Des orientations pour le développement durable et la fin de la médiocratie en Haïti !

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Emprunter les voies de la compétitivité, de l’esthétique, de l’excellence et de la justice sociale s’inscrit, dans cette ère de modernité, comme une planche de salut incontestable pour émerger, changer de trajectoire économique et atteindre des niveaux de croissance soutenable et un développement autonome équilibré.

Lundi 7 octobre 2019 ((rezonodwes.com))– Aucun pays ne peut sortir du cercle vicieux de la pauvreté abjecte et de l’indignité ignominieuse s’il ne divorce d’avec les pratiques de nivellement par le bas et de « médiocratisation » de ses habitants et de ses institutions. Les comportements médiocres détruisent les rêves et les incitations des enfants et des jeunes à atteindre des niveaux d’éducation et de compétence suffisants, susceptibles de favoriser la sortie du pays de du dénuement économique.

Même si des économistes contemporains s’opposent à sa thèse, le professeur Robert Lucas, prix Nobel d’Economie en 1995, a évoqué un seuil minimal d’éducation à atteindre pour sortir de la trappe du sous-développement. L’un des pionniers de l’Economie du développement, Paul Rosenstein, a étayé une théorie similaire quand il a mentionné l’absence des relais dans des activités complémentaires comme le véritable piège de « trappe à la pauvreté » qui n’ont pu drainer des effets d’entrainements substantiels, à la suite des investissements industriels.

Trente-trois (33) ans de transition d’une dictature barbare à une soi-disant démocratie, Haïti n’arrive toujours pas à pratiquer le béaba de la stabilité sociale et du développement.  Les institutions publiques et privées, les instances partenaires dont les organisations internationales et les organisations non gouvernementales, sont cloitrées dans des projets de saupoudrage, sans effets durables, qui ne puissent aboutir à des résultats soutenables. Nous devons définitivement cesser d’être le seul pays de l’Hémisphère à croupir dans cette misère infâme.

Il vient le temps de lancer des signaux crédibles, visant à changer le décor social, pour passer du paradigme « Pito Nou Lèd Nou la », à l’alternative du « Nou Dwe Santi Bon ! ». Cette nouvelle tendance, à véhiculer par toutes les institutions, dans des actions concrètes, faciliterait un véritable saut qualitatif et permettrait d’explorer les talents, exposer la beauté et rehausser l’éclat des valeurs et de la qualité des humains et des richesses naturelles et culturelles de notre pays historique, première République Noire, indépendante depuis plus de deux siècles.

Les infrastructures, facteurs nécessaires du développement, mais non suffisants !

De nombreux économistes, dont le prix Nobel d’économie de 2006, Edmund Phelps (Princeton University Press, 2013), placent la construction des infrastructures économiques et sociales en pole position parmi les facteurs clés de la croissance et du développement soutenable, notamment à travers les effets positifs qu’elles génèrent et par la créativité humaine qu’elles tendent à promouvoir. Les économistes Calderón et Servén[1] (2014), dans une étude d’évaluation d’impact portant sur 100 pays, pour le compte de la Banque Mondiale, ont abouti à des résultats affichant des liens consubstantiels entre le développement et le stock quantitatif et qualitatif des infrastructures. Ces chercheurs avaient répliqué leur modèle sur des pays de l’Afrique Subsaharienne pour exhiber des interactions similaires, tout en accentuant les effets de réduction des inégalités sociale qui résultent de l’érection des infrastructures. Le professeur à MIT, Daren Acemoglu[2] (2005), a abondé dans le même sens, en soutenant, en particulier, l’importance des institutions dans l’attraction des investissements et l’acquisition d’un meilleur niveau de capital humain pour assurer le développement endogène. Les institutions étant définies comme les règles et les valeurs fondamentales qui gouvernent les sociétés.

