections populaires, des coups d’État, des campagnes médiatiques de désinformation intensives répondent aux impératifs de l’instabilité. Le but immédiat est la neutralisation des effets non seulement des projets de réformes institutionnelles mis en œuvre, mais encore des mécanismes de régulation et de contrôle institués, tels que la justice, la police et les autres autorités administratives indépendantes [Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), etc.]. En effet, comme le montre Laleau, les « Ministres restent trop peu de temps en poste pour comprendre le travail et imposer une ligne ». On en trouve une illustration avec un Ministère aussi stratégique que le Ministère du commerce et de l’industrie où 36 Ministres se sont succédés, du 7 Février 1986 au 31 août 2019, soit « un (1) Ministre tous les 11 mois ». Cette stratégie pèse considérablement dans la perpétuation de la crise qui se manifeste aujourd’hui dans sa forme la plus violente. D’autant plus que les ministères sont le change donné à des groupes d’intérêts puissants pour leur soutien.

Laleau situe l’origine de la crise actuelle à 1982, date à partir de laquelle Haïti « a commencé à ne plus pouvoir financer son budget et a dû faire appel au FMI pour signer son premier programme de stabilisation, première étape d’un Programme d’ajustement structurel que nous n’avons jamais ni tout à fait accepté, ni tout à fait mis en œuvre ». Cette attitude négative se mue en une hostilité à l’égard de tout projet de réforme de l’État et de l’économie dont les porteurs font toujours l’objet d’incompréhension et jugements négatifs, voire de persécution. Que l’on se souvienne de l’offensive du bloc anti-néolibéral au Parlement dans les années 1990-2000 contre ce Plan d’ajustement structurel (PAS) comme conditionnalité de l’aide des institutions financières internationales, et des conditions pour le moins discutables dans lesquelles certaines entreprises publiques ont été privatisées.

S’agissant de la corruption des mécanismes décisionnels étatiques par la stratégie clientélistes des dirigeants, Laleau met en lumière un phénomène fondamental: le vide politique. Ce phénomène se manifeste par un doute radical quant à l’existence du Bien commun, notion qui est pourtant utilisée dans le langage courant haïtien. Le Bien commun est emprunté à la théologie et à la philosophie. Dans ces disciplines, ce terme est, au XVIe siècle, dans la lignée de l’humanisme civique de la Renaissance, basé sur la tradition morale aristotélicienne, associé à l’idée d’un patrimoine commun à tous les membres d’une communauté: la communauté elle-même. Ce concept de bien, synonyme de la vertu, est donc chargé d’un sens spirituel et moral aussi bien que matériel et pratique. Dans le Discours sur la première décade de Tite-Live, Discours, IX, Machiavel le représente comme l’archétype de la République, c’est-à-dire la possibilité pour des hommes de vivre en paix et en harmonie sous l’égide de bonnes lois garanties par une Autorité publique. Le Bien commun n’est donc pas un concept utilitariste, à l’instar des notions modernes comme les « services publics »; c’est la condition morale et politique de la vie publique, il présuppose un pacte politique. Par la suite, ce terme est approprié par le langage du droit et des autres disciplines des sciences sociales.

Dans le langage haïtien, le Bien commun devient un mot vide: il est dissocié des constructions philosophiques, théologiques, sociologiques et juridiques, mais aussi du pacte politique qui en constituent le contenu. En d’autres termes, ces constructions et ces dispositions politiques ne sont pas discutées, assimilées ni appropriées par les individus et groupes qui composent la société haïtienne. Le Bien public ne constitue pas, dans cette société, une source de représentations, de perceptions et d’interprétations qui permet à l’imaginaire et à l’action individuelle et collective de prendre forme. En corollaire, l’intérêt personnel est la seule signification imaginaire qu’on peut donner à la participation politique. On en trouve une illustration dans la difficulté, voire dans l’impossibilité de trouver un consensus durable et trans-partisan autour des décisions orientées par le Bien commun: « Chercher à régler le problème de la contrebande à la frontière, à repenser la politique des subventions ou à mettre en place un mécanisme pour financer l’accès des enfants à l’école donne lieu à des manipulations de l’opinion menant à des heurts sociaux souvent regrettables. »

Le vide politique constitue une variable déterminante de la mauvaise orientation des choix et des décisions politiques et institutionnelles en rapport avec l’utilisation des ressources publiques, au cours de ces trente dernières années.

