Propos de l’Ambassadeur Sison à l’occasion de la Journée Mondiale du Sida

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Mercredi 4 décembre 2019 ((rezonodwes.com))–

Bonjour

Votre Excellence, Dr. Marie Greta Clément Roy, Ministre de la Santé Publique et de la Population,
Votre Excellence Le Ministre de la Jeunesse et des Sports,
Votre Excellence Le Ministre des Affaires Sociales,
Votre Excellence Madame Le Ministre-Delegué aux Droits de la Personne
Monsieur Le Directeur Général du MSPP,
Madame Malia Jean, Monsieur Sorel Bonjour, et Monsieur Emmanuel Merilien :  Ou te di verite a ak anpil pasyon jodi a.  Nou menm nan kominote entènasyonal la tande w. Nou tande vwa w ak demann ou.

Cher Club Jeunes FOSREF,
Monsieur le Représentant du Fonds Mondial,
Chère Madame La Directrice de l’ONU-SIDA,
Madame Mama Aya Faye,
Chers amis,

Je suis ravie de me joindre à vous pour commémorer la 31ème Journée Mondiale du Sida et d’être ici avec notre Directeur d’USAID Monsieur Gary Juste  et la représentante du CDC Dr. Mireille Kalou. Nous offrons aussi nos condoléances a la famille de Monsieur Charlot Jeudy ,fondateur et leader de Kouraj, organisation activiste des droits des LGBTI. Vous avez nos sympathies et notre soutien les plus sincères.

Le thème de cette année est « Les communautés font la différence », — « Kominote yo ap fè diferans » un thème qui revêt un intérêt tout particulier pour notre programme mondial PEPFAR et le programme PEPFAR en Haïti.

Nous sommes reconnaissants à l’ambassadrice Deborah Birx, Coordinatrice de la lutte contre le sida dans le monde pour les États-Unis, de nous avoir rendu visite en Haïti en juin dernier, pour lancer la première enquête d’évaluation de l’impact du VIH sur la population (HAPHIA).  Dr. Birx nous a également aidé à élaborer des stratégies pour améliorer l’adhésion des patients VIH au traitement antirétroviral, ainsi que le dépistage du VIH parmi les populations à risque et les groupes minoritaires, afin d’atteindre l’objectif ultime d’une croissance zéro du VIH en Haïti d’ici l’année 2030.

À notre avis, cet objectif repose sur la construction d’une communauté de soutien. Nous travaillons déjà en étroite collaboration avec des organisations communautaires pour soutenir des activités profitant à toute la population. Notre programme s’articule autour de la nécessité d’atteindre les hommes, les femmes et les enfants haïtiens vivant avec le VIH, de leur offrir un traitement à vie, de les aider à se maintenir en bonne santé et d’offrir des services de prévention aux personnes les plus à risque de contracter l’infection VIH. Nos programmes travaillent avec des hôpitaux et des centres de santé, mais soutiennent également la sensibilisation communautaire afin de mieux servir les personnes vivant avec le VIH / sida, les populations clés, les bébés nés de mères séropositives, et les femmes et les hommes à risque de contracter le virus VIH / sida. Ces programmes permettent de fournir des services communautaires, soit directement, soit par l’intermédiaire d’agents spécialement nommés, qui interagissent avec les résidents par contact téléphonique, visites à domicile et clubs, tels que les clubs de jeunes et les clubs de mères. Atteindre ces populations est important pour pouvoir prodiguer des soins positifs aux PVVIH, pour s’assurer qu’ils disposent des médicaments dont ils ont besoin, et pour contrôler l’épidémie.

À la fin du mois de septembre 2019, 107 000 PVVIH recevaient un traitement antirétroviral (TAR) grâce au support du PEPFAR dans les 10 départements d’Haïti. Parmi ceux-là, 79% ont atteint la suppression de leur charge virale.

Dès cette année, et au cours des deux prochaines années, nous renforcerons cette communauté en augmentant le nombre d’organisations haïtiennes financées directement par le gouvernement des États-Unis. Nous nous aborderons également la stigmatisation de la séropositivité, en fournissant davantage de formation au personnel hospitalier et aux agents de santé communautaires sur les meilleures pratiques pour éviter la stigmatisation et pour renforcer leur compréhension du besoin de prodiguer des soins à toute personne sans jugement, sans stigmatisation. De plus, PEPFAR Haïti, par l’intermédiaire de partenaires sélectionnés, étendra ses interventions contre la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH et des populations clés, en impliquant activement les dirigeants communautaires et les organisations locales dans cette lutte. Il est aussi essentiel de former un partenariat avec les organisations communautaires, y compris des organisations religieuses, pour renforcer la réponse locale au VIH/sida.