A la lumière de ces faits stylisés et ces thèses scientifiques plausibles, la mise en œuvre des projets de construction des infrastructures économiques et sociales et l’application des règles et des normes, se dressent à la croisée des chemins entre les économies asthéniques et les économies émergentes. Evidemment, la croissance de long terme et le développement soutenable nécessite un mariage sincère entre les infrastructures et les progrès technologiques, afin de favoriser l’appropriation des outils par un capital humain adéquat qui puisse saisir les dynamiques techniques et technologiques. Mais, déjà, les infrastructures à elles seules garantissent à court terme des changements consistants dans les niveaux de vies de la population. Robert Barro de la Harvard et Xavier Sala-i-Martin de la Columbia University, soutiennent que le capital par employé, les épargnes relatives aux retombées positives de la technologie, et la productivité, devraient connaitre des améliorations, au même rythme. Evidemment, des conditions et des mesures d’accompagnement doivent être greffées à la vague de la construction des infrastructures.

Dans la perspective de marquer, en Haïti, le virage tant espéré vers la modernité et vers des conditions de vies décentes, des agendas loyaux, incorporant des plans de constructions d’hôpitaux, de logements sociaux, de routes, de campus universitaires, de complexes de jeux, de cinémas, de théâtres, de bibliothèques, de parcs sportifs et de centres de loisir, doivent être planifiés et exécutés, en référence aux standards internationaux. Parallèlement, des jeunes professionnels devront être dotés de formations techniques et technologiques intensives portant sur la maintenance, le pilotage, la gestion et le suivi efficaces, en vue de garantir les fonctionnements réguliers des machines et des appareils liés à de telles infrastructures. Des positionnements stratégiques sur les marchés de services d’externalisation (BPO, ITO) en seraient un produit dérivé qui découleraient de ces programmes de formations au profit des jeunes et des professionnels bénéficiaires.

Profiter de la transition politique pour amorcer le changement des comportements

Un campus universitaire moderne à l’instar de celui offert en 2012, à Haïti, par la République Dominicaine, a coûté seulement 30 millions de dollars ; un hôpital de classe, à calqué sur celui de Mirebalais, aurait nécessité une enveloppe de moins que 25 millions de dollars ; un vrai stade et un complexe de loisirs de niveau standard ne coûtent pas des montants exorbitants. A titre d’exemple, Accra Sport Stadium, stade de football de 40 milles places à Ghana, construit en 2010, a nécessité un montant de 26.67 millions de dollars ; le stade de Bamako, Mali, de 60 milles places, bâti en 2001, a sollicité un budget de seulement 30 millions de dollars. En 2010, 7.5 millions d’euros ont été alloués pour construire le multiplexe d’Agen, France, de 5160 mètres carrés, doté de 10 salles de cinémas, de capacité de 1650 fauteuils et d’un restaurant de 900 mètres carrés.

En référence à ces exemples, on parvient à conclure, sans erreurs, que la saleté, la précarité et la crasse des structures et infrastructures économiques et sociales du pays, ne résultent pas dans la pauvreté du trésor public, mais plutôt dans les têtes et les cœurs d’une élite économique ignoble et d’un ensemble de politiciens de vision bornée, de mauvaise mœurs et dépourvus du sens de l’intérêt commun, qui se confortent à concevoir des projets bidon uniquement au profit de leurs propres intérêts mesquins.  Ces êtres, sans science ni conscience, sont conscients de leur myopie, leur indifférence et leur stupidité, uniquement quand ils sont soudainement pris au dépourvu par une fièvre ou une hypertension qui nécessitent des soins, en urgence, qu’ils sont obligés de s’en procurer à Bernard Mevs ou à l’hôpital du Canapé Vert.

Permettons de prendre ces deux exemples choquants qui vont suivre, pour établir une parallèle entre ceux qui s’enrichissent même illicitement mais qui manifestent un sentiment d’attachement à leur espace vital, comparés aux nantis Haïtiens qui n’entreprennent aucun projet qui aurait capté l’amour et la sympathie de leur population.