En l’absence d’une représentation du bien commun sur laquelle aurait pu reposer l’éthique de la responsabilité et de l’engagement, le soutien des individus et des groupes au pouvoir est conditionné par la possibilité d’obtention des avantages et des privilèges en échange. De ce fait, à la suite du Président Préval, les gouvernements successifs ont été obligés d’adopter une stratégie clientéliste qui s’avère très néfaste. D’une part, les ministères sont distribués à des groupes de soutien qui choisissent leurs ministres. Ces derniers sont mis là pour défendre les rentes et les intérêts de leur clan politique, et non pour mettre en œuvre la politique du Gouvernement au niveau sectoriel: « Le Ministre n’est pas évalué sur la base de la qualité de son travail, il n’est pas nommé pour remplir une mission, suivre une feuille de route préétablie; il est là pour occuper un poste, satisfaire les désidératas de son groupe de soutien ». D’autre part, les projets financés dans le cadre du Programme de l’investissement public (PIP) répondent à la même logique clientéliste. Le mode d’utilisation du Fonds Pétrocaribe en est une bonne illustration.

Chaque député, chaque sénateur doit bénéficier d’un projet dans sa commune, dans son département. Et selon le poids de ces régions et l’influence politique du parlementaire, ces projets petits par leur taille (coût moyen 3.9 millions de dollars) et par leur capacité à catalyser une dynamique d’investissements publics et privés cumulatifs dans ces régions avaient priorité sur tout le reste.

La subvention du secteur de l’énergie contrôlé par des intérêts puissants du monde des affaires obéit à la même stratégie de recherche de soutien politique. 612 millions de dollars, soit 25.6% du montant du fonds Pétrocaribe, ont été investis dans ce secteur qui se révèle comme un nouvel eldorado pour des chercheurs de rente: « Ce montant ne prend pas en compte les 250 millions de dollars de subvention du Trésor Public au secteur chaque année ». Il convient de noter que 186.7 millions ont été utilisés pour payer les dettes de l’EDH envers SOGENER.

L’évaluation de ces défis, exercice difficile, reste un sujet de confrontation entre les analystes de la société haïtienne. La répétition des expériences malheureuses plaide pour une sorte de fatalité de l’échec collectif qui ferait qu’Haïti n’a d’autre horizon que la pauvreté et la violence. Les sentiments de désespoir et de désarroi qui en découlent se muent en impuissance face aux exigences de régulation et de contrôle qu’impliquent une économie de marché et un espace public ouvert à toutes les pratiques et opinions.

L’impuissance se manifeste par le « lese grennen » (laisser-faire) ou le « kase fèy kouvri sa » (loi du silence). L’apathie des administrations fiscales et douanières, des autorités prudentielles financières, gouvernementales face à des comportements frauduleux ou des demandes excessives est exemplaire de cette impuissance. Ce qui coûte par an à l’État « plus de un (1) milliard de dollars, équivalent à la valeur actuelle des recettes totales du pays »: des ressources non collectées ou distribuées à des opérateurs économiques privés puissants sous des formes diverses. Par ailleurs, l’absence de la réaction pénale crée un climat d’impunité telle que des escrocs poussent leur audace jusqu’à chercher à rançonner des personnalités publiques et privées par l’offre d’aide pour la suppression de messages diffamatoires contre elles sur le web, propos qu’ils y ont préalablement diffusés. D’autres utilisent les médias classiques comme lieu de chantage et de lynchage. L’espace public que favorise la liberté d’expression bascule ainsi dans des opérations de vendettas, des campagnes de calomnies et de mensonges, visant à nuire à l’intégrité morale des personnes ciblées.

