Collège Edmond Laforest, sacré champion du GENIARC 2019

0
111

Une ultime rencontre très équilibrée, embaumée d’une rare élégance et d’une décence singulière, déroulée pendant deux heures, dans une ambiance de fraternité, dans un véritable fairplay et un respect mutuel exemplaire. Ce dimanche 23 juin, la finale de la compétition de beauté d’esprit GENIARC, remportée par le collège Edmond Laforest face aux Frères La Rochefoucauld, laisse un souvenir sublime et un goût délicieux sur les lèvres et dans les esprits des spectateurs qui se délectent dans les conflits intellectuels et dialectiques salutaires.

Dimanche 7 juillet 2019 ((rezonodwes.com))– Suspens, paniques, hésitations, inquiétudes jusqu’aux dernières questions posées par les présentateurs, aucune des deux équipes ne pouvait avoir la certitude de remporter la palme d’or avant la toute fin de ce combat désirable entre les beaux esprits. 525 points contre 455 points, à l’avantage du Collège Edmond Laforest, ce score serré de ce face à face intellectuel, envoie le signal d’un match gagné dans la douleur, la détermination et la persévérance.

Plus de 50 questions adressées à chacune des écoles, dont certaines pondérées à 30 points, 40 points ou 50 points ; donc, deux questions suffisaient à transférer le trophée de champion dans l’autre camp, puisque l’écart était de seulement 70 points. Cet équilibre permanent garantissait la beauté du match et tenait le public en haleine, dans un suspens hollywoodien, de la toute première jusqu’à la dernière minute. Si Edmond Laforest comptait dans son effectif, Phedletston Guilloux, un brillant cerveau, pour garantir sa victoire; le très jeune Dochito, des Frères La Rochefoucauld, a gâté l’assistance par son intelligence et la clarté de son esprit vif. Ces deux élèves respectivement de la terminale et de la neuvième année, ayant engagé un match dans le match, ont terminé respectivement premier et second cerveaux d’or de la compétition GENIARC 2019.

Un mépris surprenant de ce régime pour les choses de l’esprit 

Un programme attrayant, stimulant, inspirant et incitatif à la culture des valeurs et de l’excellence ; une alternative jouissive et encourageante pour hausser le niveau des écoles et des élèves ; un projet porteur, avec en périphérie, l’exposition de talents artistiques et culturels. D’énormes mobilisations logistiques, financières et techniques pour assurer le bon déroulement de cet important projet au coût gigantesque. Ainsi, des dizaines de lettres écrites, révisées, signées, scellées, adressées, ré-adressées et délivrées à la Primature, aux ministères, à des ambassades, des fondations, des banques.

Ces efforts, ces harmonisations de consonnes et de voyelles pour persuader une pléthore d’institutions œuvrant dans le social, sur l’importance de mettre en valeur les étoiles, les génies et les écoles, ont été des lettres mortes à l’état fœtal, jetées dans des poubelles, sans analyses, sans évaluations, sans appréciations aucunes. Définitivement, dans le contexte actuel du pays, les beaux projets, les belles paroles, les mots persuasifs et convaincants ne sont pas les bienvenus aux bureaux officiels de la plupart de nos dirigeants qui n’ont d’yeux et d’oreilles que pour les discussions, les tables rondes, obliques, carrées, les planifications et ententes déloyales de commissions, de malversations, de prévarications et de corruptions pour s’enrichir illicitement ; sans penser aux conséquences du suicide social, des insomnies, des phobies et des marginalisations qui les coincent chez eux, même dans les périodes de joie et d’euphorie populaire.

Que sert-il alors à ces officiels indécents et cupides d’accumuler des millions illégalement alors qu’ils ne peuvent assister librement à aucun évènement public, comme « Livres en folie » ou à « un match d’un club de vacance ou de la sélection nationale » dans l’un de nos vingt-cinq stades flambants neufs ? Quelle est la rationalité derrière ce choix burlesque de ne pouvoir déguster le trio GNB Haïtien (Donald Guerrier, Dukens Nazon et Herve Bazile), dans des dribbles et des buts de bonne facture que devant des petits écrans. La présence de ces dirigeants insensés aux stades accueillant la Gold Cup étant un choc, une menace et une provocation au public Haïtien du terroir et à la diaspora  qui réclament à cor et à cri, les milliards de dollars du Petro Caribe qui auraient pu construire des hôpitaux, des écoles et des stades au profit des talents sportifs.

Ce dédain et cette absence d’implication dans le social et le développement du pays proviendraient-ils d’une politique d’austérité ? À observer les publicités, les tableaux d’affichage des programmes bidons, avec en lettres imposantes, des ministères, des fondations et des directions autonomes comme sponsors officiels, on se tromperait de soutenir l’hypothèse de normes prudentielles ou d’approches d’austérité dans les dépenses des fonds publics. La déduction est simple, sous ce règne aveugle, de l’indécence et du mépris des vertus et des valeurs, les programmes Ti-sourit du genre « Ouvè Le Corps » l’emportent sur les initiatives culturelles, intellectuelles et artistiques qui prônent les dynamiques et les pratiques « Ouvè Lespri ».

