Les Haïtiens au Chili vivent dans l’angoisse, affirme le Sénateur Patrice Dumont

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C’est l’une des rares voix officielles soulevées dans le parlement pour dénoncer les mauvaises conditions de vie des ressortissants Haïtiens à l’étranger, notamment au Chili. Le 10 novembre 2018, en compagnie de deux autres collègues parlementaires, Patrice Dumont a touché la plaie du doigt pour faire aujourd’hui le récit de leur drame.

« environ 15000 Haïtiens, n’ont pas encore reçu leur papier de régularisation » Patrice Dumont

par le Sénateur Patrice Dumont

Port-au-Prince, mercredi 10 juillet 2019 ((rezonodwes.com))–Les Haïtiens au Chili vivent dans l’angoisse. Notre gouvernement ne fait pas assez pour les en épargner. Du point de vue de la migration pure, les Haïtiens au Chili peuvent être rangés en deux catégories :

Les sans-papiers et les autres et le 22 juillet approche

1- Les uns, sans papier, sont concernés par le processus de régularisation initié par le gouvernement chilien le 8 juillet 2018, et qui s’achève ce 22 juillet 2019. Alors que la Police haïtienne a traité tous les dossiers de demande de casier judiciaire, il reste environ 15000 Haïtiens, pour des raisons diverses, à n’avoir pas encore reçu leur papier de régularisation. L’angoisse s’amplifie à l’approche du 22 juillet.

2- Les autres doivent renouveler chaque année le visa de résidence qui leur permet de travailler.

Dans l’un et l’autre cas, le gouvernement chilien les oblige à prélever les empreintes. Ceux qui renouvellent leur visa sont obligés de fournir le casier judiciaire sur du papier fourni en Haïti par la Direction Centrale de la Police Judiciaire.

Voici ce que coûte en dollar américain ce renouvellement :

Empreintes à l’Ambassade d’Haïti à Santiago : $ 25
Frais du fisc chilien : $ 1,50
Envoi des empreintes du Chili vers Haïti par un service courrier international : $ 50
Frais de timbre de la DGI : $1,07 retour du casier
Envoi du casier judiciaire d’Haïti vers le Chili par un service courrier international : $ 68
Donc, par les voies régulières, l’opération coûte $ 154, 50.

Mais au Chili, comme en Haïti, les Haïtiens recourent à des services parallèles. À Port-au-Prince, pour espérer un service rapide, ce qui est pourtant rare, le parent ou l’ami doit payer de 1000 à 1500 gourdes. Au Chili, un ressortissant haïtien réclame 140 à 150 dollars pour faire parvenir les empreintes d’une personne à la DGI. Il aurait déjà en sa possession plus de 300 feuilles d’empreintes.

un projet de convention migratoire haïtiano-chilienne traîne dans les tiroirs de la chancellerie haïtienne

La déportation de 1200 immigrants incluant de ressortissants haitiens, en perspective

Que dire face à cela ? Incurie du gouvernement haïtien ? Méfiance des Haïtiens vis-à-vis de leurs dirigeants qui explique qu’ils s’en remettent aux racketteurs? Discrimination des autorités chiliennes ?

Dans tous les cas, le gouvernement chilien a annoncé la déportation de 12000 immigrants dont une très forte majorité d’ Haïtiens et de Vénézuéliens. Cette angoisse permanente des malheureux Haïtiens a pourtant au moins un palliatif : Depuis maintenant près de huit mois, un projet de convention migratoire haïtiano-chilienne traîne dans les tiroirs de la chancellerie haïtienne. Si cette convention est juste et est signée, les Haïtiens du Chili vivront mieux.

Sénateur Patrice Dumont

la température à Santiago du Chili, mercredi soir : 8° C ou 47° F

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