Mais, la situation la plus catastrophique est la réduction du jeu politique à la «  guerre de tranchée où chaque position est défendue et combattue avec les dernières rigueurs ». Cette logique n’entraine « que frustration, violence, instabilité, désolation, multiplication de gangs et de quartiers de non-droits ». Car, elle excite chez les acteurs les passions les plus violentes et les plus implacables en raison de l’incertitude radicale concernant tant ce qui échoue que ce qui réussit. D’où l’adoption d’un mode d’adaptation cynique se limitant à des « coups ponctuels, les succès d’hier ne garantissant rien pour demain ». Ce cynisme n’a pas le sens qu’en donnaient les grecs de l’Antiquité: une sorte de désabusement déterminant une attitude de mépris à l’égard des conventions sociales, de l’opinion publique, des idées reçues. Il signifie dans un contexte de prédation comme celui d’Haïti une insensibilité par rapport à autrui considéré comme un objet qu’il convient d’exploiter ou d’instrumentaliser à son service, sans engagement de réciprocité.

Dans le champ politique, le cynisme se manifeste par une propension à la « diabolisation » de l’adversaire identifié au mal à éradiquer. L’animosité générale qui s’ensuit constitue, comme l’a montré André Corten dans son excellent ouvrage, Misère, religion et politique en Haïti (2001), un climat peu propice à l’ancrage de la démocratie: l’adversaire politique, c’est le diable; aucun dialogue ni compromis n’est concevable avec lui, et qu’il n’y a rien à faire à part lui mener la vie dure, voire l’éliminer physiquement ou symboliquement. Cette conception surdétermine la stratégie des acteurs en périodes électorales qui « donnent lieu toujours à des cycles de violences graves dénoncés par beaucoup d’écrivains haïtiens depuis le XIXe siècle et qui finissent souvent en la mise en place de gouvernements provisoires plus accommodants qui font la joie des politiciens et que Fréderic Marcelin appelle la panacée mortelle ».

Finalement, les normes institutionnelles de régulation du système sont remplacées par la violence: la principale ressource utilisée par les prédateurs pour la neutralisation des effets des réformes de nature à remettre en question leurs positions dont l’abus permet de capter à leur profit l’essentiel de la richesse nationale sans en créer l’équivalent. Le propre de la violence, qui institue la prédation comme un droit du plus fort, est, selon Laleau, de déterminer un « jeu d’équilibre économique et social très fragile », avec en conséquence « la paralysie du système de décisions publiques ». La paralysie prend diverses formes, dont les principales sont la dispensation d’avantages et de faveurs à des alliés politiques et le renoncement à la collecte d’impôts et de taxes de divers ordres: « Des subventions à tort et à travers, par exemple pour les produits pétroliers, pour l’énergie électrique, à l’importation à cause de la contrebande et des fraudes diverses, le détournement des exonérations d’entreprises au profit d’activités non autorisées, des taxes non perçues, etc. ».

Le primat de la violence sur les normes institutionnelles est le signe connu d’une société en voie de fragilisation. Celle-ci a un double trait: d’une part, la déstabilisation de ses structures politico-économiques fondamentales; d’autre part, la dé-légitimation de ses institutions légales-rationnelles. La fragilisation signifie une prédisposition de la société à s’accommoder de toutes les stratégies et de toutes les initiatives d’inspiration criminelle: la contrebande, les fraudes fiscales et douanières, les trafics illicites, constituent une violence économique endémique. Depuis l’indépendance, les rares tentatives des dirigeants pour contrer cette violence par des réformes institutionnelles « ont été vite effacées, noyées, emportées par le flot impétueux des violences et des déchoucages récurrents à chaque changement de gouvernement, le plus souvent téléguidés ».

