Haïti : Reporters Sans Frontières extrêmement préoccupé par les persécutions et vagues d’assassinat de journalistes sous le régime de Jovenel Moise

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Encore un autre dossier qui va être classé dans les tiroirs de « l’Enquête se poursuit », est-ce un aveu d’échec ou de faiblesse ? « Nouvel assassinat de journaliste en Haïti » rapporte « Reporters Sans Frontières » dans un texte publié jeudi, moins de 24 heures après le lâche assassinat du journaliste Néhémie Joseph.

Le journaliste Néhémie Joseph a été assassiné le jeudi 10 octobre 2019 dans la ville de Mirebalais (centre du pays). Il s’agit du deuxième journaliste tué cette année en Haïti. Reporters sans frontières (RSF) est extrêmement préoccupée par l’intensification des attaques contre la presse dans ce pays et appelle les autorités à renforcer la protection des journalistes sur l’ensemble du territoire.

Dans le classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2019, Haïti a glissé à la 62ème place sous le régime Tèt kale 2 pensant vouloir remettre en cause les acquis du 7 février 1986.

Samedi 12 octobre 2019 ((rezonodwes.com))–Ce jeudi 10 octobre 2019, le journaliste Néhémie Joseph a été assassiné à proximité du parc de Bayas, dans la municipalité de Mirebalais (centre du pays). Des individus armés l’ont abordé puis forcé à se loger dans le coffre de son propre véhicule, avant de l’atteindre mortellement de trois balles.

Néhémie Joseph était journaliste pour la radio Panic FM à Mirebalais et correspondant permanent dans le département du centre pour la radio Méga, basée à Port-au-Prince. Selon les premiers témoignages recueillis, il avait récemment signalé sur les réseaux sociaux et sur des forums de discussion faire l’objet de menaces de mort de la part de certains individus de Mirebalais. Il était très critique du gouvernement en place et dénonçait régulièrement la mauvaise gestion de la crise politique par les autorités locales.

Les autorités haïtiennes doivent de toute urgence identifier les auteurs de cette sordide exécution, déclare Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de RSF. “Les conditions de travail des journalistes haïtiens qui couvrent la crise sociale dans le pays sont extrêmement dangereuses et préoccupantes. Le gouvernement doit assurer leur sécurité sur tout le territoire, et veiller à garantir la liberté d’informer, vitale pour l’ensemble des haïtiens en cette période trouble”

Ce second meurtre de journaliste, après celui de Pétion Rospide (Radio sans Fin) , le 10 juin 2019, intervient dans un contexte de graves tensions en Haïti: depuis plusieurs mois, les protestations, souvent violentes, se multiplient à travers le pays contre le président Jovenel Moïse, empêtré dans des affaires de corruption. Les journalistes haïtiens sont particulièrement vulnérables et régulièrement pris pour cibles lors de ces manifestations.

En juin 2019, les studios des radios Télé Zénith et Radio Télé Ginen étaient attaqués par des groupes armés. Le 16 septembre, Elmon Zidor, journaliste pour la radio Hozana FM, était poignardé à Jacmel (sud du pays). Le 23 septembre dernier, le sénateur Jean-Marie Ralph Fethière, élu du “Haitian Tèt Kale”, le parti au pouvoir, ouvrait le feu devant le Parlement pour disperser la foule et blessait un photographe de l’agence Associated Press (AP). Le 30 septembre, Edmond Agénor Joseph, cameraman pour Radio Sans Fin, était grièvement blessé par balle alors qu’il couvrait une manifestation.

Enfin, RSF rappelle que le reporter photographe haïtien Vladjimir Legagneur est porté disparu depuis le 14 mars 2018, et qu’aucune avancée significative n’a été communiquée par les enquêteurs. Haïti occupe la 62ème place au classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2019.

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