MINUSTHA – Plus de 50 mille victimes de viols et de choléra : la nécessité d’engager un combat de réparation débattue au colloque international sur la solidarité avec Haïti

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« La responsabilité morale et légale des responsables onusiens dans le drame haïtien a été établie »
Ricardo Seitenfus.

Un colloque international à l’érection d’un tribunal populaire pour juger la MINUSTHA. Des représentants d’organisations de la société civile haïtienne et étrangère s’attablent à Port-au-Prince du 7 au 10 décembre en vue de définir les grandes lignes d’une campagne visant à obtenir justice et réparation pour les familles des 50 mille victimes de viols et de l’épidémie du choléra en Haïti.

Port-au-Prince, dimanche 8 décembre 2019 ((rezonodwes.com))–Le Colloque international sur la souveraineté, la solidarité et l’occupation lancée, le samedi 7 décembre vise à sensibiliser beaucoup plus d’acteurs sur la nécessité d’engager le combat de réparation pour les crimes commis par les agents de la Mission des Nations Unies pour Stabilisation en Haïti. Plus d’une vingtaine de délégations latino-américaines (Porto Rico, Argentine, Brésil, Venezuela, Chili, Equateur, Uruguay) sont attendues à Port-au-Prince pour l’organisation des assises, a informé le directeur exécutif de la Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement alternatif.

‘’Nous devons établir le bilan de la mission onusienne en Haïti, reconstruire la solidarité envers le peuple haïtien. Les proches des 50 mille victimes auront à témoigner sur les forfaits commis par des agents onusiens. Par cette démarche, nous cherchons à instaurer un tribunal populaire pour juger la MINUSTHA’’, a détaillé Camille Charlmers, responsable de la PAPDA.

Héritage pesant

Les dirigeants de la Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un Développement alternatif (PAPDA), des Bureaux des Avocats internationaux (BAI) et ceux du Mouvement de Liberté, d’Égalité pour la Fraternité des haïtiens (MOLEGHAF), initiateurs de l’évènement, s’accordent sur le fait que le mouvement pour indemniser les familles haïtiennes doit être consolidé. Cette considération prend en compte de l’héritage désastreux des exactions onusiennes.

‘’Des paysans ont déserté les communautés frappées par l’expansion du choléra. S’agissant des conséquences économiques de l’épidémie, elles demeurent encore catastrophiques. La production rizicole dans l’Artibonite a considérablement chuté. Sur la ligne frontalière, des agriculteurs peinent à écouler leurs produits en raison des clichés liés à la maladie’’, a souligné Camille Charlmers.

les administrations Préval, Martelly, Privert et Moise n’ont pas pu rédiger le livre blanc sur abus onusiens en raison des mains liées’’, Ricardo Seitenfus.

L’État haïtien mis en cause

La responsabilité morale et légale des responsables onusiens dans le drame haïtien a été établie, a reconnu Ricardo Seitenfus, présent à Port-au-Prince dans le cadre du colloque. L’intellectuel brésilien auteur de plusieurs textes sur Haïti dont Les Nations Unies et le choléra en Haïti, L’échec de l’aide internationale en Haïti met en cause l’indifférence de l’’Etat haïtien pour l’avancement du dossier.

‘’ Les agressions sexuelles, les cas de viols, de pédophile perpétrés par les forces onusiennes ont été documentés. La demande en droit pénal exercée par le BAI doit être supportée par d’autres instances internationales pour accepter la plainte. L’État haïtien doit négocier avec les Nations Unies pour soumettre le dossier à la Cour internationale de justice. Malheureusement les administrations Préval, Martelly, Privert et Moise n’ont pas pu rédiger le livre blanc sur abus onusiens en raison des mains liées’’, s’est révolté Ricardo Seitenfus.

 Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

1 COMMENT

  1. Il était impossible de demander à des nuls (les plus ratés de la race) et domestiques de l’Oligarchie (alliée de l’international) de « rédiger le livre blanc sur abus onusiens. »

    Il a fait un effort surhumain pour dénoncer les boites de pandore, ces employeurs. Le Brésilien a raison de mettre en cause les administrations des Petrovoleurs. Mais, j’ai souvent du mal à comprendre comment un « progressiste » trouvait tout à fait normal d’être un bon ami l’un des avadras de l’après 1986. D’aucun pensent, il était prévaliste. En 2008, n’était-ce pas la Minustah, René Préval pouvait bien connnaitre le sort de Vilbrun Guillaume Sam. Les manifestants « Grangou Kloroks » commençaient à saccager les grilles du Palais national, atansyon pa kapon, Préval s’empressait d’appeler la Minustah. Et cette dernière ne se faisait pas prier pour être sur place avec ses chars d’assaut. L’administrationn Martelly jouissait aussi de la présence de la Minustah en vue de terminer son mandat. Ne parlons pas de Privert, comme un présumé assassin, il était dans une mauvaise situation. Les Valet, Michel, Barbier… et Esperance n’avaient pas aussi le temps de faire comprendre à leur patron la nécessité d’un Livre Blanc sur les exactions de la Minustah. Les komokyèl et les profiteurs du moment disaient, « laissons les morts ensevelir les morts. » Le président Jovenel Moise n’est pas différent de Privert. Au contraire, en votant contre le Venezuela de Maduro, il cherche une certaine protection pour être à l’abri des éventuelles poursuites judiciaires et de bien jouir de ses petrodollars. Comme JB Aristide, venant du pays profond, Jovenel Moise n’a pas fait aussi la différence. Tim bwa sèch, Les Vorbe et Abdallah ont eu raison sur les “Analfabèt pa bèt” et “tèt Kodèn.” Point Barre.

    L’Observatoire des Questions Haitiennes et Internationales

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