Aveu de Yes Aya : trop tard dans un monde trop vieux

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« Vous avez le droit de garder le silence. Si vous renoncez à ce droit, tout ce que vous direz pourra être utilisé contre vous, devant une cour de justice »

Dimanche 4 août 2019 ((rezonodwes.com))– Tous les cinéphiles connaissent sur le bout des doigts cet avertissement, baptisé « Droits Miranda », divulgué par les films et les séries télévisées de l’Amérique et relayé en Europe, au cours de chaque arrestation. Garder le silence constitue alors un droit sacré qui peut se révéler une stratégie intelligente pour toute personnalité indexée et accusée dans des affaires louches.

Malheureusement, le fameux sénateur Ti-Blada n’a pas su tirer avantages de ce principe inviolable. A travers ses fuites en avant dans les médias, notamment au show de Guy Wewe, à l’invité du jour de Vision 2000, et de nombreuses autres émissions, le sénateur a étalé un ensemble d’incohérences, de confusions, de drôles de coïncidences et de faits surprenants susceptibles, à la lumière de l’avertissement Miranda, de jouer contre lui dans le procès l’impliquant dans le kidnapping d’un entrepreneur et l’indexant de connivence avec le gang lourdement armé, dirigé par le fameux Arnel Joseph. S’appuyant sur les références légales classiques, nul ne peut être forcé à témoigner contre lui-même. Pourtant, dans ses sorties démesurées pour tenter de se blanchir, le sénateur a fait exactement l’inverse. Si les journalistes savaient utiliser la Maïeutique socratique, des consultations et des négociations auprès du chef de gang de l’année pour confirmer ses accointances avec le sénateur ne seraient même pas nécessaires.

Tantôt il parle, tantôt il déparle, tantôt souriant, tantôt agressif, le père conscrit originaire de Marchand Dessalines s’en prend amèrement à ses pairs tels que Youri Latortue, Jean Renel Sénatus ou Simon Dieuseul Desras, dans des rivalités de jupons, de corruption et de contrats déloyaux pour essayer de traîner avec lui des âmes « semblables » dans sa descente aux enfers.

Si le chrétien s’abstiendrait, l’Evangile serait prêché par des  arbres     

Je ne suis pas fier d’être sénateur de la République. Ne permettez plus que je reste votre sénateur, ne permettez plus que le pays accouche des législateurs de ma trempe. C’est une honte que je puisse occuper cette fonction officielle dévolue à des plumes et encres « car je ne connais rien dans les feuilles de Malanga », pourrait-on déduire dans le discours « sans filter » de Yes Aya, lors de son échange au micro de Guy Wewe, le 27 juillet dernier. Le triple gagnant de la loterie électorale dont deux en tant que député puis un autre au poste de sénateur, invite les universitaires, les intellectuels, les femmes et les hommes compétents à s’immiscer dans les affaires politiques du pays, question de ne laisser aucun vide aux malfrats et aux scélérats. Quel paradoxe ! L’ancien sénateur reconnait définitivement que ce poste exige des qualifications, du savoir-faire, du savoir-être et des niveaux substantiels de compétences complexes.  Cette prise de conscience spontanée s’apparente beaucoup plus à une crise d’anxiété et d’angoisse quand on sait que ce même personnage politique Ti-Bredgen visualisait de briguer le poste présidentiel lors des prochaines élections.

Des activités et des pratiques douteuses de Ti-Blada

Un million de gourdes « cash », sous les matelas de Ti-Blada, spontanément destiné à une voisine dans le besoin, cela s’apparente à un conte de fée pour faire dormir les enfants. Il est vrai que la gourde a perdu la face, mais un million reste un chiffre gigantesque. Quelles seraient les activités qui auraient exigé un sénateur à thésauriser dans son coffre personnel, un tel montant ? Les relations antécédentes avec sa voisine, a relaté le sénateur, étaient seulement superficielles. Pourtant le parlementaire entretenait spontanément des conversations financières si intimes et si profondes avec madame Neel Michel, jusqu’à lui emprunter une pareille somme. Bizarre ! On auditionnait également au micro de Guy Wewe que le sénateur assure les frais de scolarité de ses deux fils à l’étranger, au coût annuel de 67 000 dollars américains. Pourtant, à la question exposant son intérêt à vouloir acheter la maison de son voisin, le sénateur répondait à Valéry Numa : « A ki kòb ! ». Une enquête serait donc nécessaire pour clarifier et élucider les sources de revenus du sénateur.