GENIARC 2019, un bébé adoré, accouché par césarienne

Pendant cette aventure de quatre (4) mois, avec des vicissitudes sur tous les fronts : difficultés financières, turbulences politiques, incertitudes de certaines écoles, des matchs inachevés, le staff de la fondation ARC devait faire preuve de beaucoup de courage, détermination et leadership pour finaliser ce beau projet. Contrairement aux deux premières éditions, pour cette troisième, les encadrements nécessaires pour joindre les deux bouts tarissaient ; parallèlement, les coûts du transport, de la logistique, de la mobilisation du personnel et des équipements pour la préparation et la présentation des questions devenaient de plus en plus importants. Il a fallu la compréhension et l’apport social généreux des propriétaires de Belval Plaza, de Juventud et de Number-One pour accueillir ce projet porteur en des locaux très achalandés sans contrepartie financière.  Les dépenses de fonctionnement d’un tel projet sont énormes avant, pendant et après la compétition. Pourtant, aucun ministre, aucun directeur général de l’Etat, aucun gouverneur ni le président ne se laissait imbiber, impressionner, fasciner et émerveiller par ces genres de projets qui visent à mettre en valeur les talents culturels des enfants et des jeunes dans la maîtrise des chiffres et des lettres.

Comme toute belle aventure ou tout beau film, la chute, la fin ou la clôture constituent une partie à ne pas rater, afin de marquer les esprits. Ainsi, tant du point de vue de la qualité des questions choisies, de l’exquisité des animateurs, des animatrices, du décor, du soin dans la sécurité, la logistique et l’accueil, les responsables du projet GENIARC ont tout mis en branle pour planifier et offrir une clôture, à la saveur délicieuses et aux couleurs tinctoriales, aux spectateurs et téléspectateurs de ce show exceptionnel de guerre des talents entre les élèves et les écoles.

Des promesses et des engagements ont été pris envers les écoles et les élèves, notamment les champions et vice-champions. Même si aujourd’hui les promesses non tenues deviennent une banalité au plus haut niveau de l’Etat, en ligne avec sa vision, la fondation Animation-Recherche-Culture ne peut jamais déroger aux engagements qu’elle avait pris envers les bénéficiaires. Grace à ses membres d’honneur et à des institutions partenaires qui y croient et qui font la promotion de telles initiatives, des livres, des ordinateurs, des clés USB, des clés internet, des médailles, des trophées et des maillots avaient pu être décernés aux écoles et aux élèves. La fondation ARC envoie, à cet effet, de sincères remerciements et de fières chandelles aux institutions CEDEL-Haïti, Radio-Télé Prosch, Natcom, Patrick Entreprise, Juventud, Belval Plaza, Number-One, RezoNodwes, Le National, Institution Paradis, Radio Télé Bijou et tous les autres partenaires qui ont d’une façon ou d’une autre contribué à rehausser l’éclat de la compétition. Un remerciement spécial à Radiotélévision Bijou, pour avoir promis de diffuser GENIARC sur ses antennes, au profit de la diaspora haïtienne. Pour continuer l’aventure jouissive avec les étoiles qui ont gâté la Région des Palmes par leur rare intelligence, la fondation ARC accorde des bourses et des demi-bourses aux concurrents du NS4, à sa Préfac-Distinction qu’elle entreprend du 15 Juillet au 30 Aout à Leogane et à Carrefour pour les faciliter à fouler le sol de l’université.

Le monde moderne est dominé par les cerveaux qui maitrisent les chiffres et les lettres. Fort de ce constat, les dirigeants avisés des pays développés conçoivent des projets porteurs et créent des incitations pour que les enfants et les jeunes s’investissent dans les apprentissages et les recherches intenses. Si Haïti veut s’inscrire dans cette dynamique moderne pour emprunter des sentiers de croissance florissants, elle doit sortir les mêmes cartes des pays émergents et industrialisés. Elle doit alors encourager les efforts académiques et la recherche scientifique.

 Il est temps d’offrir aux enfants et aux jeunes les encadrements et les opportunités qui les poussent à se jeter dans les pratiques de recherches, de lectures et d’exercices cérébraux, dès le plus jeune âge. Temps de tisser des partenariats durables et consistants avec des institutions qui choisissent de jouer des rôles dévolus à l’Etat en contribuant à éradiquer la pauvreté, à travers le renforcement des capacités intellectuelles et culturelles et la mise en valeur des ressources  du pays.

Carly Dollin
carlydollin@gmail.com

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.