  1. La captivité du remarquable narcotrafiquant Colombien, Pablo Iscobal, en 1993, ne laissait pas la population colombienne indifférente. Trafiquant, bandit, criminel, certes ; mais, ce capitaine du Cartel de Medelin, avait l’admiration de beaucoup de familles colombiennes, car il leur construisait des logements sociaux, des hôpitaux et des écoles.
  2. L’argent « sale » du sénateur corrompu Felix Bautista[3], qui faisait son beurre en Haïti, a été injecté dans l’économie Dominicaine. En dépit de l’éviction et la marginalisation politique de ce mauvais multimillionnaire, ancien financeur corrompu de la campagne électorale du régime politique PHTK, certaines entreprises dominicaines, notamment les siennes, continuent de fonctionner et de générer des profits.

Parallèlement, ils sont des dizaines de narcotrafiquants Haïtiens à avoir été capturés par la DEA, des dizaines de ministres trempés dans des détournements de fonds de l’ordre de 20 millions, 50 millions, 100 millions de dollars et plus. Pourtant, combien d’hôpitaux, de parcs de jeux, de centres de loisirs, de logements sociaux, d’écoles professionnelles, d’universités et de stades, ces personnalités honteuses ont-elles facilités à Haïti. Absolument aucune, sinon une toute petite exception à La Gonâve qui avait énormément contribué aux deux sacres consécutifs 2002 et 2003 du club de Football de Roulado au championnat national de première division. Comme cela a été le cas de Guy Philippe, le dossier de Savil Dessaint[4] a été dévoilé au grand jour, toujours avec les mêmes investigations de complicité subalterne BLTS-DEA.

On ne fait pas ici l’éloge de comportements déviants, contraires aux principes démocratiques et aux Droits de l’Homme. L’objectif consistait plutôt à relater les différences dans les résultats économiques et sociaux occasionnés par ceux qui afficheraient des comportements et des sentiments d’appartenance, quitte à ce que leurs pécules soient entretenus par le vol, le pillage ou le trafic illicite. D’ailleurs, lorsque les corrupteurs et les corrompus sont captivés par la DEA, la CIA ou le FBI, l’argent dont ils disposent, en banque ou sous les matelas, ne les suivent certainement pas en prison ; leurs familles, non plus, ou leurs pays n’y sont jamais sortis bénéficiaires. Les millions engrangés par ces « égarés » qui se croient intelligents, ne sont certainement pas jetés dans la mer. Vous en connaissez les suites.

C’est de ces comportements désinvoltes de nos stupides millionnaires que Gary Victor a, sans ambages, enfanté le néologisme de « Crème des kokorat ». Le romancier, à juste titre, a épilogué dans son éditorial, que l’on aurait pu être un corrompu, un bandit légal ou illégal, sans pourtant être un véritable kokorat. Contrairement aux dealers et aux dilapidateurs Colombiens ou Dominicains, les dilapidateurs Haïtiens réunissent malheureusement tous les mauvais attributs, simultanément. Ils volent, dilapident, dévorent les caisses de l’Etat ; pourtant, ils achètent leurs maisons à la Floride, ils investissent leur argent en Europe, en République Dominicaine. Les plus chanceux en jouissent pendant cinq ou dix ans, avant de finir en tôle chez l’Oncle Sam, pour se faire par la suite décapitaliser et expulser au bercail, sans un sou. De vrais Boukis !

Aujourd’hui par exemple, se pose-t-on les questions de savoir, après avoir pillé le trésor du pays, où vivent actuellement les anciens officiels Haïtiens? Ils ne possèdent pas d’entreprises au terroir, sinon éventuellement un pied à terre pour « joffrer » la possibilité de refaire surface dans les prochaines élections et les prochains gouvernements. Toutes leurs entreprises « hypothéquées » se retrouvent chez l’Oncle Sam, mais aucune chez leurs oncles ; à Punta Cana, mais aucune a Canaan ; à Santiago, mais aucune à Marigot ; à l’Ile Turcs and Caicos, mais aucune à l’Ile a Vache. Ces cons détrônent Ducobu et Tonton Bouki ! Le dirigeant Haïtien se comporte comme un véritable passager clandestin qui se perd dans des entreprises clandestines, dans le blackout aveugle, dans la crasse et la boue immonde.

A qui profitent les millions de dollars gérés par les nombreuses entités de l’Etat ?