Malgré le cachet complaisant de l’entrevue du 2 Août ratée par le célèbre animateur Valéry Numa, l’impétrant n’a pas été en mesure de vendre une histoire convaincante à la population sur les chefs d’accusation de kidnapping qui pèsent lourd contre lui ainsi que son lien sanguinaire avec le gang de Village de Dieu qui s’était réfugié dans son fief à Marchand. En évoquant, à plusieurs reprises, la fameuse expression, « pour l’histoire et pour la vérité », on sent que ces personnages politiques pèsent assez souvent leurs gros orteils, quand ils se défendent au « tribunal médiatique ».

Gracia Delva, l’arbre qui cache la forêt

Une année entière consacrée à un bandit notoire qui intervenait à visage découvert ou en cagoule sur les ondes des stations de radio et de télévision pour proférer des menaces, exposer ses exploits de vols, de viols, d’assassinats et de meurtres sur une population vulnérable. Recherché activement par les forces de l’ordre, jusqu’à promesse de récompense de deux millions de gourdes en contrepartie d’informations fiables conduisant à sa capture, Arnel continuait son humiliation et son ironie en rétorquant qu’il jouait, siégeait, mangeait, buvait, circulait et dormait avec les acteurs et les officiels qui le poursuivaient. A preuve, ce gangster vedette défilait dans tous les coins et les recoins du pays, voire devant les barrières du Palais National en février dernier, où une foule scandait vouloir sa candidature à un poste électif.

Il est clair que les informations détenues par les entités judiciaires concordent avec les présomptions de connivence du sénateur avec le gang d’Arnel. Mais, eu égard aux armes de haut calibre et aux munitions distribuées à ces foyers de criminels, l’intelligentsia requiert que des investigations et des analyses en profondeur s’opèrent pour identifier tous les cerveaux et les coupables qui utilisent cette nouvelle pratique politique aveugle d’abêtir des jeunes garçons et des jeunes femmes en les alimentant d’armes et de munitions lourdes pour assouvir leurs agendas politiques et économiques toxiques. Dans des conversations relatant des négociations, des manipulations, et des demandes de service de protections à assurer par ces gangs, d’autres officiels, de haut rang, actuels et passés seraient dans l’œil du cyclone. Le cas de Gracia représenterait juste une plaie en comparaison au cancer meurtrier qui s’éclaterait au pays, avec les vrais capitaines de cette mafia et de ces clubs de gangsters. Espérant que l’enquête judiciaire se mènera en bonne et due forme et aboutira, attendons voir le rapport de la justice.

Se défendre convenablement requiert des facultés de persuasion, la dialectique, le discernement et surtout une bonne conscience. Sur le premier aspect argumentatif, on le sait et le sénateur a avoué lui-même dans l’interview du 27 juillet que ce serait son talon d’Achille. En plus de ses failles dialectiques, le personnage officiel semble également ne pas avoir la conscience tranquille. A l’instar de la lettre élégante, certainement d’une autre main, d’une belle plume, sollicitant son retrait au poste de vice questeur au sénat, Yes Aya ferait également mieux de garder le silence et attendre que son avocat prenne en charge son triste dossier.

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com

3 COMMENTS

  1. Ou est-Il? Chez lui en train de conclure le dernier meurtre? En train de se debarrasser d’un temoin genant? En train de faire le transfert de 67000$ a ses rejetons Maudits pour la nouvelle annee scolaire? Peuple de chiens. Je parie que le juge n’est pas en mesure d’eppeler JUSTICE. Vous avez abandonne ce peuple a des pilleurs, des assassins. C’est pire qu’avant 1804. Au moins, esclaves, vous valiez quelque chose.

    • Attention, il constitue la partie visible de l’ICEBERG. Pour la JUSTICE, ne vous en faites pas, elle constitue le Bras Armé du systeme Apartheid et antinational. Je mets les Jean Leopold Dominique, Mireille Durocher Bertin, Amiot Metayer, Antoine Leroy, Jacques Florival, Jacques Roche… et Guyto Toussanint; en DEFI de me dementir. Et au besoin, je pourrais faire Appel au presumé criminel Privert. En devenant president dans la savane, Privert n’avait pas manqué de faire des Heureux parmi ses detracteurs les plus farouches. Quelle societe! Maintenant pour les besoins de leur cause, cette partie de la presse et certaines organisations des droits de l’homme battent la grosse caisse autour du Massacre de la Saline. Le Massacre de la Scierie n’est plus de mise. Mais, il y a une fondation « devoir de memoire » pour les vepres jeremiennes. Alon peyi sa a…. Les Doc n’etaient pas le mal absolu. Le philosophe et homme politique JEAN L THEAGENE a bel et bien raison de ne rien renier.
      Si se deye misye Selman ou ta bezwen lajistis pati, ou poko nan fe peyi. Au meme titre d’Arnel Joseph ou Mirlande Liberus Pavert (en accord avec l’ordonnance du juge Ivikel DABRESIL, deja plus de 5 ans), il est le maillot faible de la chaine. A bon entendeur, demi-mot.

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