Jovenel Moise s’assure de la descente aux enfers d’Haïti, mais la contestation populaire ne faiblit pas

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Des rassemblements épars se sont convergé au Champs de Mars pour continuer d’exiger la démission du Chef de l’État Jovenel Moise, accusé d’avoir instauré le régime le plus corrompu de la Caraïbe. Au moins 1 mort et 5 cas de blessés par balles ont été enregistrés.

Port-au-Prince, jeudi 17 octobre 2019 ((rezonodwes.com))–Après le rendez-vous manqué au Pont-Rouge avec l’Empereur Jacques 1er à l’occasion de la 213ème commémoration de son assassinat, dans les rues de Port-au-Prince, des manifestants ont déferlé, jeudi, pour exiger le départ du Président Jovenel Moise, passé pour être le vrai ennemi public #1, selon des leaders du mouvement de contestations.

Partis des quartiers difficiles de Cité Soleil, du Bel-Air, de Solino, de Jalousie, de Morne Hercule,  de Martissant, du Village Solidarité des groupes ont afflué le carrefour Aéroport pour viser le Champs de Mars. Dominée par une ambiance de carnaval, la foule n’a pas lésiné sur les moyens à engager pour exprimer leur ras-le-bol de ce régime qualifié de « je-m’en-foutiste« . Pancartes aux propos injurieux, t-shirts flanqués de messages à l’encontre du pouvoir, banderoles aux contenus accrocheurs commandaient le défilé.

Le sénateur du Sud’ Est, Ricard Pierre aux commandes d’un groupe de Cité Soleil maintient la position de ses pairs en ce qui concerne l’avenir du Chef de l’État Jovenel Moise au Palais national. ‘’Il est inconcevable que le Président dénonce un système, alors que ce même système l’a propulsé aux timons de l’État. La campagne électorale de 2016 en dit long sur les relations de Jovenel Moise avec une frange de l’élite économique’’, a balancé Ricard Pierre.

La machine de la violence sans frein

En dépit d’un exercice populaire pacifique, des cas d’assassinat et de barbarie ont été  signalés. En marge des manifestations, des contestataires ont été pris pour cible par des inconnus armés. À Bourdon, deux personnes ont été blessées par balles, l’une d’entre elles avant d’être conduite à un centre hospitalier a succombé à ses blessures. À Frères, une attaque armée a causé 2 blessés. D’autres cas de blessés ont été également répertories dans les provinces.

À Léogane, des images virales exposent le sous-commissariat de la ville sous les flammes. Des manifestants ont pris d’assaut le bâtiment, à la suite des rumeurs pertinentes sur l’assassinat d’un jeune. Au final, les agents de l’ordre ont été contraints d’abandonner le poste.

À Petit-Goave, les funérailles d’un manifestant ont été transformées en manifestation. Des opposants au pouvoir ont barricadé la ville, jusqu’au soir du jeudi.

À Saint-Marc, les obsèques du jeune Joubert (16 ans) ont tourné en mouvement de protestation. Les adversaires du pouvoir menaçaient d’incendier une propriété de l’ancien Président Michel Joseph Martelly, sous la surveillance des forces de l’ordre.   

Aux Gonaives, le local d’une station à essence en phase de mise en service, appartenant au nouveau Délégué Départemental de l’Artibonite, fraîchement installé à la cloche de bois dans ses fonctions, a été la cible de nombreux manifestants très remontés contre le régime de Jovenel Moise, bon à faire des promesses et de nouveaux corrompus, selon eux au dépend d’une population misérable.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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