Dîner en blanc – Haïti : Garry Muzeau s’interroge…

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Vendredi 30 août 2019 ((rezonodwes.com))–En ma qualité de nordiste, je me sens toujours concerné par tout ce qui se trame et s’accomplit dans le Nord d’Haïti. Et mon cœur tressaille d’allégresse chaque fois que j’entends que le soleil vient du nord bien que je sache pertinemment que l’astre du jour se lève à l’est. A ce propos j’ai consulté tout ce qui, au cours de ce mois, a été publié relatif à des célébrations et des commémorations et je n’ai rien trouvé qui soit publié et commenté dans les revues et journaux haïtiens.

Pourtant j’ai eu vent qu’un événement culturel, riche en valeur et en espoir, s’est déroulé au cœur de la métropole du Nord en prélude a la commémoration du trois cent cinquantième anniversaire de la fondation de la ville du Cap. Les soubresauts politiques ont  eu le dessus sur les activités socio-culturelles au pays et loin de louer les initiatives qui engendrent un avenir prometteur au milieu de ce climat de gâchis à tous les niveaux les journalistes préfèrent soulever les passions en se versant dans l’émotionnel et le sensationnel.

Face à l’éviction évidente de nos valeurs de la chose politique, à l’incurie administrative et au blocage de la machine gouvernementale qui asphyxie et paralyse le pays tout entier des groupes de réflexion devraient surgir de tout horizon et puiser dans leurs réserves intellectuelles et morales pour déboucher sur des propositions aptes à nous pourvoir en oxygène annonciateur de lendemains meilleurs. Le sourire si communicatif de mes frères et soeurs, la joie de vivre si contagieuse de mon peuple, la démarche si sensuelle et si voluptueuse de mes belles Choucounes, toutes ces particularités essentiellement haïtiennes ont disparu de notre réalité quotidienne. A quand, alors, le glas de ce régime caractérisé par l’arrogance et l’incompétence pour permettre au carillon de la libération du pays de lui succéder? 

   Le dîner en blanc  qui a eu lieu au début du mois d’août ne saurait être considérée comme une activité d’importance vraiment significative par sa vocation. Il manifeste tout simplement la volonté de ne pas se laisser morfondre dans l’immobilisme à la manière du pouvoir en place mais d’offrir un thème de réflexion à toutes les consciences se sentant souillées par la dégénérescence de tout ce qui faisait la fierté de l’homme haïtien. En sus de ce symbolisme cette initiative a prouvé clairement que si nous, citoyens ordinaires, le voulons nous pouvons modifier le cours de la vie en Haïti parce que le sentiment de l’entre-aide et de la fraternité existe encore en chacun de nous.

Combien temps s’est-il écoulé entre la mise en branle de la préparation de l’événement et sa réalisation? Je ne saurais répondre à cette question mais je peux prendre pour acquis que ce ne fut pas une éternité et plus de cinq cents haïtiens venus de tous les horizons ont pu s’asseoir ensemble, s’échanger les plats  ou les partager dans l’harmonie et le respect de l’un envers l’autre, chanter dans l’unisson, danser dans l’allégresse du moment. Les hôtels , les restaurants, les tailleurs, les artisans de la place ont tiré leur avantage de l’activité. Le lendemain du jour des excursions ont été programmées et réalisées pour le bonheur et la satisfaction des participants. Le côté touristique de l’activité n’a pas été négligé car ils furent nombreux à découvrir à l’occasion les charmes de l’Ile-a-Rat et l’imposante citadelle que nous a légué le Roi Henri Christophe.

L’événement bien qu’il fût une initiative privée a été un réel succès car aucun incident malheureux n’a été signalé. Je n’ai que des félicitations à présenter aux organisateurs. Si d’autres réalisations similaires voyaient le jour couramment ailleurs, un regain de vitalité du pays constamment en pleurs aurait été suscitée. Mais peut-on rêver de cela lorsque les dirigeants au plus haut niveau de l’état sont les auteurs intellectuels qui créent et alimentent l’insécurité dans le pays. 

  Durant les heures les plus sombres de l’ère duvaliériste, feu François Duvalier déclara publiquement qu’il savait créer les événements et devancer les conséquences ou quelque chose de ce genre. Comme il est évident que l’insécurité est l’arme privilégiée par le pouvoir pour museler toute contestation de masse dans l’espoir que les cinq ans du mandat du président auront le temps de s’écouler avec un zéro sonore au bilan, il en découle que le pays est en train de revivre des pratiques auxquelles il est déjà familier. Quelle triste réédition Au début du 20ème siècle, Massillon Coicou se demandait avec colère et effroi pourquoi il naquit sur ce coin de terre. En son temps ils furent, je suis de cet avis, nombreux à se poser la même question.

