Kerlens Tilus : Considérations sur les causes de la grandeur des Etats-Unis d’Amérique et de leur décadence

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« Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive. » (Matthieu 18 v 7)

Mardi 3 décembre 2019 ((rezonodwes.com))– Les Etats-Unis d’Amérique sont indubitablement depuis la deuxième guerre mondiale, le pays le plus puissant de la terre. Cette prédominance est politique, militaire et économique. Un grand nombre d’experts en sciences humaines et sociales croient que les Etats-Unis d’Amérique sont sur la pente descendante depuis près de deux décennies et rien ne pourra stopper cette tendance. Les Etats-Unis d’Amérique étaient reconnus comme un pays ayant pour socle le puritanisme. Peut-on dire aujourd’hui qu’ils s’accrochent aux valeurs puritaines ?

Je soumets à votre attention quelques réflexions de certains auteurs sur le puritanisme américain : « Les puritains de la Nouvelle-Angleterre se considéraient comme le peuple élu de Dieu, reprenant pour leur bénéfice exclusif la tradition chrétienne selon laquelle l’Église serait le « Nouvel Israël », la continuatrice du peuple hébreu de l’Ancien Testament. Pour eux, l’Amérique était la « Nouvelle Jérusalem », le refuge choisi par Dieu pour ceux qu’il voulait préserver de la corruption ou de la destruction générale, tandis que les Indiens représentaient les restes d’une « race maudite » que le « Démon » avait conduite lui-même dans ce continent afin de la gouverner tranquillement. Ces idées permirent parfois de justifier théologiquement les spoliations que les colons firent subir aux indigènes. »

« Le terme « puritanisme » n’a jamais désigné une Église particulière, ni même une doctrine cohérente et définie. C’est, historiquement, une forme du protestantisme, issue idéologiquement du calvinisme genevois et affirmée en Angleterre, à partir des années 1560, en réaction contre l’anglicanisme officiel jugé trop proche de « l’idolâtrie » catholique. C’est aussi, plus généralement, un état d’esprit religieux marqué par l’austérité des mœurs et la notion de la responsabilité individuelle du chrétien devant Dieu, sans l’intermédiaire d’un clergé investi d’une autorité sacramentelle. »

« Tout observateur, même superficiel, de la vie du peuple américain est frappé par la place qu’occupe la religion dans son univers mental. Déjà Tocqueville, en 1835, remarquait que les références à la Bible y faisaient partie du langage courant dans toutes les classes de la société et que personne n’y professait ouvertement l’athéisme ou l’agnosticisme, contrairement à la société française de la même époque. Un universitaire moderne, Jean Guiguet, écrivant en 1971, fait à peu près la même remarque : « la particularité la plus déconcertante des États-Unis est l’intégration de la religion à la vie quotidienne […] la religion est partie intégrante de la vie sociale ».

« Ainsi, dès l’origine, et avec des nuances, le protestantisme teinté de puritanisme est à la source de la démocratie américaine ; phénomène reconnu par tous les observateurs européens, dont Tocqueville et l’historien K.H.Tawney : « La révolution que les puritains ont opérée dans les esprits et dans les relations de l’individu avec la société trouve son reflet dans l’organisation de la démocratie américaine telle que l’ont conçue les pères de la Constitution ». Mais il est indéniable que l’esprit puritain, même s’il n’est plus aussi exclusivement lié à telle ou telle confession particulière qu’au XVIIe siècle, reste un des éléments constitutifs de la mentalité de l’homo americanus et de la société où il vit. »

Plusieurs philosophes et sociologues américains reconnaissent l’influence possible du puritanisme sur la prospérité économique des États-Unis depuis le XVIIIe siècle. Michel Duchein n’accepte pas cette généralisation et il écrit : « La thèse fameuse de Max Weber sur l’éthique protestante et le capitalisme (1901) se prête à bien des interprétations, et d’ailleurs, malgré sa célébrité, elle n’est pas un dogme intangible. On ne peut que constater que les grands États industriels de la côte Est, d’où est sorti l’essor capitaliste du pays, sont aussi ceux où les colons puritains s’étaient établis les premiers, mais ce n’est pas le cas de la Californie, ni du Texas, tout aussi prospères aujourd’hui. » Un fait est certain, les Etats-Unis d’Amérique se sont toujours présentés comme un pays qui fait la promotion des valeurs chrétiennes et qui est le champion du puritanisme même dans la vie politique. Tout individu lucide peut observer une certaine libéralisation des mœurs depuis plusieurs décennies aux Etats-Unis d’Amérique qui apparait particulièrement « malsaine et emberlificotée. » Les Etats-Unis d’Amérique ne sont plus ce pays où les dirigeants à un certain moment avaient la crainte de Dieu, malgré que nombre d’entre eux étaient des hypocrites qui cautionnaient l’esclavage des noirs, des coups d’états et des interventions militaires dans d’autres pays dans le seul souci de contrôler leurs ressources et d’enrichir une poignée d’hommes. Les Etats-Unis d’Amérique sont méconnaissables aujourd’hui.