Pourtant cette société, selon Laleau,  possède des ressources telles que des « pays qui pourtant occupent le haut des classements mondiaux  dans les indices de développement humain » peuvent les lui envier. Il en est ainsi des sites naturels, historiques et culturels qui sont classés parmi les meilleurs de la Caraïbe; et il convient de rappeler que cette région est l’une des destinations touristiques balnéaires les plus prisées au monde. Haïti est un pays exceptionnel tant par sa richesse culturelle et historique que sa beauté naturelle, son positionnement géographique, son sol, son sous-sol, la jeunesse de sa population, etc. Ce n’est pas sans raison qu’Haïti était considérée comme la perle des Antilles. Dans son rapport publié en 2009, le Groupe de travail sur la compétitivité en Haïti met en évidence le potentiel de croissance du pays dans cinq domaines: « Agro-industrie; Textile et Habillement; Tourisme; Construction et Logement; Industries Créatives ». Dans le domaine des énergies renouvelables, la potentialité est très importante selon les diverses études. Il n’est pas moins intéressant de rappeler un potentiel de ressources de « plus de un (1) milliards de dollars »,  non collectées annuellement. Et donc, c’est une capacité de financement en matière d’investissement public très importante.

L’ouvrage que nous livre Laleau n’est pas une simple réaction aux accusions en rapport avec l’utilisation du fonds Pétrocaribe qu’il a analysée de manière lucide et sereine. Comme tout le monde, il reconnaît que l’usage qui a été fait de ce fonds est discutable, dans son principe. Il regrette, lui aussi, le fait que le contexte sociopolitique de l’époque n’a pas toujours permis d’utiliser ce fonds au service de la croissance économique, de l’emploi et du renforcement des services publics dans ce pays. Transcendant les attaques dont il fait l’objet, il évite « de tomber dans le piège » de ce jeu où l’accusé prend l’offensive en accusant ses accusateurs. D’autant plus que des faits montrent que ceux « qui accusent tout le monde sont loin de pouvoir résister à une enquête impartiale sur leur rôle direct ou indirect dans ce qu’ils appellent la dilapidation des fonds Pétro-Caribe ». Cette distance critique lui est salutaire. En effet, elle lui a permis de construire une analyse rigoureuse et riche d’enseignements, mettant en exergue le vice fondamental de notre système politique: le manque de pertinence du langage politique moderne du Bien commun; c’est un construit social dans le contexte  de la Renaissance marquée par des débats philosophiques et théologiques intenses sur la destinée humaine, une réaction à la vision scolastique selon laquelle l’action humaine est régie par un ordre cosmique. Libéré de ce déterminisme surnaturel, les hommes sont rendus à leur volonté; ils sont placés devant leur propre responsabilité. Le Bien commun, produit de la raison, est dorénavant leur guide: un guide intérieur qui influence leur quotidien et leur façon d’être, de vivre, d’acter leur vie individuelle et collective.

Dans le contexte haïtien, le constant fondamental est l’absence de pertinence de ce langage politique moderne. Cette absence en implique une autre: celle de la foi des individus et des groupes coexistant dans leur propre union comme possibilité d’atteinte des intérêts existentiels tels que: la sécurité et la réalisation personnelle. L’intérêt public, ou Bien commun, la res publica, fondé sur cette union, devient vide. En tant que signe du Bien commun, l’État devient ipso facto une forme vide prête à recevoir un nouveau contenu: un marché où les gouvernants échangent les avantages et privilèges contre le soutien des plus puissants des dirigés. L’État est alors associé à la circulation des ressources dans l’intérêt des plus puissants. Ce qui implique la mise entre parenthèse de sa mission historique. Il s’agit de la réalisation du Bien commun identifié à la garantie du respect des libertés et droits fondamentaux de la personne et aux conditions de création de la richesse nationale: conditions de travail, respect des conventions internationales sur le travail; respect de la nature; respect des règles éthiques et légales.  D’où un malentendu entre le gestionnaire public inscrivant son action dans la vision d’un État préposé à assurer l’adaptation de la communauté dans un monde changeant par une action planifiée, permanente, coordonnée et systématique et la grande majorité des acteurs qui ne peuvent lui donner aucune signification imaginaire autre que clientéliste: « Se donner une feuille de route, établir le plan stratégique de l’institution dont on est responsable, dans un contexte institutionnel où la vision globale n’est pas partagée par tous, c’est s’imposer des contraintes sévères, c’est se créer des ennuis, c’est nager le plus souvent à contre courant. »

Somme toute, cet ouvrage est destiné à nourrir la réflexion sur le désir de changement de la grande majorité des Haïtiens; désir qui est exprimé à chaque période électorale et de crise politique. Laleau relie ce changement à l’idée de passage de l’économie de prédation à « une économie de marché encadrée par la puissance publique dans un État stratège ». C’est dans cette direction que se sont orientées les diverses réformes institutionnelles qu’il a tentées de mettre en œuvre en tant que Ministre du commerce et de l’industrie, mais aussi en tant que Ministre de l’économie et des finances.