De nos jours combien sommes-nous à se sentir humiliés d’être dirigés par cette bande d’épouvantails. Sont-ils en mesure de comprendre que diriger un pays relève d’un sacerdoce, d’une mission sacrée consistant à assurer le bien-être des citoyens ou plus encore de concourir à leur mieux-être lorsque les besoins primaires ont déjà été satisfait par les dirigeants antérieurs. L’alimentation, la santé, le logement et  l’éducation, sont les nécessités basiques auxquelles tout dirigeant , pleinement imbu de son rôle se doit de résoudre. A laquelle de ces nécessités vitales les hommes du pouvoir actuel ont-ils décidé de porter une solution? A aucune et mon peuple qui n’est même pas considéré comme une variable exogène mais évacué tout bonnement de l’équation planifiée par le pouvoir pour atteindre un but que nul ne peut clairement définir est réduit à l’état de simple spectateur n’ayant droit à aucun avantage mais taillable et corvéable à merci.

Cette situation s’apparente à l’esclavage, cette coercition exercée à la manière que les Afrikaners de l’Afrique du Sud pratiquaient l’apartheid en leur temps. Voilà à quel carrefour le peuple haïtien est arrivé aujourd’hui en l’an de grâce 2019. 

  Dans les divers concepts élaborés pour mesurer le niveau atteint par chaque nation dans la satisfaction des différents besoins naturels de ses habitants, l’Indice du bonheur national brut (BNB) a vu le jour. Il s’agissait au départ d’une vue de l’esprit du roi du Bouthan mise en pratique depuis 1972 et adoptée par la communauté internationale sous l’égide de l’ONU tout récemment. C’est un concept qui repose sur quatre piliers fondamentaux dont: une bonne gouvernance, le développement économique et social équitable et durable, la préservation de l’environnement, la sauvegarde et la promotion des traditions culturelles. Une telle vocation ne saurait être confiée à des incultes et des simples d’esprit.

C’est peut-être la raison principale de l’absence de cette notion dans le discours officiel chez nous. La recherche constante du bien-être économique, du bien-être social et du bien-être mental de la nation est la finalité de tout homme ou parti politique qui monte à l’assaut du pouvoir et ce dans tous les pays soumis à la pratique du renouvellement de l’appareil politique par des élections.

Si vraiment il en est ainsi généralement comment se fait-il que nous ayons au sommet de notre pays de tels énergumènes qui prouvent ostensiblement que le mobile qui sous-tend leur présence en politique est uniquement l’accumulation frénétique du dieu argent sans égard pour quoi que ce soit. Mensonges, reniement, trahisons, ces armes perpétuellement à leur service sont durables mais pas éternelles

Elles se dérailleront un jour ou se retourneront contre eux  inéluctablement et ils n’auront d’autre alternative que de disparaître du décor pour permettre au peuple haïtien de goûter au bonheur national comme il est de mise partout où des HOMMES dirigent avec leur faiblesse tenue en laisse par la magnificence des projets qu’ils portent a l’avantage de leurs concitoyens pour le rayonnement extérieur de leurs pays.

Garry Muzeau

Garry@toursinhaiti.com

www.toursinhaiti.com

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1 COMMENT

  1. La TENDANCE est à la baisse. Attention sous le RÉGIME DUVALIERISTE, il restait encore tant bien que mal un pays avec ses Valeurs. Comme ministre de l’intérieur, le docteur Roger LAFONTANT refusait de mettre le cadavre du pasteur Antoire Leroy sur sa conscience.
    Les Militaires n’étaient pas des Bâtisseurs à l’instar du général Augusto Pinochet. Des lâches et des jouisseurs. L’ÉCHEC de Lavalas a engendré le PHTK. Et le PHTK s’enfonce dans la mauvaise gouvernance lavalassienne de manière excessive.
    Comme tous les pouvoirs précédents, le PHTK est en Chute Libre. A part le Tohu Bohu, il n’y a rien sur le beton. Les Nouveaux Hommes tardent encore à fouler le terrain politique. C’est le plus grand dilemma.

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