Comme nous l’avons fait régulièrement au cours des quatre dernières années, nous continuerons également à travailler avec les organisations de la société civile, y compris des organisations laïques et religieuses, afin de discuter de la manière dont nous pouvons atteindre leurs communautés et assurer qu’elles soient informées des orientations et des progrès du PEPFAR en Haïti, et obtenir leurs commentaires et réactions. Les questions soulevées lors de ces réunions ont déjà été incluses dans le plan opérationnel du PEPFAR pour le présent exercice. À l’avenir, nous prévoyons également de faire appel aux organisations communautaires à travers leur participation au nouveau programme PEPFAR pour les petites subventions.

Nous sommes fiers qu’Haïti soit l’un des 13 pays qui ont été identifiés par le siège du PEPFAR à Washington comme un pays capable de parvenir au contrôle de l’épidémie en 2020. Notre objectif est de mettre fin à la propagation du VIH / sida en Haïti afin que 95% de ceux qui sont séropositifs connaissent leur statut sérologique, 95% de ce groupe soient sous traitement et 95% de ceux en traitement atteignent la suppression de leur charge virale. Réaliser ces objectifs est un défi de taille, en particulier lorsque le transport, la sécurité, et la communication avec nos programmes sont menacés.

Nous reconnaissons que le peuple haïtien souffre et nous déplorons le blocage actuel. «Pays lock» continue à entraver la capacité des Haïtiens à accéder aux soins de santé et à des traitements vitaux, y compris ceux de notre programme PEPFAR.  « Pays lock » contribue directement à la violence, à une flambée des besoins humanitaires et à une interruption de la vie quotidienne des familles haïtiennes. Donc, nous continuons d’exhorter toutes les parties prenantes – les leaders politique, économique et de la société civile – à œuvrer en faveur d’un dialogue inclusif, sans conditions préalables, en vue d’une solution non-violente et démocratique dans les jours à venir.

Alors, nous avons toutefois la chance de pouvoir interagir avec le Ministère de la Santé, le Programme national de lutte contre le SIDA et nos partenaires d’exécution, pour la prestation de services et l’appui à la formation. Les directives du ministère ont établi les normes en vigueur dans les hôpitaux et dans la communauté en ce qui a trait à la distribution de médicaments plus puissants, et la dispensation prolongée des médicaments aux patients stables – deux caractéristiques intégrales de notre programme de lutte contre le VIH / SIDA ici en Haïti.

Votre leadership et votre intérêt à participer à de nouvelles méthodologies sont une part importante de notre succès commun. Nous attendons avec intérêt un avenir dans lequel le gouvernement haïtien pourra assumer davantage de responsabilités financières et programmatiques dans le cadre des initiatives de lutte contre le VIH / SIDA, qui se concentreront de plus en plus sur la prévention des cas futurs et sur la garantie de la suppression virale chez les personnes infectées. Cela dépend bien sûr d’un budget fort accordé au MSPP.  Nous remercions le Ministère de la santé pour son engagement en faveur du programme VIH / SIDA, et encourageons son soutien continu à l’éducation pour la santé, afin de réduire la stigmatisation et les idées fausses, pour que les personnes séropositives se soignent et continuent leur traitement, et que tous soient bien équipés pour réduire le risque d’infection au sein des communautés. Nous espérons continuer à travailler avec vous pour relever ensemble les défis qui nous restent: comment réduire au minimum le nombre de personnes perdues de vue, qui s’égarent de nos registres, et comment retrouver plus efficacement les hommes.

Alors, en conclusion, je voudrais remercier le ministère de la Santé pour son engagement continu dans le programme VIH / SIDA. Je remercie également nos collègues présents aujourd’hui, nos partenaires, la communauté médicale, les leaders communautaires, la société civile et les PVVIH pour leur engagement continu à éradiquer la propagation du VIH / SIDA en Haïti. Nous nous joignons à tous ceux qui participent à la Journée mondiale du SIDA pour reconnaître le besoin urgent d’associer étroitement les communautés à notre action contre le VIH / SIDA afin de parvenir à un contrôle durable de l’épidémie.

Kominote yo ap fè diferans !

Merci.

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