A l’émission « Le Point » de la Télé Métropole[5], le sénateur cowboy, Willot Joseph, a dévoilé, dans la honte, une liste de ministères et d’organismes autonomes selon leurs patrons du Grand Corps, ses pairs, ses compères et pères conscrits du Sénat. Les millions de dollars collectés et gérés par ces entités enrichissent les poches des députés, des sénateurs, des ministres, des directeurs généraux et des officiels de ce régime pourri par le virus venimeux de la corruption.

Quand on sait que le BMPAD, le FAES, l’ONA, la BRH, le FDI, la Sonapi, l’AGD, la DGI et l’APN s’appauvrissent, se dessèchent et se déshydratent en finançant des projets flous, aux coûts onéreux de dizaines et de centaines de millions de dollars, au profit de certains clics du secteur privé, dans l’intérêt de la présidence et de manœuvriers politiques de l’office bicaméral, il y a matières à questionner la bonne foi et le sens de l’intérêt collectif des gouvernants de ces institutions, de connivence avec des officiels corrompus, qui ne peuvent mettre le bien-être collectif au premier plan.

L’argent ne saurait être le véritable obstacle à l’érection des infrastructures éducatives, sanitaires, culturelles et sociales, de standard international, dans la Capitale et les autres régions géographiques du pays. En plus du seul problème quintuplé de corruption, dont le chef de file a fait mention comme seule source du retard de développement d’Haïti, les dirigeants Haïtiens baignent dans un « menfoubinisme » surprenant qui les tient prisonniers dans une alliance siamoise avec la médiocrité, la laideur, l’imperfection et le « bouilli vidé ».

Cette crasse et cette médiocratie révoltante côtoyées quotidiennement et exposées en permanence, dans les caméras des journalistes nationaux, étrangers et portées piteusement par devant des fondations internationales, par des prétendus bienfaiteurs et institutions caritatives qui en font leur beurre sur la vulnérabilité d’autrui, sont alimentées par une myopie et une petitesse cervicale de ceux qui détiennent les clés des fonctions régaliennes de la Cité. 

Des Organisations internationales et des ONGs pullulent, pour résoudre véritablement quels problèmes ?

Les missions des institutions internationales, très nobles et fascinantes sur du papier, mettent le focus sur l’éradication de la pauvreté, les intégrations économiques régionales, l’égalité des chances, la justice sociale, la protection de l’enfance, l’encadrement de la jeunesse, la promotion des talents sportifs et culturels, l’émergence et le support aux entreprises, aux entrepreneurs, etc. Ces institutions multilatérales dont la Banque Mondiale, le FMI, l’USAID, les multiples agences des Nations Unies (FNUAP, UNICEF, UNESCO, …), l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI), la BID, l’Union Européenne, ont développé des coopérations avec Haïti qui ont déjà soufflé cinquante, soixante, voire soixante-dix bougies. Dans leurs pratiques de persuasion, ces institutions ont tenu des plaidoyers auprès de gouvernements et de fondations internationales pour disposer des enveloppes de centaines de millions de dollars, chaque année, soi-disant pour remplir leurs belles missions. Pourtant les produits résultant de ces coopérations cinquantenaires et sexagénaires, sont très médiocres.

Malgré la présence séculaire de ces institutions qui disent programmer et mobiliser, chaque année, des centaines de millions de dollars dans tous les secteurs, Haïti n’arrive pas à compter un seul stade, un campus universitaire, un hôpital, ni un centre professionnel compétitif. S’agirait-il d’une méchante hypocrisie ou d’une incompétence légendaire des chefs de projets et des représentants de ces « nobles » institutions internationales ?

A quelques rares exceptions, au lieu de concentrer les énergies sur des projets soutenables, la plupart des institutions internationales se confortent de préférence dans des activités de saupoudrage. Ces pratiques donnent raison aux critiques de l’aide étrangère, notamment Tibor Mende qui clame que l’aide charitable ou de secours volontaire, risque très souvent de ne s’attaquer qu’aux symptômes.  Probablement, une telle approche fait les affaires des bailleurs, en assurant leur maintien, leur existence et leur ingérence dans la mal gouvernance et le contexte économique délétère des plus vulnérables, ad vitam aeternam. L’illustre économiste William Easterly, ancien conseiller sénior de la Banque Mondiale, ne cesse de questionner les intentions et les incitations non dévoilées des bailleurs de fonds.

