« Haïti : situation explosive après deux mois de révolte » analyse le journal catholique La Croix

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« Seul le départ du président, Jovenel Moïse, semble à même de permettre une désescalade » La Croix.

« Dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, où plus de 60 % de la population survit avec moins de deux dollars par jour, la situation économique est catastrophique, malgré les promesses de campagne du président Jovenel Moïse… » La Croix.

… »les prisons haïtiennes sont les plus surpeuplées au monde… » La Croix.

… »les accusations de corruption pour détournements de fonds se sont multipliés contre le président, via certaines de ses entreprises… » La Croix

Désormais, il n’est plus un secret pour le monde entier que Jovenel Moise a vulgarisé et institutionnalisé la CORRUPTION en Haïti en l’espace de ses 18 mois à la tête du pays. Il fait partie de la solution du problème…

Dimanche 3 novembre 2019 ((rezonodwes.com))–Haïti connaît un mouvement de contestation fort depuis deux mois, qui a fait au moins 42 morts. La colère née d’une pénurie d’essence s’ajoute à l’exaspération liée à la corruption et à l’inflation galopante. Seul le départ du président, Jovenel Moïse, semble à même de permettre une désescalade.

Dans ce pays parmi les plus pauvre du monde, où plus de 60 % de la population survit avec moins de deux dollars par jour, la situation économique est catastrophique, malgré les promesses de campagne du président Jovenel Moïse, en 2016, d’améliorer le quotidien de ses concitoyens. Cet homme d’affaires de 51 ans, qui a réussi dans le commerce de la banane, a été élu en novembre 2016, avec 55 % des voix – mais un taux de participation au scrutin seulement d’à peine plus de 21 % – suscitant un certain espoir lors de sa prise de fonction, en février 2017.

Au lieu de cela, l’inflation galopante a franchi la barre des 20 %, en août dernier, alors que la monnaie nationale, la gourde, a perdu un tiers de sa valeur face au dollar en à peine un an. En outre, à la suite de la publication d’un rapport de la Cour des Comptes, les accusations de corruption pour détournements de fonds se sont multipliés contre le président, via certaines de ses entreprises, et contre d’anciens ministres ou hauts fonctionnaires.

C’est toutefois une longue pénurie d’essence, entre la fin du mois d’août et le 2 septembre, qui a fait basculer le pays, s’ajoutant à tous ces motifs de colère. Depuis deux mois, au moins 42 personnes ont été tuées et près de 200 autres blessées par balle et armes blanches, selon le Réseau national de défense des droits Humains.

Haïti est entièrement paralysée, des barricades ont été dressés sur les axes principaux, les écoles gardent portes close. Plus grave, plusieurs établissements pénitentiaires n’ont plus de quoi nourrir les détenus en raison de difficultés d’approvisionnement. Dans les prisons haïtiennes, les plus surpeuplées au monde, la situation est devenue explosive.

Que réclament les manifestants en priorité ?

De plus en plus impopulaire, critiqué pour son train de vie, autant que pour sa politique inefficace, le président haitien est devenu la cible des manifestations qui réclament son départ dans un pays incapable de trouver une stabilité politique.

Haïti connaît en effet depuis l’an passé, une valse de premiers-ministres. En juillet 2018, après une tentative du gouvernement d’augmenter le prix des carburants, puis des violences meurtrières, le chef de l’exécutif (Primature) Jack Guy Lafontant démissionne (NDLR: contraint de démissionner). Son successeur, Jean Henry Céant, en fait de même en mars 2019, six mois à peine après sa nomination, en raison de la multiplication des violences et à la suite d’un vote de défiance du Parlement [NDLR : Gary Bodeau jouait le jeu du Palais national].

Suivront d’abord Jean-Michel Lapin, incapable d’obtenir une investiture qui jette l’éponge le 22 juillet [NDLR: pour devenir aujourd’hui un premier-ministre de facto et sans aucune autorité légale pour faire des nominations dans l’administration publique à commencer par le DG a.i. de la PNH].

Après Lapin, vint nèg kabrit’la, Fritz William Michel ancien cadre de la Planification, qui obtient, début septembre, la « confiance » des députés. Mais il n’a pas toujours été investi ni n’a présenté de programme politique. [NDLR: des pourboires seraient distribués à des sénateurs et une sénatrice pour voter à main levée nèg kabrit’la].

Qui participe à ce mouvement de contestation ?

La majorité des manifestants sont issus des quartiers les plus pauvres. « Les revendications se sont radicalisées à un point qu’elles ont pris l’allure d’une lutte de classe« , commente ainsi Marc-Arthur Fils Aimé, directeur général de l’Institut culturel Karl-Levêque.

Dans les rues des principales villes du pays, on trouve également des universitaires, des artistes, des représentants religieux, des policiers, des sympathisants de partis politiques ou d’organisations luttant contre la corruption, des ouvriers du secteur textile…Tous réclament le départ du président, mais aussi de meilleurs salaires et conditions de travail.

8ème semaine de « pays-lock« 

Avec quel stratagème viendra le trio de facto Lapin, Aly et Agénor pour faire croire à un possible redémarrage tranquillement des activités quand le problème reste et demeure entier. Entre-temps, la police de façon très intéressée participe au déblocage des rues et n’hésite pas à faire usage de balle réelle pour décourager les manifestants.

Jovenel Moise a-t-il jeté son dévolu sur le prochain organe de presse avec lequel il pense s’entretenir avec questionnaire en main des différentes réalisations à effectuer avant la fin de son mandat de 5 ans, comme ses fanatiques se plaisent à répéter ? Toutefois, même avec un « open book« , on n’obtient pas toujours un A+ aux examens de passage, le « timing » en est pour beaucoup.

avec La Croix

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