« Au sein du protestantisme, la Guerre de Sécession marque un tournant, comme le montre l’historien Mark Noll (en) dans America’s God : From Jonathan Edwards to Abraham Lincoln : le courant évangélique nordiste, qui interprète pourtant la Bible de la même manière (principe du common sense, bon sens) que le courant sudiste, aboutit à des conclusions opposées, notamment sur l’esclavage. Cela débouche sur une séparation Nord/Sud au sein de certaines dénominations, comme en témoigne la création de la Convention baptiste du Sud, qui est aujourd’hui la principale Église évangélique américaine. Ces nouvelles confessions sont plus ou moins touchées par le deuxième (1790-1840) et troisième réveil (1850-1900), qui conduisent à l’apparition de nouveaux groupes comme les mormons, les adventistes du septième jour, les témoins de Jéhovah, les pentecôtistes ainsi que le mouvement du Social Gospel. » L’humanité a connu de grands empires et différentes civilisations. Malheureusement, rien n’est éternel. Les Egyptiens, les Assyriens, les Romains, Les Grecs ont fait leur temps. Durant les 19eme et 20eme siècles, bien des peuples et des nations se sont illustrés ; aujourd’hui, ils n’ont pas la même vitalité et ne peuvent même pas avoir la velléité de dominer le monde.

Les Etats-Unis d’Amérique ont, à peu près 70 ans au sommet de leur gloire. Aujourd’hui, ils sont bel et bien essoufflés. En 2011, avant sa réélection, le Président Barack Obama a rejeté la tendance traditionaliste qui défend la structure familiale et les valeurs traditionnelles. Le Vendredi 26 Juin 2015, dans une décision qualifiée de toutes parts d’historique, la Cour suprême des États-Unis a légalisé le mariage des homosexuels partout dans le pays. « Le président Barack Obama s’est immédiatement réjoui de cette «grande étape dans notre marche vers l’égalité». «C’est une victoire pour l’Amérique», a-t-il déclaré depuis les jardins de la Maison-Blanche, en félicitant tous ceux qui ont «passé des années, voire des décennies, à travailler et prier pour que le changement intervienne». «Nous ne pourrions pas être plus fiers», a renchéri le vice-président Joe Biden, qui plaidait pour le mariage pour tous. »

Nous avions vu dans l’histoire universelle que la décadence et la chute de nombreux empires et de grandes puissances s’explique par une dégradation dans les valeurs humaines sur le plan moral, social et spirituel. Durant ces trente dernières années, les Etats-Unis d’Amérique ont provoqué la mort des dizaines de millions d’innocents de par l’application de la politique de prédation un peu partout dans le monde. Le visage inhumain du néolibéralisme, de la mondialisation néolibérale et de l’impérialisme dont les Etats-Unis d’Amérique est le champion fait des millions de morts de par le monde à cause des guerres inutiles et des pratiques cautionnant le terrorisme, les réseaux de la criminalité organisée, ainsi que les trafics illicites. L’Organisation des Nations Unies, le FMI, la Banque Mondiale et d’autres agences internationales qui se disent s’engager pour un monde plus juste, contre la pauvreté et l’autodétermination des peuples sont les mêmes organisations qui cautionnent la prédation et servent de paravent pour les prédateurs comme l’Angleterre, la France et les Etats-Unis d’Amérique.

Les soit disant évangéliques puritains étasuniens soutiennent aujourd’hui une droite belliqueuse qui détruit tout sur son passage. La corruption est à son apogée, malgré cette apparence de bonne gouvernance. La mise en accusation du Président Donald Trump montre à quel point les deux parties ténors de la politique américaine, démocrate et républicain sont insensibles aux souffrances d’une population qui requiert l’amélioration de leurs conditions de vie. En 2018, selon des statistiques officielles, 12,3% de la population, soit 39,7 millions d’Américains étaient touchés par la pauvreté. 29 millions de personnes n’ont pas de couverture maladie, alors que le budget pour la défense avoisine 693 milliards de dollars en 2019 et pourra s’élever à 718 milliards en 2020. A rappeler que les Etats-Unis d’Amérique est la première puissance mondiale.

Les Etats-Unis d’Amérique sont confrontés « à une crise d’efficacité du système, qui ne peut produire de bons outputs puisque ses mécanismes internes de décision sont brouillés par la division politique. » Quand les hommes diront : Paix et sureté ! Alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l’enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n’échapperont point. (1 Thessaloniciens 5 v 3). Même quand cette histoire d’autorité morale dans le monde était une farce que tout le monde engobait, aujourd’hui, les Etats-Unis d’Amérique ont perdu leur leadership moral et leur influence sur la scène internationale. Les Etats-Unis d’Amérique imposent aux pays appauvris qui sont sous le joug de l’oppression les mœurs déliquescentes.

Ce transfert est effectué à travers Hollywood et leur grand réseau d’ONGs. Un pays qui sème la pagaille chez les autres pour satisfaire la gloutonnerie d’une poignée de gens ne saurait être moral. Le puritanisme américain est en déclin et le pays est sur la pente descendante. A partir de Janvier 2020, nous publierons une série d’articles sur le thème : Considérations sur les causes de la grandeur des Etats-Unis d’Amérique et de leur décadence.

Quand la grande majorité des Américains réaliseront que leur pays est en perte de vitesse, ils chercheront un bouc émissaire. Et, ils seront portés à questionner l’abandon du puritanisme et des valeurs traditionnelles. La division politique entre démocrates et républicains finira par affaiblir davantage les Etats-Unis d’Amérique, en plus de la libération des mœurs qui est une tragédie qui sape la société américaine jusque dans ses bases.

Kerlens Tilus 12/03/2019

Snel76_2000@yahoo.com

Tel : 631-639-0844

1 COMMENT

  1. C’est un très bon texte! Mais, le début de la chute laisse un goût amer. L’appréciation ne tombe pas à point nommé. Parait-il, dans tous les pays du monde, sauf de très rares exceptions, les peuples ne se différencient pas.

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