L’aide au développement passé au peigne fin, par les lunettes analytiques de certaines sommités scientifiques

Pour inscrire notre démarche dans un cadre méthodologique plus convaincant, nous présentons, dans cette partie du texte, des points critiques de ressemblance et de divergence d’un ensemble de chercheurs et d’économistes intéressés par l’aide au développement.

Tibor Mende (1975) a observé l’effet inverse des objectifs cachetés dans l’enveloppe de l’aide étrangère, en mettant en évidence l’évasion des capitaux au Sud vers le Nord. Haïti en serait un cas patent dans ce constat étonnant, notamment après le séisme, quand on se rappelle que des fonds énormes ont été injectés, mais retournés aux mains et aux poches d’où elles provenaient, juste par des écritures comptables. On se demandait combien de centimes nourrissaient véritablement les poumons de cette économie asthénique pour chaque dollar de l’aide injecté. Au vu des résultats, même si les statistiques ne sont pas clairement disponibles; on est convaincu que très peu a été vraiment destiné aux plus nécessiteux. Les propos irresponsables de l’ancien premier ministre Haïtien, Jean Max Bellerive – grand entrepreneur en République Voisine, sans une boutique en Haïti – dans le film documentaire « Assistance Mortelle », avait fait état d’un échec de coordination et d’une absence de leadership cuisantes de l’Etat, incapable de canaliser et concerter les actions des myriades d’ONGs, sans agenda réel, qui envahissaient le territoire. De cette coordination, sans vision, sans leadership, allait être marquée l’une des plus grandes faillites de gestion financière au pays, le fameux CIRH.

Pourquoi l’aide ne donne pas les résultats « escomptés » ? D’autres critiques, versés entre la sociologie et le développement, tels que Gilbert Rist, mettent en doute une relation directe entre l’aide et le développement. Gilbert Rist (2001) supporte de préférence des changements structurels dans les modes de vie, les relations sociales, la santé et l’éducation comme facteurs clés au développement. Sur cet aspect, Gilbert Rist aurait entièrement raison si on devait restreindre en particulier sa remarque aux dirigeants, effectivement, qui adoptent des attitudes de retardés, de médiocres subalternes, contraires aux prérequis prescrits par les valeurs culturelles et patriotiques pour matérialiser la vision du développement endogène au sens de Gilbert Rist.

Des directeurs, des représentants d’organismes autonomes, des ministres et des entrepreneurs, gèrent des centaines de millions de dollars ; pourtant un hôpital ne peut être construit, aucun stade ; aucun complexe de loisir, aucun centre de divertissement. Donc, il s’agit incontestablement d’un problème de mentalité et d’identité des détenteurs des clés de l’exécution des projets publics.

S’il est vrai que de nombreux modèles économiques du développement ne permettent pas d’atteindre un niveau de croissance équilibrée, ils permettent toutefois de cerner les raisons et les facteurs d’obstacles. Par exemple, le modèle de Solow qui encourage des investissements massifs dans les infrastructures, très présent dans la pratique des multinationales, n’est pas suffisant pour aboutir à la croissance désirée. Comme l’ont avancé des économistes tel que Paul Romer, il faut accompagner de tels investissements d’un niveau de capital humain capable de cerner les mutations techniques et technologiques. Dès lors, la dotation dans les aptitudes des sciences de base, est devenue un projet fondamental.

Le temps de la sincérité dans les interventions humanitaires et structurantes s’impose !

Un simple coup d’œil furtif, dans les caisses des organismes autonomes et dans les portefeuilles des multinationales et des coopérations internationales, infirmerait l’hypothèse de manque de fonds disponible pour concrétiser les projets publics. En effet, des dizaines et des centaines de millions de dollars sont alloués, selon des fréquences annuelles, à des agences d’exécution, pour ne donner, à la fin des fins, aucun résultat probant ou de très faibles, en comparaison à leurs gigantesques budgets.