Il ne s’agit pas seulement ou simplement d’illustrer une logique de blocages du changement. Il est surtout question d’apporter des éléments de compréhension et d’explication des défis liés à ce changement, en vue de mieux cibler l’action visant à les relever. Laleau répond à sa manière au vœu qui sous-tend l’entreprise scientifique: celle-ci ne doit pas seulement viser la production de connaissances, mais encore contribuer à la transformation du monde naturel et social dans lequel se déroule l’existence quotidienne de l’homme. Il s’agit là d’une tâche ô combien difficile et délicate: celle d’écrire pour produire et partager des connaissances, de critiquer et proposer des façons de faire autrement que ce qui a été fait par le passé, de dire pour agir sur la réalité. Aussi convient-il de féliciter chaleureusement Wilson Laleau pour cette publication qui s’impose comme un examen rigoureux et courageux d’une réalité  haïtienne douloureuse, tourmentée et incertaine.

6 COMMENTS

  1. Les morceaux choisis de Laleau ne m’intéressent guère.
    Je veux l’entendre au tribunal sous serment, aux risques de parjure.

    • Oui, qu’il aille raconter ces fables par devant qui de droit, quand justice il y en aura dans ce pays.

  2. Que d’encre pour justifier un ignoble, vulgaire vol perpetre par des larcins au quotient intellectuel tres bas. Question pour Laleau: combien d’argent as tu volé de l’état. Tes complices seront les seuls à acheter ton livre merdique pour calmer leurs inquietudes de voleurs. Tu es maudit toi et ta bande. Voleurs vous êtes, voleurs vous resterez.

  3. Plus tu écris, plus tu t’accuses. La réponse est un tribunal, une sentence ou un acquittement. Sinon tu seras celui qui pilla les pauvres au lendemain d’un tremblement de terre qui fit plus de 200000 morts. Maudit . Laleau tu es maudit toi , ta progéniture et tes complices.

  4. C’est un record à signaler, Wilson Laleau a fait tout le “quinquennat de Michel Martelly (2011-2016).” Ensuite, il “a servi, pendant vingt mois, à titre de Directeur de Cabinet du Président de la République, Son Excellence Monsieur Jovenel Moïse.” Comme Marie Carmelle Jean Marie, “le grand saut du monde de l’enseignement dans celui de la politique” a mis Wilson Laleau dans la TOURMENTE. Par cet ouvrage, c’est un présumé Petrovoleur qui essaie de sortir sa tête dans l’eau, tout en dénonçant le Système pour se donner bonne conscience. Li ta twò fasil!

    En attendant le PROCÈS PETRO CARIBE, il n’a pas mal agi, au lieu de choisir un média dévoué à sa cause comme Frantz Verella pour se défendre. Le 17 novembre 2019, au micro d’un journaliste, VERELLA tentait de défendre l’indéfendable. Il avait même l’AUDACE d’affirmer sans être tapé sur les doigts par l’intervieweur, “mwen konnen Preval mouri. Men m konnen Preval pat yon homme d’argent.” Dans ce cas, LULA ne méritait pas de faire la prison. Anpil vol fèt sou administrasyon Lula, men li pat yon VOMISMAN chen tankou politisyen Ayisyen yo. Verella a oublié, nous ne sommes pas tous des « Analfabèt pa bèt. »

    Au cours des 34 dernières années, Préval est bel et bien le père du Système. Même dans ses rêves les plus fous, un JB Aristide n’aurait vu un Préval aussi MATON dans sa façon de rouler dans la farine les Claude Moise, de démanteler les partis politiques, de déstabiliser les institutions et de servir le “groupe de Bourdon.” Comme l’a si bien souligné l’auteur de l’article, “de ce fait, à la suite du Président Préval, les gouvernements successifs ont été obligés d’adopter une stratégie clientéliste qui s’avère très néfaste.”