Un nouveau leadership, se rapprochant du style du leader Rwandais, Paul Kagame, nous est prescrit, afin de contraindre les organisations internationales et les ONGs à remplir convenablement les missions qu’elles exposent dans des présentations PowerPoint et transcrits dans de beaux documents, seulement en théorie.  Des objectifs sincères colportés sur des approches de suivis efficaces, à assurer par des hommes et des femmes de forte personnalité, doivent permettre de transformer concrètement, en pure réalité, les rêves et les projets innovants de belles villes, de beaux stades, d’hôpitaux ultramodernes, de centres de loisir et de divertissement, vendus et visibles uniquement via les maquettes multicolores.

Les résultats désastreux enregistrés, connus avec ces organismes internationaux, donnent raison aux farouches opposants qui qualifient l’aide internationale, d’argent versé à des pourceaux. D’un autre côté, comme le soutiennent des tenants de cette approche judicieuse de coopérations entre des pays du Nord et ceux du Sud, ce n’est pas l’aide en soi qui est le problème ;  mais les conditions dans lesquelles et les façons dont elle est administrée.

Par exemple, de nombreux pays ont fait taire les critiques et les opposants du programme d’ajustement structurels de la Banque Mondiale et du FMI. L’histoire regorge de beaucoup de cas de succès provenant des prêts d’ajustement structurel. Des aides de la Banque Mondiale et du FMI avaient permis au Ghana, à travers 19 prêts d’ajustement structurel de passer d’une croissance négative de 1.6 % entre 1961 et 1983 pour maintenir une croissance positive de 1.4% de 1984 à 1994. Au cours de la même période, 1980-1994, l’économie de la Mauritanie a dépeint un tableau reluisant, marqué par une croissance économique annuelle per capita de 4.3%, suite à sept (7) prêts d’ajustement structurel. La Thaïlande en a reçu cinq prêts d’ajustement et a affiché une croissance annuelle de 5.3%. L’économie de l’Argentine en a été également bénéficiaire, via quinze (15) prêts d’ajustement entre 1980-1994 qui lui ont permis de passer d’une croissance négative de 1.9% pour alimenter une croissance annuelle positive de 4.7% de 1990 à 1994. Le Pérou et la Corée du Sud sont également des pays ayant connu certaines embellies macroéconomiques suite à des prêts d’ajustement structurel.

Ce qui a été commun à ces pays, pour faciliter le saut vers de nouveaux sentiers de croissance, a été un cadre macroéconomique stable, le contrôle de l’inflation, la stabilité du taux de change, la réduction des incitations perverses, les dissuasions aux actions de corruption entre les donneurs et les récipiendaires de l’aide. Dans un climat de confiance, de franche coopération et de bonne conscience, Haïti peut emboiter le pas, et ipso facto également changer le décor pour sortir de l’ornière et de ce marasme économique séculaire.

La confiance, un élément clé pour des actions et des coopérations mieux planifiées

La valorisation des institutions républicaines passe d’abord par un changement de mentalité ; une mutation vers un système loyal et vers un régime politique digne, intègre et décent. « Lorsque la politique veut, l’économie peut ». La méfiance, le dégout, la répugnance et le scepticisme généralisés qui règnent actuellement au pays, n’inspirent pas de franches coopérations de moyen et long termes pour planifier, concevoir et exécuter des projets durables, au profit de la jeunesse, de l’enfance et de la population en général.

Une nouvelle équipe étant en place, des feuilles de routes, résultant d’une approche participative, doivent s’inscrire dans des processus de coordinations synchronisés et bien déclinés entre les représentants de l’Etat, les Organisations internationales, des fondations philanthropes et des ONGs. Des approches intelligentes et empreintes d’une vision éclairée et d’un leadership avisé, comme l’a réussi le grand visionnaire du Rwanda, Paul Kagame, auraient dégagé, dans l’efficacité et l’efficience, des centaines de millions de dollars à destiner, par exemple, à la construction d’hôpitaux, d’infrastructures routières, de stades, de centres de loisir, de logements sociaux et de campus universitaires sur tout le territoire national.

A titre de projet pilote, le focus aurait pu être mis sur un budget de cent ou deux cents millions de dollars à affecter à la construction d’un bon stade, d’un campus universitaire et d’un centre de loisir, sur une année, pour en donner le ton et assurer une nouvelle orientation dans la concrétisation des projets durables au profit du pays. Ce bon début de virage dans la meilleure gestion des fonds internes, externes et des exécutions dynamiques clairvoyantes des projets publics, enverrait des signaux décisifs aux autres partenaires qui finiraient par emboîter le pas aux actions harmonieuses. Ce qui aurait généré des effets d’entraînement positifs et un relèvement substantiel du niveau des intérêts et de conscience des autres secteurs économiques et sociaux.

Une gestion dynamique et efficace de ce nouveau paradigme nécessiterait des comités et des tables sectorielles composés de gens honnêtes et intègres à constituer entre les partenaires internationaux, les ministères sectoriels, les représentants de l’Université, des secteurs public, médiatique, civil et des partis politiques, en vue de concevoir, exécuter, superviser et assurer des résultats judicieux des projets conçus et implémentés au nom des enfants, des jeunes, des professionnels, des entrepreneurs et de la société.

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com


[1] The Effects of Infrastructure Development on Growth and Income Distribution

[2] Institutions as a Fundamental Cause of Long-Run Growth

[3] https://lenouvelliste.com/article/188701/felix-bautista-sanctionne-par-les-etats-unis-pour-corruption-et-malversations-en-haiti

[4] http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article3953

[5] https://www.youtube.com/watch?v=a29fyr2GaLk

2 COMMENTS

  1. Dans ces pays, les Prets d’Ajustement Structurels n’ont pas ete fait sous la presidence des Malandrins Jean Max Bellerive ou Rene Preval. On a tendance a’ oublier Yves Romain Bastien et Michel Presume’. CMEP.

    Sans parler des autres pays, assurement vous connaissez l’histoire du Capitaine Jerry Rawlings et son parti politique. Ici, nous parlons pas d’un Herard ABRAHAM, Henri Namphy, Prosper Avril, des immondices FNCD et PHTK.

    Le patriote et grand batisseur Paul Kagame n’est pas de la race des pretres rate’s, des agriculteurs, des chawony 400% et des usurpateurs.

    Nous vivons dans un pays ou’ il n’y a aucune difference entre les politiciens, la societe civile et la bourgeoisie compradore. Yo tout se Fatra ak Avadra. Les « analphabetes pas betes » peuvent crier vive et abas pour les personnes selon la conjoncture. Corveable a’ merci…

    Il reste a’ savoir ou’ trouver d’autres cheptels humains en vue d’edifier une nouvelle Republique pour les generations futures. Se pa yon Aza, il n’y a aucune difference dans la Gestion de la Res Publica entre Aristide (Voam, Cooperatives, Petits Projets de la Presidence et rapport du nomne’ Paul Denis) et Preval (contrat Blackout, des commissions presidentielles en veux-tu en voila tout moun gen Zeb nan bouch et mauvaise utilisation du fonds Petro Caribe). « Banm chawony mwen » Martelly etait la suite de ses predecesseurs. Le presume’ assassin Jocelerme Privert ne demandait pas mieux de suivre la voie avec son Patrick MORANE sous ses bras.

    Comme Preval, Jovenel Moise decide de Trahir son pays au profit de son patron et de l’oligarchie. Depuis le 11 octobre 2017, en possession de la Resolution du Senat, en bon merillan, Jovenel Moise refuse de Renegocier le contrat de Blackout au profit du pays. Au micro d’un journaliste de radio Kiskeya, selon le senateur Youri LATORTUE, en renegociant le contrat, l’Etat haitien aura la possibilite d’economiser 75 millions de dollars americains/an. En le faisant, l’Etat aurait deja encaisse’ plus de 150 millions de dollars… Jovenel Moise est plutot en quete de 150 millions entre les mains de Taiwan. Incroyable.

    Yon peyi paka kontinye mache konsa. Soti nan FATRA LAVALAS tonbe nan FATRA PHTK. Nou mele, dans la Pagaille, Fatra Lavalas a’ l’assaut…

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