    Gadon JE WÈ BOUCH PÈ, “La subvention du secteur de l’énergie contrôlé par des intérêts puissants du monde des affaires obéit à la même stratégie de recherche de soutien politique. 612 millions de dollars, soit 25.6% du montant du fonds Pétrocaribe, ont été investis dans ce secteur qui se révèle comme un nouvel eldorado pour des chercheurs de rente: « Ce montant ne prend pas en compte les 250 millions de dollars de subvention du Trésor Public au secteur chaque année ». Il convient de noter que 186.7 millions ont été utilisés pour payer les dettes de l’EDH envers SOGENER.” Aussi paradoxale que cela puisse paraitre, à la fin du mois de novembre 2019, sur la station de radio de Verella, le docteur Marie Antoinette Gauthier ne manquait pas d’affirmer, “Vorbe yo se moun de byen, yo gen bon kè.” Incroyable, mais vrai!

    Dans CADRE du SYSTÈME, le président Jovenel Moise (GARDIEN en SERVICE) voulait donner de l’électricité 24/24, tout en FERMANT SES YEUX 24/24 (pendant trois ans) sur les Intérêts Puissants. Il ne fait pas de doute, à l’instar de Préval et les autres, Jovenel ne voulait pas attaquer les PUISSANTS. Mais, en voyant comment certains responsables des compagnies de Blackout étaient impliquer dans le “pays lock,” Jovenel avait finalement décidé de frapper les présumés Malfaiteurs pour sauver son mandat. EUDES LAJOIE n’hésitait pas à dénoncer les parlementaires BAYAKOU qui faisaient plaisir à Réginald Boulos et Dimitri Vorbe (émission « Moment Vérité, » le 18 janvier 2020).

    PA GEN MANTI NAN SA, “L’État est alors associé à la circulation des ressources dans l’intérêt des plus puissants. Ce qui implique la mise entre parenthèse de sa mission historique.” Jovenel Moise a fait savoir, « Ti rès la pou pèp la. » Sans parler des autres administrations, de Préval à Jovenel, « plus de un (1) milliard de dollars, équivalent à la valeur actuelle des recettes totales du pays »: des ressources non collectées ou distribuées à des opérateurs économiques privés puissants sous des formes diverses. »

    Nous sommes très loin de cette perspective, “Laleau relie ce changement à l’idée de passage de l’économie de prédation à « une économie de marché encadrée par la puissance publique dans un État stratège ». Kote nou pwal jwen Patriyot sa yo… Pa gen MANIGAT ak DELPE sou teren politik la. Wilson Laleau ferait mieux de rester dans l’enseignement, de gagner sa vie dignement, au lieu de devenir un Valet du système et de s’avilir. Il n’a pas d’excuse. Assurément, Marie Carmelle Jean Marie est sur le point de sortir son livre… Vèkèlè. Le présumé petrovoleur Jean Max n’a pas ce souci. Comme Henri Namphy, il est un haitiano-dominicain. Wilson Laleau ta p benyen nan Lajan channgo. Li pa dwe pè peye channgo…

  5. Monsieur Laleau, « Qui ne dit mots, consent. » Tu aurais du demmisioner tout simplement, mais tu as choisi de continuer de travailler avec Le gouvernent de Martelly et fait meme parti du gouvernent de Jovnel Moise comme chef du cabinet. By the way, quelle est la difference entre un ministre et un chef du cabinet? Il n’est pas a moi de critiquer personne, mais tu as fait un choix, period. Quel a ete ton role Dans le gaspillage de l’argent du Petrocaribes. Tu as ete ministre Des finances sous Martelly. Haiti, c’est un pays facile jusqu’a present aucun membre du gouvernent est en prison et pire que ca, Haiti un pays ou la demagogie devient un norms. Monsieur Laleau, comme disait l’autre: il est humain de se trooper, period.

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